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ÉTAT NATUREL DU VANADIUM

Le vanadium est très répandu dans la nature, mais en général il se trouve associé en petites quantités avec les autres métaux. Un petit nombre de minéraux, et en général assez rares, en contiennent des quantités notables. Presque tout le vanadium qui a servi aux recherches ou qui est employé dans l’industrie a été retiré de résidus provenant du traitement d’immenses quantités de matériaux, résidus dans lesquels il s’est accumulé par une suite d’opérations qui l’ont entraîné en quantités assez grandes.

Les principaux minerais qui contiennent des quantités notables de vanadium sont:

La vanadine, minéral très rare, composé d’acide vanadique et qu’on trouve en enduit jaune terreux, sur du cuivre natif, au lac Supérieur (Teschemacher, Jahr. Ber., 1851, p. 764) ;

La calcovanadite, vanadate de chaux de composition douteuse ;

La vanadiolite, vanadate de chaux contenant de la silice avec de petites quantités d’alumine, de fer et de magnésie, probablement à l’état de mélange.

La vanadinite, ou plomb vanadiaté, qui est un chlorovanadate de plomb, dont la formule est :

3(3 PbO.VO 5 ) + PbCl.

Les cristaux de vanadinite se présentent sous la forme d’un prisme hexagonal. Cette substance est isomorphe avec la pyromorphite. On la trouve à Zimapan,au Mexique; en Carinthie, en Écosse, etc.;

La descloizite, vanadate de plomb sans chlore, plus riche en acide vanadique que la vanadinite. Ce minerai est assez rare; il se présente en cristaux dérivant d’un prisme rhomboïdal droit;

La dèchenite, vanadate de plomb zincifère, en masses mamelonnées rouges ou jaune-rougeâtre ;

L ’aréoxène et Veusynchite, qui ont une composition analogue à celle de la dèchenite ;

La chiléite, qui est un vanadate de plomb cuprifère trouvé au Chili ;

La puclierite, trouvée à la mine Pucher, à Schneeberg, en Saxe. C’est un vanadate de bismuth contenant, d’après Frenzel :

VO 5 . 27 jt

Bi s 0 3 . 73,39

Les cristaux de ce minerai appartiennent au système du prisme rhomboïdal droit. Ils sont d’un brun-rouge, à poussière jaune;

VANADIUM.

La volborthite, trouvée dans l’Oural. C’est un vanadate de cuivre hydraté, en petites lamelles hexagonales vertes ou jaunâtres;

La calcovolborlhite, vanadate de cuivre et de chaux hydraté.

Outre ces minerais riches en acide vanadique, une foule de roches contiennent des quantités plus ou moins notables de vanadium. Parmi ces roches les minerais de fer semblent en contenir d’assez grandes quantités. C’est d’elles ou plutôt des résidus de leur traitement métallurgique que Selfstrôm, Norblad, Boetger, Witz et Osmond, etc., ont retiré du vanadium. Ce sont les chimistes français qui ont mis surtout en évidence, parleurs analyses précises, la diffusion très grande de l’acide vanadique dans l’écorce terrestre. Ainsi H. Sainte-Claire Deville ( Comptes rendus, t. XLIX, p. 210) a retrouvé ce corps dans un grand nombre de roches comme la beauxite, le rutile, etc. Beauvallet en a extrait des argiles de Gentilly(Compf<«raidtts, t.XLIX, p. 301); Terreil (Comptesrendus, t. LI, p. 94, etc.) l’a trouvé dans les argiles de Forges-les-Eaux, de Dreux, etc. On peut dire, en résumé, que, dans la plupart des matières naturelles dont l’analyse a été faite avec soin ou en vue de la recherche du vanadium, on a retrouvé ce corps en quantités plus ou moins appréciables. Schæm et Rammelsberg ( Jahr. Ber., 1864, p. 185) et Baumgarten ont constaté sa présence dans les soudes du commerce.

Nous indiquerons, à propos de l’extraction de l’acide vanadique, les principales méthodes qui ont servi à retirer le vanadium des matières qui le renferment en quantités notables.

VANADIUM MÉTALLIQUE

Le vanadium métallique a été préparé, pour la première fois, par Roscoe; toutes les méthodes indiquées jusqu’à lui, pour obtenir ce métal, n’avaient fourni que des oxydes ou des azotures de vanadium. Roscoe môme, à vrai dire, malgré toute espèce de précautions, n’est jamais arrivé à avoir le vanadium exempt d’oxydes.

