‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 6e cahierChapitre 220 sur 305 · PROTOXYDE DE THALLIUM · texte numérisé non relu

PROTOXYDE DE THALLIUM

TIO = 212 Tl^o- =: 424

Oxyde anhydre. — Le protoxyde anhydre se produit par oxydation directe, quand le thallium est exposé à l’air. L’action, lente à la température ordinaire, est assez rapide à 100 degrés. Au-dessous du rouge, il se produit du peroxyde, qui se détruit de nouveau au rouge vif en reformant du protoxyde fondu (Lamy).

,On peut également obtenir le protoxyde anhydre en déshydratant par la chaleur à l’abri de l’air, l’oxyde hydraté. Il suffit de chauffer à 100 degrés.

Le protoxyde de thallium est une poudre noire, qui jaunit en absorbant l’humidité de l’air. Il fond à 300 degrés en un liquide jaune foncé, qui attaque le verre, en produisant du silicate de thallium.

Il est soluble dans l’eau, en donnant une liqueur très alcaline. Sa chaleur de dissolution est pour un équivalent de protoxyde T10=212s'’, d’après Thomsen ;

— lCal,5.

L’alcool absolu le dissout en formant de Y alcool thallique, C^H’TIO®, liquide incolore, dont la densité est 3,55. C’est, après le mercure, le plus lourd de tous les liquides : c’est aussi celui qui possède le plus grand pouvoir réfringent et dispersif. L’eau détruit cette combinaison en alcool et oxyde hydraté (Lamy, Ann. de chim. et de phys. [3], LXVII, 395).

La chaleur de formation du protoxyde anhydre est pour un équivalent TIO = 212 grammes :

Tl + O =:T10 anhydre, dégage- +21Cai,5.

Ce nombre est inférieur à la chaleur de formation de l’eau : aussi l’oxyde de thallium peut être réduit par l’hydrogène.

De même, d’après Flemming, il est réduit au rouge par l’oxyde de carbone,

Le chlore, le brome, l’iode attaquent l’oxyde anhydre avec élimination d’oxygène.

Solution de protoxyde. — Le thallium maintenu dans l’eau aérée, fournit facilement une solution de protoxyde. La réaction :

Tl + O + Aq = TIO dissous,

dégage par équivalent -j- 20<"“’. L’oxydation est très rapide quand on fait passer dans l’eau chaude un courant d’oxygène. On arrive plus aisément à une liqueur concentrée en chauffant le métal à 100 degrés et le plongeant dans l’eau qui dissout la couche d’oxyde, puis renouvelant cette opération un grand nombre de fois (Willm).

Lamy a conseillé de décomposer le sulfate thalleux par une dose calculée d’eau de baryte : il convient d’opérer en liqueur étendue, afin de rendre négligeable la perte de thallium entraîné par le sulfate de baryte. La réaction dégage par équivalent -f- 2C»',9.

On peut aussi faire agir la chaux sur l’oxalate thalleux.

Quel que soit le mode suivi, il faut éliminer autant que possible l’acide carbonique, soit de l’air employé pour oxyder le métal, soit des liqueurs qui doivent dissoudre l’oxyde. La concentration des solutions doit être effectuée rapidement pour éviter l’attaque des vases.

La solution de protoxyde de thallium est incolore, très alcaline au tournesol ; sa saveur est fortement alcaline. Quand on l’évapore, elle répand une odeur comparable à celle des lessives chaudes de potasse ou de soude.

Elle brunit le curcuma, mais la coloration ne persiste pas très longtemps (1).

Elle agit sur les acides à peu près comme les solutions alcalines. Thoinsen a trouvé pour les chaleurs de saturation :

Cal.

TIO diss. + HCl diss- = TlCl diss . + 13,7

TIO diss. + S03 diss. = TISO* diss....... + 15,5

TIO diss. -j- AzO® diss. = TlAzO* diss . 4- 13,7

Ces nombres sont à peu près identiques à ceux des alcalis et des terres alcalines. Aussi les actions sur les sels métalliques sont-elles semblables.

L’acide carbonique est absorbé facilement.

(1) Si on écrit avec du thallium métallique sur du papier de curcuma, les traits apparaissent en brun, quand on humecte d’un peu d’eau, mais disparaissent quelque temps après (Erdmann, Joum, f, prakt. Chem., LXXXIX, 381).

THALLIUM

L’hydrogène sulfuré fournit du sulfure noir insoluble.

Les solutions de protoxyde de thallium attaquent lentement, surtout à chaud, le vei’re et la porcelaine. ,

Protoxtjde hydraté. — Les solutions abandonnent à la concentration de longues aiguilles prismatiques jaunâtres, dont la composition n’a pas été déterminée. Elles perdent facilement leur eau en laissant de l’oxyde noir, soit lorsqu’on les chauffe à 100 degrés, soit même quand on les place dans un espace maintenu sec.

Willm a obtenu accidentellement des cristaux volumineux orthorhombiques jaunes, formés lentement dans une solution d’oxyde ; ils contenaient:

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