‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 8e cahierChapitre 52 sur 94 · AO · texte numérisé non relu

AO

DE VANADIUM (VO ! Br 3 )

Il se décompose lentement, à toutes les températures, en brome et en oxybibromure V0 2 Br 2 . Il est facilement décomposé par l’hydrogène.

Exposé à l’air, il donne des fumées épaisses ; versé dans l’eau, il s’y dissout facilement et donne une liqueur jaune contenant un sel vanadique.

Analyse. Calculé

Br. 78,10

Outre les oxybromures étudiés et analysés par Roscoe, il semble encore en exister d’autres. Ainsi Schafarik, en faisant passer un courant de vapeurs de brome sur un mélange d'acide vanadique finement pulvérisé et de suie, mélange préalablement chauffé dans un courant d’hydrogène, puis d’acide carbonique, a obtenu un corps qu’il décrit sous le nom de bromure de vanadium. Le corps ainsi produit se présente sous la forme d’un sublimé cristallin brun foncé, très déliquescent et qui, d’après les analyses de Schafarik, semble correspondre à la formule V0 3 Br 2 .

Par l’action du brome sur la matière obtenue par la réduction de l’acide vana> dique par le sodium, Schafarik a également obtenu une substance bromée. Elle s’est présentée sous l’aspect d’aiguilles cristallines très belles, très longues,

presque opaques, brun-verdâtre par transparence, d’un éclat métallique bleuadamantin par réflexion.

IODURES DE VANADIUM

Roscoe n’a pu obtenir de composés de l’iode et du vanadium. En faisant passer des vapeurs d’iode soit sur l’azoture, soit sur le trioxyde de vanadium, il n’a pu constater d’effets chimiques, à n’importe quelle température.

SULFURES DE VANADIUM

L’étude des sulfures de vanadium n’a pas été reprise depuis Berzélius. Aussi existe-t-il quelque incertitude sur ces combinaisons, qui sont probablement plutôt des oxysulfures proprement dits. Voici ce que dit à ce sujet Berzélius ;

L’affinité du vanadium pour le soufre ne se manifeste que faiblement à des températures peu élevées; on peut mêler ce corps (trioxyde ou azoture) avec du soufre et distiller le mélange sans qu’il y ait combinaison ; et, même lorsqu’on le chauffe au rouge dans une atmosphère de soufre, il n’y a pas de sulfuration Cependant il y a plusieurs moyens d’obtenir des sulfures de vanadium. Jusqu’à présent on n’en a pu produire que deux, proportionnels à l’oxyde (tétroxyde) et à l’acide vanadique.

bisulfure DE vanadium f(VS s ) ou probablement (VO s S î )]

On l’obtient par la voie sèche en exposant du sous-oxyde de vanadium (trioxyde) dans un courant d’hydrogène sulfuré à la température du rouge. Il se dégage de l’eau, du gaz hydrogène et même du soufre, et il se forme du sulfure. Il est noir; il devient compact par la pression ; il est brillant, mais ne prend pas l’éclat métallique. Chauffé sur une lame de platine, il brûle avec une flamme bleue, en laissant sur le platine une pellicule circulaire, translucide, bleue à la circonférence, et pourpre plus près du sulfure. L’eau n’enlève pas cette pellicule, mais celle-ci disparait à une chaleur rouge, en laissant des gouttelettes microscopiques d’acide vanadique. Sous cette forme, le sulfure est entièrement insoluble, tant dansles acides sulfurique et chlorhydrique que dans les alcalis caustiques. L’acide nitrique le convertit en sulfate de tétroxyde de vanadium.

