ÉTAT NATUREL
Les deux minerais les plus importants du molybdène sont le bisulfure de molybdène MoS 3 et le molybdate de plomb PbO, MoO 11 . Le sulfure naturel de molybdène ( molybdénite , molybdanglanz) se trouve ordinairement en masses lamellaires dans les terrains anciens, au Cumberland, en Norwège, en Saxe, en Corse, etc. Le molybdate de plomb ( Melinose , Wulfenit, Gelbbleierz) forme des couches ou des filons dans les terrains supérieurs des calcaires de transition (Bleiberg, Forslenkirchen, Garmisch, etc.). On a trouvé aussi de l’acide molybdique (molybdite ) souvent associé à la molybdénite, et paraissant dû à l’altération de ce sulfure (Tyrol, Suède, Chili, etc.); du molybdate d’oxyde de molybdène ou oxyde bleu (islémannitéy, du molybdate d’urane ( molybdurane ); du molybdate de fer ( molybdoferrite) ; du molybdate de fer et de cobalt (pétéraïte). Enfin, certaines fontes, certaines scories ferrugineuses contiennent, d’après Wœliler ( Mineraianalysen, Gcetlingen, 1801, p. 107 et 170), une certaine quantité de molybdène; les scories ferrifères provenant du traitement des minerais de cuivre de Mansfeld contiennent, d’après Heine (Jour. pr. Chem., t. IX, p. 204), de 9 à 28 pour 100 de molybdène. H. Debray en a trouvé récemment de petites quantités dans la cérite.
KNCYCI.OP. Cil IM.
PRÉPARATION DD MOLYBDÈNE
1° Pour avoir le molybdène à l’état métallique, on réduit en général l’acide molybdique, le molybdate d’ammoniaque ou un oxyde de molybdène, par l’hydrogène, à haute température. Cette opération exige de nombreuses précautions quand on veut avoir le métal pur, et comme c’est sur cette réduction qu’est fondée l’une des méthodes qui ont servi à déterminer l’équivalent du molybdène, nous allons indiquer tout d’abord le procédé qui a servi à H. Debray (Comptes rendus de l'Acad., 13 avril 1868; Bull.de la Soc. de chim., t. X, p. 152) pour faire cette réduction.
L’acide molybdique doit être sublimé, pour être pur, dans un tube de platine. Celui qui a été volatilisé dans la porcelaine contient, dans les parties compactes qui touchent le tube, un peu de silice et d’alumine, que l’on met en évidence en dissolvant l’acide dans l’ammoniaque ; l’acide molybdique attaque en effet facilement la porcelaine, à la température à laquelle il peut se condenser.
L’acide sublimé est extrêmement volumineux : pour le rendre compacte, afin u’opérer sur un grande quantité de matière, il faut le transformer en molybdate u’ammoniaque : ce sel donne, par une calcination ménagée, un acide dense et parfaitement exempt d’oxydes inférieurs.
On opère d’abord la transformation de l’acide, qui est volatil, en oxyde rouge fixe, en le chauffant dans un courant d’hydrogène, à la plus basse température possible ; cette réduction s’effectue dans un tube de verre ; elle est toujours accompagnée du transport d’une partie de la matière qui va former un anneau brun en avant de la nacelle. On achève la réduction dans un tube en porcelaine vernissé, à une température très élevée, et en prolongeant l’opération jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’eau.
A cette température, le molybdène attaque et réduit la porcelaine partout où ilia touche. Il faudra donc rejeter loutes les portions du métal qui ont touché les parois de la nacelle, si l’on opère la réduction dans une nacelle de porcelaine. Mais pour la détermination de l’équivalent, il est nécessaire d’employer des nacelles de platine, et encore y a-t-il légère attaque du platine par le molybdène. Il faut avoir soin de protéger la nacelle dans laquelle on fait la réduction au moyen d’une mince feuille de platine. Le platine, sous l’influence de l’hydrogène, réduit la porcelaine et lui prend du silicium et de l’aluminium.
Enfin, il faut éviter l’emploi de bouchons de liège, susceptibles de se décomposer quand ils sont chauffés et de donner des gaz carburés, auxquels le molybdène emprunte facilement du carbone. II. Debray employait des tubes de porcelaine, munis à l’une de leurs extrémités d’une longue tubulure étroite, par laquelle arrivait l’hydrogène; l’autre extrémité était munie d’une allonge.
On purifie l’hydrogène par le procédé de H. Sainte-Claire Deville, c’est-à-dire en le faissant passer dans un long tube renfermant de la tournure de cuivre et chauffé au rouge; on le dessèche avec de la potasse fondue.
Celte opération, pour donner du molybdène pur, doit être faite à la tempéra-