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HYPOVANADATE DE POTASSE (KO,2 VO‘,7 HO

On obtient facilement ce sel, d’après Berzélius, en mêlant une dissolution chaude de sulfate ou de chlorure de tétroxyde de vanadium avec un léger excès de potasse caustique et laissant le liquide brun se refroidir lentement dans un vase plein et bien fermé. L’hypovanadate cristallise peu à peu en aiguilles brunâtres et brillantes, et la dissolution pâlit graduellement, jusqu a ce qu’elle soit enfin transparente et peu colorée. On les lave d’abord avec un peu d’une dissolution de potasse caustique, puis à l'alcool anhydre, et on les comprime entre des papiers. Ce sel se conserve bien à l’air quand il est sec, et brille alors, quoiqu’il soit de couleur foncée, comme la margarine. Il se dissout facilement dans l’eau ; la dissolution est si fortement colorée, qu’elle paraît opaque. La potasse caustique précipite i’hypovanadate de potasse de sa solution aqueuse, sous la forme d’une poudre brune. A l’aide de la chaleur, ce sel se dissout et cristallise par refroidissement. Le liquide alcalin conserve une couleur jaunâtre. Au contact i de l’air, la dissolution se convertit en un vanadate incolore.

VANADIUM. 93

Analyse. Calculé. Trouvé.

HYPOVANADATE D’AMMONIAQUE (AzH‘0,2 VO*,3HO)

Berzélius a obtenu ce sel comme le sel de potasse. On ajoute à un sel de tétroxyde de vanadium légèrement chauffé de l’ammoniaque jusqu’à ce que le précipité qui se forme d’abord soit redissous, et on abandonne la liqueur à elle-même, dans un flacon bien bouché. Ce sel n’est pas soluble dans une liqueur contenant de l’ammoniaque libre; l’eau pure le dissout facilement.

D’après Crow, il peut être facilement séché dans le vide en présence de l’acide sulfurique. En présence du chlorure de calcium, il perd de l’ammoniaque et laisse un résidu insoluble.

Analyse. Calculé., Trouvé.

Azll‘0. 11,82 12,51 12,24

HYPOVANADATE DE SOUDE (NaO,2VO*,7 HO)

Crow a obtenu ce sel par le procédé qui sert à préparer celui de potasse, dont il partage d’ailleurs les propriétés. Il se présente sous forme de houppes cristallines brunes, peu solubles dans une dissolution de soude caustique, très solubles dans l'eau.

Analyse. Calculé. Trouvé.

NaO. 11,89 12,1 U »

HYPOVANADATE DE BARYTE (BaO,2VO*,5HO)

Crow a obtenu ce sel en ajoutant de l’hydrate de baryte, en dissolution, à une dissolution acide de tétroxyde de vanadium, jusqu’à réaction alcaline. Il s’est ainsi formé un précipité brun-jaunàlre, qui a été lavé à l’eau chaude, par décantation, puis séché à 120 degrés dans une atmosphère d’acide carbonique.

Analyse. Calculé. Trouvé.

BaO. 26,56

HYPOVANADATES MÉTALLIQUES

Les hypovanadates métalliques s’obtiennent facilement par double décomposition, au moyen des dissolutions d’un hypovanadate alcalin et d’un sel métallique. Crow a obtenu de cette façon le sel de plomb, auquel il a trouvé la formule :

PbO,2 VO*,

et le sel d’argent, qui a pour formule :

AgO,VO*.

Les autres hypovanadates ont été peu étudiés.

OXYDES INTERMÉDIAIRES DE VANADIUM (Berzélius)

Berzélius décrit un certain nombre d’oxydes intermédiaires entre ceux étudiés précédemment et l’acide vanadique. Roscoe n’admet pas l’existence de ces combinaisons. Voici ce que dit Berzélius à ce sujet.

i° OXYDE POUHPR3

Qu’on laisse pendant vingt-quatre heures l’hydrate de tétroxyde de vanadium dans un flacon mal bouché, et qu’ensuite on y verse un peu d’eau, celle-ci secolore en vert. On jette alors la masse sur un filtre et, lorsque la liqueur verie est filtrée on ajoute une nouvelle portion d’eau à la matière solide; le liquide qui passe est beaucoup plus foncé et brunâtre; une nouvelle portion d’eau prend une assez belle couleur pourpre, et après quelques lavages la liqueur passe incolore. Quand on laisse le flacon abandonné à l’air, on peut reproduire le même phénomène. Bprzélius considère le corps pourpre dissous comme une combinaison d’acide vanadique avec plus d’un équivalent de tétroxyde de vanadium et l’appelle sous-vmadate vanadique (vanadate basique de tétroxyde de vanadium).

