TÜNGSTA.TES DE FER. — TTJNGSTATES DE FER ET DE MANGANÈSE
Tungstates ferreux FeO,TuO^ — Geuther et Forsberg l’ont obtenu en cristaux bien développés en chauffant dans un creuset de porcelaine, au fourneau à vent, le mélange suivant :
Tungstate neutre de soude- 1 partie.
Chlorure ferreux. 2 —
Sel marin. 2 —
Longs prismes à pointements surbaissés d’un noir violacé, opaques; D=7,1.
M. Debray a obtenu le même produit en chauffant, .au rouge blanc, dans un courant de gaz chlorhydrique, un mélange d’acide tungstique et d’oxyde de fer. La forme des cristaux est celle du wolfram naturel.
Dans la nature, le tungstate de protoxyde de fer n’existe pas à l’état isolé ;
TUNGSTÈNE. 163
le wolfram est un tungstate double de protoxyde de fer et de manganèse. La hübnérite (MnO,TuO^) et le tungstate de protoxyde de fer (Feü,TuO^) sont donc les deux constituants de ce groupement isomorpliique. Il était intéressant de reproduire un certain nombre de ces tungstates doubles compris entre les deux limites extrêmes, le tungstate de manganèse pur et le tungstate de fer, et présentant une analogie de composition avec les wolframs naturels. Et la question présentait surtout un intérêt au point de vue cristallographique : d’après G. Rose, le wolfram est orthorhombique ; d’après Des Cloizeaux, il est monoclinique ; d’autre part, la hübnérite, soit naturelle, soit artificielle, est monoclinique.
Tungstate ferro-manganeux. — Geuther et Forsberg, en fondant, en présence du sel marin, du tungstate de soude additionné d’un mélange en proportions différentes de chlorures de fer et de manganèse anhydres, ont obtenu ainsi des produits bien cristallisés, noirs lorsque le fer dominait, bruns lorsque c’était le manganèse, et dont la composition variait de
à ^p^jsTuO^
Grotb et Arzruni ont vérifié qu’un wolfram artificiel de composition
était cristallisé en prismes orthorhombiques et portait les faces h\ gf‘, m, c*.
Tungstates ferreux. — En mélangeant des dissolutions d’acétate ferreux et de tungstate neutre ou de bitungstate de soude, on obtient des précipités qui ont la composition du tungstate neutre et du bitungstate de protoxyde de fer; mais ils s’oxydent à l’air et ne peuvent être obtenus à l’état de pureté (J. Lefort).
Tritungstate ferreux FeO,3TuO\ 1110. — En versantdansun excès d’alcool un mélange de deux dissolutions d’acétate ferreux et de tritungstate de soude J. Lefort obtient un précipité rougeâtre qui se rassemble en une masse pâteuse brune de tritungstate.
Tungstates ferriques. — Par double décomposition entre une solution d’un sel ferrique et un tungstate de soude, J. Lefort a obtenu des précipités amorphes qu’il décrit comme des tungstates ferriques.
3Tu0’,2Fe®0’,CH0.— Précipité couleur chamois obtenu en précipitant l’acétate ferrique par le tungstate neutre de soude. Soluble dans environ 300 parties d’eau à-f-15 degrés.
2'ru0^,Fe*0®,4H0. — L’acétate ferrique et le bitungstate de soude donnent
un précipité jaune brun, soluble dans environ 50 parties d’eau à-j-^5 degrés et qui présente la composition ci-dessus.
4Tu0^Fe’0®-l--iH0. — Obtenu en versant le sel ferrique dans le tritungstale en excès; la liqueur se trouble, on jette sur un filtre et l’on reçoit dans l’alcool concentré; dépôt couleur chamois qui se rassemble en une masse pâteuse.
TUNGSTATES DE NICKEL.
Tungstate neutre: NiO,TuO^ — Le tungstate anhydre a été obtenu par H. Schultze {Ann. Pharm.,X. GXXVI, p. 56), en fondant une partie de tungstate monosodique, deux parties de chlorure de nickel, deux parties de sel marin. Prismes orthorhombiques bruns, transparents.
NiO,TuO^-|-6 HO. — Poudre verdâtre obtenue par Anthon en précipitant les sels de nickel par le tungstate monopotassique; soluble à chaud dans l’ammoniaque, dans l’acide acétique; insoluble dans l’eau et dans l’acide oxalique.
