ALUN DE SOUDE
Al»œ,3S03 + Na0,S03 + 24 HO
On peut préparer ce sel en faisant cristalliser des dissolutions de sulfate d’alumine et de sulfate de soude faites en proportions convenables. Les cristaux ainsi obtenus ont même forme que ceux de l’alun de potasse ; mais ils tombent en poussière en s’effleurissant au contact de l’air. Leur densité est 1,567 (Buignet).
100 parties d’eau dissolvent à 16 degrés 110 parties d’alun ordinaire. En raison de cette grande solubilité, on ne saurait, dans l’industrie, préparer l’alun de potasse avec des rainerais d’alumine ferrugineux ; car le sulfate de fer ne pourrait être séparé de l’alun par cristallisation, en profitant de la différence de solubilité de ces deux sels, ce qui a lieu pour l’alun de polas.se.
(1) MiUclierlicli, loc. cit.
L’alun de soude est insoluble dans l’alcool absolu.
Ce composé a été trouvé à l’état natif (mendozite) dans la province de Saint- Jean, située au nord de Mendoza, sur le revers des Andes. 11 est blanc, formé de fibres accolées longitudinalement, rappelant tes fibres de quelques échantillons de gypse.
Th. Thomson a trouvé pour sa composition (1) :
Acide sulfurique. 37,70
Alumine. 12,00
Soude. 6,96
Silice. 0,01
Chaux. 0,14
Protoxyde de fer. 0,42
Peroxyde de fer. 0,11
ALUNS DE nUBIDIUM ET DE CŒSIUM
Ces deux composés s’obtiennent en cristaux volumineux, appartenant comme les précédents au système cubique. Ils ont été préparés par Kirchholf et Lunsen (2).
Le premier a pour densité à 20 degrés (3) (Petterson) :
A l’état hydraté. 1,890
— anhydre. 2,797
100 parties d’eau en dissolvent à 17 degrés 2,27 parties; mais il est beaucoup plus soluble à chaud qu’à froid.
La densité de l’alun de cæsium est 1,998 à 19 degrés; 100 parties d’eau en dissolvent à 17 degrés 0,619.
On a aussi quelque peu étudié les aluns séléniques de rubidium et de cæsium La densité du premier à 18 degrés est 2,137 ; celle du second 2,224 (Petterson)
PRÉPARATION INDUSTRIELLE DES ALUNS ET DU SULFATE D’aLUMINE
Les aluns sont les plus importants de tous les sels d’alumine qu’emploie l’industrie ; toutefois on ne fabrique guère que les aluns de potasse et d’ammoniaque ; l’alun de soude a peu de valeur. Anciennement on ne fabriquait que l’alun de potasse ; mais, lorsque l’on put se procurer de l’ammoniaque à bon marché dans les fabriques de gaz d’éclairage, l’alun d’ammoniaque eut la préférence, parce qu’il revenait à meilleur marché. Ces deux sels peuvent en effet
ALUMINIUM
se remplacer mutuellement dans leurs applications industrielles ; souvent même on les mélange en égale proportion ; d’ailleurs leurs modes de préparation sont fort peu différents. Depuis que les sels de potassium des gisements de Stassfurt sont devenus abondants dans le commerce, la fabrication de l’alun de potasse a repris son importance primitive.
Dans ces derniers temps, on a fréquemment remplacé l’alun par le sulfate d’alumine. Ce sont les deux seules industries que nous décrirons ici avec détails.
Les minerais qui servent aujourd’hui à la fabrication industrielle du sulfate d’alumine ou de l’alun peuvent être divisés en quatre groupes :
Le premier comprend les aluns naturels et l’alunite, composés qui contiennent tous les éléments de l’alun.
Le second est composé des schistes et des terres alumineuses qui ne renferment que les éléments servant à fabriquer le sulfate d’alumine.
Le troisième groupe comprend les argiles, la cryolithe, la bauxite et les scories des hauts fourneaux.
Enfin, dans le quatrième groupe, se trouvent des corps qui, comme te feldspath, ne renferment que de la potasse comme élément utilisable.
Nous allons passer successivement en revue les différents procédés par lesquels on traite ces minerais.