PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DES VANADATES
ORTHOVANADATES
Chauffé avec les carbonates alcalins, l’acide vanadique peut expulser, à des températures élevées, 3 équivalents d’acide carbonique pour 1 équivalent d’acide vanadique, comme l’acide phosphorique. On obtient ainsi des sels qu’on a appelés orthovanadates. Ces sels ne présentent aucune stabilité. Us se décomposent spontanément quand on les laisse en présence de l’eau ou qu’on leur ajoute une trace d’acide. Parmi les orthovanadates stables, le seul qui ait été un peu étudié est l’orlhovanadate de soude :
3Na0,V0 5 ,16H0.
VANADIUM.
Voici les principales réactions auxquelles donnent naissance les orthovanadates :
Ces sels, fraîchement préparés, précipitent les sels de chaux en donnant naissance à un mélange de pyrovanadate de chaux et de chaux.
Les sels de thallium sont précipités en jaune clair par les orthovanadates.
Les sels de protoxyde de fer donnent un précipité gris foncé.
Les sels de sesquioxyde de fer fournissent un précipité brun-jaunâtre, gélatineux, soluble dans l’acide chlorhydrique, insoluble dans l’acide acétique.
Les sels d'alumine fournissent un précipité gélatineux jaune clair, soluble dans un excès de réactif; la dissolution obtenue est précipitée par l’ébullition et donne une matière bleue.
Les sels de manganèse donnent un précipité brun-jaunâtre, d’apparence cristalline.
Les sels de zinc précipitent les dissolutions en donnant une matière blanche, gélatineuse.
Les sels de nickel donnent un précipité jaune-serin, cristallin.
Les sels de cobalt donnent un précipité gélatineux, brun-grisâtre.
Les sels de cuivre donnent un précipité vert-pomme.
Les sels d’oxyde de mercure donnent un précipité jaune-orangé.
Les sels de plomb (l’acétate) donnent un précipité blanc d’orthovanadate de plomb.
L’azotate d’argent neutre donne un précipité d’orthovanadate d’argent rougeorangé.
PYROVANADATES
Les différents vanadates contenant 2 équivalents de base et appelés pyrovanadates, sont également peu stables. Ainsi le pyrovanadate de soude:
2NaO,VO s ,18HO,
est décomposé par l’acide carbonique en métavanadate et en carbonate de soude. Les réactions de ces sels sont à peu près celles des orthovanadates, seulement les sels de baryte et les sels de chaux donnent avec eux des précipités blancs stables. L’acétate de plomb donne avec eux un précipité jaune clair de pyrovanadate de plomb basique; l’azotate d’argent neutre, un pyrovanadate d’argent jaune clair.
MÉTAVANADATES
Les métavanadates sont plus stables que les sels précédents. Le rapport de l’oxygène de l’acide à celui de la base est, pour ces sels, de 5 à 1. Les métavanadates alcalins s’obtiennent par la dissolution, dans les alcalis, de l’acide vanadique ou par l’action de l’acide carbonique sur les pyrovauadates. Leurs
ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE, dissolutions aqueuses saturées peuvent être réduites au cinquième ou au dixième du volume primitif, sans qu’il s’en précipite rien. Le chlorhydrate d’ammoniaque en morceaux précipite de ces dissolutions du métavanadate d’ammoniaque. Les sels alcalins sont très solubles. Le sel de magnésie est aussi fort soluble, celui de chaux un peu moins, celui de slrontiane moins encore, et celui de baryte très peu. Les métavanadates métalliques ont été peu étudiés.
Les réactions des métavanadates sont à peu près celles des orthovanadates, sauf que les sels de cuivre fournissent avec eux un précipité jaune clair, pulvérulent et cristallin.
BIVANADATES
Les bivanadates alcalins s’obtiennent en ajoutant de l’acide acétique aux dissolutions des métavanadates jusqu’à ce que le précipité formé ne se redissolve plus, laissant évaporer les dissolutions à la température ordinaire ou les évaporant à une température qui ne soit pas trop élevée. Ils sont de couleur orangée ou jaune, solubles dans l’eau, qu’ils colorent beaucoup. Pour redissoudre ces corps, il faut plus d’eau que celle que renfermait leur dissolution, avant leur séparation. Les sels mélalliques obtenus par double décomposition avec ces corps sont en général solubles. Quand on fait bouillir les dissolution des bivanadates avec de l’acide oxalique, il se forme des dissolutions bleues, mais l’ammoniaque ne précipite pas de ces liqueurs tout le vanadium. Ces dissolutions bouillies avec de l’acide azotique, même en excès, se colorent en vert.