NiO,TuO’ -|-3HO.—Précipité blanc verdâtre, amorphe, obtenu en mélangeant des dissolutions étendues ou concentrées d’acétate de nickel et de tungstate monosodique; soluble dans environ 1000 parties d’eau à -}- 15 degrés. Sous l’action de ta chaleur, ce précipité se transforme en une poudre grise légèrement jaunâtre (J. Lefort).
Tungstates acides: 3Ni0,7Tu0’-j-14H0. — Précipité vert clair obtenu en précipitant les sels de nickel par te tungstate acide de potasse. La formule adoptée pour ce set par Anthon était NiO,2TuO^-(-4HO; Lotz a proposé la formule 3 NiO,7 TuO® -f-14 HO qui s’accorde très bien avec les analyses d’Anthon.
En versant une dissolution d’acétate de nickel dans une solution également concentrée de bitungstate de soude, on n’obtient pas tout d’abord de précipité; mais le liquide se trouble au bout de quelques instants et dépose une poudre vert-pomme, amorphe. Le sel est soluble dans environ 250 parties d’eau à -f-15 degrés; après déshydratation, il forme une poudre jaunâtre. Le précipité est suivant J. Lefort, un bitungstate
Ni0,2Tu03 + 5H0.
L’eau mère, concentrée au bain de sable, laisse déposer des croûtes vertes qui seraient, d’après J. Lefort, une autre bitungstate
Ni0,2Tu03 + 7H0.
NiO, 3Tu0^-l-4H0. — Le mélange de deux dissolutions de tritungstate de soude et d’acétate de nickel versé dans l’alcool concentré, donne un précipité blanc verdâtre qui se réunit, après un certain temps, en une masse semitransparente. Ce bitungstate séché au bain-marie et pulvérisé devient une poudre verte (J. Lefort).
TUNGSTÈNE.
TÜNGSTATES DE COBALT.
Tungstate neutre CoO,TuO^ — En fondant ensemble une partie de tungstate monosodique, deux parties de chlorure de cobalt et deux parties de sel marin, H. Schultz a préparé le sel neutre anhydre en cristaux transparents bleu verdâtre ayant la même forme que le sel de nickel.
Zettnow a obtenu ce même composé en fondant six parties de tungstate monosodique, une partie de chlorure de cobalt et six parties de sel marin. Les cristaux sont d’un noir verdâtre et ont la forme du wolfram.
CoO,TuO’-|-2HO. — Par double décomposition entre les tungstates neutres alcalins et les sels neutres de cobalt, à chaud, Anthon a obtenu une poudre violette de tungstate neutre hydraté.
Un précipité de même composition a été obtenu par J. Lefort en mélangeant l’acétate de cobalt et le tungstate neutre de soude. Le précipité est soluble dans 100 parties d’eau à -j-15 degrés. Après déshydratation, poudre bleu clair légèrement verdâtre.
Tungstates acides: CoO,2TuO^ + 3HO. — Précipité rouge brun obtenu par double décomposition entre un sel de cobalt et un bitungstate alcalin (?); la formule ci-dessus a été donnée par Anthon.
CoO,2 ïuO’ 5HO. — L’acétate de cobalt et le bitungstate de soude donnent, si tes dissolutions sont concentrées, un précipité rose et une liqueur rose. Le précipité devient vert bleuâtre par dessiccation.
L’eau mère concentrée, abandonne des cristaux microscopiques (prisme oblique à base de parallélogramme) de composition
GoO,2Tu03-f 8HO.
(J. Lefort.)
CoO,3TuO*-f-4HO. — Deux solutions concentrées, l’une de tritungstate de soude, l’autre d’acétate de cobalt, ne donnent lieu, par leur mélange, à aucun précipité. La liqueur versée dans l’alcool donne un dépôt rose qui se réunit en substance poisseuse, semi-transparente, et qui est, d’après J. Leforrt un bitungstate.
TUNGSTATES D’ALUMINE.
3TuO'',APÜ^-t-8HO.— Une solution d’alun et une solution de tungstate neutre de soude mélangées donnent un précipité blanc, volumineux, soluble dans environ 1500 parties d’eau à -f-15 degrés et qui a la composition d’un tungstate neutre.