Berzélius (Ann. Pogg., t. XX, p. 1) a obtenu une matière brillante ayant l’aspect d’un métal en chauffant le trioxychlorure de vanadium (V0 3 C1 3 ) placé dans une ampoule, au sein d’une atmosphère de gaz ammoniac. La matière ainsi préparée est le protoazoture de vanadium et non le métal. Il avait aussi essayé de préparer le vanadium, en faisant chauffer l’acide vanadique avec du potassium ; il se produisait dans cette opération, après lavage à l’eau, une poudre noire qui était un mélange, plus ou moins complexe, d’oxydes. — Schafarik (Ann. der Chem, und Pharm., t. CIX, p. 97) décrit comme métal la poudre cristalline, d’aspect brillant, de couleur brun-jaunâtre, obtenue en faisant passer à travers un tube chauffé au rouge, un mélange de vapeurs de trioxychlorure de vanadium et d’hydrogène. Cette poudre, d’après Roscoe, n’est qu’un mélange d’oxychlorures inférieurs de vanadium.

Johnston (N. Edin. Journ. of Sc., t. V, p. 166, 318) a obtenu un globule métallique en réduisant l’acide vanadique, par le charbon, à une température

élevée. Roscoe considère ce corps comme un siliciure de vanadium, siliciure qu’il a d’ailleurs reproduit par d’autres procédés.

En reprenant les travaux de ses prédécesseurs et même en variant les conditions des expériences, Roscoe n’a jamais pu obtenir le vanadium à l’état de pure'é par les procédés appliqués avant lui.

D’après ses recherches antérieures, les seules méthodes qui pussent lui paraître devoir permettre d’isoler le métal devaient être:

l°La réduction d’un chlorure de vanadium, bien exempt d’oxygène, au moyen de l’hydrogène ;

2" La réduc :on du protoazoture de vanadium dans l’hydrogène.

La première de ces deux méthodes seule lui a donné des résultats positifs. La deuxième ne lui a pas permis d’isoler le métal. Les pertes de poids éprouvées par l’azoture ont toujours été de beaucoup inférieures à la quantité théorique.

PRÉPARATION DU VANADIUM PAR LA RÉDUCTION D ! BICHLOHIJRE DE VANADIUM DANS L’HYDROGÈNE

A première vue, le procédé de réduction des chlorures de vanadium dans l’hydrogène paraît devoir être très simple. Il est, dans la pratique, fort pénible : le vanadium est peut-être le métal dont l’extraction est la plus délicate.

Cela tient à ce que le vanadium, si stable à la température ordinaire, absorbe l’oxygène, à haute température, avec une très grande facilité, et que dès lors il faut se mettre, dans sa préparation, à l’abri de toute trace d’oxygène ou de vapeur d’eau ; il faut également avoir du chlorure de vanadium bien sec et bien exempt d’oxychlorures; enfin, et c’est là peut-être le point le plus délicat, il faut empêcher l’arrivée de l’oxygène, par diffusion, dans les appareils à réduction pendant tout le temps de l’opération, temps qui est toujours très long (de quarante à quatre-vingts heures).

En outre,, on ne saurait employer, pour la réduction des chlorures de vanadium, ni appareils métalliques, qui deviennent poreux à une température élevée, ni vases de verre ou de porcelaine, qui seraient attaqués par le vanadium. Roscoe s’est servi, pour contenir le bichlorure de vanadium qui lui a servi, de nacelles en platine, qu’il introduisait dans des tubes de porcelaine.

Après un certain nombre de tâtonnements, Roscoe a reconnu que le dispositif le meilleur à employer est le suivant (fig. 1, extraite du volume CLIX, deuxième partie, année 1809, des Philos. Trans. of the roy. Soc. of London).