2* bivanadate de tétroxyde de vanadium (V0 4 ,2V0 s )

Si on laisse l’hydrate de tétroxyde de vanadium se dessécher à l’air libre,, et

vanadium. 95

qu’on le fasse ensuite digérer dans une très petite quantité d’eaü, celle-ci prend une belle couleur verte, mais tellement foncée, que le liquide paraît opaque. La dissolution, filtrée et évaporée dans le vide, laisse pour résidu une masse noirâtre, fendillée, sans trace de cristallisation, et qui se redissout complètement dans l'eau. On obtient cette même combinaison lorsqu’on mêle une solution d’un sel neutre à base de tétroxyde de vanadium avec du vanadate de potasse neutre. Si les solutions sont un peu concentrées, une grande partie de la nouvelle combinaison verte se dépose sous forme d’une poudre foncée, et, si la liqueur est trop étendue, on ne la précipite qu’en y faisant dissoudre du sel ammoniac. Le précipité est insoluble dans l'alcool absolu, mais il est soluble dans l’alcool à 86 degrés. Les dissolutions de cette combinaison, étendues jusqu’à parfaite transparence, ont une fort belle couleur verte. Une petite quantité d’alcali ne fait que foncer la couleur, mais ne parait pas détruire la combinaison verte. Une addition d’alcali caustique, en excès, y produit un précipité, qui est un hypovanadate. Les carbonates neutres de soude et de potasse changent la couleur verte en brun, sans rien précipiter; un excès de carbonate d’ammoniaque ne détruit pas la couleur. Le tétroxyde de vanadium, mis en digestion avec l’acide vanadique, forme encore cette même combinaison, qui, du reste, peut être produite par voie sèche. On obtient, en fondant 105 parties d’oxyde avec 235 d’acide vanadique, un verre de couleur vert foncé, dont la poudre se dissout peu à peu dans l’eau.

3° TÉTRAVANADATE DE TÉTROXYDE DE VANADIUM (V0‘,4V0 5 )

Ce sel s’obtient par le mélange du sel précédent et du bivanadate de potasse. Il est vert comme le bivanadate et, sous la forme solide, il paraît plus foncé. Sa solution dans l’eau est d’un vert jaunâtre. 11 est moins soluble que le sel précédent et est précipité plus complètement par le sel ammoniac.

•4” PERVANADATE DE TÉTROXYDE DE VANADIUM

Toutes les combinaisons pourpres et vertes s’oxydent à l’air, surtout quand elles sont très étendues. Leur couleur devient d’abord jaune-verdâtre et ensuite jaune-orangé. Par l’évaporation spontanée, elles donnent des cristaux d’un jaune-orangé pâle, qui perdent leur eau et qui deviennent verts quand on , les chauffe. Le corps se dissout dans 22,5 fois son poids d’eau, et est par conséquent plus soluble que l’acide vanadique seul.

ACIDE VANADIQUE (VO 6 )

Extraction de l'acide vanadique.

L’acide vanadique est le plus important des composés du vanadium. C*est lui

qui sert de point de départ pour la préparation de tous les autres composés et, par conséquent, du métal lui-même. Aussi un grand nombre de recherches ont été faites pour retirer ce corps, en quantités notables, de différentes matières. Nous avons vu que le vanadium, quoique très diffusé dans la nature, ne se trouve que dans un petit nombre de substances en quantités notables. Aussi l’extraction, de l’acide vanadique exige-t-elle, le plus souvent, l’emploi de procédés très longs et très minutieux pour qu’on puisse se le procurer en quantités suffisantes, tant pour les besoins de l’industrie que pour les recherches de laboratoire.