4TuO^APO’-f-9HO. — Ce sel s’obtient en mélangeant deux solutions concentrées, l’une d’alun, l’autre de bitungstate de soude. Il ne semble pas tout d’abord se produire de réaction, mais, après quelques instants, il se forme un
dépôt blanc plus dense que le précédent, soluble dans 400 parties d’eau à degrés. C’est le bitungstate d’alumine (J. Lefort).
STuO^Al^O^ + filIO- — L’alcool concentré précipite d’un mélange de tritungstate de soude et d’acétate d’alumine, un dépôt blanc qui se change en quelques heures en une masse mielleuse, qu’on lave à l’alcool et qu’on sèche au bain-marie.
TUNGSTATES DE CHROME.
2Tu0%Cr®0®-(-5H0. —Par double décomposition entre l’acétate chromique et le tungstate neutre de soude, on obtient un précipité vert bleuâtre soluble dans environ 400 parties d’eau à -(-15 degrés.
3Tu0^,Cr®0^3H0.— Le tungstate neutre s’obtient comme le sel correspondant d’alumine, par réaction entre l’alun de chrome et le bitungstate de soude. Poudre vert sale, peu soluble dans l’eau.
4Tu0^Gr®0^-(-6 HO. —Lorsqu’on mélange le bitungstate de soude et l’acétate chromique, on n’obtient pas de réaction apparente ; mais, si l’on verse le mélange des deux dissolutions dans l’alcool concentré, il se forme un dépôt vert foncé, poisseux, que l’eau décompose en donnant une poudre blanc verdâtre qui a la composition d’un bitungstate soluble dans 50 parties d’eau à la température ordinaire (J. Lefort).
5Tu0“,Cr®0“-(-5H0. — Un mélange de tritungstate de soude et d’acétate de chrome, versé dans l’alcool, donne un précipité blanc verdâtre qui se rassemble en une masse poisseuse; séché au bain-marie.
TUNGSTATES D’URANE.
Tu0’,U®0®-(-2H0.— Dépôt jaune, amorphe, très peu soluble dans l’eau, obtenu par double décomposition entre l’acétate d’urane et le tungstate neutre de soude.
3TuO^,UW-|-5nO. — Obtenu avec l’acétate d’urane et le bitungstate de soude. Précipité jaune plus clair que le précédent et plus soluble.
TUNGSTATES DE CUIVRE.
Tungstate neutre CuO,TuO®. — Le tungstate monobasique de cuivre est un des constituants de la cuproschéelite (tungstate double de chaux et de cuivre). Il a été obtenu par Michel en fondant un mélange de tungstate de soude et de chlorure de cuivre avec un excès de chlorure de sodium.
Petits prismes aciculaires d’un vert clair, du système quadratique.
Schultze (Ann. der Chem, und Pharm., CXXXI, p. 50) a préparé ce sel
TONGSTÈNE.
en fondant 2 parties de tungstate neutre de soude, 3 parties de chlorure de cuivre et 4 parties de sel marin. En reprenant par l’acide azotique dilué on met à nu des prismes quadratiques pyramides, blancs et translucides, recouverts de cristaux d’un brun jaunâtre.
En fondant équivalents égaux de sulfate de cuivre anhydre et de tungstate de soude, et reprenant par l’eau, Zettnow a obtenu une poudre brune insoluble dont la composition est représentée par la formule
2(Cu0,Tu0^) + Cu*0,Tu03. •
Paratungstate sodico-cuivrique. — Précipité cristallin verdâtre de composition
3NaO,CuO,14TuO®-f-32HO
obtenu par von Knorre, en évaporant à 70 degrés une solution renfermant équivalents égaux de paratungstate de soude et de sulfate de cuivre.
Tritungstate de cuivre. — L’acétate de cuivre décomposé par le tritungstate de soude ne donne pas de précipité; mais le mélange versé dans l’alcool dépose, au bout de quelques jours, de l’hydrate tungstique jaune, et la liqueur contient du bitungstate. Le tritungstate de cuivre serait donc d’une grande instabilité (J. Lefort).
TUNGSTATES DE PLOMB.
Tungstate neutre PbO,TuO^.— Le sel monométallique anhydre et cristallisé existe dans la nature, c’est la stolzite ou scliéelitine. — Manross l’a préparé en fondant un mélange de tungstate neutre de soude et de chlorure de plomb. Geuther et Forsberg ont obtenu le même produit en cristaux mieux formés en additionnant le mélange précédent de sel marin qui agit comme fondant.