TMVANADATES
Ces sels sont peu connus.
Propriétés communes aux vanadales.
Les vanadates, en général, sont peu solubles dans l’alcool. Avec les dissolutions de noix de galle ils donnent au bout de quelque temps une liqueur noire comme de l’encre. En présence des sels d’aniline ils sont ramenés à l’état de sels de tétroxyde, et il y a formation de noir d’aniline. Quand on ajoute du chlorate de potasse au mélange précédent, on peut transformer des quantités considérables de chlorhydrate d’aniline en noir d’aniline. Le chlorate de potasse semble ramener constamment le sel de tétroxyde de vanadium en sel de pentoxyde ou d’acide vanadique, qui semble agir comme oxydant. Cette propriété est utilisée en teinture.
vanadium.
VANADATES DE POTASSE
ORTHOVANADATE DE POTASSE
Norblad a cherché à démontrer l’existence de ce sel en déterminant la quantité d’acide carbonique expulsée pendant la fusion d’un mélange de carbonate de potasse sec et d’acide vanadique anhydre. Mais les résultats auxquels il est arrivé sont peu concluants.
PYROVANADATE DE POTASSE (2 K0,V0 5 ,3H0)
Norblad a obtenu ce sel en faisant bouillir une dissolution de métavanadale de potasse avec de la potasse caustique jusqu’à ce que ce liquide eût été amené à consistance sirupeuse. Quand ou laisse cette dissolution en présence de l’acide sulfurique, il se forme des cristaux monocliniques ayant de 3 à 6 millimètres de long, très durs, et s’attachant fortement aux vases dans lesquels s’est produite la cristallisation. Ce sel est déliquescent. Il perd un équivalent d’eau en présence de l’acide sulfurique, un deuxième à 100 degrés et le dernier à la température de 350 degrés seulement. Le sel fondu donne une masse blanche, d’aspect nacré, très soluble dans l’eau. Ce sel est insoluble dans l’alcool.
Norblad.
Analyse. Calculé. Trouvé.
MÉTAVANADATES DE POTASSE 1° MÉTAVANADATE ANHYDRE (K0,V0 5 )
Berzéliu. r. obtenu ce sel en dissolvant l’acide vanadique dans la potasse caustique. La dissolution incolore donne, par évaporation spontanée, une masse sirupeuse, qui bientôt se prend en une masse saline et qui finit par devenir opaque et d’un blanc terne. Ce sel se dissout lentement dans l’eau froide, de sorte qu’on peut le laver à l’eau, pour le débarrasser de l’excès de potasse; après lavage i a l’aspect d’une terre blanche. i
Norblad, pour préparer ce sel, fait dissoudre l’acide vanadique dans une dissolution chaude et concentrée de potasse caustique, filtre la liqueur obtenue, s’il est nécessaire, pour la débarrasser des oxydes qu’elle peut contenir et y ajoute de l’acide acétique étendu. 11 se forme un précipité orangé, qui se redis*
sout par l’agitation. On continue à ajouter de l’acide acétique jusqu’à ce que la dissolution devienne rouge-orangé. On fait ensuite bouillir la liqueur jusqu’à ce qu’elle soit décolorée ; on rajoute de l’acide acétique jusqu’au moment où la coloration orangée apparaît de nouveau. Ces opérations sont répétées de façon que la liqueur garde, après un certain temps d'ébullition, une coloration jaune. On fait alors évaporer doucement la dissolution. Il se produit des cristaux, les uns incolores, les autres légèrement teintés de rouge, dont les faces sont gauches et, en général, peu nettes. Ils ressemblent aux cristaux du sel correspondant d’ammoniaque. Ces cristaux, par cristallisations successives, peuvent être obtenus incolores. A 100 degrés ils sont colorés, même sous l’eau mère; à une température supérieure, ils deviennent de couleur rouge brique.
Le métavanadate anhydre de potasse est facilement fusible en un liquide jaune, transparent, qui par le refoidissement devient blanc et prend l’aspect de la stéarine. Il est insoluble dans l’alcool.