SULFURE DOUBLE DE CADMIUM ET DE SODIUM
3 CdS,NaS = 255.
Préparation. — Oh fond ensemble pendant huit à dix minutes :
1 partie de sulfure de cadmium,
12 parties de soufre,
12 parties de carbonate de soude.
La masse refroidie, reprise par l’eau, laisse une poudre cristalline jaune, qui contient le composé 3 CdS,NaS, souillé de sulfure de sodium et de sulfate de soude.
La purification est difficile, car la matière se détruit peu à peu au contact de l’eau en perdant du sulfure alcalin : la décomposition finit par être totale.
Il vaut mieux se servir d’un mélange à parties égales d’eau et d’alcool absolu ; mais alors on ne peut plus dissoudre le sulfate de soude. On n’obtient donc qu’un mélange du sulfure double et de sulfate de soude : l’analyse suivante a été déduite indirectement de l’analyse du mélange :
Calculé. Schneider.
Na. = 23 9,02 8,33
3Cd.= 168 65,88 65,02
Nafid=<S*.= 255 100,00 100,00
Propriétés. — C’est une poudre jaune, formée par un agrégat de cristaux microscopiques transparents, aiguilles aplaties ou feuillets plus ou moins larges.
Le sulfure double ne se détruit pas à chaud dans un courant d'hydrogène. Il s’oxyde facilement, surtout quand il est humide, en donnant de l’hyposulfite de soude. L’eau le détruit assez promptement, en s’emparant du sulfure alcalin (R. Schneider, Ann. de Pogg., CXLIX, 391).
PERSULFURE DE CADMIUM.
CdS5 (?).
Quand on précipite un sel neutre de cadmium par la dissolution d’un pentasulfure alcalin, on obtient un précipité jaune clair, qui devient jaune orangé par la dessiccation dans le vide sec.
Chauffé à l’abri de l’air, ce corps se détruit en soufre et monosulfure (1). H (t) Schiff a trouvé pour le poids du sulfure résidu, .53,4 pour 100 (Calculé : 53,23).
CADMIUM. 245
se dissout dans les acides avec dégagement d’hydrogène sulfuré et dépôt de soufre (Schiff, Ann. der Chem, und Pliarm., CXV, 74).
Ce n’est sans doute qu’un mélange.
SÉLÉNIURE DE CADMIUM.
CdSe = 95,7 CdSe = -191,4
1° La solution aqueuse de chlorure de cadmium, traitée par l’acide sélénhydriqiie, donne un précipité brun foncé de séléniure de cadmium (Uelsmann, Ann. der Chem, und Pharm., CXVI, 122).
2“ Le cadmium, chauffé dans la vapeur de sélénium, se combine avec incandescence, en donnant un séléniure cristallin jaune d’or. Cette matière, fondue avec du borax, donne une masse friable gris noirâtre, formée de paillettes cristallines (Little, Ann, der Chem, und Pharm., CXII, 211).
3“ D’après Margottet {Thèse de doctorat, 1879), quand on dirige sur le métal chauffé au rouge sombre de l’acide sélénhydrique dilué dans un courant d’hydrogène, on observe une vive incandescence, et il reste une poudre brun marron amorphe, mélangée de lamelles brunes cristallines et irisées.
Si l’on fait recristalliser au rouge sombre, on produit des cristaux d’un noir de jais ou d’un brun rougeâtre, réunis en lames striées de forme peu nette.
Ces lames n’appartiennent pas au système cubique, car elles dépolarisent fortement la lumière polarisée.
La densité est 5,80.
Voici l’analyse donnée par Uelsmann :
Calculé. Trouvé.
Se....
CdSe..
TELLURURE DE CADMIUM.
CdTe ==
€dTe=:
1“ Oppenheim a obtenu ce' corps en chauffant modérément le tellurite de cadmium ou le tellurate dans un courant d’hydrogène : il avait ainsi une poudre noire, qui, chauffée plus fort, perd un peu de tellure et se transforme
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en une masse poreuse d’un gris métallique {Journ. für prakt. Chem., LXXl, 206).
2“ Le tellure et le cadmium se combinent directement à 500 degrés, avec un léger dégagement de chaleur; le lellurure formé est amorphe et d’aspect métallique.
Par cristallisation dans un courant lent d’hydrogène, Margottet l’a obtenu en cristaux noirs du système cubique, allongés selon ¥ en forme de prisme hexagonal (loc. cit.).
Faces observées : ¥, m, a'.
Densité : 0,20.
SULEOTELLURURE DE CADMIUM.
3C(lS,TeSL
Berzelins l’a obtenu en traitant un sel de cadmium par le sulfotellurure de potassium. C’est un précipité pulvérulent jaune, qui devient peu à peu brun foncé.
CHLORURE DE CADMIUM.
GdCl = 91,5 -GdCU = 183,0
Préparation. — i" Le cadmium, chauffé dans un courant de chlore sec, donne du chlorure qui se sublime au rouge en paillettes transparentes nacrées.
2” On peut obtenir le chlorure en chauffant l’oxyde de cadmium dans un courant de chlore sec (Weber).
3° On prépare le plus souvent le chlorure anhydre en déshydratant par la chaleur le chlorure hydraté CdCl,2 HO. Celui-ci fond, et donne une masse transparente, d’un éclat à la fois métallique et nacré, qui peut se sublimer au rouge.