Le dispositif employé consiste : en un appareil à production d’hvdrogène A, pouvant fonctionner nuit et jour pendant une semaine, en ajoutant de l’acide dans le flacon supérieur et retirant le sulfate de zinc formé au moyen d’un tube en caoutchouc adapté à la tubulure du flacon inférieur. Le gaz produit par l’action de l’acide sulfurique sur le zinc passe à travers un premier flacon laveur contenant de l’acétate de plomb, un deuxième flacon où se trouve de l’azotate d’argent, et enfin à travers trois autres flacons contenant de l’acide sulfurique préalablement porté à l’ébullition. Pour arrêter l’oxygène qui peut

VANADIUM.

se trouver mélangé à l’hydrogène, oxygène qui peut être entré par diffusion dans l’appareil ou qui a été dissous par l’acide employé, le courant gazeux est amené, à sa sortie des flacons laveurs, dans le tube CD. La première partie C de ce tube contient de la mousse de platine, qui est chauffée pendant la durée du passage de l’hydrogène; la partie postérieure B contient de l’acide phosphorique retenu par des tampons de coton. Tous les joints sont faits avec du caoutchouc fixé aux tubes au moyen de fil de cuivre et recouverts

de paraffine. Un tube recourbé à angle droit relie le tube CD à la troisième partie de l’appareil.

Cette portion consiste en un tube EE' en porcelaine placé dans un fourneau de Hofmann, et protégé, à sa partie centrale, qui est chauffée, au moyen d’un tube de tôle. Le tube de porcelaine est relié au tube adducteur de l’hydrogène, au moyen d’un tube en verre FF'. Le joint entre les deux tubes est fait

au moyen de caoutchouc soigneusement lié, et ce joint est protégé au moyen d’un cylindre de verre : l’espace libre est rempli de mercure ou de paraffine fondue : un joint semblable est fait à l’autre extrémité du tube de porcelaine.

Pour introduire le bichlorure de vanadium, qui sert dans ces expériences, dans l’appareil à réduction, sans que ce corps soit exposé à l’air, on se sert de la tubulure G. Dans cette tubulure est fixé le tube recourbé H, dans lequel a été préparé et scellé sur l’hydrogène le bichlorure de vanadium. La nacelle de platine destinée à recevoir ce corps est placée comme l’indique la figure.

On commence parfaire passer de l’hydrogène pendant douze heures dans tout l’appareil pour le dessécher et le purger d’air. On retire alors le tube recourbé, on l’ouvre et on le replace rapidement dans la tubulure, de façon que les cristaux de bichlorure de vanadium soient dans la partie horizontale. Ce tube est ensuite retourné dans le bouchon, de façon que le bichlorure de vanadium tombe dans la nacelle de platine. Cette nacelle est amenée dans le tube de porcelaine au moyen d’un fil de platine dont l’extrémité passe au travers d’une petite ouverture faite dans le caoutchouc, à l’extrémité de l’appareil. Quand la nacelle est en place, on coupe le fil de platine à ras du tube de verre, et on adapte à ce tube un autre qui plonge dans de l’acide sulfurique. On lute soigneusement le bouchon de la tubulure avec de la paraffine et on fait encore passer l’hydrogène dans l’appareil pendant six heures.

On chauffe à ce moment le tube de porcelaine et on le porte à la plus haute température (rouge clair) à laquelle on puisse arriver au moyen du fourneau de Hofmann, et on maintient cette température pendant tout le temps que dure la réduction.

Des torrents d’acide chlorhydrique commencent à se produire et on continue l’opération jusqu’à ce que l’hydrogène sortant de l’appareil ne contienne plus de traces d’acide chlorhydrique. Le temps de la réduction varie de quarante à quatre-vingts heures, suivant la quantité de matière employée, quantité qui varie de 1 à 3 ou 4 grammes.

Le vanadium préparé par ce procédé se présente sous la forme d’une poudre brillante, d’une couleur blanc-grisâtre ; vue sous le microscope, elle réfléchit fortement la lumière, paraît cristalline et a l’éclat blanc de l’argent. Ce métal ne s’oxyde et ne se ternit pas à l’air à la température ordinaire; il ne décompose pas l’eau à la température ordinaire, et l’on peut le mouiller et le sécher plusieurs fois dans le vide sans qu’il augmente de poids. Il n’est ni volatil, ni fusible, quand on le chauffe dans l’hydrogène. Quand on jette des parcelles de ce métal dans une flamme, ou qu’on en chauffe dans un excès d’oxygène, il s’enflamme en projetant de brillantes étincelles. Chauffé dans un courant d’air il s’oxyde et donne d’abord une matière brune (VOouVO®), puis du trioxyde noir, du tétroxyde bleu et se convertit finalement en acide vanadique (VO 6 ).