Prismes quadratiques dont l’angle est celui des cristaux naturels; d’un vert foncé ; D = 8,23.
On obtient le même sel amorphe en précipitant le tungstate üe soude par un sel de plomb. Zettnow l’a fait cristalliser eu le fondant avec du tungstate de soude.
Tritungstate de plomb PbO,3TuO®+2HO. — Précipité blanc obtenu avec le tritungstate de soude et l’acétate de plomb, lavé à l’alcool faible et desséche au bain-marie (J. Lefort).
TUNGSTATES d’ÉTAIN.
Tungstate stownewa; Sn0,Tu0^6H0. — Poudre jaune obtenue par Anthon {Journ. für prakt. Chem., t. IX, p. 341) eu précipitant une dissolution de
protochlorure d’étain par le tungstate neutre de potasse. Cette poudre jaune brunit en se déshydratant lorsqu’on la chauiïe.
Le sel est soluble dans la potasse, dans l’acide oxalique ; il se dissout lentement dans l’acide phosphorique; l’acide chlorhydrique le décompose, dissout l’étain, et laisse de l’acide lungstique bleui par une réduction partielle.
Tungstate stannique 9SnO%13TuO^ — Précipité amorphe obtenu par double décomposition entre le chlorure d’étain ammoniacal et le paralungstate d’ammoniaque ; soluble dans l’acide oxalique, l’acide acétique et l’acide phosphorique (Lotz).
TÜNGSTATES d’anTIMOINE.
Une solution d’émétique, versée dans une dissolution de tungstate neutre de soude, produit, au bout de quelques minutes, un dépôt blanc, lourd, que les lavages décomposent; peut être : 3 TuO^jSbO’-^Aq.
5TuO*,SbO®-|—iHO.—Une solution de bitungstate de soude, versée dans une solution d’émétique, donne une poudre jaunâtre lourde, notablement soluble dans l’eau sans décomposition, et qui présente la composition ci-dessus (J. Lefort).
6TuO^,SbO“-j-8HO. — Poudre blanche qui après dessiccation au bain-marie est jaune-paille, obtenue en versant une solution saturée à chaud d’émétique dans du tritungstate de soude en solution concentrée (J. Lefort).
TÜNGSTATES DE BISMUTH.
Une solution concentrée de tungstate neutre de soude donne, lorsqu’on la verse dans une dissolution également concentrée de nitrate de bismuth, un précipité blanc que l’eau décompose en tungstate acide et en un tungstate basique de composition variable. Pour obtenir une solution de nitrate de bismuth, on ajoutait des cristaux de nitrate de bismuth à de l’eau distillée contenant le dixième de son poids de glycérine.
6TuO%BiO^,8HO. — Cristaux blancs micacés très solubles dans l’eau, que l’on obtient en versant une dissolution de bitungstate de soude dans une dissolution de nitrate de bismuth additionnée d’acétate de soude. La proportion d’eau indiquée comme entrant dans la composition du précipité est douteuse ; la purification du sel est en effet presque impraticable.
Ce même sel a été obtenu en partant du tritungstate de soude et d’un mélange de nitrate de bismuth cristallisé, d’acétate de soude additionné de quelques gouttes d’acide acétique et additionné de 1/10 de glycérine versé dans l’alcool; le.mélange donne un précipité blanc, très soluble dans l’eau, qui lavé-à l’alcool et desséché au bain-marie, a la composition ci-dessus (J. Lefort).
TÜNGSTËNE.
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TDNGSTATES DE THALLIÜM.
Tungstate neutre T10,Tu0^ — Les lungslates de lhallium ont été étudiés parll. de Flemining(Zeitscftr. fur Chem., II, p. 292; Bull, de la Soc. chim. X, p. 235). Le sel inonothalleux a été préparé, soit en soumettant à une ébullition prolongée une dissolution de carbonate de thallium additionnée d’acide tungstique, soit en mélangeant des solutions bouillantes et très étendues d’un sel de protoxyde de thallium et detungstate neutre de soude. Par le refroidissement, la liqueur laisse déposer de petites lamelles microscopiques, hexagonales. Ces cristaux ne perdent d’eau ni dans le vide sec, ni à 150 degrés.
