HISTORIQUE
En 1801, Del Rio, professeur de minéralogie à Mexico, crut reconnaître, dans le plomb brun de Zimapan, l’existence d’un métal nouveau, voisin mais cependant distinct du chrome et de l’uranium ; il lui donna le nom d ’Erythronium, à cause de la belle couleur rouge que prenaient ses sels sous l’influence du feu et des acides (Lettre de Alex, de Humboldt, à l’Institut, datée de Mexico, 21 juin 1803, in Gilberts’ Annalen, t. XVIII, p. 122).Un peu plus tard il revenait sur son opinion et décrivait le plomb brun de Zimapan comme un chromate basique de plomb contenant 80,72 d’oxyde de plomb et 14,80 d’acide chromique. ( Annales de Ciencias naturales de Madrid, 1804). En 1805, Collet Descotils, en analysant le même minerai de plomb, émettait la même opinion ( Annales de chimie, t. LIII, p. 268). La plupart des auteurs affirment que c’est l’opinion de Collet Descotils qui à fait revenir Del Rio sur sa première idée. Mais c’est là un point douteux aujourd’hui.
Selfstrôm, en 1830, trouva un nouveau métal dans un fer suédois, remarquable par sa grande ductilité et extrait de la mine de fer de Taberg, non loin de Jonkôping, en Smaland. Il lui donna le nom de vanadium, dérive de Vanadis, divinité Scandinave. — Voici dans quelles circonstances fut faite cette découverte : Selfstrôm avait essayé, sur le fer très ductile de Taberg, le procédé qu’avait indiqué Rinmann pour reconnaître les fers cassants, procédé qui consiste à traiter les fers par l’acide chlorhydrique et à constater qu’ils laissent un résidu noir. Selfstrôm fut fort étonné de trouver que les échantillons qu’il traitait par l’acide chlorhydrique laissent, après leur attaque par l’acide chlorhydrique, un résidu noir, malgré leur grande ductilité. En examinant déplus près ce résidu il y trouva un élément, qui par l’ensemble de ses propriétés se rapproche du chrome et de l’urane. Ses observations furent confirmés par Berzélius, qui continua l’étude de ce corps, mais ne parvint pas à isoler le métal lui-même. — C’est Roscoe qui, le premier, a isolé le vanadium à peu près pur et qui a fait voir que ce que Berzélius considérait comme le métal est un oxyde, VO*, qu’il a appelé vanadyle. Cet oxyde se comporte, ainsi que l’uranyle, comme un véritable radical, et il se retrouve dans la plupart des combinaisons du vanadium décrites par Berzélius.
Quelque temps après la découverte de Selfstrûm, Wœhler {Ann. Pogg ., t. XXI, p. 49) fit voir que le minerai examiné par Del Rio contient bien du vanadium et non du chrome.