‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 7e cahierChapitre 30 sur 93 · I. — Attaque des minéraux par les bisulfates alcalins · texte numérisé non relu

I. — Attaque des minéraux par les bisulfates alcalins

Quelques minéraux niobifères ou tantalifères s’attaquent lorsque, après les avoir porphyrisés, on les soumet à une ébullition prolongée avec de l’acide sulfurique concentré. Mais le plus souvent l’attaque est fort lente, incomplète, et lorsqu’on reprend par un grand excès d’eau et que l’on fait bouillir, l’acide niobique ou le sulfate d’acide niobique précipité est gélatineux, difficile à laver et colle les filtres.

Il est préférable de fondre les minéraux, finement pulvérisés, avec six fois leur poids de bisulfate de potasse dans un creuset de platine ou une capsule de platine. On verse sur du sulfate neutre de potasse un poids équivalent d’acide sulfurique concentré et l’on chauffe jusqu’à ce que la masse soit en fusion tranquille; puis on projette sur le sulfate refroidi la matière pulvérisée, et l’on fond de nouveau. Lorsque la masse est devenue limpide et (|u’on n’aperçoit plus de matière inattaquée, on laisse refroidir. On fait bouillir ensuite cette masse fondue avec de l’eau, à plusieurs reprises, et les acides niobique et tantalique restent comme résidu insoluble retenant énergiquement de l’acide sulfurique.

Cependant, s’il convient pour une analyse de suivre exactement ces prescriptions de Berzelius, quand ou exécute une préparation en attaquant un poids de matière un peu considérable, on peut se contenter d’opérer sur 3 parties de bisulfate, quitte à séparer par lévigation la partie insoluble et à l’attaquer de nouveau. On peut elfectuer l’attaque dans une marmite de fonte, qui n’est que superficiellement attaquée.

Les acides ainsi obtenus sont souillés de fer et de manganèse, lorsqu’on a attaqué au bisulfate des minéraux qui sont toujours ferrugineux. Si le miné-

TANTALE

ral contenait de l’élain, dn lungst^ne et du titane, les acides stannique, tungstique ettitaniqiie resteraient mélangés aux acides niol)i(iae et tantaliciuc.

Cependant l’attaque au bisulfate serait à rejeter si les acides métalliques renfermaient de notables proportions d’acide titanique. Dans ce cas, en effet, en reprenant par l’eau, l’acide titanique passerait en partie dans la liqueur, entraînant avec lui une partie des acides niobique et tantalique qu’il faudrait alors recbercber dans les bases. Il est préférable dans ce cas {Analyse de l’euxénite et de l'æschynile) d’employer la méthode suivante.

II. — Attaque par le fluorhydrate de fluorure de potassium ou l’acide fluorhydrique.

Les niobites et tantalites ne sont que difficilement attaquées par l’acide fluorhydrique. Fondus avec du fluorhydrate de fluorure de potassium, ces minerais sont au contraire facilement décomposés, et cette méthode peut être avantageusement employée.

Pour l’attaque des niobites, M. GihUs(Sillim. Amer.Jonrn.,^‘ sér., XXXVII, p. 355; Bull.de la Soc. c/rim. (1805), IV, p. 3513) conseille de les chauffer, après porphyrisation, avec une dissolution de fluorhydrate de fluorure de potassium, d’évaporer à sec et de fondre lo résidu (3 parties de fluorure pour 1 partie de niobite). On redissout dans l’acide fluorhydrique la masse rose ainsi obtenue, et par évaporation on obtient des cristaux de flnoniobate de potasse, mélangés de fluotantalate. En redissolvant ces cristaux dans l’eau, et soumettant à des cristallisations répétées, on obtiendra des fluotantalate et fluoxyniobate de potasse débarrassés de fer et de manganèse.

On peut encore plus simplement précipiter les acides métalliques par l’acide sulfurique de la dissolution brute des fluosels ; on les débarrasse de l’étain, du tungstène, du manganèse et du fer par les méthodes connues.

Lorsque le minéral renferme des oxydes de cérium, lanthane, didyme, de l’yttriaetde la thorine, ces bases restent à l’état de fluorures insolubles en même temps que la majeure partie du fer et de la chaux.

La samarskite et l’euxénite de la Caroline du Nord sont énergiquement attaquées par l’acide fluorhydrique concentré. Pour attaquer la samarskite, M. Lawrence Smith {Comptes rendus, LXXXVII, p. 1 IG) mouille le minéral réduit en poudre fine avec son poids d’eau, et le traite parle double de son poids d’acide fluorhydrique fumant du commerce ; l’attaque a lieu à froid, la masse s’échauffe, et en quelques minutes la décomposition est effectuée. Pour rendre cette décomposition plus complète, on chauffe au bain-marie pendant quelques instants, et l’on chasse l’excès d’acide. On reprend par l’eau bouillante (30 à 40 grammes d’eau pour 5 grammes de samarskite) ; on jette sur un filtre, et on lave avec soin avec de l’eau acidulée par quelques gouttes d’acide fluorhydrique.

La liqueur filtrée contient les acides métalliques et les oxydes de fer et de manganèse ; le précipité, insoluble, renferme toutes les terres et l’oxyde d’urane.

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