ACIDE MÉTAVANADIQUE (VO B ,HO
Cet acide s’obtient à l’état amorphe, quand on laisse l’hydrate précédent dans
une atmosphère sèche. Gerland (Chem. News., t. XXVII, p. 92 ; Bull, de la Soc. chim., t. XIX, p. 501) l’a préparé en paillettes, brillantes, d’un jaune d’or ou d’un jaune-orange, au moyen du vanadate de cuivre obtenu par l’action du vanadate d’ammoniaque sur le sulfate de cuivre. Quand on fait bouillir ce sel en présence d’acide sulfureux, il se forme bientôt des cristaux jaunes, brillants, d’apparence homogène, mais renfermant, outre de l’acide vanadique, du cuivre et de l’acide sulfureux. Traités de nouveau, à l’ébullition, par une dissolution d’acide sulfureux pur, ils se transforment en un mélange de cristaux bruns et de cristaux jaune-orangé; les cristaux bruns sont dissous par l’acide sulfureux ; les cristaux jaunes demeurent inattaqués. Ils constituent l’acide métavanadique, qui ne varie pas de poids même à 130 degrés et qui, au rouge sombre, perd son eau et laisse l’acide vanadique anhydre. L’acide sulfureux et l’ammoniaque ne l’attaquent que difficilement. Le carbonate de soude ne le dissout qu’après une ébullition prolongée.
Quand on précipite le sulfate de cuivre par le métavanadate d’ammoniaque, la liqueur, filtrée et évaporée, donne le même hydrate, mais aussi du cuivre que l’on peut enlever par l’acide sulfureux.
Gerland ( Deut. Ges. Ber., t. IX, p. 872) a encore obtenu ce corps en précipitant du sulfate de cuivre contenant un excès de chlorhydrate d’ammoniaque par du vanadate d’ammoniaque jusqu’à ce que le précipité formé restât persistant. On chauffe alors, pendant quelques heures, à la température de 75 degrés. Il se dépose des paillettes jaune d’or, dont l’éclat et la couleur varient avec la quantité de vanadate de cuivre qui s’est déposé en même temps que l’acide. On peut le purifier par l’acide sulfurique et par l’acide sulfureux.
La dialyse et l’évaporation des dissolutions d’acide vanadique dans l’eau fourniraient, d’après Gerland, un corps semblable, mais amorphe.
D’après Guyard (Bull. Soc. chim., t. XXV, p. 356), les matières précédentes, employées dans les arts à la place d’or en coquille, sous le nom de bronze de vanadium, ne sont autre chose qu’un vanadate d’ammoniaque. Gerland avait déjà trouvé de l’ammoniaque dans ce corps, mais en petites quantités. Il ressemble du reste au trivanadate d’ammoniaque décrit par Norblad. Calciné en vase clos, il ne donne pas de l’acide vanadique, mais une matière noire infusible (probablement un mélange d’oxydes et d’azotures).
Guyard décrit sous le nom d’acide métavanadique une poudre veloutée, de couleur brun-rouge, obtenue en chauffant à 80 degrés un vanadate alcalin avec de l’acide azotique.