‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 9e cahierChapitre 118 sur 135 · CHROMATE DOUBLE DE POTASSE ET D’AMMONIAQUE · texte numérisé non relu

CHROMATE DOUBLE DE POTASSE ET D’AMMONIAQUE

.M. Etard a obtenu ce composé en mélangeant des solutions chaudes de chromate neutre de potasse et de chlorhydrate d’ammoniaque. Il se forme par refroidissement, quand la liqueur n'a |)a.s encore perdu d’ammoniaque, une abondante cristallisation de longues aiguilles orthorhombiques. Jaunes et brillantes. A la température de loo degrés, ce sel perd de l’eau et de l’ammoniaque; a ;i5o degrés, il devient brun et retient encore des traces d’ammoniaque ; enfin, an rouge, il laisse du chromate neutre et du sesquioxyde de chrome.

Le sel double, obtenu par M. Etard, a pour formule

(>03ArH*0, Cr03K0 + jH().

Ce composé se produit chaque fois que l'on fait réagir l’une sur l’autre des solutions de chromate neutre de potasse et de sulfate ou de chlorhydrate d’ammoniaque. Mais il ne faut pas oublier que c’est un corps instable, se détruisant à l’ébullition, et qu’à la température de loo degrés, le mélange des solutions dont nous venons de parler dégage d’abondantes vapeurs ammoniacales, tandis que la liqueur

S«8 KNCYCLOinClJlK CIIIMIQUK.

devient de plus en plus acide. iMnalement, l'animoniaque étant complètement chassée, il reste du bichromate de potasse et, selon le cas, du sulfate ou du chlorure de potassium fKtard. llcrhvrches sur les rhromales. Vomftes rendus, t. LXXXV, p. /(V']-

CHROMATE DE RUBIDIUM (RbO, CrO^)

l,e chromate neutre de rubidium s’obtient aisément, soit en ajouhant du carbonate de rubidium à une dissolution de bichromate, soit en fondant du nitrate ou.dii carbonate avec l’oxyde de chrome et reprenant par l’eau.

(le sel a une réaction alcaline; sa dissolution est d’un beau jaune, il se comporte en général comme le chromate nentre de potasse avec leciuel il est isomorphe.

Le chromate et le bichromate de rubidium ont été étudiés par M. Grandeau qui a décrit ces composés dans un important mémoire aj’ant pour titre : Sur lu présence du rubidium <l du cæsium dans les eaux naiurclks, les minéraux cl les véyétauæ [Anii. de eh. cl de ph. (ê), t. LXVll, p. aeyj.

BICHROMATE DE RUBIDIUM ^RbO, ■•.GrO’)

Le bichromate de rubidium s’obtient facilement, .soit en sursaturant îi chaud par l’acide chromi(|ue une dissolution de carbonate d’oxyde de rubidium, soit eu fondant le carbonate on le nitrate d(( ce métal avec de l’oxyde de chrome, repi'cnant par l’eau et concentrant la dissolution.

Il forme des cristaux assez volumineux, durs, rappelant tout à fait par l’aspect le bichromate de potasse IL. Grandeau;.

CHROMATE DE LITHINE LiO, t’.rU';

Ge composé, très soluble dans l'eau, cristallise eu prismes obliques de couleur Jaune. Un l’obtient |)ar l’action de l’acide chromique sur le carbonate de lithine.

CHROMATE DE BARYTE (15aO,CrO’)

Ce sel se prépare par double décomposition en mélangeant 'des .'solutions de chromate alcalin et d’un sel de baryte.

Il forme une poudre d’un jaune pille, insoluble dans l’eau et solubleJldans l’acide nitrique et dans l’acide chromique.

Le chromate neutre de baryte a été obtenu cristallisé par M. Bourgeois [Comptes rendus, t. LXXXVIII, p. ,58a| de la façon suivante. On fait un mélange de t>. équivalents de chlorure do baryum, de i équivalent de chromate de potasse et de i équivalent de chromate de soude (le poids total se montant environ à 5oo gramme.s); on maintient le tout en fusion au rouge vif pondant une demi-heure, et après un

.MOISSAX. — I.K ClinOMlv HT SHS COMl'OSfiS. 28!)

rpfroklissempiit lont, on trouve dans la masse des cristaux d’un vort pistache groupés parallèlement et présentant un vif éclat. 11 suffit d’épuiser le tout par l'eau bouillante, qui dissout les chlorures, pour avoir les cristaux débarrassés de leur gangue.