Le vanadium n’est pas magnétique et il ne se concrète pas par la compression. Son poids spécifique est à 15 degrés de 5,5.

Il n’est attaqué par l’acide chlorhydrique ni à chaud ni à froid. L’acide

VANADIUM.

sulfurique concentré ou étendu est sans action sur lui à froid; à chaud, quand il est concentré, il l’attaque, le dissout et donne avec lui un liquide jauneverdâtre. L’acide fluorhydrique le dissout lentement avec dégagement d’hydrogène et formation d’une liqueur verte. L’acide nitrique l’attaque facilement; il se produit un dégagement de vapeurs nitreuses et il reste une dissolution bleue. La soude caustique en dissolution n’agit pas sur lui. Les alcalis fondus le transforment en vanadates, pendant qu’il se dégage de l’hydrogène.

Le métal obtenu par réduction du bichlorure de vanadium dans un courant d’hydrogène renferme toujours de l’hydrogène, dans une proportion qui peut aller jusqu’à 1,3 pour 100. On détermine la quantité d’hydrogène contenue dans le métal en brûlant ce métal dans un courant d’oxygène et recueillant l’eau formée, dans un tube desséchant. Il contient aussi une faible proportion d’oxydes.

Chauffé en présence de chlore en excès, il brûle et donne naissance au tétrachlorure de vanadium.

Il se combine également avec l’azote pur, à une température élevée et donne du protroazoture de vanadium.

Le vanadium attaque le verre et la porcelaine quand on le fait chauffer en contact de ces corps et forme un siliciure de vanadium; c’est ce corps qu’on voit se former quand on essaye de réduire des combinaisons vanadiées en présence de matières vitreuses; il forme une couche noire, qui, du reste, détermine facilement la rupture des tubes de verre. Ce composé n’est pas attaqué par l’acide chlorhydrique; l’acide nitrique paraît également sans action sur lui et semble seulement le ternir.

Le vanadium se combine aussi au platine. Ainsi, dans toutes les opérations de réduction, on trouvait les nacelles de platine souillées par du vanadium, et. Pour les débarrasser de ce corps, il fallait les calcinerj à plusieurs reprises à l’air et les traiter par les dissolvants de l'acide vanadique. Quand une nacelle avait servi plusieurs fois à la réduction sans qu’on lui fît subir ce traitement, e lle était devenue cassante et d’aspect foncé. 'Cette action du vanadium sur le Platine avait déjà été constatée par Berzélius.

Réduction des chlorures de vanadium par le sodium tour la préparation du vanadium

Roscoe a également essayé de préparer le vanadium métallique en attaquant ,e s chlorures de vanadium par le sodium. La réduction se fait tranquillement quand on chauffe au rouge le bichlorure solide avec du sodium dans un courant d’hydrogène ; quand on se sert du tétrachlorure, elle a lieu avec explosion. Le produit obtenu par cette méthode, lavé à l’eau pour le débarrasser des chlorures, se divise en deux parties : 1° une portion formée d’une poudre légère, fine, noire, attaquable par l’acide chlorhydrique, et qui est du bioxyde, reste en suspension ; 2°une poudre plus lourde, de couleur grise, insoluble dans l’acide chlorhydrique, reste au fond du vase et peut être débarrassée

ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, du trioxyde par un certain nombre de lévigations. Cette poudre grise brillante est du vanadium métallique mélangé à plus ou moins d’oxyde. Quand on chauffe cette poudre finement pulvérisée, après dessiccation dans le vide, dans un courant d’hydrogène pur, au rouge sombre, elle prend feu spontanément; quand, après l’avoir refroidie, on la met en présence d’air ou d’oxygène, on voit une flamme lécher la surface de la matière; en même temps il se forme de l’eau. Un échantillon de cette poudre, contenant 91,5 pour 100 de vanadium métallique, a été exposé pendant plusieurs semaines à l’air sec; il a absorbé lentement de l’oxygène, et il s’est formé de l’eau par la calcination du produit dans l’oxygène. Roscoe pense que quand le composé qui contient de l’hydrogène cesse de subir l’action de l'oxygène sec, il forme un oxyde correspondant à la formule VO.

Voici le spectre fourni par le vanadium et déterminé par Rob. Thalen {Ann. de phys. et de chim. (4* série), t. XVII, p. 243) :

Ü3s rayons.

