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CHLORURE d’aluminium ET AMMONIAQUE
Le chlorure d’aluminium absorbe le gaz ammoniac sec en grande quantité ; la combinaison qui en résulte peut se liquéfier par suite de l’élévation de température qui accompagne sa formation ; elle a pour formule Al* GP, 3Az Elle se sublime dans un courant d’hydrogène; elle abandonne alors de
il) H. Rose, Ann. de chim. et de phyt. (2),t. Ll, p. 28
IV(i ENCYCLOPÉIllE ElIIMIQUE.
l’ammoniaque et donne naissance à une combinaison qui a pour formule
APCP.AzH» (1).
SPINELLES CHLORÉS
Le chlorure d’aluminium possède la propriété de se combiner avec les chlorures alcalins pour donner des spinelles chlorés dont la formule générale est : RCl, APCP. Ils ont été découverts par Degen (2) et étudiés par H. Sainte-Claire Deville (3). Ils sont fusibles vers 200 degrés et volatils au rouge; ils sont, en outre, moins altérables que le chlorure simple; lorsqu’on les dissout dans l’eau, on obtient un mélange des deux sels, qui cristallisent séparément.
Le plus important d’entre eux est le chlorure double d’aluminium et de sodium, à cause de son emploi dans la préparation de l’aluminium.
CHLORURE DOUBLE D’ALUMINIUM ET DE SODIUM (Al®CP,NaGI)
Ce composé peut s’obtenir en fondant ensemble les deux chlorures simples, ou bien en faisant arriver la vapeur de chlorure d’aluminium dans du sel marin fondu; ou enfin, en faisant arriver un courant de chlore dans un mélange porté au rouge, d’alumine, de charbon et de sel marin; c’est ce dernier procédé qu’on emploie dans l’industrie (voy. p. 16).
Lorsqu’il est pur, ce sel est incolore et cristallin, il fond à 185 degrés et se volatilise au rouge sans décomposition; il est très hygroscopique, mais en masse fondue, il résiste plus facilement à l’action de l’air humide que le chlorure simple; aussi lui a-t-il été préféré pour la préparation industrielle de l’aluminium.
BROMURE D’ALUMINIUM Arar»= 267,5
Weber (4) a obtenu ce composé en faisant couler lentement du brome sur de l’aluminium divisé. Au contact des deux corps, il se dégage assez de chaleur pour porter l’aluminium à l’incandescence; il en résulte qi;’une partie du brome se vaporise.
Le composé ainsi obtenu est rectifié par distillation sur de l’aluminium, en tube scellé.
(1) Persoz, Ann. de chim. et de phys. (2), t. XLIV, p. 319.
(2) Ann. der chem und pharm., t. XVIll, p. 332.
(3) Ann.t e:him t de phys. (3), t. XLIII, p. 30.
4) Pogg. Ann. l CllI, p. 264.
ALUMINIUM
Lihvig a préparé le bromure d’aluminium en faisant passer de la vapeur de urome sur un mélange d’alumine et de charbon.
H. Sainte-Claire Deville et 'l’roost (1) ont obtenu cette combinaison en chauffant de l’aluminium pur dans du brome, à une température voisine du rouge, dans un tube de verre. Il y a dégagement de chaleur et de lumière, et le produit se condense sous forme d’un liquide qui se solidifie en refroidissant. Pour le purifier, ils ont fait passer sa vapeur sur de l’aluminium chauffé au rouge.
Le bromure d’aluminium s’obtient ainsi sous forme de petites feuilles brillantes. Il est encore plus déliquescent que le chlorure d’aluminium; il fond à ü;I degrés et donne naissance à un liquide limpide, mobile et incolore, qui bout à 260 degrés. Il se détruit sous l’action de la chaleur au contact de l’air; porté au rouge sombre dans l’o-vygène sec, il s’enflamme, dégage du brome et produit de l’alumine (2) (Berlhelot).
Il est facilement soluble dans le sulfure de carbone, et cette dissolution fume très fortement au contact de l’atmosphère.
Au contact de l’eau, il produit une réaction extrêmement vive; sa dissolution, évaporée sur l’acide sulfurique, laisse une masse blanche cristallisée de bromure d’aluminium hydraté, APBr^, 12HO; on arrive au même résultat en dissolvant l’alumine’hydratée dans l’acide bromliydrique; chauffé au contact de l’eau, cet hydrate se décompose en alumine et acide bromliydrique.
La densité à l’état solide du bromure d’aluminium anhydre est 2,54 (Deville et ïroost). Elle a été prise dans de l’huile de naphte bien dépouillée d’eau et rapidement, afin d’éviter toute action dissolvante.