Ces cristaux pulvérisés prennent une teinte jaune verdâtre très pâle, semblable à celle du chromate de baryte précipité et calciné légèrement.

Le chromate de baryte cristallisé a une densité de 4,fio; il se dissout facilement dans les acides chlorhydrique ou nitrique étendus, en fournissant une .solution orangée. En présence de la potasse diluée, il se décompose lentement en chromate ;ilcalin et baryte.

■M. Bourgeois a démontré que ces cristaux appartiennent au système du prisme droit à base rhombe, et que le chromate et le sulfate de l)aryte sont isomorphes.

BICHROMATE DE BARYTE (BaO, !^Cro^!>.HO)

Le bichromate de baryte, renfermant a équivalents d’eau, s’obtient à l’état cristallisé en laissant refroidir une solution bouillante d’acide chromique saturée de chromate neutre [Zettnow* Pof/g- Ann., t. CXLV, p. 167 [.

CHROMATE DE STRONTIANE (StO, CrO'j

l'récipité jaune pâle, solublo dans un excès d’acide chromique, qui se |>répare comme le chromate de baryte.

CHROMATE DE CHAUX (CaO, CrO^;

foudre d'un jaune clair qui se précipite peu à peu lorsqu'on mélange des solutions d'un sel de chaux et de chromate de soude. Elle est soluble dans T>1\ jiarties d’eau.

D’après des recherches inédites de .M. Terreil, quand on siiture une solution d'acide chromique par un excès de chaux, on obtient après filtration un liquide jaune qui reste parfaitement limpide à la température ordinaire et qui, par évaporation dans le vide, fournit de beaux cristaux prismatiques ayant pour formule

CaO, Cr03. aHO.

BICHROMATE DE CHAUX (CaO, aCrO=)

On l’obtient en dissolvant le sel précédent dans l'acide chromique, ou en saturant incomplètement une solution d’acide chromique par du carbonate de chaux. Il cristallise jiar évaporation en paillettes soyeuses d’un jaune brun, assez solubles dans l’eau, et même déliquescentes.

yttd i;n(:y(;lopi'îdie i^iiiMigL'E.

I^orsque la solution rie ce hlchromate est traitée par l’aciric oxalique, une piirlic (le la clianx n’est pas précipitée et reste ù l’état rie combinaison soluble,

CHROMATE DE MAGNÉSIE (MgO, CrO^, 7HO)

l’rismes hexagones, parfaitement transparents, ri’un jaune topaze tirant sur l’orangé lorsque les cristaux sont volumineux, ri’une densité de i.üG, isomorphes avec le sulfate rie magnésie et renfermant comme lui 7 équivalents ri’eau- [les séché dans le vide, il perd ■! équivalents ri’eau et devient pulvérulent,

CHROMATE DOUBLE DE POTASSE ET DE MAGNÉSIE (KO, CrO'*, MgO, CrO», >,110)

tm obtient ce composé, d'après .Vnthon, en saturant le bichromate rie magnésie et évapoi’ant le liquide jusqu’à cristallisation.

Le sel se dépose en tables quarii'angulaires jaunes à arêtes tronquées. Il renfernic !>. équivalents d’eau que l’on i)eut enlever par une élévation de température. Il reste alors une matière de couleur orangée (|ui fond si l’on chanlTe davantage, fournit un liipiich' rouge et reprend par refroidissement une coloration jaune.

CHROMATE DOUBLE D’AMMONIAQUE ET DE MAGNÉSIE (.\zlOO, OrOMMgO, OrO^, GIKI

Cristaux jaunes, isomor|)he.s avec le sulfate doulrie correspondant, cpie l’on obtient (‘Il mélangeant les deux sels et évaporant jusqu’à cristallisation.

CHROMATE D’ALUMINIUM

t)n a iniliqué comme mo}'en do préparation rie ce composé rie faire réagir rie l’acide chromique en solution sur ralumino en gelée.

Le chromate d’aluminium n’a jamais été olitenu à l’état cristallisé.

CHROMATES DE CHROME

L’acide chromique peut s’unir au sesquioxyde de chromo et fournir des chromâtes dont la composition centésimale est la même que celle du bioxyde de chrome de formule CrO^

CrSOs, Cr03 — CraO» = 3(CrOa).