Longueur

d'onde. InlcnaiM.

Orangé. 6109,5

Jaune.

Vert,

Bleu.

VANADIUM.

Indigo

ÉQUIVALENT DU VANADIUM

Le vanadium a été longtemps regardé comme un métal voisin du chrome, du tungstène, du molybdène. Ce sont les recherches de Roscoe qui ont mis en lumière la vraie nature chimique de ce métal et qui l’ont mis à sa véritable place à côté du phosphore et de l’arsenic. Les recherches postérieures sont venues confirmer les résultats qu’il a obtenus.

Berzélius (Ann. de Pogg., t. XXII, p. 1 ; Annales de phys. et de chimie (2 e série), t. XLV, p 332 et 337 ; Traité de chimie), en réduisant l’acide vanadique, avait trouvé que le vanadium a pour équivalent 68,5. Le corps qu’il a pris pour le métal n’est qu’un oxyde, le vanadyle, qui, comme l’uranyle découvert par Péligot, jouit des propriétés d’un véritable radical et donne des composés oxygénés, chlorés, bromés, etc.

D’après les formules que Berzélius avait données pour les composés du vanadium, on devait rapprocher le vanadium du tungstène et du molybdène. Cependant les lois de l’isomorphisme et celles des volumes des vapeurs se trouvaient en contradiction avec cette façon de voir. Les lois de l’isomorphisme sont de celles qui mettent le mieux en évidence les relations qui existent dans .les composés entre le rapport des éléments constituants.

Les vanadales sont isomorphes avec les phosphates et les arséniates. De plus la vanadinite naturelle est isomorphe avec l’apatite, la pyromorphite, la mimetèse. La formule de la vanadinite, d’après Berzélius, sérail : |

3(3Pb0,V0 3 ) + PbCl.

Celle des autres composés se trouve être :

3(3CaO,PhO s ) + CaCl, 3(3 PbO.PhO») + PbCl, 3(3PbO.ASO 5 ) + PbCl.

Les recherches de Rammelsberg (Ann. de Pogg ., t. XCVIII, p. 246), celles de Schabus (Ann. de Pog., t. XCVJII, p. 217) avaient fait voir que tous ces minerais présentent les mêmes angles. Neddle (Greg et Settsom’s Mineralogy, p. 409-410, 1859) a même analysé un minerai moitié formé de vanadinite, moitié de pyromorphite.

De l’ensemble de ces recherches, il résultait ou que les lois de l’isomorphisme ne sont pas générales ou que la formule de l’acide vanadique admise par Berzélius, formule également admise par Schafarik et Czudnowicz, ne se trouve pas être la formule exacte. Déjà Kenngolt et Struve avaient cherché à faire disparaître cette difficulté, le premier en admettant dans la vanadinite un composé plus oxygéné que l’acide vanadique, le deuxième en proposant de changer la formule de l’acide vanadique. C’est Roscoe qui a déterminé la véritable nature chimique du vanadium; c’est lui le premier qui a isolé le vanadium à l’état métallique. Il a fait voir de plus que ce que Berzélius considère comme un métal est un oxyde, qui peut lui-même présenter trois degrés d'oxydation. Il a démontré que le chlorure de Berzélius n’est en réalité qu’un oxychlorure, analogue à l’oxychlorure de phosphore.

D’après ses recherches, l’équivalent du vanadium est 51,3, et les anciennes formules de Berzélius doivent être modifiées ainsi :

Formulas de Berzélius. Formules nouvelles.

V, vanadium.. = VO s , bioxyde de vanadium.

VO, sous-oxyde de vanadium. . = VO 3 , trioxyde de vanadium.

VO 8 , oxyde. = VO 4 , tétroxyde de vanadium.

VO 3 , acide vanadique. = VO 5 , acide vanadique.

VC1 3 , chlorure de vanadium... = V0 2 C1\ trioxychlorure de vanadium.

VBr 3 , bromure de vanadium... = V0 8 Br 3 , trioxybromure de vanadium.

Etc. Etc.

Roscoe, pour déterminer l’équivalent du vanadium, a repris les expériences de Berzélius et de Czudnowicz, c’est-à-dire qu’il a déterminé la perte de poids qu’éprouve une certaine quantité d’acide vanadique, quand on le réduit à température élevée, dans un courant d’hydrogène.

