TANTALATES DE MERCURE ET D’ARGENT
II. Rose a obtenu des précipités amorphes par double décomposition entre une dissolution de tantalate de soude et des sels dissous d’argent ou d’oxydule de mercure.
La tantalate mercureux est un précipité .jaune verdâtre, devenant brun par la dessiccation :
3Ta50=,4Hg20 + 3HO.
Le sel argentique est blanc ; il noircit lorsqu’on le dessèche à 100 degrés :
3Ta205,4.'\g0 + 3H0.
Le tantalate d’argent est complètement soluble dans l’ammoniaque. Les premières gouttes de la liqueur ammoniacale noircissent le précipité, et ce n’est qu’en employant un excès de réactif qu’on obtient une dissolution complète. L’acide nitrique le décompose, dissout l’argent et laisse un précipité floconneux d’acide tantalique.
SULFURE DE TANTALE (Ta'S‘).
On ne peut obtenir par voie humide la transformation de l’acide tantanquc en sulfure ; cet acide se comporte comme l’acide niobique et se distingue par là nettement des acides tungstique et stannique. On ne réussit pas mieux, par voie sèche, en chauffant un mélange d’acide tantalique, de carbonate de soude et de soufre.
La vapeur de soufre et l’hydrogène sulfuré sont sans action sur l’acide tantalique porté au rouge.
Cependant on connaît un sulfure de tantale qui a été obtenu par Berzelius (Pogg. Ann., IV, p. 15), par IL Rose {Pogg. Ann , XGIX, p. 575) et par Hermann {Journ. für prnkt. Chemie, LXX, p. 195), et pour la composition duquel ces trois expérimentateurs ont obtenu des résultats concordants.
Ou obtient ce sulfure de tantale en faisant passer des vapeurs de sulfure de carbone sur de l’acide tantalique chauffé au rouge blanc.
11 est gris noir, et si on le broie dans un mortier, il prend l’éclat métallique et une couleur jaune de laiton.
Par grillage, il se transforme en acide tantalique ; 100 parties donnent :
89,60-89,74 d’acide tantalique (fterzelius).
89,51 — (H. Rose).
90,00 — (Hermann).
Si l’on adopte pour ce sulfure la formule Ta®S^, 100 parties de ce sulfure se transformeraient en 90,24 d’acide tantalique.
On obtient également ce sulfure de tantale en faisant agir le gaz sulfhydriquc sur le chlorure de tantale. A froid, la réaction est peu sensible, mais elle est très énergique lorsqu’on réduit en vapeur le chlorure de tantale et que l’on fait réagir les deux gaz au rouge. Les produits ainsi obtenus paraissent cependant moins homogènes que ceux que l’on obtient par la méthode précédente (H. Rose).
Le chlore gazeux attaque le sulfure de tantale et forme du chlorure de tantale et du chlorure de soufre. Mais le sulfure obtenu au ronge blanc, par la vapeur de sulfure de carbone et l’acide tantalique, n’est attaqué par le chlore que si on le chauffe dans une atmosphère de ce gaz ; le second est attaqué même à la tem péralure ordinaire.
L’acide chlorhydrique est sans action, même à l’ébullition ; l’acide nitrique l’attaque lentement à l’ébullition; il se forme de l’acide tantalique et de l’acide sulfurique, sans dépôt de soufre. L’eau régale agit à peu près de môme. L’acide sulfurique, par une ébullition prolongée, l’attaque partiellement ; l’acide fluorhydrique l’attaque à peine, et le mélange d’acide nitrique et d’acide fluorhydrique ne le dissout pas entièrement.
Lorsqu’on fond le sulfure de tantale avec de l’hydrate de potasse, il se forme du sulfure alcalin et du tantalate de potasse. Si on le fait fondre avec un mélange de soufre et de carbonate de soude, il ne se forme pas de sulfosel soluble.
Au rouge vif, l’hydrogène sulfuré transforme le tantalate de soude en un mélange d’acide tantalique et de sulfure alcalin que l’on peut séparer par l’eau.