‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 4e cahierChapitre 80 sur 90 · MODIFICATIONS DE CE PROCÉDÉ · texte numérisé non relu

MODIFICATIONS DE CE PROCÉDÉ

I. — On a vu ci-dessus qu’après l’efflorescence et le grillage, le minerai était soumis à un lavage méthodique à l’eau afin de lui enlever ses sels solubles, et que les lessives ainsi obtenues devaient être abandonnées dans des citernes afin que les impuretés tenues en suspension puissent se déposer. Or cette clarification est d’une lenteur extrême.

En 1847, un chimiste anglais, M. Spence, est parvenu à la rendre beaucoup plus rapide en traitant directement par l’acide sulfurique artificiel du commerce le minerai grillé porté à température suffisamment élevée.

Aujourd’hui il exploite encore, par le môme procédé, le schiste qui se trouve au-dessus du charbon de terre dans le Lancashire. Après la calcination en tas è la manière ordinaire, le minerai est introduit dans des vases couverts, d’une capacité de 20 tonnes chacun, et on le laisse pendant quarante-huit heures* environ en contact avec l’acide sulfurique de densité 1,35, à la température de 110 degrés.

C’est aussi à ce savant industriel que l’on doit l’utilisation des eaux ammoniacales pour la substitution de l’alun d’ammoniaque à l’alun de potasse.

Il n’est pas nécessaire de traiter d’abord le minerai par l’acide sulfurique, et ensuite de faire arriver l’eau ammoniacale dans la dissolution du sulfate d’alumine. M. Spence fait arriver dans le mélange de minerai et acide sulfurique, porté vers 110 degrés, de la vapeur d’eau produite dans des bouilleurs où l’on chauffe avec de la chaux les eaux ammoniacales du gaz d’éclairage. L’alumine des schistes s’attaque facilement par l’acide sulfurique et le bisulfate d’ammoniaque (car fa liqueur reste toujours acide), qui se produit par suite de l’arrivée des vapeurs ammoniacales dans le mélange ; la liqueur qui résulte de ce traitement s’écoule ensuite dans des réservoirs où on l’agite continuellement pour qu'elle ne dépose que de petits cristaux.

Si, après l’avoir bien égoutté, on fait recristalliser une seule fois ce premier dépôt, on obtient de l’alun ammoniacal tout à fait exempt de fer.

Les dispositions à employer pour redissoudre et faire recristalliser l’alun sont celles que nous avons mentionnées ci-dessus.

IL — Dans les environs de Liège, on exploite, depuis la fin du seizième siècle, un schiste alumineux,appelé owpé/ite, qui se trouve à la base du terrain houiller, et qui forme dans ce pays des gisements d’une puissance considérable.

Cette roche est composée de la manière suivante :

Silice. 60,0

Alumine. 17,0

Potasse. 2,5

Carbone. 4,5

Pyrite. 7,0

Chaux, magnésie. 5,0

Carbonate de fer. 4,0

L’ancienne exploitation de cette roche en vue de la fabrication de l’alun consistait en un grillage à l’air suivi d’un lessivage méthodique.

On a traité ainsi jusqu’à 216 000 mètres cubes de terre par année; les résidus se sont accumulés aujourd’hui au point de former en certains endroits de véritables montagnes.

Ce sont ces résidus que MM. de Lamine traitent de nouveau dans leurs usines à Ampsin, près de Liège, pour en retirer du sulfate d’alumine et de l’alun, car ils contiennent encore une notable proportion d’alumine, comme le montrent les nombres suivants :

Silice. 63 pour 100.

Alumine. 18 —

Oxyde de fer. 13 —

Magnésie et potasse- 6 —

Le principe du traitement consiste à faire passer dans ces minerais humides un courant de gaz acide sulfureux ; en présence de l’oxygène de l’air atmosphérique, ce gaz fournit de l’acide sulfurique, qui peu à peu se transforme en sulfate d’alumine.

Le gaz sulfureux, produit par le grillage de la blende dans une fabrique de zinc, circule dans une série de canaux horizontaux, découverts, de 1 mètre de haut et 1 mètre de large, remplis du minerai alumineux, et il est complètement absorbé.

L’ensemble de cette canalisation forme ainsi une longueur de plus de 4 kilomètres, sur le même plan horizontal; et souvent on dispose ces canalisations en plusieurs étages les uns au-dessus des autres.

Lorsque ces résidus de schistes sont suffisamment épuisés, on les divise en fragments, qu’on soumet au lessivage avec de l’eau.

Les liqueurs ainsi obtenues sont converties ensuite en aluns, ou bien elles sont concentrées à 50 degrés Baumé et versées dans des formes où le sulfate d’alumine se solidifie.

Mais le sulfate ainsi obtenu est très impur; il contient la plupart des sels de l’eau de lavage, et surtout du fer dans la proportion de 3 à 6 pour 100 ; il contient en outre de l’acide sulfurique en excès.

Pour améliorer ce produit, M. de Lamine s’appuie sur ce que, sous l’action de la chaleur, l’alumine précipite l’oxyde de fer et en même temps sature l’acide sulfurique libre.

Il calcine donc les vieux schistes alumineux sur la sole d’un four à réverbère et les arrose ensuite avec du sulfate d’alumine brut, de manière à en faire une bouillie épaisse.

ALUMINIUM

Après refroidissement, il épuise la masse par l’eau; le fer reste avec lef matières insolubles. La liqueur ainsi obtenue fournit après concentration du sulfate d’alumine assez pur pour la plupart de ses applications.

Page 1