Extraction de l’acide vanadique de la vanadinite.

Wœhler (Mineranalyse,Gollingen, 1861, p. 151; édit, française parTroostet Grandeau, 1865, p. 187) extrait l’acide vanadique du vanadate de plomb ou vanadinite par la méthode suivante :

On traite le vanadate de plomb ou vanadinite par l’acide nitrique ; il devient d’abord rouge, puis il se dissout. Si l’on mélange la dissolution avec de l’ammoniaque et ensuite avec un excès de sulfhydrate d’ammoniaque, il se précipite du sulfure de plomb, et on obtient un liquide rouge, qui avec les acides donne un précipité de sulfure de vanadium brun foncé. On grille le précipité à l’air libre, puis on le transforme en vanadate de potasse en le fondant avec une petite quantité de nilre. On dissout ce sel dans un peu d’eau et on verse dans la dissolution du chlorhydrate d’ammoniaque. (Il vaut mieux, pour ne pas trop étendre les liqueurs et avoir un liquide saturé de chlorhydrate d’ammoniaque, ajouter du chlorhydrate d’ammoniaque en morceaux.)

Ce minerai n’est qu’imparfaitement décomposé par l’acide sulfurique. On peut obtenir une décomposition complète en le fondant avec du bisulfate de potasse. En traitant alors la matière par l’eau, on laisse le sulfate de plomb et l’on dissout l’acide vanadique (ou plutôt le vanadate de potasse produit).

On peut aussi attaquer le minéral par un mélange d’acide chlorhydrique concentré et d’alcool, laver ensuite le précipité de chlorure de plomb avec de l’alcool et chasser par la chaleur l’excès d’acide chlorhydrique de la dissolution bleue de chlorure de tétroxyde de vanadium. Cette dissolution, traitée par un excès de lessive de soude, abandonne le tétroxyde de vanadium, que l’on transforme en acide vanadique, par un courant de chlore.

Jonhston (N. Edimb. J. of Sc., t.V, p. 166, 318) fait dissoudre la vanadinite dans l’acide nitrique, précipite le plomb et l’arsenic par l’hydrogène sulfuré, fait évaporer à siccité la liqueur filtrée. Le résidu sec est mis en digestion et bouilli avec une dissolution saturée de carbonate d’ammoniaque. Il se dépose pendant l’ébullition différentes substances, que l’on enlève par filtration à chaud ; le liquide clair laisse déposer du vanadate d’ammoniaque, qui est purifié par cristallisations successives. Le vanadate d’ammoniaque, calciné à l’air, donne de l’acide vanadique pur.

VANADIUM.

Extraction de l’acide vanadique des scories d'affinage du fer.

Selfstrôm, après avoir découvert le vanadium dans le fer de Taberg, reconnut que les scories d’affinage de la fonte contiennent une proportion plus forte de ce nouveau corps que le fer lui-même ; il s’est servi de ces scories pour en retirer de l'acide vanadique.

Pour cela, les scories qui se forment lorsque la fonte est convertie en fer malléable sont porphyrisées et mêlées avec de l’azotate de potasse et du carbonate de soude dans les proportions de 1 partie de scories pour 1 partie de nitre et 2 de carbonate de soude. Ce mélange est fortement calciné pendant une heure. On pulvérise la masse refroidie, on l’épuise par l’eau bouillante, on filtre la liqueur, on sature l’excès d’alcali par l’acide nitrique et on précipite ensuite la liqueur par du chlorure de baryum ou de l’acétate de plomb.

Le précipité produit est composé de vanadate de plomb ou de baryte, de phosphate de ces bases, de silice, de zircone et d’alumine. Pendant qu’il est encore humide, on le décompose par l’acide sulfurique concentré ; la liqueur se colore tout de suite en rouge foncé ; après avoir fait digérer le mélange pendant une demi-heure, on y ajoute de l’alcool, et on fait digérer à nouveau; il y a formation d’éther (?) et l’acide vanadique est réduit à l’état d’oxyde salifiable, dont la dissolution est bleue. On filtre, on fait évaporer la dissolution bleue, et, lorsqu’elle commence à devenir sirupeuse, on la mêle, dans un creuset de platine, avec un peu d’acide fluorhydriquc, pour expulser la silice, qu’il est presque impossible d’éliminer d’une autre manière; on continue l’évaporation à feu nu, et on finit par chasser l'acide sulfurique à la chaleur rouge. Le résidu est de l’acide vanadique impur.