Tungstate acide. — En mélangeant des solutions froides et plus concentrées que les précédentes de carbonate de thallium et de tungstate neutre, H. de Plemming a obtenu un précipité blanc, amorphe, anhydre, dont la composition serait 4T10,5Tu0^ Il est possible que ce précipité renferme un excès d’acide tungstique. Lorsqu’on le redissout dans le carbonate de soude à l’ébullition, la liqueur laisse déposer le sel précédent.
TUSGSTATES d’ARGENT.
Tungstate de sous-oxyde Ag*0,2 TuO^ — Le tungstate neutre de protoxyde, en présence de l’eau, et à la température ordinaire, est réduit par l’hydrogène, et transformé en un produit noir, cristallin auquel Wôhler et Rantenberg {Ann. der Chem. und. Pharm., t. CXIV, p. 120) ont attribué la composition d’un tungstate de sous-oxyde d’argent. En dissolvant le sel de protoxyde dans l’ammoniaque et faisant passer un courant d’hydrogène dans la liqueur, ils ont observé une réduction à la température ordinaire, réduction qui devient plus rapide à 90 degrés, et la précipitation du composé ci-dessus.
L’acide azotique sépare l’acide tungstique et dissout l’argent; les solutions alcalines séparent l’acide de l’oxydule d’argent.
Tungstate neutre AgO,TuO'’. — En mélangeant des dissolutions de tungstate monosodique et d’azotate d’argent, on obtient un précipité blanc, amorphe, qui doit être desséché à l’abri de la lumière, à l’air libre, ou à 110-120 degrés. Ce précipité fond en rouge et, par le refroidissement, on obtient des prismes d’apparence quadratique (Zettnow; J. Lefort).
Tungstate acide Ag0,2 TuO^. — Anthon attribue cette composition à une poudre blanche obtenue en précipitant le nitrate d’argent par une dissolution de bitungstate de soude (?).
Un bitungstate a été obtenu par J. Lefort, en précipitant le bitungstate de
soude, dont il a décrit la préparation, par le nitrate d’argent; c’est un précipité blanc, amorphe, auquel il attribue la formule
AgO,2TuO=î + HO.
Soluble dans 5000 parties d’eau à -(- 15 degrés; fond au rouge.
Tungstate d’argent ammonical AgO,2AzH^,TuO“. — Le tungstate d’argent précipité (obtenu à l’aide du tungstate neutre de potasse et du nitrate d’argent) se dissout dans l’ammoniaque. Le sel qui se dépose de cette liqueur est en cristaux tabulaires inaltérables à l’air, soluble dans l’eau; il perd toute son ammoniaque à 100 degrés (0. Widman, Bull, de la Soc. chim., t. XX, p. 65).
TUNGSTATES DE MERCUIIE.
Tungstates rnercureux: Hg®0,Tu0^ — Le nitrate de sous-oxyde de mercure donne dans les dissolutions du tungstate nionosodique un précipité jaune gélatineux, qui devient grenu par le repos; desséché, il prend une couleur jaune brun et laisse un résidu d’acide tungstique lorsqu’on le calcine. L’analyse faite par Anthon correspond à la formule Hg^O,ïuO^.
Berzelius a proposé d’employer la précipitation de l’acide tungstique à l’état de tungstate rnercureux pour doser l’acide tungstique.
2Hg*0,3Tu0®-t-8H0. — Dépôt jaune clair, très stable et de composition constante obtenu par J. Lefort, en versant dans une dissolution concentrée de bitungstate de soude une dissolution de nitrate rnercureux obtenue en broyant les cristaux du nitrate avec un peu de glycérine, et ajoutant de l’eau distillée jusqu’à dissolution complète.
t' Tungstates wcrcMriçMCS : 3HgO,2TuO^ — Une dissolution bouillante de chlorure en excès donne, lorsqu’on y verse du tungstate monosodique, un précipité blanc, insoluble dans l’eau. Si l’on emploie un excès du tungstate sodique, le précipité est jaune, rouge ou noir, et constitue des mélanges de tungstate, d’oxyde, ou d’oxychlorure mercurique (Anthon).
2ngO,3TuO^ — Par précipitation du nitrate mercurique à l’aide du tungstate monosodique, précipité blanc (Anthon).
IIgO,3 'ruO^+ 7 HO. — Le bichlorure de mercure décomposé par le bitungstate de soude, les deux sels étant pris en dissolution concentrée, donne un tritungstate en cristaux prismatiques lorsqu’on concentre la liqueur à l’étuve (J. Lefort).