Seulement par des expériences diverses il a fait voir que le corps ainsi obtenu est non du protoxyde de vanadium, mais du trioxyde ou du protoxyde du radical vanadyle.

Mais pour cela il s’est entouré d’un certain nombre de précautions, pour assurer à ses résultats la plus grande exactitude possible.

L’acide vanadique contient presque toujours de l’acide phosphorique, et ce fait même prouve l’analogie de ces deux acides. Quand il y en a une quantité même minime, 1 pour 100 par exemple, la réduction de l’acide vanadique n’est jamais complète. Pour être sûr d’avoir des échantillons bien purs, il essayait toujours le vanadale d’ammoniaque qui devait lui servir à préparer l’acide vanadique, avec la liqueur molybdique. Quand il n’y avait que des traces d’acide phosphorique, quelques cristallisations du vanadate d’ammoniaque permettaient de purifier ce corps. Sinon il faisait chauffer, même à plusieurs reprises, l’acide vanadique impur avec son poids de sodium dans un creuset de

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fer et lavait le résidu insoluble, à l’eau. La calcination à l’air de celte matière lui donnait un produit pur.

De plus, pour avoir une erreur relative aussi faible que possible, il opérait toujours sur une assez grande quantité de matière, 5 grammes au moins.

L’acide vanadique à employer était chauffé dans un courant d’air jusqu’à ce que son poids fût constant.il était ensuite introduit dans le tube à réduction et chauffé dans un courant d’hydrogène. Le trioxyde de vanadium produit était refroidi dans un courant d’hydrogène, et, dès qu’il était froid, enfermé dans des tubes de verre pour le soustraire autant à l’action de l’oxygène qu’à celle de la vapeur d’eau de l’air. Ce corps s’oxyde en effet facilement et est hygrométrique.

L’hydrogène qui servait à faire la réduction était pur et sec. On le faisait passer dans des flacons contenant de l’azotate de plomb, de l’azotate d’argent, du pyrogallate de soude, de la soude caustique, de l’acide sulfurique. Pour le débarrasser des dernières traces d’oxygène, il passait sur du cuivre chauffé au rouge et était encore desséché au moyen d’acide sulfurique. Il fallait surtout éviter de faire passer l’hydrogène, avant son entrée dans le tube à réduction, sur de l’acide phosphorique anhydre. Ce corps est toujours entraîné et empêche la réduction de l’acide vanadique.

Pour avoir l’équivalent, Roscoe se servait de la formule :

dans laquelle a représente le poids d’acide vanadique employé et b le poids de trioxyde trouvé.

Il a trouvé de cette façon les nombres :

En calculant d’après la même formule les expériences de Berzélius, on trouve le nombre :

Czudnowicz, en interprétant ses analyses avec l’hypothèse de Roscoe, eût obtenu le nombre :

nombre beaucoup trop considérable : ce qui fait penser qu’il n’avait pas su éviter la présence de l’acide phosphorique dans l’acide vanadique qu’il employait.

Roscoe a également tiré l’équivalent du vanadium des analyses du trioxyclilo* rure de vanadium, qui lui ont fourni le nombre 51,29, et de l’analyse des composés oxygénés.

La moyenne des nombres ainsi trouvés est 51,3.

L’étude des différents composés du vanadium et leur analyse mènent au même résultat.

COMPOSÉS OXYGÉNÉS DU VANADIUM

Les seules combinaisons bien définies et bien étudiées de l’oxygène et du vanadium sont :

i° Le bioxyde de vanadium ou vanadyle .. VO 3

2° Le trioxyde de vanadium. VO 3

3° Le tétroxyde de vanadium. VO 4

4° Le pentoxyde de vanadium ou acide

vanadique. VO 5 .

Roscoe signale encore l’existence, probable du reste, du composé VO ou protoxyde de vanadium ; mais ce composé n’a jamais été obtenu d’une façon suffisamment sûre. Berzélius décrit un certain nombre de combinaisons des oxydes de vanadium entre eux.

BIOXYDE DE VANADIUM ou VANADYLE (VO 3 )

Ce corps, analogue à l’uranyle, joue le rèle d’un vrai radical dans un grand nombre de composés du vanadium. C’est lui que Berzélius considérait comme le métal lui-même.

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