‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 7e cahierChapitre 22 sur 93 · COMPOSÉS OXYGÉNÉS DU TANTALE · texte numérisé non relu

COMPOSÉS OXYGÉNÉS DU TANTALE

On connaît deux composés oxygénés du tantale, l’acide tantalique, Ta^0% et le bioxyde de tantale, Ta®0‘.

BIOXYDE DE TANTALE (Ta'O')

En cliauffant l’acide tantalique à une température élevée dans un creuset l^easqué, Berzelius (Pogg. Ann., IV, p. 20) a obtenu une masse noire, sauf dans les points où elle avait le contact du charbon. Si on laisse de côté ces parties extérieures qui étaient d’une couleur jaune de bronze, et qui probablement sont du carbure de tantale, la partie interne peut être envisagée comme un oxyde inférieur du tantale, un bioxyde.

Par grillage, ce produit se transformait en effet en acide tantalique en gagnant il,50 à 4,20 pour 100 d’oxygène. Pour la transformation de Ta-0‘ en Ta*0^ le ealcul donne une augmentation de poids de 3,74 pour 100.

Le bioxyde de tantale est décrit par Berzelius comme une poudre d’un gris Ibncé, qui par le frottement ne prend pas l’éclat métallique. Ni l’acide chlorhydrique, ni Tacide nitrique, ni l’eau régale, ni le mélange d’acide nitrique et d’acide fluorbydrique, ne l’attaquent. Fondu avec du nitre ou de la potasse, il s’oxyde et donne du tantalate de potasse.

L’acide tantalique n’est pas réduit par l’hydrogène comme l’acide niobique.

ACIDE TANTALIQUE (Ta^O').

Équivalent en poids. 222

Poids atomique. 444

PRÉPAnATlON.

ün obtient l’acide tantalique mélangé à l’acide niobique et à de petites quantités des acides titanique, tungstique et stannique, lorsqu’on attaque par le bisulfate de potasse les minéraux niobifères et tantalifères. Nous indiquerons idtérieurement en détail le mode d’attaque des minerais et la purification de l’acide tantalique.

Si l'on avait à sa disposition un tantalate pur, on en retirerait l’acide tantalique par un traitement à l’acide sulfurique, au bisulfate d’ammoniaque ou au bisulfate de potasse. Dans une dissolution d’un tantalate alcalin, l’acide sulfu- •’ique précipite un acide tantalique qui, malgré les lavages, restera combiné avec de l’acide sulfurique, mais dont on pourra le débarrasser par calcination. On peut également précipiter l'acide par l’acide chlorhydrique.

58 ENCYCLOl'ÊDIK CHIMIQUE.

Un tantalate alcalin calciné ou un tantalate métallique, obtenu par voie sèche, devra être fondu avec du bisulfate de potasse. En reprenant par l’eau en excès et faisant bouillir, l’acide tantalique se précipite.

Si la combinaison tantalique est du tluotantalate de potasse, on décomposera ce sel par l’acide sulfurique, et l’on sera ramené au cas précédent.

On obtient encore l’acide tantalique en décomposant par l’eau le chlorure dt; tantale {Chlorure de tantale, p. 71).

La calcination du fluoUantalate d’ammoniaque donne un acide tantalique très pur et très dense.

PROimiÉTÉS PHYSIQUES.

Hydrates. — L’acide tantalique qui provient de la décomposition par l’eau du chlorure de tantale est amorphe.

L’acide est hydraté, et lorsqu’on le calcine il se transforme en acide anhydres avec incandescence.

Lorsqu’on abandonne à l’air humide le chlorure de tantale, il se transforme peu à peu eu un hydrate cristallin, qui perd son eau par la calcination sans présenter de phénomènes d’incandescence.

L’acide tantalique hydraté, séché à 100 degrés, perd par la calcination de <5,0 à 7,88 pour 100 d’eau. Les deux formules, 2Ta-0'',3110 et Ta-0S2I1Ü, correspondraient respectivement aux pertes de poids 5,73 pour 100 et 7,5 pour 100.

Lorsqu’on reprend par l’eau le bisulfate de potasse qui a dissous de l’acide tantalique, on obtient un sulfate d’acide tantalique qui, lavé avec de l’eau et mis en digestion avec de l’ammoniaque, se transforme en un hydrate. Le précipité, séché à 100 degrés, perd par calcination G,G pour 100 d’eau, ce qui correspond à ta formule

3Ta-205,5H0.

