PURIFICATION DU ZINC
Pour purifier le zinc du commerce, il ne suffit pas de le soumettre à la distillation : les métaux volatils, arsenic, antimoine, cadmium, distillent avec lui, et même, d’après Berzelius et Dulong, un peu de plomb est entraîné. Cette circonstance rend assez difficile la préparation du zinc chimiquement pur.
Le plus souvent, pour les usages chimiques du zinc, la pureté absolue du métal n’est pas nécessaire, il suffit qu’il soit complètement débarrassé de soufre, d’arsenic, d’antimoine ; c’est ce qui arrive pour la préparation de l’hydrogène, où la présence du plomb n’a aucun inconvénient.
Aussi les chimistes se sont préoccupés de celle purification partielle et ont imaginé plusieurs procédés.
purification partielle du zinc.
Le principe du procédé consiste dans l’attaque partielle du métal impur, soit par un oxydant tel que le nitre, soit par un sulfurant, soit par un chlorurant, tel que le chlorhydrate d’ammoniaque: dans ces conditions, le soufre, l’arsenic, l’antimoine, la majeure partie du fer, sont complètement attaqués et éliminés à l’état lion métallique.
1° Procédé par le nitre. — Le zinc du commerce est d’abord réduit en limaille ou en grenaille fine. On place dans un creuset d’abord du nitre, ensuite un mélange de i parties de zinc et 1 partie de nitre ; on recouvre d’une couche de nitre. On chauffe graduellement, jusqu’à ce qu’une vive déflagration se déclare: on retire alors du feu; le soufre, l’arsenic, la majeure partie du fer, l’antimoine, et une partie du zinc ont été oxydés, et se trouvent dans la scorie : le métal qui est réuni au fond du creuset, est purifié et peut servir à préparer l’hydrogène (Meillet, Journal de pharmacie, XXVII, 625).
2“ Procédé par le soufre. — Le soufre attaque difficilement le zinc, même à la température de fusion de ce métal : au contraire, il attaque avec vivacité la plupart des métaux qui lui sont associés. Aussi l’emploi du soufre a-t-il été depuis longtemps proposé pour la purification du zinc. Bonnet et Schwake {Annalen der Chemie und Pharmacie, IX, 184) fondaient le métal impur avec du soufre pur, ou plutôt avec du soufre mélangé de matières grasses.
A. Un procédé semblable a été employé dans ces derniers temps : le zinc brut, et débarrassé par.liquation de la majeure partie du plomb, est maintenu fondu au rouge sombre. A l’aide d’un tube de fer, on fait arriver du soufre dans la masse, qu’on agite fortement. La majeure partie des métaux qui souillent le zinc se sépare à l’état de sulfures qui surnagent et qu’on enlève avec une cuiller. Le zinc est ensuite distillé (W. Merton, Dinglers Polytechnisches Journal, GGXLV).
B. Le mode opératoire imaginé par Günning, donne des résultats plus sûrs :
On dispose dans un creuset des couches alternantes de grenaille de zinc, et d’un mélange de soufre pilé et de carbonate de soude. On chauffe et on remue la matière fondue, jusqu’à ce qu’un échantillon du métal ne contienne plus d’arsenic.
Le culot de zinc, qui retient du soufre, est refondu avec de la litharge, qui le désulfure complètement. On obtient ainsi un métal plombifère très convenable pour la préparation de l’hydrogène.
3» Procédé par chloruration. — Selmi {Eco industriale, II, 352) purifie partiellement le zinc, en fondant le métal, puis introduisant dans la masse un
ZINC
fragment de sel ammoniac : l’arsenic et l’antimoine s’échappent sous forme de chlorures volatils.
L’Hôte élimine l’arsenic et l’antimoine en projetant dans le zinc fondu 1 à 1,5 pour 100 de chlorure de magnésium anhydre (loc. cit.).