ÉQUIVALENT DU TITANE
La détermination de l’équivalent du titane a été l’objet de nombreux travaux. En 1823, H. Rose ( Gilbert'» Annalen, t. LXXIII, p. 155) a essayé de tirer la connaissance de l’équivalent du titane de l’analyse du sulfure. Mais il reconnut bientôt que le produit sur lequel il avait opéré était impur et contenait une notable quantité d’acide titanique.
En 1829, le même auteur (Ann. de Pogg., t. XV, p. 145) trouva, en dosant à l’état de chlorure d’argent, le chlore cohtenu dans le bichlorure TiCl*, le nombre 24,38 pour équivalent du titane, ou 48,75'pour son poids atomique.
Dumas (Ann. de chim. et de phys., t. XL1V, p. 288), en déduisant l’équivalent du titane de la densité du tétrachlorure, a assigné à cette quantité la valeur 28,4.
Demoly (Comptes rendus, 1849, p. 320; Ann. Chim. Pharm., t. LXX1I, p. 213), par l’analyse du bichlorure de titane, a conclu au nombre de 28.
Tl I ANE.
Isidore Pierre {Ann. de phys. et de chim., 3* série, t. XX, p. 257) a repris la question. Il s’est servi, comme ses prédécesseurs, du bichlorure de titane. Il a dosé le chlore contenu dans ce composé, par le précédé si élégant de Gay- Lussac, c’est-à-dire en déterminant le poids d’argent, à l'état d'azotate, nécessaire pour précipiter le chlore contenu dans un certain poids de bichlorure. Pour cela, il décomposait le bichlorure de titane par l’eau, éliminait, de la liqueur ainsi obtenue, le titane par l’ammoniaque à l’état d’acide titanique, chassait le léger excès d'ammoniaque en chauffant la liqueur débarrassée du titane, puis ajoutait des poids connus d’argent à l’état d’azotate d’argent jusqu’à ce qu’il ne se produisît plus de louche dans la liqueur. Isidore Pierre pensait que les différences qui existent entre ses analyses et celles de H. Rose, doivent être attribuées à ce fait que ce dernier savant, opérant en présence de l’air humide, avait un produit partiellement décomposé par la vapeur d’eau de l’atmosphère.
Voici le résultat des analyses d’Isidore Pierre.
Bf-
Chlorure de titane employé... 0,8215
Argent. 1,84553
d’où :
Cl. 0,60623
Ti (par différence). 0,21727
Chlorure employé. 0,774
Argent. 1,73909
d’où :
Cl. 0,57136
Ti (par différence). .... 0,20264
Chlorure employé. 0,7775
Argent. 1,74613
d’où :
Cl. 0,57367
Ti (par différence). 0,20383
La moyenne des nombres ainsi obtenus a conduit Isidore Pierre à admetlie pour équivalent du titane le nombre 25,18, ce qui donne pour son poids atomique la valeur 50,30. Ce nombre a été adopté jusqu’ici par la plupart des chimistes. j
Thorpe (Journal of the chemic. Societ., février et mars 1885) a fait de nou velles recherches pour déterminer l’équivalent du titane. Par des analyses nombreuses sur des produits préparés avec grand soin, il est arrivé à un nombre inférieur à celui trouvé par Isidore Pierre. Il pense que les résultats des analyses d’Isidore Pierre sont trop fortes, parce que ce savant, en éliminant le
titane par l’ammoniaque, ne décomposait pas complètement le bichlorure, qu’il se produit dans ces conditions des oxychlorures peu solubles et que, par conséquent, il y a entrainement de chlore avec le titane. Sans vouloir entrer dans tout le détail du mémoire publié par Thorpe, nous dirons qu’après avoir essayé de différents procédés pour déterminer l’équivalent du titane, il s^est arrêté aux méthodes déjà employées, c’est-à-dire à l’analyse précise du bichlorure et du bibromure de titane. Il a remarqué que le bichlorure de titane, traité par l’eau, donne une solution trouble ; mais qu’au bout d’un certain temps, celte solution s’éclaircit par suite d’une modification de l’acide titanique tenu en suspension dans la liqueur. Il a reconnu que le dosage du chlore dans la liqueur devenue parfaitement limpide, peut se faire par le procédé de Gay- Lussac, sans qu’on ait besoin d’éliminer préalablement le titane. Le chlorure d’argent précipité n’entralne pas de traces de tilane. Il en est de même pour le bibromure qui, par sa décomposition par l’eau, donne immédiatement un liquide clair et peut être analysé sans qu’on ait besoin d’attendre que la liqueur ait donné de l'acide titanique ou des produits du titane entièrement solubles et non entraînés par l’addition d’azotate d’argent.
Il a dosé le chlore ou le brome par le procédé de Gay-Lussac, modifié par Stas, comme aussi par les pesées du chlorure d’argent ainsi produit; le titane, par les pesées de l’acide titanique. Il a reconnu que dans cette dernière opération il faut avoir soin de décomposer par l’ammoniaque en excès le bichlorure ou le bibromure de titane.
Il a trouvé, par la comparaison des différents résultats obtenus, que l’équivalent du titane est 24,055 et le poids atomique 48,Ot, nombre qui est d’accord avec la valeur qu’assigne Mendelejeff au poids atomique du titane, nombre aussi qui se trouve confirmer la loi de Proust.
On trouvera les résultats des analyses de Thorpe dans l’étude du bichlorure et du bibromure de titane.
Il serait peut-être important, pour être fixé définitivement sur la valeur de l’équivalent du titane, d’essayer des méthodes différentes de celles déjà employées.