OXYDE DE ZINC AMMONIACAL
Dissolution. — Le zinc métallique, plongé dans l’ammoniaque, se dissout lentement avec dégagement d’hydrogène. L’action est beaucoup moins lente, si le métal se trouve au contact de fer (Runge, Pogg. Ann., XVI, 129). On peut obtenir de la sorte une solution concentrée, qui abandonne peu à peu de beaux cristaux d’hydrate d’oxyde de zinc. Une telle dissolution, analysée par Schindler, contenait pour 100 parties ;
ENCYCLOP. CHDI.
ZnO.,
AzH3
La formule eût été, sans tenir compte de l’eau :
8 AzlF.ZnO-
On peut obtenir la même solution en dissolvant l’oxyde dans l’ammoniaque ; cette dissolution est très rapide avec l’oxyde hydraté. Avec l’oxyde anhydre, elle est très lente. Berthier et Firnhaber la croyaient même impossible, mais à tort d’après Scliindler. Du reste, de faibles traces de sels alcalins ou ammoniacaux la favorisent beaucoup: les phosphates sont les plus propices ; viennent ensuite les arséniates, les chlorures, les sulfates, azotates, acétates, carbonates, citrates, enfin les sulfites, qui n’exercent plus guère que peu d’eiïet.
La solution ammoniacale d’oxyde de zinc est incolore : concentrée, elle se trouble par addition d’une grande quantité d’eau.
Évaporée à l’air, elle absorbe de l’acide carbonique et dépose des aiguilles formées par du carbonate de zinc ammoniacal.
Évaporée à chaud au bain de sable, elle laisse une masse inodore, qui dégage de l’ammoniaque sous l’action de la potasse (Wittstein, Répert., LVII, 60).
L’eau de chaux, de strontium ou de baryte, précipite de cette solution une partie de l’oxyde de zinc, qui, d’après Berzelius, est en combinaison avec la terre alcaline.
Oxyde ammoniacal cristallisé. — On n’a pas réussi à l’obtenir artificiellement.
Si on évapore dans le vide une solution, il se dépose de fines aiguilles d’hydraté ZnO,HO (Malaguti et Sarzeaud).
Malaguti a trouvé par hasard sur le toit de zinc d’une fosse d’aisance, de petits cristaux d’un blanc jaunâtre, paraissant orthorhombiques, et dont la composition était représentée par la formule :
3ZnO,2.4zH3,t2HO,
ainsi que le montre l’analyse ci-jointe :
Calculé. Trouvé.
3ZnO. 46, H 48,00
2AzH3. 12.90 12,55
ZINC
ZINCATE d’alumine.
ZnO,.\W = 92,0 £iiô,A1203 = 18i,0
Combinaison hydratée. — Si l’on mêle une dissolution d’alumine dans la potasse caustique, avec une solution ammoniacale d’oxyde de zinc, il se précipite une combinaison d’alumine et d’oxyde de zinc. Cette combinaison est soluble dans un excès de potasse ou dans un excès d’ammoniaque. (Berzelius, Sander.)
Composé anhydre. — L’oxyde de zinc et l’alumine forment un composé anhydre, bien défini et cristallisé :
Zn0,.M-0^
Ce corps existe dans la nature, sous le nom de gahnite ou automolite : on en trouve à Fablun (Suède), dans l’État de New-Jersey (Amérique du Nord).
Dans la gahnite une partie du protoxyde de zinc peut être remplacée par un protoxyde isomorphe, magnésie, oxyde ferreux, oxyde manganeux; une partie de l’alumine peut être remplacé par un sesquio.xyde isomorphe, l’oxyde ferrique. On peut l’obtenir artificiellement par plusieurs procédés.
1“ Ebelmen fondait un mélange d’oxyde de zinc, d’alumine, d’acide borique, et élevait la température jusqu’à volatiliser partiellement l’acide borique, L’aluminate dissous dans ce dernier cristallisait en octaèdres incolores {Ann. de chimie et de phys. [3], XXXIIl, 34).
2" On peut le préparer en faisant agir au rouge blanc, sur l’acide borique, un mélange de fluorure d’aluminium et de fluorure de zinc (Henri Sainte- Claire Deville et Caron, Comptes rendus, t. XLVI, 764).
3“ Daubrée a obtenu les mêmes cristaux en faisant agir sur de la chaux portée au rouge vif un mélange des vapeurs de chlorure d’aluminium et de chlorure de zinc. Le principe de cette méthode est identique à celui de la précédente {Comptes rendus, t. XXXIX, p. 153).
4” D’après A. Stelzner et H. Schultze {Jahrbuch fur das Berg, und Hüttenwesen im KOnigreiche Sachsen, 1881, p. 9), les moufles, qui servent à Freiberg pour la réduction du zinc, contiennent au bout de quelque temps d’usage, beaucoup d’aluminate de zinc. A partir du quatorzième jour, l’argile commence à prendre une coloration bleue due à la formation de gahnite artificielle. Cette substance arrive à former à Freiberg, de 19 à 33,5 pour 100 de la paroi du moufle, à Bensberg, de 29 à 33 pour 100.
La gahnite naturelle ou artificielle appartient à la classe minérale des spinelles: elle cristallise donc en octaèdres réguliers aS simples ou maclés parallèlement à a*.
Sa dureté est plus grande que celle du quartz.
Sa densité est 4,58.
Elle ne fond pas au chalumeau. Avec le carbonate de soude, elle donne sans se dissoudre une scorie noirâtre. Elle se dissout très difficilement dans le borax ou le sel de phosphore; mais on peut la fondre dans un mélange de borax et de carbonate de soude en un verre limpide coloré par le fer.
Elle est insoluble dans les acides étendus et dans les alcalis.
On trouvera ci-dessous l’analyse d’un minéral de New-Jersey, donnée par Genth (Sill. Am. Journal, 2' sér., t. XXXIII, p. 196), ainsi que les analyses par A. Stelzner et H. Schultze, des spinelles des moufles à Bensberg et à Freiberg.
Calculé. New-Jerscy. Freiberg. Bensberg.
ZnO .
MgO.
FeO.
MnO.