‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 8e cahierChapitre 57 sur 94 · TITANE MÉTALLIQUE · texte numérisé non relu

TITANE MÉTALLIQUE

Le titane métallique a été confondu, jusqu’au moment des recherches de Woehlcr en 1849-1850, avec des azotures ou avec des azotocarbures de titane.

TITANE

Le lilane, en effet, plus qu'aucun autre corps (vanadium, bore, etc.), jouit île la propriété île se combiner avec l’azote en dégageant de la chaleur. Chaque fois que les combinaisons de ce corps sont soumises à un traitement tel qu’il puisse se produire du titane libre, mais qu’en même temps on se trouve en présence de combinaisons azotées ou même de l’azote libre, il y a combinaison du titane avec l’azote. C’est là un trait caractéristique du titane. La facilité de combinaison du titane avec l’azote a été mise bien en évidence par les travaux de Woehlcr et Deville. Cependant le titane avait été isolé probablement à l’état presque pur par Bcrzelius, qui n’a attaché aucune importance à sa découverte, et a confondu avec le titane pur les combinaisons de ce corps soit avec l’azote, soit avec l’azote et le carbone. Berzelius, en attaquant le fluotitanate de potasse ou le bichlorure de titane par le potassium, et traitant le résidu par l’eau, a obtenu une poudre foncée, devenant rougeâtre par la trituration avec un corps dur, soluble dans l’eau régale et brûlant à l’air avec formation d’acide tita* nique. Ce corps était du titane métallique plus ou moins pur.

Woehler, le premier, a obtenu et surtout reconnu le titane à l’état de liberté. Il l’a préparé par le procédé de Berzelius, mais en opérant autant que possible en l’absence absolue d’azote. Pour cela, il a attaqué le fluotitanate de potasse par le potassium dans un creuset couvert et placé sur une lampe à alcool. La décomposition est accompagnée de chaleur et de lumière. La masse refroidie est ensuite délayée dans beaucoup d’eau ; les parties grises, qui contiennent de l’acide titanique, sont enlevées par décantation. La partie lourde est débarrassée, par des lavages à l’eau, du sel non décomposé puis séchée. Cependant, d’après Woehler et Deville, le produit obtenu ainsi contient encore des azotures. Ces savants ont obtenu le titane pur en plaçant dans un tube traversé par un courant d’hydrogène, des nacelles contenant du sodium et du fluotilauate de potasse. Le tube est chauffé dans un courant d’hydrogène sec et privé d’air jusqu’à ce que la réaction soit terminée. Après le refroidissement, on traite la masse par l’eau bouillante.

Le titane ainsi préparé constitue une poudre grise, amorphe, analogue au fer réduit par l’hydrogène, à une basse température. Vu sous un grossissement de cent fois, il se présente en masses frittées possédant la couleur du fer et douées de l’éclat métallique. Il ne possède pas la teinte cuivrée et ne l’acquiert pas par le frottement. Chauffé à l’air, il brûle avec une vive scintillation. Projeté dans une flamme, il brûle même avant d’en avoir éprouvé le contact et produit l’éclat et la scintillation de l’urane. La parcelle de titane la plus minime produit une brillante étincelle étoilée.

Un mélange de titane et de minium ou d’oxyde de cuivre brûle vivement ; à chaud, il y a un tel phénomène calorifique, que la matière est projetée violemment hors du tube. Quand on chauffe le titane dans l’oxygène, il y a production d’une flamme éblouissante et analogue à l’éclair. L’acide titanique produit dans la combustion du titane dans l’oxygène est cristallin.

La combustion du titane dans le chlore est analogue à celle qui a lieu dans l’oxygène.

Le titane décompose l’eau et la décomposition commence à 100 degrés, avec dégagement d’hvdrogène. L’acide chlorhydrique le dissout avec dégagement d’hy-

ICO ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

drogène et production de protochlorure de titane, d’après Woehler, de sesquichlorure, d’après Glatzel. Cependant Woehler, en précipitant la solution incolore de titane dans l’acide chlorhydrique, a obtenu un précipité noir qui développe de l’hydrogène à chaud en donnant un corps bleu, puis de l’acide titanique. Glalzel n’a eu qu’une liqueur violette, sans doute par suite de l’oxydation de la matière à l’air.

Kern (Chemical News, t. XXXIII, p. 57 ; Bull. Soc. ch., t. XXVI, p. 265) a préparé du titane en dirigeant des vapeurs de chlorure de titane sur du sodium fondu contenu dans une nacelle. Il se forme du titane métallique, que l’on sépare du chlorure de sodium par l’eau. Le métal, lavé à l’éther et desséché sur l’acide sulfurique, ne décompose l’eau qu’à 500 degrés, tandis que les produits obtenus par l’action du sodium ou du potassium sur le fluolitanate de potasse, contenant toujours, d’après cet auteur, des métaux alcalins, décomposent facilement l’eau à 100 degrés.

Le titane, comme corps chimique, est intermédiaire entre les métalloïdes et les métaux proprement dits. Il présente les plus grandes analogies avec le silicium et l’étain. Ces trois corps devraient être classés ensemble. En effet, ils présentent des propriétés analogues, non seulement si l’on considère la difficulté qu’ont ees corps à donner des oxydes facilement salifiables, mais leurs combinaisons hatoïdes offrent les plus grandes ressemblances. De plus, les fluosilicales, les fluostanales et fluotilanates ont même composition, même forme cristalline, ainsi qu’il résulte des recherches de Marignac sur ces différents composés.

Voici le spectre fourni par le titane, d’après les détermination de Rob. Thalen (Ann. Phys, et Chim., 3 e série, t. XVIII, p. 239) :

Couleur des rayons.

Longueur d'onde. Intensité.

Rouge

Orangé./ 6064,5 2

TITANE

Couleur des rayons.

Longueur d'onde. Intensité.

Jaune. . . /

Verl

ËNCYCLOPÉblE CHÎMÎQÜË.

Couleur des rayons. Longueur d’onde. Intensité.

Vert (suite) .< 5035,6 1

TITANE

Couleur des rayons. Longueur d’onde. Intcnsitd.

Indigo

Rob. Thalen, de la comparaison du spectre du titane avec le spectre du soleil, a déduit l’existence de ce corps dans la matière solaire.

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