HgO,5TuO®-)-5HO. — Lorsqu’on mélange des solutions à équivalents égaux de tritungstate de soude et d’acétate mercurique, le mélange ne se trouble pas; mais, si on le verse dans l’alcool, on obtient un précipité blanc, et, après plusieurs heures, le dépôt se réunit en une masse poisseuse d’un blanc sale, opaque, que l’eau froide et surtout l'eau bouillante décomposent. C’est un pentatungstate mercurique (J. Lefort).
IIgU,TuO^ — Une solution aqueuse concentrée d’acétate mercurique aussi
TUNGSTÈNE. 171
neutre que possible, versée dans une solution saturée de tungstate neutre de soude, donne un précipité jaune-paille peu soluble dans l’eau, qui passe à la teinte jaune-citron quand il est sec. Les lavages à l’eau distillée le décomposent partiellement, et il prend une teinte rosée (J. Lefort).
3HgO,5TuO^-|-5HO. — L’acétate mercurique et le bitungstate de soude employés en solution concentrée donnent par leur mélange un précipité blanc, très légèrement jaunâtre, amorphe, soluble dans environ 250 parties d’eau à “}-15 degrés.
ACIDE MÉTATUNGSTIQUE ET MÉTATÜNGSÏATES.
Les métatungstates sont des tungstates acides qui diffèrent des tungstates proprement dits en ce que les acides ne précipitent pas d’hydrate tungstique de leurs dissolutions froides pce n’est qu’à l’ébullition que la précipitation s’effectue. Ils renferment un acide tungstique soluble et cristallisable Tu0^4II0.
Margueritte {Ann. de chim. et de phys. (3), XYII, p. 475) reconnut le premier que les tungstates alcalins sont susceptibles de dissoudre de l’hydrate tungstique, et, bien que les formules qu’il attribuait aux sels ainsi obtenus fussent inexactes (I), c’est à lui que l’on doit rapporter la découverte de ce genre de sels auxquels Laurent donna le nom de métatungstates.
Les métatungstates ont été particulièrement étudiés par Scheibler (Journ. f'àr prakt. Chemie, LXXX, p. 204), qui a isolé l’acide inétatungstique, et par Marignac {Ann. de chim. et de phys. (3), LXIX, p. 59).
La formule générale des métatungstates est, d’après Scheibler et Marignac :
MO,4TuO^ -f Aq.
Tous ces sels renferment, en effet, quatre équivalents d’acide tungstique pour un de base. D’après Scheibler, les métatungstates renfermeraient un équivalent d’eau essentiel à leur constitution.
Marignac fait remarquer cependant que ce sont des sels neutres, car, si leur dissolution communique au tournesol une coloration faiblement violacée, il suffit d’une trace d’ammoniaque pour rétablir aussitôt la couleur bleue. D’autre part, on peut faire perdre au sel de soude toute son eau, et lorsqu’on le met ensuite en présence de l’eau, il se dissout complètement, au bout de quelque temps, sans avoir changé de nature.
En présence de la phénolphtaléine, le métatungstate de soude se comporte
(1) Marguerille a décrit les sels acides suivants :
Bitungstate de soude. NaO,4 HO.âTuO*
Trilungstate d’ammoniaque. AzH‘0,3Tu0’ -p 6110
Peiitatuugstate dépotasse. KO,5TuO’,8HO
Quadritungstate de soude. NaO,4TuO’,3 HO
llexatungstale d’anunouiaque. AzH‘0,6'ru0’,6110.
m ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
comme un sel neutre, car il suffit d’une trace de soude pour déterminer l'apparition d’une coloration rouge; mais-cette coloration disparaît bientôt, et ne devient persistante que lorsque tout le sel est transformé en sel neutre.
Les métatungstates sont, en général, très solubles et presque tous cristallisent en octaèdres quadratiques très voisins d’un octaèdre régulier.
Les solutions des sels de sous-oxyde de mercure et de plomb sont les seules qui donnent des précipités dans les dissolutions des métatungstates. Les acides chlorhydrique, nitrique, sulfurique, ne donnent à froid aucun précipité; mais, lorsqu’on fait bouillir la liqueur, l’acide tungstique jaune se précipite.
Lorsque à la dissolution chlorhydrique d’un métatungstate on ajoute du zinc, il se produit une coloration bleue, puis rouge violacé.