Lorsqu’on fait bouillir avec de l’eau le produit de la fusion de l’acide tantalique avec du bisulfate de potasse, le précipité obtenu renferme de l’acide sulfurique. Ce précipité, desséché à 100 degrés, renfermerait 85,25 pour 100 d’acide tantalique anhydre et .5,23 p. 100 d’acide sulfurique. La formule 3,Ta®0%S0 *,9 HO exigerait 84,G3 d’acide tantalique et 5,08 d’acide sulfurique (Hermann).

Acide anhydre. — Lorsqu’on calcine, soit le sulfate d’acide tantalique, soit les hydrates précédents, on obtient l’acide tantalique anhydre.

L’acide pur doit rester blanc, lorsqu’on le porte au rouge vif ; s’il jaunit, c’est qu’il renferme un peu d'acide niohique. D’après H. Rose, l’acide jaunit lorsqu’on le chanffe, mais nous savons aujourd’hui que l’acide étudié par H. Rose renfermait constamment de l’acide niohique.

La densité de l’acide tantalique anhydre présente d’assez fortes v.ariations, suivant le mode de préparation pt la température à laquelle il a été obtenu.

TANTALE

L’acide provenant de la décomposition par l’eau du chlorure de tantale est vitreux et amorphe. Sa densité est 7,028. Si la décomposition par l’eau s’est produite progressivement, par l’humidité atmosphérique par exemple, l’acide est cristallin et sa densité est 7,284. En somme, la densité de l’acide provenant de la décomposition par l’eau du chlorure, après calcination, varie à partir de 7,529 (H. Rose).

La densité de l’acide tantalique obtenu par la décomposition du chlorure par l’eau ammoniacale et calciné au rouge sombre est 7,53 (H. Deville el Troost).

Lorsque l’acide provient de la décomposition par l’eau du bisulfate de potasse qui a dissous l’acide tantalique, et qu’il a été calciné, sa densité est 7,055-7,06.5. Cette densité s’élève à 7,986 lorsque l’acide a été porté au rouge blanc pendant trois quarts d’heure. D’après H. Rose, l’acide amorphe devient cristallin lorsqu’on le maintient longtemps à une température élevée. La densité peut s’élever ainsi jusqu’à 8,26. Mais si on le maintient exposé pendant longtemps à la température élevée d’un four à porcelaine, il perd sa structure cristalline, et sa densité diminue jusqu’à 7,0.

M. Marignac a trouvé 7,60 et 7,64 pour densité de l’acide provenant de la fusion avec du bisulfate de potasse. La densité d’un acide extrait du fluotanlalate d’ammoniaque calciné avec de l’acide sulfurique s’est élevée à 8,01.

D’après II. Rose l’acide tantalique deviendrait cristallin lorsqu’on le porte à une température élevée. Ebelmen a fait cristalliser l’acide tantalique en le chauffant dans un moufle à porcelaine avec 6 fois son poids de sel de phosphore. Il a obtenu ainsi de petits prismes allongés vert clair, inattaquables par les alcalis et les acides {Ann. de chim. et dephys., 3” sér., XXXIII, p. 34).

Nordenskjôld et Chydenius (Pogij. Ann., CX, p. 642) ont employé la même niétbode pour faire cristalliser l’acide tantalique. Le produit de la fusion, repris par l’eau, a laissé quelques prismes à côté d’une matière amorphe.

Ce sont des prismes rhombiques transparents, jaunâtres. L’angle des prismes est de 100" 42' ; on a mesuré en outre :

cV. 146» 14'

On peut déduire de ces mesures qu’il n’y a pas isomorphisme entre l’acide tantalique et l’acide titanique (brookite).

La faible quantité de matière obtenue n’a pas permis qu’on en déterminât la densité ; mais l’essai au chalumeau a démontré suffisamment qu’on avait affaire à de l’acide tantalique pur.

PROPRIÉTÉS CHIMIQUES

L’acide tantalique n’est pas réduit par l’hydrogène au rouge vif.

Calciné dans un creuset de charbon à un violent feu de forge, il se transforme en bioxyde Ta^O*, en même temps que la matière qui est au contact du

60 ENCYCLOPÉDIE CIUMIQUE.

charbon se change en un carbure jaune. Il est possible que le produit ainsi obtenu renferme aussi de petites quantités d’azote.

