ALUN »E POTASSE
La dissolution ne ce composé possède la réaction acide ; elle a une saveur sucrée et astringente; quand elle est suffisamment concentrée, elle dépose des cristaux octaédriques, incolores, transparents, appartenant au système régulier, modifiés par les faces du cube et par celles du dodécaèdre rhomboïdal.
La loi de solubilité de l’alun est représentée par les nombres du tableau suivant dus aux travaux de Poggiale (2).
100 parties d’eau dissolvent :
AO". 3,9 parties d’alun.
L’alun est insoluble dans l’alcool.
Les cristaux d’alun fraîchement préparés sont translucides; mais, par suite de leur exposition à l’air, ils deviennent opaques en se recouvrant d’une couche blanche.
Ce phénomène n’est pas dû à une perte d’eau par efflorescence, mais bien à
(1) Ann. de chim. et de phijs. (2j, t. LXXII, p. 368.
(2) /hid. (3), t. VIII, p. 467.
une absorption de l’ammoniaque de l’air, qui forme ainsi à la surface des cristaux un sel basique.
Les cristaux d’alun peuvent abandonner leur eau de différentes façons.
Maintenus en vase clos dans le voisinage de l’acide sulfurique, ou portés à 61 degrés, ils perdent 18 équivalents d’eau (Graham). A 92'>,5, ils fondent dans leur eau de cristallisation (Mitscherlich).
Au-dessus de 100 degrés, ils se déshydratent lentement, mais complètement; le dégagement de l’eau est accéléré par un courant d’air sec. Porté progressivement jusqu’au rouge, l’alun gonfle fortement et se transforme en une masse poreuse et friable ; c’est ce que l’on appelle Y alun calciné. Au rouge blanc, il abandonne tout son acide sulfurique, partie à l’état d’acide anhydre, partie à l’état d’acide sulfureux et d’oxygène ; il laisse comme résidu un mélange de sulfate de potasse et d’alumine.
Si on calcine l’alun après l’avoir mélangé avec le tiers de son poids de charbon, le résidu, composé de sulfate de potasse, d’alumine et de charbon en excès, s’enflamme spontanément à l’air, et brûle avec vivacité ; c’est ce que l’on appelle hpyrophore de Ilomberg.
On peut obtenir l’alun anhydre à l’état cristallisé; pour cela, il suffit de chauffer jusqu’à fusion un mélange d’alumine et de bisulfate de potasse, et de reprendre la masse par l’eau chaude ; le résidu est composé de petits cristaux à six pans d’alun anhydre (1) (Salm-Horstmar).
L’alun anhydre se dissout dans l’eau beaucoup plus lentement et en moins grande quantité que l’alun ordinaire ; c’est ce que démontrent les nombres du tableau suivant empruntés aux travaux de Poggiale (2).
100 parties d’eau dissolvent :
A 0“. 2,1 parties d’alun anhydre.
ALUNS BASIQUES
1’ Alunite. — Si à une dissolution aqueuse d’alun on ajoute avec précaution de la potasse, de l’ammoniaque ou un carbonate alcalin, on obtient tout d’abord un précipité qui se redissout par l’agitation et qui ne persiste que si on ajoute à la dissolution un excès d’ammoniaque ou de carbonate alcalin.
Après redissolution du précipité, la liqueur, qui tout d’abord avait une
(1) Jahresb (1851), p. 339.
ALUMINIUM
réaction acide, devient neutre; elle contient en dissolution un sel basique d’alumine. Si on la laisse s’évaporer à la température ordinaire, elle dépose des croûtes cristallines, dont la composition est exprimée par la formule :
KO,SO» + Al*03,3 S03 + A W,3 HO.
Si l’évaporation se fait à 40 degrés, le précipité a pour formule :
Il a donc la même composition que Valunite dont il sera parlé plus loin.
Ce dernier précipité a pu être obtenu à l’état cristallisé par Mitscherlich (1). Pour cela ce savant chimiste a chauffé, en tube scellé, une dissolution basique d’alun jusqu’à 230 degrés; il a obtenu ainsi des rhomboèdres avec des angles de 91 et de 88 degrés, ayant même composition que l’alunite.
2” Lævigite. — Si, comme l’a fait Mitscherlich, on porte à 230 degrés, en tube scellé, une dissolution d’alun ordinaire, on obtient un précipité amorphe, dont ta composition répond à la formule :