‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 8e cahierChapitre 80 sur 94 · COMBINAISON DE CHLORURE DE TITANE ET D’OXVCHLORURE DE SÉLÉNIUM · texte numérisé non relu

COMBINAISON DE CHLORURE DE TITANE ET D’OXVCHLORURE DE SÉLÉNIUM

TiCl 8 ,2 SeOCI.

Quand on fait tomber, comme l’a fait Weber {Berl. Akad. Ber., 1865, p. 154; Jahr. Ber., 1865, p. 144), goutte à goutte de l’oxychlorure de sélénium dans du bichlorure de titane, il y a combinaison des deux corps avec dégagement de chaleur. Il se produit un corps solide jaunâtre. Pour purifier la matière ainsi obtenue, on la met sur des briques sèches au-dessous d’une cloche contenant de l’acide sulfurique et de la chaux vive. La poudre jaune qui reste se décompose, en majeure partie, quand on la chauffe, avec formation d’acide titanique. Ce corps ne répand pas de fumées à l’air, mais il s’y décompose rapidement par suite de l’absorption de vapeur d’eau. L’eau ne dissout pas in-

TITANE

tégralement ce corps; elle laisse un résidu blanc insoluble. L’ammoniaque le détruit avec production de chlorhydrate, de sélénite d’ammoniaque et précipitation d’acide titanique.

Analyse. Calculé. Trouvé.

Ti. 9,53 9,21

Se. 30,26 30,26

Cl. 54,12 52,53

CHLORURE DOUBLE DE TITANE ET DE CYANOGÈNE : 2 TiCl 2 ,CyCl.

Ce composé a été obtenu et étudié par Woehler (Ann. dephys. et dechitn., 3 e série, t. XXIX, p. 182). Ce savant l’avait obtenu en attaquant par le chlore la matière jaune désignée avant lui sous le nom de titane et qui est un azotocyanure de titane.

Cette substance se forme immédiatement et avec dégagement de chaleur, quand on fait arriver du chlorure de cyanogène gazeux dans du bichlorure de titane. Dans très peu de temps ce dernier est transformé en une masse volumineuse jaune et cristalline, que l’on arrive à saturer complètement avec du chlorure de cyanogène, en l’agitant et le faisant chauffer légèrement.

Le cyanochlorure de titane est jaune-citron et très volatil. Il se volatilise déjà à une température inférieure à 100 degrés et se sublime en petits cristaux limpides et jaunes. Leur forme cristalline paraît être celle d’un octaèdre rhomboldal. Exposé à l’air humide, ce composé blanchit et répand des vapeurs épaisses. L’eau le dissout rapidement avec un fort dégagement de chaleur et il se dégage du chlorure de cyanogène gazeux. Il est soluble aussi dans le chlorure de titane chaud, qui l’abandonne en cristaux par le refroidissement.

Ce composé absorbe vivement le gaz ammoniac en dégageant beaucoup de chaleur, et forme ensuite une combinaison d’une couleur orangé foncé qui blanchit à l’air humide et qui se dissout dans l’eau en abandonnant une certaine quantité d’acide titanique.

Analyse d’après Woehler :

TiCl 2 . 75,89

CyCl. »

CYANIIYDRATE DE CHLORURE DE CYANOGÈNE : TiCl 2 ,CyH.

En versant de l’acide cyanhydrique anhydre dans du bichlorure de titane, Woehler (Ann. Phys, et Ch., 3" série, t. XXIX, p. 184) a vu se produire un bouillonnement, et les deux liquides se sont unis pour donner une masse pulvérulente jaune. Quand on opère de cette façon, il faut avoir soin de refroidir

dans de la glace ; mais il vaut mieux saturer le chlorure de titane par de l’acide cyanhydrique gazeux.

Quand la saturation est complète, on sépare l’acide cyanhydrique en excès par la distillation à une température modérée et on fait sublimer la matière en exposant la cornue à une chaleur convenable.

Cette combinaison est très volatile et elle se sublime à une température inférieure à 100 degrés. Sa vapeur se condense en cristaux jaune-citron, limpides, analogues au chlorocyanure de titane. Leur forme est également celle d’un octaèdre rhomboïdal. Quoique cette matière se volatilise sans fondre, pour ainsi dire, ses cristaux ne se réunissent pas moins en une masse cohérente quand la sublimation est rapide, et cette masse se détache ensuite d’elle-même par le refroidissement.

Cette combinaison fumç légèrement à l’air, blanchit en abandonnant de l’acide cyanhydrique et se transforme en une masse visqueuse limpide. La vapeur de ce corps dirigée dans un tube chauffé au rouge produit de l’azoture de titane.

L’eau dissout ce corps avec production de chaleur ; il se dégage de l’acide cyanhydrique.