L’acide tantalique lorsqu’il a été calciné, n’est dissous par aucun acide. On ne peut l’amener en dissolution qu’en le fondant avec du bisulfate de potasse.

Aucun métalloïde isolé ne l’attaque, sauf le charbon. Ainsi le chlore et le brome sont sans action. Mais ces métalloïdes agissent à température élevée sur un mélange calciné d’acide et de charbon donnant un chlorure et un bromure :

Ta^O^ + SC + 5C1 ■= Ta^CF + SCO.

Le soufre et l’bydrogène sulfuré sont sans action. Le sulfure de carbone en vapeur passant sur l’o-vyde chauffé au rouge vif, le change en un sulfure IVS* correspondant à TaO'.

COMPOSITION

La formule Ta^0% adoptée pour l’acide tantalique, correspond, pour l’équivalent Ta^ 182, à la composition centésimale suivante ;

TANTALATES.

Les tantalates alcalins s’obtiennent en fondant l’acide avec un excès d’alcali ou d’un carbonate alcalin. Ils appartiennent à deux types.

IMO.STa^O^ -H Aq MO.Ta^OL

Les sels du premier type sont seuls solubles et cristallisables. Par double décomposition entre les dissolutions de ces sels et les solutions métalliques, II. Rose {Pogg. Ann., G, p. 551 ; CI, p. 11 ; ClI, p. 55) a obtenu des tantalates métalliques sous forme de précipités gélatineux, qui se rapportent presque tous au premier type.

Par voie sèche, et par des méthodes analogues à celles qui avaient permis d’obtenir des niobates cristallisés, M. A. Joly (Ann. scient, de l’École normale supérieure, VI, p. 125) a préparé quelques tantalates cristallisés. Ces sels s’obtiennent plus difficilement en cristaux mesurables que les niobates correspondants ; ils appartiennent aux types :

MO.Ta^O'’

2M0,Ta’0^

TANTALE

Les tantalates alcali ns ou mélalliqiies qui n’ont pas été portés à une température élevée sont solubles dans l'acide sulfurique bouillant. Lorsque ensuite on ajoute un excès d’eau et qu’on fait bouillir, l’acide tantalique se précipite. 11 u’en est plus de même lorsque ces sels ont été calcinés. Dans ce cas, l’attaque ne peut plus en être obtenue qu’en les cbaulTaut avec du bisulfate de potasse, ou quelquefois cependant, du bisulfate d’ammoniaque. C’est ainsi qu’on a procédé à l’analyse des sels que nous allons passer en revue. Quant au détail de cette opération, nous l’indiquerons eu étudiant l’attaque des minéraux niobifères et tantalifères.

L’acide sulfurique produit un précipité dans les dissolutions des tantalates alcalins, même lorsqu’elles sont étendues.

Si l’on ajoute de l’acide chlorbydrique eu excès à une dissolution étendue d’un tantalate alcalin, on n'obtient qu’une liqueur légèrement opaline. Si l’on ajoute ensuite de l’acide sulfurique et qu’on fasse bouillir, l’acide tantalique se précipite, incomplètement cependant. Si la dissolution du sel alcalin est concentrée, l’acide se précipite à peu près complètement.

L’acide nitrique donne un précipité d’acide hydraté dans les solutions concentrées des sels alcalins; la dissolution devient seulement opaline lorsqu’elles sont étendues.

L’acide pbosphorique donne dans les dissolutions, même très étendues, un précipité gélatineux très volumineux. L’acide arsénique se comporte tout diffécemment; même à l’ébullition, il ne produit jamais qu’un trouble, que les solutions soient étendues ou concentrées.

Ni l’acide arsénieux, ni l’acide cyanhydrique, ne donnent de précipité dans •CS dissolutions des tantalates alcalins. Cependant, au contact de l’acide cyanhydrique, les dissolutions concentrées de ces sels deviennent légèrement opalines. . ...

Dans les dissolutions des tantalates alcalins neutres, l’infusion de noix de galle ne donne pas de précipité; mais, en présence d’acide sulfurique ou d’acide chlorhydrique, il se forme un précipité jaune clair, caractéristique de l’acide tantalique. L’acide précipité à l’état gélatineux par les acides sulfurique ou chlorhydrique prend également cette même coloration au contact de la dissolution de noix de galle.