On fond cet acide impur avec du salpêtre, que l’on ajoute par petites portions à la fois ; l’acide vanadique s’empare de la potasse et chasse l’acide nitrique. On ajoute du nitrate de potasse jusqu’à ce qu’une petite portion de la matière qu’on laisse refroidir ne soit plus rouge. On peut se servir aussi de carbonates alcalins; mais, quand on emploie du nitre, la zircone et l’alumine restent plus complètement insolubles, pendant que se fait la dissolution du vanadate de potasse.

On dissout ensuite la masse dans l’eau, on filtre et on lave iln peu le résidu, qui contient encore du vanadium et ne doit pas être rejeté. Dans le liquide filtré on met un morceau de chlorhydrate d’ammoniaque, assez gros pour qu’il ne soit pas totalement dissous. A mesure que le sol ammoniac se dissout, on voit se produire un précipité blanc, qui est du vanadate d’ammoniaque insoluble dans une dissolution saturée de chlorhydrate d’ammoniaque. Le phosphate d’ammoniaque reste en dissolution; mais, quand le liquide est alcalin, ainsi qu’il arrive quand on se sert de carbonate pour dissoudre l’acide vanadique, il se précipite toujours un sous-phosphate d’ammoniaque, insoluble dans un liquide alcalin.

Le vanadate d’ammoniaque doit être lavé d’abord avec une dissolution de sel ammoniac, et ensuite, pour enlever le chlorhydrate d’ammoniaque, avec de l’alcool à 86 degrés. On le dissout de nouveau dans de l’eau bouillante mêlée avec un peu d’ammoniaque, on filtre, et on laisse cristalliser. C’est de ce sel qu’on retire l’acide ou l’oxyde vanadique, en le chauffant doucement dans des encyclop. cuni. 7

vases ouverts quand on veut avoir l’acide et dans des vases fermés quand on veut avoir l’oxyde (Berzélius).

Norblad (Ups. Univ. Ans., 1873; Bull. Soc. chim., t. XXIII, p. CI) a retiré des quantités notables d’acide vanadiquedes scories d’afiinago du fer de Taberg, source qui avait déjà été exploitée par Selfstrilm. Il altaque les scories, finement pulvérisées, par de l’acide sulfurique concentré. La dissolution ainsi obtenue est neutralisée par du fer, évaporée à siccité, et la masse obtenue reprise par l’eau. Par cristallisation on enlève la majeure partie du sulfate de fer produit; les eaux mères sont évaporées à siccité et le résidu est calciné avec de l’azotate de potasse. L’oxyde de fer devient insoluble et est séparé par l’eau, qui donne une dissolution encore riche en salpêtre, que l’on peut enlever par cristallisations de la liqueur. Les nouvelles eaux mères obtenues sont traitées par un courant d’acide carbonique. Dans cette dernière opération il se précipite une grande quantité de silice.

Pour précipiter le vanadium à l’état de vanadale d’ammoniaque, on met dans la dissolution des fragments de chlorhydrate d’ammoniaque. Le vanadate d’ammoniaque ainsi produit est purifié par une série de cristallisations et de précipitations par le chlorhydrate d’ammoniaque. Ce sel pur est calciné etdonne de l’acide vanadiquc pur.

Bcellger (Journ. für prakt. Chem., t. XC, p. 33) a retiré du vanadium de différents minerais de fer oolilhique et particulièrement du minerai de Bastelzeche en fondant ces matières avec un mélange de carbonate de soude et de salpêtre, reprenant la masse calcinée par l’eau bouillante et traitant la solution tiltrée par l’azotate de baryte. Le précipité de vanadate de baryte est traité par l’acide sulfurique qui maintient le vanadium en dissolution.