Sa densité de vapeur, prise dans la vapeur de soufre, est égale à 18,62. Densité calculée pour APDr^ = 2 volumes, 18,51 (Deville et Troost) (3).
Cüiiiposilion. Trouves. Calciilo.
■VP. î t0,2!) 27,5
l!r'>. 89,Ci (Weber) 87,71 240,0
lODUHE D’ALUMINIUM ADP = 408,5
L’iode et l’aluminium se combinent directement sous l’action de la chaleur, et dégagent assez de chaleur pour porter le inélango des deux corps à l’incandescence.
(1) Ann. dechitn. et de phijs. (3), t. LVIII, p. 279.
(2) Comptes rendus, t. LXXXVl, p. 787.
(3) Loc. cit.
Il est nécessaire de prendre quelques précautions, si l’on veut préparer l’iodurc d’aluininiuin par Tunion de ses éléinenls.
Gustavson (1) recommande de chauiïer, dans un courant d’acide carl)oni(pic* sec, des feuilles ou des lils d’aluminium avec la centième partie environ de la quantité d’iode donnée par le calcul. Dés que le dégagement de la lumière s’est produit, et sans interrompre le courant gazeux, on ajoute le reste de l’iode polit à petit, et la réaction continue d’elle-méme sans qu’il soit nécessaire de chauffer. A la fin de l’opération, on chauffe pour liquéfier le composé, et on l’obtient enfin à l’état solide par refroidissement.
H. Sainte-Claire Deville et Troost (2) ont préparé l’iodure d’aluminium en chauffant dans un tube de verre, à une température voisine du rouge, de l’alupiinium dans un courant de vapeur d’iode. Pour purifier le produit brut, on fait passer sa vapeur sur de l’aluminium porté au rouge.
Le composé ainsi obtenu est solide, cristallisable par fusion, incolore et fusible à 125 degrés.
Sa densité, à l’état solide, est 2,03. Il bout à 350 degrés. — Sa densité à l’état de vapeur prise à 440 degrés, déterminée par II. Sainte-Claire Deville et Troost, est égale à 27, tandis que la densité calculée, en supposant que AP P=2 vol., est égale à 28,3.
Ces deux savants ont expliqué cette différence de la manière suivante (3) :
« L’iodure d’aluminium bout à 350 degrés, et, à quelques degrés au-dessus de cette température, il détone par son mélange avec l’air. Ainsi, de la vapeur d’iodure d’aluminium mélangée d’air fait explosion à l’approche d’un corps enflammé, et même, il pourrait arriver des accidents si on ne prenait la précaution de le distiller dans un gaz inerte-, la cornue où on ferait l’opération dans l’air volerait en éclats. Celte vapeur, arrivée au contact de l’air et légèrement surchauffée, brûle avec une flamme blanche en donnant de l’iode et de l’alumine. Il est évident, d’après cela, que l’iode et l’aluminium sont très facilement séparables par la simple action de la chaleur, et que l’iodure d’aluminium est partiellement décomposé à 440 degrés, ce qui explique l’anomalie observée. »
L’iodure d’aluminium se dissout facilement dans le sulfure de carbone ; si le liquide a été saturé à chaud, il laisse déposer par refroidissement l’iodurc à l’état cristallisé. Il se dissout aussi dans l’alcool et dans l’éther.
Il fume à l’air et se liquéfie, par l’action de l’humidité ; il se dissout dans l’eau avec un vif dégagement de chaleur ; cette dissolution peut être également obtenue en ajoutant de l’alumine fraîchement précipitée à de l’acide iodhydrique bouillant.
Évaporée sur l’acide sulfurique, elle laisse un résidu blanc cristallisé d’iodure d’aluminium hydraté ayant pour formule Al^P, 12110, décomposable par la chaleur en eau, iode, acide iodhydrique et alumine.
(1) An», der chem. und pharm. t. CLXXII, p. 173.
(2) Ann. de chim. et de pl,y.s. (3), t. XLVÜl, p. 28ü. (3j Loc. cil.
ALUMINIUM
En contact avec le zinc ou l’aluminium, l’iodure d’aluminium décompose l’eau, l’alcool ou l’éther dés la température ordinaire.
Coiiiposilion. Trouve; (1).
Al-. 7,12
FLUORURE D’ALUMINIUM
FLUORUllE ANIiynnE A1»FP=84,5
Les procédés de préparation, ainsi que les propriétés de ce composé, ne sont connus que depuis tes travaux de M. II. Sainte-Claire-Deville (2).