En présence de l’acide chlorhydrique et du zinc, les dissolutions des tantalates alcalins ne donnent pas de coloration bleue, comme il s’en produit avec les niobates alcalins.

L’acide acétique précipite l’acide tantalique des dissolutions des tantalates alcalins ; l’acide oxalique n’y produit pas immédiatement de précipité, mais il s’en produit un au bout de quelque temps. Ni l’acide tartrique, ni l’acide citrique, ne précipitent les solutions des tantalates alcalins ; il ne se produit pas de précipité lorsqu’on sursature par l'ammoniaque ces dissolutions rendues ainsi acides.

Ni l’hydrogène sulfuré, ni le sulfbydrate d’ammoniaque, ne troublent les dissolutions des tantalates alcalins.

Action de l'acide tantalique sur le carbonate de soude. — L’acide tantalique

fia ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

chauffé avec du carbonate de soude fondu est attaqué beaucoup plus lentement que l’acide niobique.

Trois expériences faites à des températures différentes ont donné des résultats concordants (A. Joly).

Les poids de carbonate et d’acide étaient entre eux dans le rapport de 5 à 1.

a. Bec Bunsen. — Pression du gaz : 3'2 inilliinèlres d’eau.

Acide. 1,0775

Carbonate. 0,3055

La perte limite, corrigée de la perte que le carbonate alcalin éprouverait si ou le chauffait seul dans les mêmes conditions, et observée après deux heures vingt minutes de chauffe, est de '28,07.

b. Fusion au bec Bunsen. — Pression : 42 millimètres.

Carbonate. 3,1835

Acide. 0,5575

Au bout de deux heures, la perte limite est de 28,87.

L’expérience, continuée au chalumeau, accuse une perte en acide carboniipie qui ne diffère pas de celle qui aurait été constatée avec le carbonate seul.

c. Fusion (tu chalumeau.

Carbonate. 2,700

.Acide. 0,450

La perte limite est atteinte au bout d’une heure dix minutes. Elle est de 38,06 pour 100 d’acide, et, après correction, de 30,00.

La formation du tantalate 3Na0,Ta®0’’ correspondrait à une perte de 29,72.

Tous ces nombres peuvent être considérés comme identiques.

IL Rose {Pogg. Ann., CI, p. 40) avait constaté des pertes très différentes :

Ces nombres, obtenus à des températures élevées, difficiles à préciser, et qui n’ont subi aucune correction, ne représentent en aucune façon l’action du carbonate de soude sur l’acide tantalique. Il résulte au contraire, des expéj-iences ci-dessus, que, pour l’acide tantalique comme pour Tacide niobique, le seul composé dont on puisse admettre la formation est un sel tribasique (A. Joly).

TANTAI

TANTALATES UE POTASSE.

H. Rose {Pogg. Ann., G, p. 551) a obtenu et décrit un grand nombre de lantalates de potasse ; mais plusieurs d’entre eux paraissent mal définis. Matières insolubles, pour la plupart, ce sont très probablement des produits de décomposition tlans lesquels les rapports de l’oxygène de la base à celui de l’acide seraient 1 : 8 ; 1 : !» ; 1 :10 ; 1 :12.

M. Marignac {Ann. de chim. et de phys., 4“sér., IX, p. 249) a repris l’étude des tantalates alcalins et obtenu des produits bien définis. L’isomorphisme de l’un de ces sels et d’un niobate potassique pracédemment décrit ne laisse aucun doute sur l’analogie de composition des acides niobique et tantalique.

a). Tantalate acide, 3Ta^O%4KO -|- lOHO. — Lorsqu’on fond l’acide tant.;lique avec deux ou trois fois son poids de potasse caustique, au creuset d’argent, la masse refroidie se dissout complètement dans l’eau, excepté pourtant dans le ras où la potasse renfermerait de la soude. On laisse la dissolution s’éclaircir complètement par le retxos, et, après décantation, on concentre par évaporation dans le vide: le sel cristallise.

On obtient le même sel eu fondant l’acide avec 4 k 5 parties de carbonate de potasse. On fait digérer la masse fondue avec une petite quantité d'eau, qui dissout l’excès de carbonate alcalin; on jette sur un filtre, et l’on place le tout

Fig. i.

sous une clocbe, sur une assiette contenant de l’eau. On élimine ainsi le carbonate de potasse qui tombe en déliquescence, tout en évitant l’absorption de l’acide carbonique de l’atmosphère. Ou dissout alors le résidu dans l’eau et l’on fait cristalliser par concentration dans le vide.

