PROPRIÉTÉS DE L’ACIDE VANADIQUE
1° ACIDE VANADIQUE ANHYDRE
Quand l’acide vanadique est obtenu par la calcination du vanadate d’ammoniaque à une température inférieure à celle de la fusion de l’acide, il est de couleur rouille, et plus le sel d’ammoniac a été finement pulvérisé, plus la couleur de l’acide est pâle. L’acide ainsi obtenu prend par la trituration la couleur de l’hydrate de sesquioxyde de fer, qui se forme à la surface du fer plongé dans l’eau. Il est sans saveur et sans odeur. Il rougit fortement le papier de tournesol humide.
Quand on le chauffe au rouge, il entre en fusion et donne un liquide fortement coloré. On peut le chauffer à toutes les températures sans qu’il perde de l’oxygène, si on le préserve de l’influence de substances combustibles. Il n’est pas volatil. Fondu, il cristallise par le refroidissement et présente alors un phénomène remarquable. Il se solidifie à une température à laquelle il n'est plus umineux au jour; mais, du moment où la solidification commence, un cercle lumineux se répand de la périphérie au centre, et la masse reste rouge-feu aussi longtemps que dure la cristallisation. L’acide se contracte beaucoup en se solidifiant. Il est alors d’un rouge jaunâtre et formé entièrement d’aiguilles cristallines entrelacées. L’acide vanadique fondu est translucide sur les bords, et doué d’une couleur jaunâtre. Lorsqu’il est impur (surtout qnand il contient des traces d’acide phosphorique, d’après Roscoe), ou qu’il retient des oxydes, il ne cristallise pas et reste noirâtre. S’il contient très peu d’oxydes, il a une couleur brun-violacé et cristallise par refroidissement. Il ne conduit pas l’électricité. Il est peu soluble dans l’eau : une partie d’acide vanadique se dissout dans 1000 parties d'eau.
La densité de l’acide vanadique est, d’après Schafarik, de 0,47 à 3,56. Sa chaleur spécifique est de 0,1622.
D’après Nordenskiôld {Ann. de Pogg., t. CXII, p. 100), les cristaux d’acide vanadique fondu sont des aiguilles orthorhombiques présentant les faces g ', li‘, ni, e*. Angles mm — 138° 4'; e'e 1 = 92° 24'.
VANADIUM.
L’électrolyse de l’acide vanadique fondu donne naissance à du tétroxyde de vanadium.
Chauffé avec du charbon, il est transformé en trioxyde de vanadium. Chauffé dans un courant d’hydrogène, il se laisse également réduire, mais pas au delà du trioxyde. Le potassium et le sodium le réduisent, mais la réduction n’est jamais complète : le produit qui reste après l’opération paraît être un mélange des différents oxydes.
L’acide vanadique est facilement réduit à l’état de tétroxyde. L’acide nitrique rouge, l’acide sulfureux, différents acides organiques (acide oxalique, citrique, tartrique, etc.), l’alcool éthylique, l’alcool méthylique, le sucre, etc., opèrent cette réduction, à une chaleur modérée. L’acide chlorhydrique le dissout en prenant une couleur orangée; mais peu après il se dégage du chlore, et le liquide jouit de la propriété de dissoudre l’or et le platine.
L’acide vanadique fondu au chalumeau, sur un morceau de charbon, laisse une masse compacte, couleur de plombagiue, qui est du tétroxyde de vanadium. Avec le sel de phosphore, il donne un verre d’un beau vert, qui paraît brun tant qu’il est chaud. Avec le borax il donne égalemeut un verre vert. Par cette réaction, le vanadium ressemble au chrome ; mais la couleur verte produite par le vanadium peut être changée en jaune dans la flamme d’oxydation : ce qui n’a pas lieu pour le chrome.