COMBINAISONS DU CHLORE AVEC LE TUNGSTÈNE
On connaît quatre chlorures de tungstène :
TuCl . protochlorure de tungstène.
TuCI* . hichlorure —
Tu*Cl‘’ . pentachlorure —
TuCl^. trichlorure —
et deux oxychlorures :
TuClO* . dioxychlorure de tungstène.
TuGl*0 . oxtjdichlorure —
La production simultanée de ces divers composés dans une même préparation, lorsque l’on ne se place pas dans les conditions précises de la formation de chacun d’eux, et la facilité avec laquelle quelques-uns se dissocient à l’état de vapeur, rendent très délicate l’étude des composés chlorés de tungstène. Le travail le plus étendu et le plus précis fait sur ce sujet est celui de Koscoe (fihem. News, t. XXV, p. 61); c’est lui que nous prendrons pour guide. Nous renverrons, pour le détail des observations antérieurement faites, aux mémoires de Wôhler, Malaguti, Van Bosch, Blomstrand, Riche et Forcher.
tUNCSTÈNK.
PROTOCHL^RURE DE TUNGSTÈNE TuCl = 127,5 OU dichlorure TuCl*=255.
Obtenu pour la première fois et étudié par Ro^oe.
Ce composé résulte de la décomposition du Bichlorure, sous l’action de la chaleur et dans un courant d’acide carbonique, en pentachlorure et dichlorure. Il prend encore naissance quand on soumet les vapeurs de trichlorure à une température élevée, dans un courant d’hydrogène.
C’est une masse grise, amorphe, sans éclat, ou de minces croûtes d’un gris pâle. Il n’est pas volatil et ne subit aucune modification à l’air libre. L’eau le dissout en petite quantité en prenant une couleur brune ; mais la majeure partie se décompose en acide chlorhydrique et acide tungstique avec un dégagement lent d’hydrogène :
TuCl + 3110 = TuO» + HCl + 2 H.
Chauffé dans un courant d’hydrogène qui entraine des vapeurs d’acide nitrique, il forme de l’azotate d’ammoniaque et de l’acide tungstique •
4TuCl + 2AzO“H + 6H0= 4Tu0^4- 4HC1 + ÀzO»(AzH*).
L’analyse a donné ;
CakiiM.
Tro
lUVfS.
Tu.
lifiT.
DICHLORURE DE TUNGSTÈNE TuCl*=103 OU tétrachlorure TuCl* = 326.
Préparation,—Ce corps a été signalé pour la première fois.par Riche {Ann. de chim. et de phys. (3), t. L, p. 20), qui ne l’a pas obtenu cependant à l’état de pureté. Lorsqu’on dirige, en effet, un courant d’hydrogène sec sur le trichlorure placé dans un tube de verre, porté à une température assez basse pour que le chlorure ne se volatilise pas, on obtient un dégagement d’acide chlorhydrique et il reste un produit brun noirâtre se décomposant par l’eau en donnant naissance au bioxyde de tungstène. Mais il est fort difficile de rester, dit A. Riche, dans les limites de température restreintes où se produit ce corps ; si l’on chauffe trop peu, la réaction ne se déclare pas; si la température est trop élevée, le trichlorure se volatilise et le bichlorure est souillé par du tungstène métallique qui recouvre le tube d’un bel anneau miroitant.
Roscoe a obtenu ce bichlorure en distillant l’hexachlorure ou le mélange d’hexachlorure et de pentachlorure résultant de la réaction brutale du chlore sur
le tungstène, dans un courant d’hydrogène ou d’acide carbonique ; les chlorures volatilisés étaient condensés et distillés de nouveau dans le même tube, et cela à plusieurs reprises, afin de chlorurer le prolochkirure qui aurait pu prendre naissance dans la réaction. Le tube dans lequel se faisait la réaction était chauffé dans un bain d’acide sulfurique.
Propriétés. — On obtient ainsi une poudre cristalline, très légère, d’un gris brun. Elle est très hygroscopiljue; l’eau la décompose en oxyde brun et acide chlorhydrique.
Le bichlorure est infusible et ne se volatilise pas sous la pression atmosphérique. Sous l’action de la chaleur, il se dédouble en pentachlorure et monochlorure. Chauffé dans un bain de zinc en fusion, dans un courant d’hydrogène, il laisse un résidu de tungstène mélallique, spongieux et pyrophorique.
Composition : Analyse par lloscoe :
Calcule. Trouvé.
Tu. 92 56,45 57,55