Les métatungstates alcalins s’obtiennent en ajoutant de l’acide tungstique hydraté à une solution du tungslate et soumettant le tout à une ébullition prolongée jusqu'à ce que la dissolution refroidie ne précipite plus par les acides. Par concentration de la dissolution le métatungstate cristallise.
La plupart des métatungstates métalliques se préparent par double décomposition entre un sulfate et le métatungstate de baryte.’ Lorsque le sulfate est peu soluble, comme dans le cas de la strontiane ou de la chaux, il est préférable de saturer l’acide métatungstique par le carbonate métallique.
Les métatungstates alcalins ou métalliques prennent naissance lorsqu’on soumet à une ébullition prolongée les paratungstates ou les sels acides en général, ou bien encore les produits que l’on obtient en fondant un carbonate alcalin avec 2, 3 ou 4 équivalents d’acide tungstique.
Inversement, les métatungstates alcalins reproduisent les paratungstates ou les tungstates neutres, en présence d’un excès d’alcali.
L’acide métatungstique et les solutions acides des métatungstates précipitent les alcalo’ides. L’acide métatungstique donne encore un précipité dans des liqueurs ne renfermant que 1/200000 de quinine ou de strychnine.
ACIDE MÉTATUNGSTIQUE.
Scheibler a obtenu l’acide métatungstique en décomposant la solution concentrée du métatungstate de baryte par la quantité convenable d’acide sulfurique. La liqueur, débarrassée d\i sulfate de baryte, est évaporée dans le vide sec. La solution sirupeuse laisse déposer de petits cristaux ayant l’apparence d’octaèdres à base carrée.
Ces cristaux perdent à 100 degrés 7 équivalents d’eau ; les deux autres équivalents d’eau sont chassés au»rouge. La formule de l’acide est
4Tu0^-}-9110;
ou, en l’envisageant, d’après la constitution des sels qui en dérivent, comme ne renfermant qu’un équivalent d’eau basique :
4TuO^HO-f 8HO.
TDNGSTÈNE. 1Î3
Scheibler, en tenant compte de ce fait que l’acide ne perdait ses deux derniers équivalents d’eau qu’au rouge, l’envisageait comme renfermant deux équivalents d’eau de constitution, et les métatungstates, bien qu’on n’en ait jamais obtenu avec plus d’un équivalent de base, comme retenant un équivalent d’eau de constitution.
Laurent préparait l’acide métatungstique en précipitant l’ammoniaque du sel ammoniacal par le chlorure de platine.
En précipitant la dissolution aqueuse du métatungstate de plomb par l’bydrogène sulfuré, et chassant l’excès d’hydrogène sulfuré par un courant d’acide carbonique, Forcher a obtenu le même acide.
L’acide métatungstique est très soluble dans l’eau : celte dissolution est incolore et possède une saveur amère; elle rougit fortement le papier de tournesol.
Celte solution peut être soumise à une ébullition prolongée, ou évaporée à 100 degrés, jusqu’à consistance sirupeuse, sans s’altérer; mais, si on la chauffe au delà, elle se décompose et de l’acide tungstique jaune se dépose.
L’hydrogène sulfuré ne produit aucune réaction avec la solution d’acide métatungstique; le sulfhydrate d’ammoniaque y détermine un dépôt de soufre, la liqueur bleuit par suite d’une réduction partielle et laisse déposer, au bout de quelque temps, des cristaux d’un sulfotungstate d’ammoniaque.
MÉTATUNGSTATES DE POTASSE.
1“ Métatungstate dépotasse KO,4TuO^-l-8HO. —On prépare ce sel en soumettant à l’ébullition une dissolution de tungstate de potasse, à laquelle on ajoute de l’hydrate tungstique, jusqu’à ce que la liqueur ne précipite plus par l’acide chlorhydrique. Par concentration dans le vide sec, la liqueur laisse déposer des cristaux octaédriques efflorescenls (Scheibler).
Calciild. Trouve.
4Tu03. 79,59 80,01
Margueritte avait décrit comme ré.sultant de l’action exercée par l’acide lungstique sur le tungstate potassique, un sel auquel il attribuait la formule
KO,5TuO\8IIO.
Ce sel, qui se dépose en cristaux prismatiques, est probablement identique avec le suivant. Margueritte y a trouvé, en effet, 82,98 pour 100 d’acide tungstique, ce qui se rapproche du nombre obtenu par Marignac pour l’analyse du sel aciculaire.