Les sels à base de tétroxyde de vanadium ne sont point décomposés par l’hydrogène sulfuré ; mais l’hydrate et les sels de tétroxyde de vanadium sont convertis parles sulfhydates en sulfosels, qui se dissolvent dans l’eau; la dissolution a une couleur pourpre aussi riche que celle des permanganates. Les acides versés dans ces dissolutions y déterminent un précipité brun, qui se rassemble bientôt et devient noir : c’est le bisulfure (oxysulfure?) de vanadium. Il peut être lavé et séché sans subir d’altération; il $e dissout avec une couleur pourpre

VANADIUM.

dans les hydrates, ainsi que dans les sulfobasesetdans les sul.'hydrates alcalins. Les carbonates alcalins le dissolvent également à l’aide de l’ébullition, mais la couleur de cette solution est jaune-brunâtre. Les acides sulfurique et chlorhydrique ne le décomposent point, quoiqu’il arrive presque toujours que le liquide d’où il a été précipité conserve une teinte bleuâtre, par suite de la décomposition d’une petite quantité de sulfure à l’état naissant.

Analyse. Bcrzi : lius.

trisulfure de vanadium [(VS 3 ) ou probablement (VO*S*)]

L’affinité du soufre pour le vanadium est tellement faible, que, lorsqu’on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré dans une dissolution aqueuse d’acide vanadique, on n’obtient pour précipité que l’oxyde vanadique (tétroxyde de vanadium), intimement mêlé avec du soufre, auxquels les acides enlèvent l’oxyde de vanadium sans toucher au soufre. Pour obtenir ce sulfure, il faut dissoudre l’acide vanadique dans un sulfure alcalin, ou décomposer la solution d’un vanadale alcalin neutre par l’hydrogène sulfuré, et précipiter ensuite le sulfure par l’acide sulfurique ou par l’acide chlorhydrique. La couleur du précipité est brune, mais bien moins foncée que celle du sulfure précédent; et ce qu’il y a de particulier dans cette circonstance, c’est qu’il se décompose, lors de l’addition de l’acide, une quantité de sulfure vanadique à l’état naissant, bien plus grande qu’il ne se décompose de sulfure précédent, dans les mêmes circonstances. Le trisulfure de vanadium peut être desséché et conservé sans subir d’altération. Il parait noir, mais sa poudre est brune. A une température élevée, il abandonne du soufre et laisse du bisulfure. Il se dissout dans les mêmes milieux que ce dernier; ses dissolutions ont une couleur foncée semblable à celle de la bière brune. L’acide sulfurique ne le décompose pas.

Analyse. Berzélius.

SULFOSELS DU BISULFURE DE VANADIUM [V0 2 S 2 (?)]

Les combinaisons du bisulfure de vanadium avec les sulfosels sont noires, à l’état solide. Ceux des alcalis sont solubles dans l’eau, et la dissolution qu’ils donnent se fait remarquer par une couleur pourpre magnifique, qui rivalise en beauté et en richesse avec celle des dissolutions de permanganates. Une légère proportion d’oxydes métalliques étrangers détruit la beauté de la couleur. Le meilleur moyen de préparer cette dissolution rouge, consiste à faire passer un courant d'hydrogène sulfuré dans une dissolution d’hypovanadate de potasse.

Les acides en précipitent du sulfure noir, qui ne tarde pas à se rassembler, et se dépose difficilement.

SULFOSELS DE TRJSULFURE DE VANADIUM [V0 ! S 3 (?)]

Les sels à base alcaline sont très solubles dans l’eau ; ceux des bases alcalinoterreuses sont peu solubles et les autres sont insolubles. A l’état solide ils sont d’un brun foncé, presque noir. Leur dissolution dans l'eau a une couleur brune, semblable à celle de la bière. Cette dissolution est précipitée par l’alcool; le précipité, qui n’a rien de cristallin, est rouge foncé. Les acides précipitent les sulfovanadates avec production d’une liqueur couleur brun foncé.

PIIOSPHURE DE VANADIUM

Le vanadium (oxyde ou azolure), chauffé au rouge dans une atmosphère de phosphore en vapeur, ne se combine pas avec le phosphore ; mais, lorsqu’on chauffe le phosphate de vanadium dans un creuset de charbon au rouge-blanc, il se forme une masse poreuse, grise, non fondue, qui se laisse comprimer et prend alors la couleur et le brillant du graphite (Berzélius).