Czudnowicz (Ann. de Pogg.,l. CXX,p. 17 ; Bull. Soc. chim., t. II, p. 298) a trouvé 0,1 pour 100 de vanadium dans le minerai de fer de Haverloli. Pour extraire le vanadium de cette substance, il fond ce minerai avec le tiers de son poids d’azotate de soude, épuise par l’eau bouillante, et fait subir au résidu insoluble le même traitement. Les liqueurs filtrées, préalablement neutralisées par l’acide azotique, sont traitées par le chlorure de baryum. La solution obtenue par l’action de l’acide sulfurique sur le vanadate de baryte précipité, est traitée par l’ammoniaque en excès, évaporée à siccité et le résidu sec fortement calciné.

G. Witz et F. Osmond (Compt. rend., t. XCV,p. 42) ont extrait des quantités notables d’acide vanadique des scories d'affinage de la fonte obtenues au Creusot. Ces scories sont obtenues dans les traitements par le procédé Bessmer, modifié par Thomas et Gilchrist, et la fonte traitée est fournie par l’oolithe de Mazenay.

Pour extraire le vanadium de ces scories, on les concasse grossièrement et on les abondonne, en excès, au contact de l’acide chlorhydrique, à la température ordinaire, jusqu’à ce que l’acide soit en grande partie saturé et que la solution marque de 36 à 37 degrés Baumé. La dissolution ainsi obtenue contient le vanadium à l’état de tétroxyde de vanadium ; elle neut être employée telle quelle pour les besoins industriels.

Pour en extraire de l’acide vanadique, on la neutralise et on l’additionne d’un

VANADIUM.

acétate alcalin. Il se forme alors un abondant précipité gris-bleuâtre, qui renferme la majeure partie du vanadium à l’état de phosphate de tétroxyde de vanadium mélangé à d’autres matières.

En recommençant le même traitement sur ce précipité, on peut obtenir un nouveau produit à 20 pour 100 de vanadium (calculé comme métal) si la scorie contenait 1,5 pour 100 de ce métal.

Les scories ordinaires qui n’atteignent pas cette teneur peuvent être traitées de la façon suivante : à la dissolution chlorhydrique on ajoute un excès de scorie en poudre, pour neutraliser l’acide libre ; il se forme un précipité entraînant presque tout le vanadium. Ce précipité est traité comme on a traité primitivement les scories.

Pour retirer le vanadium des précipités plus ou moins complexes obtenus par les méthodes précédentes, on grille ces précipités, après dessiccation ; la poudre, d’abord gris clair, prend une teinte jaune-d’ocre; on la reprend par l’eau ammoniacale, qui donne une solution orangée; on fait bouillir cette solution jusqu’à décoloration, on la filtre et on en précipite le métavanadate d’ammoniaque à la manière ordinaire.

De 14 kilogrammes de scories on a retiré, de cette façon, 250 grammes de métavanadate d’ammoniaque.

Extraction de l’acide vanadique des grès cuprifères du Clieshire.

Roscoe a retiré des quantités considérables d’acide vanadique des résidus provenant de l’exploitation des grès cuprifères situés dans les couches inférieures du trias dans le canton de Cheshire. Dans l’usine où l’on exploitait ces couches, les minerais destinés à être utilisés et contenant du cobalt, du nickel, du cuivre, étaient broyés et traités par l’acide chlorhydrique ; à la dissolution ainsi obtenue on ajoutait de l’hypochlorite de chaux ( bleaching liquor) et un lait de chaux, jusqu’à réaction alcaline; le nickel, le cobalt et une portion du cuivre restaient dans la dissolution, tandis que le plomb, le fer et l’arsenic (ce dernier provenant surtout de l’acide employé), la majeure partie du cuivre et le vanadium étaient précipités. A l’époque où Roscoe a entrepris son travail, les mines d’extraction des minerais étaient abandonnées ; il n’a pu se procurer d’échantillons pour savoir à quel état s’y trouvait le vanadium ; il pense toutefois qu’il devait s’y trouver à l’état de vanadinite.

