PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DU MOLYBDÈNE
Le molybdène pur se présente sous la forme d’une poudre métallique d’un gris cendré, susceptible de poli et qui conduit l’électricité. Il paraît infusible quand il est pur. Les échantillons qu’on a obtenus fondus contiennent, d’après IL Debray, des matières étrangères. Il a vainement essayé de fondre du molybdène réduit par l’hydrogène, dans un creuset de charbon de cornue entouré d’une enveloppe épaisse en chaux vive, dans un fourneau où l’on brûlait des escarbilles au moyen d’un courant d’air forcé. Dans un pareil foyer de chaleur, on peut fondre le platine et le quartz, comme l’a fait voir H. Sainte-Claire- Deville, et cependant les particules du métal n’y subissent aucun rapprochement. H. Debray n’a réussi à fondre le molybdène qu’en chauffant le creuset de charbon enveloppé de chaux vive pour empêcher l’oxydation, dans la flamme du chalumeau oxhydrique. On obtient ainsi une température supérieure à celle de
la fusion du platine et capable de fondre le rhodium et l’iridium, mais non l’osmium.
Celte opération donne un corps blanc, dont l’éclat se rapproche de celui de l’argent. Il raye le verre et la topaze avec facilité; il ne peut être poli par l’acier ou par la poudre de bore; un frottement prolongé ne fait que l’égrener. Sa densité est de 8,G. Mais ce n’est pas du molybdène pur ; il contient de4 à 5 pour 100 de charbon. On doit donc considérer jusqu’ici le molybdène pur comme infusible.
La densité des différents échantillons de molybdène qu’on a examinés varie de
7,5 (Hjelm) à 8,0 (H. Debray). La chaleur spécifique de ce corps est de 0,07218 d’après Régnault, de 0,0659 d’après Dulong et Petit.
Le molybdène (Verdet, Ann. de Phys, et de Chim., 3 e série, t. CLII, p. 102) est magnétique.
Voici, d'après Thalen, le spectre fourni paf le molybdène (Ann. de Phys, et de Chim., 4 e série, t. XVIII, p. 242) :
fueur d'onde. Intensité.
luleur des rayons.
Orangé.
Jaune.
Vert.
Dieu.j
Indigo.
ÉQUIVALENT DU MOLYBDÈNE
Les premières recherches faites sur l’équivalent du molybdène, en appliquant des méthodes peu sûres, avaient conduit Beazélius, Svanberg et Struve, Berlin, à admettre pour équivalent du molybdène le nombre -16, voisin des
F. PARMENTIER. — MOLYBDÈNE.
nombres fournis par leurs analyses. Ce nombre est trop faible ; cependant c’est celui qui a été adopté jusqu’à ces dernières années, en Allemagne, dans les recherches sur le molybdène.
Dumas le premier est arrivé au nombre 48, nombre que les recherches postérieures sont venues confirmer (Annales de Phys, et de Chim., 3“ série, t. LV, p. 142). Dumas a déterminé l’équivalent du molybdène en réduisant l’acide molybdique par l’hydrogène, à haute température. La moyenne des résultats fournis par cinq expériences faites sur des échantillons bien blancs, est exactement 48 de molybdène par 24 d’oxvgène.
H. Debray, par la même méthode, mais en s’entourant de toutes les précautions qui sont signalées dans la préparation du molybdène pur (la faible quantité de matière entraînée pendant le commencement de la réduction était recueillie, traitée par l’acide azotique et l’ammoniaque, calcinée et remise avec le reste du produit), est arrivé, comme moyenne, au nombre 47,97. — Rammelsberg, après avoir d’abord proposé un nombre différent de 48, a repris (Deut. Chem. Gesselsch., t. IX, p. 1776) ses expériences et conclu au même nombre; il trouve comme moyenne la valeur 48,09. Enfin Meyer (An», der Pharm., t. CLXIX, p. 360), en se servant des analyses de Liechti et Kempe, faites sur différents chlorures de molybdène, est arrivé au même résultat.