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AU MOYEN DES ARGILES

On désigne habituellement sous le nom d’argiles des matières terreuses qui possèdent la propriété de former avec l’eau une masse plastique, facile à travailler et à mouler et qui, pour cette raison, sont employées à la fabrication des briques, des poteries, des pipes, etc.

L’élément constitutif de l’argile est un silicate d’alumine hydraté auquel attribue la formule :

Al*0^2 SiO»,2110,

et dans lequel l’alumine peut être remplacée par de l’oxyde de fer.

Mais l’argile peut renfermer en outre un nombre considérable d’autres éléments ; en effet le silicate d’alumine des argiles provient de la décomposition des feldspaths au moyen de l’eau et de l’acide carbonique de l’air, comme le montre l’équation suivante :

K0,A|50’,6Si0» + 2H0 H- C0* = Al»03,2 SiO»,2 HO + KO,CO* -f- ASiO».

Après sa mise en liberté, le silicate d’alumine est souvent entraîné par les eaux et .se dépose loin de l’endroit où se trouvait le feldspath primitif; dans son trajet, il se mêle à des substances fort diverses, telles que quartz, feldspath, mica, bitumes, carbonates de chaux et de magnésie, alcalis, oxydes de fer, etc., etc.

Les argiles les plus pures sont celles qui sont recherchées pour la préparation des aluns ; voici la composition d’un type de ces argiles (1) :

Alumine. 27,0

Silice. 66,0

Sesquioxyde de fer. 3,0

Potasse. 2,0

Chaux et magnésie. 0,8

Eau. 1,2

Pour préparer de l’alun avec une argile de cette espèce, on commence par la calciner légèrement, afin de chasser l’eau qu’elle contient ; le fer se trouve en même temps peroxydé, et l’alumine devient plus facilement soluble dans l’acide sulfurique.

Après avoir pulvérisé la masse, on l’ajoute par petites portions à de l’acide

(1) Citée dans le Moniteur tcieniifique du docteur Quesneville, année 1876, p. 917.

sulfurique préalablement porté à l’ébullition dans des vases de plomb. — On peut employer:

204 kilogrammes d’argile,

136 litres d’eau,

212 kilogrammes d’acide sulfurique de densité 1,75.

Il se produit immédiatement une vive efifervescence, qui oblige à éloigner le feu ; bientôt la masse s’épaissit et devient très dure. On la divise ensuite en gros fragments, que l’on traite par l’eau chaude pour avoir une solution de sulfate d’alumine.

Lorsque cette dissolution s'est clarifiée par le repos, on la fait bouillir avec du sulfate de potasse, et on l’abandonne ensuite dans des bassines en plomb, où elle dépose des cristaux d’alun. Le sulfate de potasse est fréquemment remplacé par le chlorure de potassium dans le traitement de la solution acide de sulfate d’alumine.

Clemm a conseillé l’emploi des sels de Stassfurt en vue de la préparation de l’alun au moyen des argiles. Il faut d’abord attaquer l’argile par l’acide chlorhydrique, et ensuite pour chaque molécule de chlorure d’aluminium contenu dans ta dissolution, y ajouter molécule de schœnite: SO^KO-|-SO^MgO-l-6HO, et 2 molécules de kiesérite: SO^,MgO-(-HO. La réaction s’exprime par l’équation suivante :

Al^Cl^ -f- S03,K0 + 3(S03,Mg0) = KO.SO^ -f km,Z SO^ + 3MgCl.

L’alun se sépare facilement du chlorure de magnésium beaucoup plus soluble que lui.

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