Les matières ainsi précipitées étaient redissoutes dans les acides, puis traitées par le zinc, pour en précipiter le cuivre; malgré cette opération, les dissolutions restaient colorées en bleu ; Roscoe constata que cette coloration était due à la présence du vanadium, et en précipitant ces liqueurs il obtint un produit contenant 2 pour 100 de vanadium mélangé de plomb, de fer, de chaux, d’arsenic, d’acide phosphorique et d’acide sulfurique.

C’est de ce précipité que Roscoe s’est servi pour retirer l’acide vanadique. Pour cela, environ 150 kilogrammes ( three cwt.) de cette matière furent desséchés et finement pulvérisés avec environ quatre fois leur poids de charbon. Le mélange fut ensuite fortement chauffé dans un fourneau, toutes portes

fermées, pendant plusieurs jours, de façon à chasser presque tout l’arsenic; la masse restante, ne contenant presque plus de charbon, fut ensuite pulvérisée et mélangée avec le quart de son poids de carbonate de soude et grillée dans un fourneau à réverbère ouvert, de façon à transformer tout le vanadium en vanadates solubles. Le produit de cette nouvelle opération, convenablement lessivé, donna un liquide qui, acidulé par l’acide chlorhydrique, fut traité par l’acide sulfureux de façon à ramener l’acide arsénique à l’état d’acide arsénieux, qui était précipité par un courant d’hydrogène sulfuré.

Il est resté, après ce traitement, une solution bleue, qui fut exactement neutralisée par de l’ammoniaque (un excès de ce corps entraînerait la dissolution d’une certaine quantité de vanadium) ; l’oxyde précipité fut lavé sur des toiles, oxydé par l’acide azotique et la liqueur obtenue évaporée à siccité. Il restait ainsi un résidu d’acide vanadique brut.

Ce résidu fut mis en digestion avec du carbonate d’ammoniaque à chaud de façon à précipiter le fer, l’alumine, le sulfate de chaux, etc. ; la liqueur obtenue fut fdtrée et concentrée jusqu’à précipitation du vanadate d’ammoniaque.

Ce sel fut lavé au chlorhydrate d’ammoniaque, destiné à le débarrasser des sels de soude, et soumis à un certain nombre de cristallisations.

Pour retirer de ce sel l’acide vanadique pur, on lui fit subir un premier grillage; l’acide vanadique obtenu, redissous dans de l’ammoniaque, abandonnait encore delà silice, des phosphates, etc.; après quelques cristallisations faites dans des vases de platine, le sel obtenu était très pur et sa calcination donnait de l’acide vanadique très pur également.

Extraction de l’acide vanadique des résidus de la pechblende.

Schafarik a retiré de l’acide vanadique des résidus de l’extraction de l’urane à Joachimslhal (Bohème). Wœhler avait fait voir que la pechblende contient des quantités assez notables d’acide vanadique ; aussi dans les usines où l’on extrait l’urane, précipite-t-on l’acide vanadique à l’état de tannate d’acide vanadique, qui se trouve mélangé à des tannates terreux, à du molybdène, du tungstène, de l’arsenic et du silicium.

C’est de cette matière que s'estservi Schafarik. Pour cela, la matière desséchée est calcinée avec un mélange de salpêtre et de carbonate de soude ; la masse fondue est reprise par l’eau et la dissolution obtenue est précipitée par le chlorhydrate d’ammoniaque. Il se précipite, outre du vauadale d’ammoniaque, du paratungstate d’ammoniaque, qu’on pourrait enlever par cristallisations successives, mais il vaut mieux employer le procédé suivant pour se débarrasser de l’acide tungstique: on prend de l’acide sulfurique étendu de son volume d’eau et on fait digérer avec ce corps l’acide vanadique impur, pulvérisé, à une température voisine de l’ébullition, aussi longtemps que la liqueur se colore en rouge. L’acide vanadique reste en dissolution et il se forme un précipité contenant de l’acide tungslique et de l’oxyde de tungstène.