Les cristaux sont des prismes rhomboïdaux obliques (fig. 4).

Obsorvt*. Calculé.

mm . 109“ 0' j>

wÿ*. 125" 30' 125” 30'

mp . 9i" 20' ),

pe^r- . 132“ 30' 132" 25'

Ce sel est isomorphe du niobate de potasse de même composition. La composition de ce sel correspond à la formule

STa^OSIKO + 16110.

Calcule. Trouvé.

3Ta-0'-. '666 66,73 65,60 65,73

Ce sel se décompose, lorsqu’on le chauffe à 100 degrés, en un sel acide et en potasse caustique qui absorbe l’acide carbonique; on ne peut donc déterminer l’eau par calcination.

Les cristaux sont limpides et éclatants et se conservent assez bien à l’air. Lorsqu’on les redissout dans l’eau pure, à l’aide d’une douce chaleur, ils ne subissent pas d’altération et cristallisent de nouveau par évaporation dans le vide. Cependant les cristaux sont moins beaux que ceux qu’on obtient en premier lieu. Mais lorsqu’on fait bouillir la dissolution, ou qu’on l’évapore à l’air libre, la liqueur se trouble et donne un tantalate acide insoluble. H. Rose avait obtenu un tantalate de potasse de même composition en lavant avec de l’alcool le produit de la fusion de l’acide avec la potasse caustique, mais il ne l’a pas obtenu cristallisé. Les analyses du produit obtenu par Rose s’accordent assez bien, en effet, avec la formule donnée ci-dessus, tout en accusant un excès de potasse ;

Acide tantalique. 66,34 — 65,36

Potasse. 20,97 — 20,07

b. ) Tantalate neutre, Ta^O^KO. — Lorsqu’on calcine le sel précédent, et qu'on reprend par l’eau pour dissoudre l’alcali mis en liberté, il reste un résidu insoluble. Si, par un essai alcalimétrique, on détermine la quantité cle base éliminée, on trouve qu’on a enlevé le quart de la base contenue dans le sel primitif. — Le tantalate insoluble a donc comme composition K0,Ta-0'’ (Marignac).

H. Rose avait obtenu ce même composé en calcinant le sel 3Ta®0'',4K0-t-Aq avec du carbonate d’ammoniaque, et enlevant par lavage le carbonate de potasse. Ce sel, que Rose considérait comme un mélange, est donc bien un produit défini.

c. ) Tantalate basique, 1V0''5K0Aq. — Rose n’a pas obtenu à l’état isolé de sel dans lequel la base et l’acide renferment des quantités égales d’oxygène, mais il admet l’existence de ce sel, combiné avec 5 équivalents de carbonate de potasse, dans un produit mal cristallisé obtenu en concentrant une dissolution renfermant du tantalate et du carbonate de potasse.

M. Marignac n’a jamais obtenu ce sel, soit seul, soit combiné au carbonate de potasse. 11 a fait souvent cristalliser des dissolutions renfermant du carbo-

TANTALE

iiatc de potasse et du taiilalale, et il a toujours pu nettement distinguer les eristau.v de ces deux sels.

d.) 4Ta®0^3K0. — H. Sainte-Claire Deville et M. Damour ont obtenu ce sel eu maintenant au rouge, pendant plusieurs heures, de l’acide lantalique avec un excès de sulfate de potasse. Après lavage, il reste un sel cristallisé en paillettes nacrées, correspondant par sa composition au niobale do même formule, obtenu dans les mêmes circonstances.

TANTALATES DE SOUDE.

Parmi les nombreux produits obtenus par H. Rose (Pogg. Ann., CI, p. H) et décrits comme des tantalates de soude, il en est deux qui se rapportent aux deux types principaux des sels de potasse, et qui seuls peuvent être admis comme des composés bien définis. Les autres sont des sels acides, des mélanges dont la composition dépend du mode de traitement employé pour les obtenir, ou dont la composition change par les lavages.