Analyse. Calculé. Trouvé.

CyH. 22,U »

TiCI. 77,86 78,67

COMBINAISONS DE BIGHLORURE DE TITANE ET D’ACIDE CHLORO-AZOTETJX OU NITROSILE :

1" TiCl 2 ,AzO s CI.

Weber (Ann. dePogg., t. CXVIII, p. 470; Jahr. Ber., 1863, p. 104) a constaté que le chlorure de titane absorbe, comme le fait le chlorure d’étain, les vapeurs d’acide azotique. Il se produit une masse cristalline facilement volatile, de couleur jaune-citron foncé, présentant des irisations très belles. Ce corps, traité par l’eau, est décomposé et il se dégage du bioxyde d’azote.

Analyse. Calculé. Trouvé.

AzO 2 . 18,58 7 T

Cl. 65,94 67,48 66,1

Ti. 15,48 15,4 15,4

2° 3TiGl a ,2AzO a CI.

Hampe (Ann. Pharm., t. CXXVI ; Jahr. Ber., 1803, p. 160) a trouvé que le bichlorure d’étain absorbe très facilement les vapeurs d’acide hypoazotique et qu’il se forme par la réaction des deux corps des cristaux qui se subliment aisément. Ces cristaux appartiennent au système cubique et présentent les

TITANE

faces du cube et de l’octaèdre. Ils ne fument pas à l’air, mais se décomposent rapidement à l’air humide. Le corps qu’a obtenu Hampe est-il identique à celui qu’a décrit Weber? L’auteur lui a trouvé une formule différente d’après les nombres suivants obtenus dans son analyse.

Analyse. Calculé. Trouvé.

AzO 3 . U »

Cl. f>8,2 (57,70

Ti. 17,8 18,21

COMBINAISON nu BICHLORURE DE TITANE ET DE L’HYDROGÈNE PHOSPHORE. — CHLORURE DOUBLE DE TITANE ET DE PHOSPHONIUM, 3TiCl 2 ,PhH‘CI.

11. Rose a trouvé qu’en faisant agir l’hydrogène phosphoré sur le bichlorure de titane, il y a combinaison des deux corps. Quand on fait arriver un courant de phospliure d’hydrogène spontanément ou non spontanément inflammable dans du bichlorure de titane, en l’absence de l’air, il se produit d’abord un corps jaune d’aspect gélatineux, puis, par saturation, une matière solide, brune, répandant à l’air d’épaisses fumées. Celte substance, chauffée à l’abri de l’air, laisse dégager de l’acide chlorhydrique mélangé d’un peu d’hydrogène phosphoré, pendant qu’il se produit une substance jaune volatile, qui n’est autre chose que du chlorure double de titane et de phosphonium et qui se condense sur les parties froides de l’appareil dans lequel on opère, en même temps qu’une faible quantité de phosphore. Il reste, non volatilisée, une certaine quantité d’une substance rouge de cuivre que II. Rose regarde comme du titane.

La substance brune abandonne avec effervescencel’hydrogène phosphoré qu’il contient quand on la met au contact de l’eau, ou de dissolutions d’acide chlorhydrique, d’alcalis ou de carbonates alcalins. La dissolution d’acide chlorhydrique dans l’eau retient l’acide titanique dissout, tandis que les alcalis précipitent cet acide. Ce qu’il y a de curieux, c’est qu’il se produit dans ces décompositions de l’hydrogène non spontanément inflammable, sauf dans le cas où l’on opère avec de l’ammouiaque, et cela que l’on ait employé pour préparer ce corps de l’hydrogène spontanément ou non spontanément inflammable. La décomposition de ce corps par la dissolution d’ammoniaque donne toujours, quel que soit le gaz que l’on ait combiné avec le chorure de titane, un produit spontanément inflammable. Le gaz ammoniac chasse déjà à froid le phospliure d’hydrogène de celte combinaison et la transforme en combinaison ammoniacale correspondante.

Ce corps, entraîné par l’hydrogène phosphoré dans un tube de verre chauffé au rouge donne naissance à une mince couche de titane phosphoré, corps brillant, d’aspect métallique. Ce phospliure, chauffé avec du nitre ou du chlorate de potasse en fusion, brûle avec une flamme éblouissante.

Le corps jaune-citron qui se sublime pendant la distillation du composé brun que nous venons de décrire présente à peu près les mêmes réactions que

ce dernier corps. Il a été analysé par H. Rose, qui lui a trouvé la composition :

3TiCl*,PhH 4 Cl.

H. Kosc.

Analyse. Calculé. Trouvé.

PhH 4 . 9,76 »

Ti. 20,92 20,47

Cl. 69,32 68,38

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