Si l’on a employé pour ces opérations des vases métalliques, on peut y continuer l’évaporation et la calcination du produit. II vaut mieux réduire le sulfate

VANADIUM.

d’acide vanadique en sulfate de tétroxyde, par l’addition d’acide oxalique; évaporer la liqueur jusqu’à ce que les vapeurs acides se dégagent ; refroidir la matière, séparer par filtration le sulfate d’oxyde de vanadium, laver ce produit à l’alcool et le calciner. Les eaux de lavage permettent d’avoir encore de l’acide vanadique impur, que l’on retire en ajoutant à la liqueur de l’ammoniaque et chauffant ensuite avec de l’acide azotique.

De Hauer s’est servi des mêmes résidus que Schafarik. Il calcine ces matières pour détruire l’acide tannique, reprend la masse fondue par l’eau; la matière non dissoute est calcinée une deuxième fois, fondue avec du salpêtre et reprise encore par l’eau. Les liqueurs obtenues par ces deux opérations sont précipitées par du chlorhydrate d’ammoniaque ; il se produit du vanadate d’ammoniaque, qui est purifié par cristallisation ou transformé en bivanadate.

Datera ( Journal für prakt. Cli., t. LXIX, p. H8) s’est servi d’un procédé analogue pour retirer le vanadium des résidus du traitement de la pechblende.

Extraction de l’acide vanadique de différentes substances contenant de faibles quantités de ce corps.

H. Sainte-Claire Deville ( Comptes rendus, t. XLIX, p. 210) a extrait de l’acide vanadique de la heauxite. Pour cela il a traité ce minerai par l’acide chlorhydrique destiné à enlever le carbonate de chaux. La matière qui reste après cette opération, est finement pulvérisée et mélangée à la moitié de son poids de soude solide, légèrement humectée d’eau et calcinée dans une bassine de fonte à la température du rouge sombre. Il reprend, par l’eau, la matière calcinée et obtient une dissolution qui, traitée jusqu’à refus par l’hydrogène sulfuré, laisse précipiter de la silice, de l’alumine, etc., et se colore en rouge. Le vanadium existe dans cette liqueur à l’état de sulfovanadate ; on traite cette dissolution soit par de l’acide acétique, soit par de l’acide sulfurique ; il se dépose du sulfure de vanadium, qui, calciné à l’air, fournit de l’acide vanadique. H. Sainte- Claire Deville a retiré par ce procédé de l’acide vanadique de différents minerais, entre autres de la cérite, du rutile, etc.

Beauvallet ( Comptes rendus, t. XLIX, p. 301 ; Bull. Soc. ch., 1859, p. 406) a retiré des quantités notables d’acide vanadique des argiles de Gentilly en faisant bouillir ces argiles (préalablement calcinées) avec du carbonate de soude et de l’eau. La liqueur filtrée renferme de l’alumine, de la silice et presque tout l’acide vanadique contenu dans l’argile. On la traite par l’acide sulfurique, puis par de l’ammoniaque et ensuite par du sulfhydrate d’ammoniaque. La liqueur filtrée traitée par l’acide acétique abandonne du sulfure de vanadium, qui est grillé à l’air pour être transformé en acide vanadique. On peut aussi faire bouillir la dissolution obtenue avec du chlorhydrate d’ammoniaque aussi longtemps qu’il se dégage de l’ammoniaque. Il se forme un précipité de silice et d’alumine, que l’on sépare par filtration; on précipite le vanadium par l’acide tannique et le précipité obtenu est calciné à l’air.

Schafarik et Roscoe se sont encore servis, pour préparer l’acide vanadique pur

de l’oxytrichlorure de vanadium : ce corps, décomposé par l’eau, abandonne, sous forme de poudre, de l’acide vanadique ; cet acide est mis en digestion avec de l’acide sulfurique et débarrassé de la petite quantité de silice qu’il peut contenir, par des vapeurs d’acide fluorhydrique ; la liqueur est ensuite amenée à siccité et l’acide vanadique produit est parfaitement pur.

Outre les procédés d’exlraction que nous avons donnés, il en existe d’autres qui ont été employés par différents chimistes tant pour extraire que pour reconnaître le vanadium contenu dans différentes substances. Ces procédés rentrent dans ceux que nous avons décrits.

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