Tantalate weMtre, 3Ta*0^4Na0-(-25H0.— Pour obtenir ce sel, M.Marignac a fondu de l’acide lantalique avec de la soude caustique; le produit a été traité par l’eau, et il est resté un sel insoluble dans un excès de soude, qui a été jeté -sur un filtre et lavé jusqu’à ce que l’eau du lavage se troublât en tombant dans la solution fortement alcaline qui avait filtré tout d’abord. Le résidu était dissous alors dans l’eau bouillante, et la solution, par refroidissement, l’abandonnait à l’état cristallisé. Les cristaux sont accompagnés d’un léger dépôt de tantalate acide, que l’on sépare aisément par lévigation.

Ces cristaux sont des lames hexagonales biseautées, offrant un axe unique de double réfraction. Les cristaux, desséchés à l’air libre, présentent la composition suivante :

Calculé. Trouvé.

3Ta*05. 666 65,61 65,-35

4NaO. 124 12,22 12,31

Les analyses de H. Rose conduisent très exactement à la même formule ; mais le sel desséché dans le vide ne renfermait que 24 équivalents d’eau.

Calculé. Trouvé.

Sïa^O'-. 65,16 65,44 64,72 65,32

4Naü. 12,71 13,26 12,43 12,65

ENCYCLOP. CHIH.

6fi KNCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

Le calcul de cette formule est fait avec l’équivalent de l’acide tantalique déduit des expériences de Rose (Ta-O'’ = 212).

H. Rose obtenait ce sel en précipitant la solution de ce qu’il appelait le tantalate neutre par la soude caustique, et il l’envisageait comme du lantalate neutre mélangé de soude caustique, bien qu’il eût pris toutes les précautions pour éliminer la soude et qu’il fût impossible d’admettre que cette soude fût à l’état de carbonate, puisque le sel ne faisait pas effervescence avec les acides. Toutes les analyses faites des produits provenant de préparations différentes lui donnaient comme rapport de l’oxygène de la base à l’oxygène de l’acide 4:15.

H. Rose obtenait le sel qu’il appelait le sel neutre, en fondant l’acide tantalique avec de la soude, reprenant par l’eau de façon à dissoudre l’excès de soude, dissolvant le résidu dans l’eau bouillante et soumettant la liqueur à une ébullition prolongée. Le sel se déposait en petites tables hexagonales. L’analyse du produit montrait que l’oxygène de l’acide était à l’oxygène de la base dans le rapport de 4 à 1. Or, lorsqu’on soumet à une ébullition prolongée le tantalate de soude cristallisé dans une eau non alcaline, le sel se décompose partiellement, laissant déposer un sel acide. C’est la présence de ce sel acide qui, dans les produits obtenus par H. Rose, abaissait la teneur en alcali.

Tantalate acide, Ta^O^NaO. — Ce sel se forme, d’après H. Rose, toutes les fois que l’on calcine le sel précédent, et, lorsqu’on traite ensuite par l’eau pour enlever l’hydrate ou le carbonate de .soude devenus libres, il reste comme résidu insoluble. C’est ce même produit que l’on obtient lorsque, après avoir fondu l’acide tantalique avec du carbonate de soude, ou enlève par des lavages l’excès de carbonade de soude et le tantalate soluble qui a pris naissance.

Ce sel contient 12,25 pour 100 de soude et 87,65 d’acide tantalique.

TANTALATE D’AMMONIAQUE.

En additionnant de sel ammoniac une dissolution de tantalate de soude et ajoutant un excès, soit d’alcali, soit de carbonate, H. Rose (Pogg. Ann., ClI, p. 57) a obtenu un précipité blanc, caséeux, dont la composition serait AzH*0,3Ta20S5H0.

L’analyse a donné :

Calculé. Trouvé.

AzH‘0. 26 3,53 3,11

3Ta^^. 066 90,37 90,61

En substituant le tantalate de potasse au sel de soude, et répétant le même traitement, H. Rose a obtenu un précipité de même aspect, mais renfermant encore de la potasse. Le sel, lavé à l’eau froide, contenait en effet :

TANTALE

Ammoniaque. 2,01

Potasse. 1,41

Acide tantalique. 90,85

Eau. 5,28

Après lavage à l’eau bouillante, il reste un résidu très acide, renfermant 89,82 pour 100 d’acide tantalique et 2,03 pour 100 de potasse.

TANTALATES DE CHAUX.