Composition. — Je citerai l’analyse faite par Stromeyer et qui lui a servi pour établir l’équivalent du cadmium.
Calculé. Trouvé.
Cd.. 5G 61,20 61,39
Cl. = 35,5 38,80 38,61
CdCI.= 91,5 100,00 100,00
CADMIUM.
Propriétés physiques. — Le chlorure de cadmium sublimé se présente sous la forme de paillettes nacrées, qui exposées à l’air, perdent leur transparence en absorbant l’humidité et ne tardent pas à tomber en déliquescence.
Sa densité est :
3,625. (Bœdeker),
3,938 à 23»... (F. Clarke et Knight).
Chauffé, il fond vers 400 degrés et se volatilise au rouge (1). Son point d’ébullition est compris entre 860 degrés et 1000 degrés, d’après Carnelly et Williams.
Sa solubilité dans l’eau est très grande. D’après Kremers, 1 partie de chlorure se dissout :
à 20° dans 0,71 parties d’eau.
La chaleur dégagée pendant cette dissolution est, d’après Tbomsen, pour 1 équivalent de chlorure CdCl = 91S‘',5 :
+ ICM,5,
valeur bien inférieure à celle du chlorure de zinc, ce qui rend très bien compte de la facile déshydratation de ce composé.
Les densités des solutions de chlorure cadmique ont été mesurées par Kremers à la température de 19°,5. Voici les résultats qu’il a obtenus;
Densités des liqueurs
Propriétés chimiques. — La chaleur de formation du chlorure de cadmium a été évaluée par Thomsen. Par équivalent de chlorure formé :
Cd 4- Clÿaz. = CdC) solide, dégage. + 46CM,6.
Ce nombre est supérieur à la chaleur de formation de l’oxyde: -}-33 cm, 2. Pourtant, d’après A. Potilitzin, l’oxygène déplace facilement le chlore du chlo-
1) Sans décomposition dans un courant d’azote (Berthelet).
rure chauffé au rouge sombre {Deutsche chem. Gesell., '1879, 695). Mais on a vu que la réaction inverse permet de préparer le chlorure par l’action du chlore sur l’oxyde (Weber). Peut-être le maximum thermique et aussi le premier effet chimique correspondent-ils à la production d’un oxychlorure. ■
Le chlorure de cadmium anhydre est, d’après Potilitzin, réduit facilement par l’hydrogène sec; l’action commence avant la fusion du sel, mais avec le sel fondu, l’action est énergique, et l’hydrogène se trouve chargé de vapeurs fumantes d’acide chlorhydrique.
Ce phénomène a été signalé par ce chimiste comme contraire aux principes de la thermochimie {loc. cit., p. 2170). Mais, comme l’a fait observer M. Berthelet {Comptes rendus, XCI, 1028), l’action est fort incomplète ; l’hydracide qui se dégage est mêlé avec beaucoup d’hydrogène, en même temps qu’il se sublime du cadmium, mélangé d’un grand excès de chlorure sublimé, peutêtre même d’un sous-chlorure jaune formé simultanément.
Quant à la dérogation apparente à la règle du maximum thermique, on peut l’expliquer, soit parce que la chaleur de formation du chlorure est beaucoup moindre au l’ouge qu’à la température ordinaire, soit plutôt par la formation transitoire d’un chlorhydrate de chlorure, produit avec dégagement de chaleur.
La réaction serait :
• 2CdCl -j- H = GdCl,HCl -p Cd (exothermique).
Le chlorhydrate, ainsi formé, si faible que soit sa proportion, explique la réduction, parce qu’il se détruit et se régénère sans cesse aux dépens de nouvelles quantités de chlorure (Berthelot).
L’existence du chlorhydrate de chlorure de cadmium anhydre est rendue très probable par l’existence d’un chlorhydrate hydraté obtenu par M. Berthelot : CdCl,HCl,7H0 {loc. cit., p. 1024).
Le chlorure de cadmium absorbe le gaz ammoniac, avec dégagement de chaleur, en donnant le chlorure 3 AzH®,GdGl (Groft).
Il donne avec les chlorures métalliques un grand nombre de chlorures doubles, très bien définis, qui seront décrits plus loin ou avec les métaux correspondants (métaux ultérieurs).
Quelques-uns sont anhydres :
2AzH‘Cl,CdCl,
2KCl,CdCl.
La plupart contiennent de l’eau :
AzH*CI,2CdCl,HO,
KGl,2CdCl,HO,
NaGl,GdCl,3HO,
BaCl,CdCl,4HO,
BaGl,2GdGl,5HO,
SrCl,“2CdCl,7HO,
Caa2CdCI,7HO,
2CaCl,CdCI,12HO,
2MgGI,CdCI,-12II0,
2NiCl,CdCl,12HO,
et la remarquable série de sels isomorphes :
MgCl,2CdCI,l2nO,
MiiCl,2CdCI,12HO,
FeCl,2CdCI,t2HO,
CoCl,2GdCl,t2HO,
NiGl,2GdGl,12HO,
décrits principalement par von Hauer {Wien Akad. Ber., XVII, 331). Je terminerai celle liste par les chlorures doubles :
GuGl,GdGl,4IIO,
GdGl,PtG12,6HO.
On a décrit aussi des chlorures doubles de cadmium formés avec l’or, le palladium, et un chlorure double ammoniacal d’osmium et de cadmium.