AZOTURES DE VANADIUM

PROTOAZOTURE DE VANADIUM (VAz)

Le procédé décrit par Berzélius, pour avoir le vanadium métallique, et qui consiste â chauffer l’oxylrichlorure de vanadium (VO s Cl 3 ) dans une atmosphère d’ammoniaque, donne des azotures de vanadium.

Pour avoir le protoazoture.on fait passer du gaz ammoniac sec sur le trioxychloruro de vanadium (VO s Cl 3 ) jusqu’à ce qu’en chauffant la matière il ne se dégage plus de fumées de chlorhydrate d’ammoniaque. La poudre noire ainsi produite et qui est du biazoture de vanadium est mise dans une nacelle de platine, qui est introduite dans un tube de porcelaine. On chauffe ce tube, à travers lequel passe du gaz ammoniac sec ou un mélange des principes constituants de ce gaz, pendant quelques heures, au rouge, et l’on obtient une poudre gris-brunâtre, inaltérable à l’air, à la température ordinaire. Chauffé à l’air, ce corps s’oxyde lentement eu donnant successivement les divers produits d’oxydation du vanadium; traité par la chaux sodée, à température élevée, il fournit de l’ammoniaque.

Le corps obtenu par ce procédé a été analysé en calcinant une portion à l’air et le transformant en acide vanadique; une autre portion, chauffée avec de l’oxyde de mercure et de l’oxyde de cuivre dans un tube dont l’extrémité était garnie de cuivre métallique, permettait de doser l’azole.

VANADIUM.

Analyse. Calcula. Trouva.

Az. 21,4 » 2),3 20,0

Le protoazoture de vanadium est le corps par lequel Roscoe a dû passer pour avoir le mêlai et les composés du métal ne contenant pas d’oxygène. Il fallait c i avoir des quantités assez notables. Le procédé précédemment décrit est d’ui ( application assez délicate : il est en effet assez difficile de modérer l’action violente qui se produit, au commencement de l’opération, quand on fait arriver 1.» gaz ammoniac sur le trioxychlorure de vanadium, et il se produit des perte; notables de matière.

Roscoe, en cherchant un procédé plus facile et plus économique pour préparer ce corps, a trouvé que le résidu noir, que laisse le métavanadate d’ammoniaque calciné à l’abri de l’air, peut donner du protoazoture de vanadium absolument pur, quand on le chauffe pendant un temps suffisant, dans un courant de gaz ammoniac sec.

Pour faire cette opération, Roscoe introduit le métavanadate d’ammoniaque placé dans une nacelle de platine, dans un tube de porcelaine. Ce tube, traversé par un courant de gaz ammoniac sec, est chauffé au rouge pendant trois jours.

Enfin un procédé facile pour obtenir l’azoture de vanadium consiste à chauffer le trioxyde de vanadium dans un courant de gaz ammoniac sec. Il ne reste plus d’oxygène dans le produit ainsi préparé.

BIAZOTURE DE VANADIUM (VAz 8 )

Ce corps s’obtient sons forme d’une poudre noire en faisant passer du gaz ammoniac sec sur le composé VCPCP chauffé dans un tube de verre jusqu’à ce que les fumées de chlorhydrate d’ammoniaque cessent de se dégager; cette poudre est lavée avec de l’eau ammoniacale et desséchée dans le vide sur l’acide sulfurique.

Ce corps avait été obtenu par Uhrlaub (Ann. Pogg., t. GIII, p. 134), qui l’avait analysé ; mais en adoptant comme équivalent du vanadium le nombre donné par Berzélius, il n’avait pu donner une formule simple au corps qu’il avait obtenu. Les analyses de Uhrlaub et celles qu’a faites Roscoe montrent que la composition de ce corps peut être représentée par VAz 8 .

Celte formule exigerait 64,6 pour 100 de vanadium métallique; l’analyse fournit environ 64,1 de métal.

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