Tantalate bibasique, 2Ca0,Ta®0^ — L’acide tantalique, chauffé pendant quelques heures au rouge vif, en présence du chlorure de calcium, ne paraît que très incomplètement attaqué. A la partie supérieure de la masse et contre es parois du creuset, on trouve de beaux cristaux transparents légèrement colorés en jaune; au fond du creuset, une matière cristalline qn’on prendrait au premier abord pour de l’acide non attaqué, et qui est un tantalate inonobasique.

Cette dernière matière, maintenue pendant sept à huit heures en présence du clilorure de calcium, à une température voisine de la température de volalilisation de ce dernier, se transformé partiellement en tantalate bibasique.

Giilculd. Trouvé.

2CaO. 50 20,14 21,05

Ta^O^. 222 79,86 79,82

Les prismes transparents et légèrement jaunes sont terminés par des face s planes. Ce sont des prismes rhomboïdaux droits de 128“ 40' modifiés par les faces h' et g\ toujours très peu développées. Ils peuvent être considérés comme ayant avec la niobite une zone commune, la zone A‘«*p. L’angle A’a^ esl de 1.54“20' ; l’angle calculé avec les formes primitives de la niobite sérail de 155“ 35'. Ce même angle (154” 7') a déjà été trouvé plus haut pour le niobale bibasique de magnésie.

Tantalate monobasique, Ca0,Ta-0'’. — La matière cristalline restée au fond du creuset dans la préparation du tantalate bibasique de chaux présente la i-omposition d’un tantalate monobasique.

On a en effet :

Trouvé. Calculé.

Ta^O'’. 222 88,60 88,80

CaO. 28 J 1,25 11,20

i ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

La matière examinée au microscope paraît parfaitement homogène (A. Joly).

TANTALATE DE BARYTE.

En mélangeant une dissolution de tantalate de soude avec une dissolution de chlorure de baryum, H. Rose {Pogg. Ann., CII, p. 59) a obtenu un précipité blanc volumineux. Après lavage à l’eau et dessiccation à iUO degrés,le précipité perd toute son eau à la température rouge.

L’analyse de ce sel est difficile à faire, car on ne peut songer à l’attaquer par l’acide sulfurique. Lorsqu’on le fond avec de l’hydrate de potasse et qu’on reprend par l’eau, on retrouve dans la dissolution une partie de l’acide tantalique. On décompose par l’acide nitrique le résidu insoluble, et l’on parvient ainsi à séparer les dernières traces d’acide tantalique.

La composition du sel desséché à 100 degrés correspond à la formule

3Ta205,4Ba0-f 6 HO.

TANTALATES DE MAGNÉSIE.

Tantalate tétrabasique, A MsO,WO''. — La réaction du chlorure de magnésium fondu sur l’acide tantalique est beaucoup plus lente et exige une température plus élevée que pour l’acide niobique. Il est nécessaire, si l’on veut obtenir des produits nettement cristallisés, de maintenir le mélange d’acide et de chlorure fondu au rouge blanc pendant quatre ou cinq heures. Il est impossible d’éviter dès lors la production de magnésie cristallisée qui reste mélangée aux cristaux d’ailleurs très petits; ces derniers correspondent probablement euxmôines, comme cela se passe par l’acide niobique, à des sels différents.

Il se produit toujours en grande quantité des plaques hexagonales; mais, ou les cristaux sont trop petits pour être séparés à la pince, ou les lamelles plus larges, examinées au microscope, présentent des inclusions d’octaèdres réguliers de périclase.

L’analyse montre en effet que les cristaux renferment une proportion de magnésie supérieure à celle qu’exigerait la formule 4Mg0,Ta-0\ On aurait d’après cette formule :

Ta^O’. 222 73,50

4MgU. 80 2G,50

L’analyse de deux échantillons a donné :

Acide tantalique..

Magnésie.

TANTALE

C’est aussi la nécessité d’opérer à une température élevée qui a empêché Hiortdahl {Comptes rendus, LXI, p. 213) d’obtenir un zirconate de magnésie exempt de périclase (A. Joly).

Tantalate de magnésie hydraté, 3Ta®0“, 4MgO-f-9HO. — Par double décomposition entre un tantalate alcalin soluble et un sel de magnésium, H. Rose a obtenu un précipité gélatineux devenant peu à peu cristallin, et qui, desséché à 100 degrés, correspondait à la formule

3Ta»05,4Mg0 + 9H0.

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