CHLORURE ANHYDRE
Préparation. — Le chlore, en se combinant avec le zinc, dégage beaucoup plus de chaleur :
Cl -|- Zii = ZnCl anhydre, dégage -j- 48“,6.
Aussi la formation du chlorure de zinc est-elle facile, soit à partir des deux éléments libres, soit à partir de l'un d’eux et d’une combinaison de l’autre formée avec moins de chaleur : de là les diverses méthodes qui permettent d’obtenir le chlorure anhydre. Ce sont :
1° Chloruration directe du zinc ;
2° Action du chlore sur un composé du zinc, par exemple sur l’oxyde ;
3° Action du zinc sur un chlorure.
4“ Action d’un composé de zinc sur un chlorure ;
5° Déshydratation du chlorure hydraté.
Nous allons dire quelques mots de chacun de ces moyens.
l” Chloruration directe du zinc. — Si l’on fait passer du chlore sec sur du zinc chauffé au rouge, le chlorure se forme avec incandescence, distille et se sublime en aiguilles blanches dans les parties plus froides du tube.
Si le zinc est divisé en poudre ou en copeaux minces, il s’enflamme à froid dans le chlore, et continue à y brûler avec .une flamme blanche (Davy) (1).
2° Action du chlore sur l’oxyde de zinc. — On peut préparer le chlorure de zinc en faisant arriver un courant de chlore sur de l’oxyde chauffé au rouge.
3“ Action du zinc sur un chlorure. — Le zinc réduit, en se chlorurant, les chlorures formés avec moins de chaleur que le chlorure de zinc.
On peut préparer ce dernier en chauffant au rouge un mélange de deux parties de chlorure de mercure, et d’une partie de tournure de zinc.
Il se forme aussi du chlorure de zinc quand on fait passer sur du zinc chauffé au rouge dans un tube de porcelaine, du chlorure de silicium, entraîné par un courant d’hydrogène ; le silicium se dépose en cristaux (Beketoff, Bull, de la Soc. chim., 1859, 22).
D’après le même chimiste la vapeur de zinc agit de même, mais imparfaitement sur le chlorure de baryum (voy. Propriétés chimiques du zinc, action des chlorures).
4" Action d’un sel de zinc sur un chlorure. — On obtient du chlorure de zinc en distillant un mélange de 1 partie d’oxyde de zinc et de 2 parties de chlorhydrate d’ammoniaque.
On peut se servir avec succès d’un mélange à équivalents égaux de sulfate de zinc desséché et de chlorure de calcium sec : s’il y a du fer dans les produits employés, il passe à l’état de chlorure dans les premières portions. On obtient ainsi les 4/5 du rendement théorique (Persoz, Comptes rendus, 1859).
Le chlorure de sodium employé autrefois pour cette préparation ne donne pas de bons résultats.
5” Déshydratation du chlorure hydraté. — La solution aqueuse de chlorure de zinc (voy. ci-dessous), évaporée à consistance sirupeuse, puis à siccité, dégage un peu d’acide chlorhydrique et fournit une masse blanche, qui est un mélange de chlorure et d’oxychlorure (J. Davy, Joural fur Chem, und Phys. Schweiggers, X, 331).
Celte masse, distillée au rouge dans une cornue, peut donner du chlorure pur, à condition qu’on élimine les premières parties, qui contiennent toujours un peu d’eau.
(1) D’après R. Cowper [Joum. Chem. Soc., 1883, 153), le chlore bien desséché par plusieurs tubes à chlorure de calcium, n’attaque pas à froid les feuilles de zinc.
ZINC
Propriétés phrjsiques. — Le chlorure de zinc anhydre est un corps solide blanc grisâtre, à demi transparent, mou comme de la cire. Les anciens chimistes l’appelaient beurre de zinc.
Sa densité est 2,753 (Bœdeker).
Sa chaleur spécifique à l'état solide est d’après les mesures de Régnault, égale à 0,136, ce qui fait pour 1 équivalent de chlorure :
ZnCl = 68,1. 9,2
Chauffé, il fond avec facilité, un peu au-dessus de 100 degrés d’après H. Davy, plus vraisemblablement, d’après J. Davy, au-dessous du rouge sombre. Par refroidissement il passe par un état pâteux.
Il se sublime au rouge en aiguilles blanches.
Sa densité de vapeur a été mesurée par V. et G. Meyer {Ber. der Deutscli. Chem. Gesell., 1879, 1195). En opérant à 890 degrés, ils ont trouvé :
Cette densité correspond à ZnCl = 2 vol., le calcul indiquerait 4,70 (1).
La résistance électrique du chlorure de zinc a été étudiée par F. Braun (Ann. de Pogg., 1874, CLIV, 161).
En prenant pour unité la résistance du mercure normal, celle du chlorure est :
Chlorure solide. 1149 XI 0‘
Chlorure fondu. 1164 X lO'*
La résistance diminue donc considérablement au moment de la liquéfaction.
Le chlorure de zinc est excessivement soluble dans l’eau et attire fortement l’humidité de l’air, où il tombe rapidement en déliquescence.
En se dissolvant, il dégage par équivalent :
eu.
-t- 7,8 (Thomsen).
À- 7,5 (Graham).
-j- 8,0 (Favre;.
11 possède une saveur brûlante très désagréable (Papenguth, Scherers Nord. Ann., II, 143).
Propriétés chimiques et composition. — L’avidité extrême que le chlorure de zinc a pour l’eau, en fait un déshydratant très énergique. Il agit sur les matières organiques, comme ferait l’acide sulfurique concentré.
(1) A 890 degrés le chlorure de zinc n’attaque pas la porcelaine; il n’en est plus de même au rouge orange (température de fusion de la fonte). Il se forme alors du silicate de zinc, et du chlore est mis en liberté (V. et C. Meyer).
D’après Balarcl, il attaque l’alcool amylique, lui enlève toute l’eau, eu mettant en liberté l’anaylène, qui se polymérise partiellement.
L’alcool ordinaire absolu n’est pas attaqué, mais le dissout, et d’après Graliam, la solution évaporée abandonne de petits cristaux ayant pour formule :
CDP0^2ZnCl.
Il charbonne le bois et peut effectuer la saponification des graisses neutres,
L’acide sulfurique concentré chaud, l’attaque vivement : tout l’acide chlorhydrique se dégage, il ne reste que du sulfate de zinc (Vogel).
A chaud il se combine avec l’hydrogène phosphoré, en donnant du phosphure de zinc et de l’acide chlorhydrique (Rose).
Il est décomposé au rouge par l’aluminium, qui prend le chlore, et laisse le zinc sous forme de culot fondu (Flavitzld). Cette réaction est prévue par la règle du travail maximum, l’aluminium dégageant avec le chlore plus de chaleur que le zinc.
La composition du chlorure de zinc est représentée par ZnCl.
Zn.= 32,6 47,87
Cl.= 35,5 52,13
ZnCI. = 68,1 100,00