Le bioxyde de chrome, insoluble dans l’eau et dans les acides étendus, ne doit cependant pas être confondu avec les chromâtes de chrome. Nous avons indiqué précédemment la préparation do ce bioxyde, dont les propriétés sont identiques i) celles du bioxyde de manganèse.

MOISSAN. - LE EIIHÜME ET SES COMPOSÉS. «y.

Le cliponiate de sesquioxyde de chrome peut se préparer :

1“ I*ar l'action d'une solution d’acide chromique sur le sesquioxyde de chrome hydraté |Ein. Kopp];

a" En traitant une solution aqueuse de bichromate de potasse par l’acide azotique, Schweitzer indique ce procédé comme fournissant le chromate de chrome le plus pur;

.■)“ En précipitant l’alun de chrome par le chromate neutre de potiisse. Hammelsber" a obtenu dans ces conditions un composé auquel il assigne la formule suivante ;

aCrO^ pHÜ.

Ce chromate, très soluble dans les acides, est décomposé par la potasse en oxyde de chrome et acide chromique [Ann. der Chem, und Pharm., t. LXVIIl, p. 3.74];

4“ Par l’oxydation d'une solution de sesquichlorure de chrome par l’hypochlorite de chaux [If. Schiff. Ann. der Chem, und Pharm., t. C-XX, p. 307] ;

En évaporant un mélange d’acide oxalique, de bichromate de potasse et d’acide azotique;

ii“ En mélangeant des solutions de bichromate de potasse et d’hyposulfite de soude.

Si <!ette réaction se fait i’i chaud, on obtient un composé ayant pour formule ^CrSO», (’.rOa, 9HO.

On arriverait au même produit en épuisant par l'eau le chromate de chrome obtenu à froid [Popp. Atin. der Chem, und Pharm., t. CLVI p. 90].

Ces différents chromâtes se présentent à l’état de poudres amorphes, d’un jaune brun plus ou moins foncé, hygroscopiques, décojuposables par l’eau et les acides étendus.

Si l’on calcine ces composés, il se dégage d’abord de la vai)eur d’eau, puis de l'oxygène, et il reste un sesquioxyde de chrome vert. Cette réaction se produit avec Une vive incandescence.

CHROMATES DE MANGANÈSE

Le chromate de protoxyde do manganèse MnO, CrO“ peut s’obtenir en traitant le carbonate ou l’hydrate de protoxyde de manganèse par l’acide chromique.

Ce composé est très soluble dans l’eau, mais une évaporation prolongée le détruit en donnant un précipité de sesquioxyde de manganèse.

VVarrington a obtenu un chromate basique .de manganèse de formule

f.i'0',3Mn0,aH(l,

en mélangeant des solutions de chromate de potasse neutre et de sulfate de manganèse.

Le mélange reste limpide ; mais peu à peu il se dépose à la surface, ainsi quo sur les parois du verre, une croûte cristalline brune dont la cristallisation est assez

KNCYCl.Ol'ÉDIE CHIAIIQl'E.

régulièl'o si l'on a eu soin d’employer des solutions étendues. Cette substance, examinée au microscope, |)résente des aiguilles groupées en étoiles qui sont d’un rouge brun, vues par transparence.

CHROMATES DE FER

Le ciiromate de protoxyde de fer ne peut pas être préparé. Aussitôt que l’oxyile ferreux se trouve en présence de l’acide chromique il passe à l’état de peroxyde.

D’après .Mans, l’acide chromi(|ue ne peut pas être saturé de sesquioxyde de fer par digestion avec l’hydrate. 11 se forme dans ce cas un composé qui, desséché, se présente en une masse brune nullement cristalline, complètement soluble dans l’eau et ayant pour formule

Fc-^os,

Hensgen a obtenu un chromate double cristallisé de fer et de potasse.

On prépare ce sel en ajouUint du sesquichlorure de fer au chromate neutre de potasse, puis redissolvant le précipité dans l’acide chlorhydrique étendu. On obtient ainsi une solution rouge qui, plusieurs jours après, fournit des crofites cristallines rouges qu’on lave rapidement à la trompe avec une petite quantité d’eau, puis successivement avec de l’alcool et de l’éther. On ne doit pas oublier dans cette préparation que le sel double, ainsi obtenu, se décompose lentement en présence de l’eau.

D’après son analyse, ce chromate. double aurait pour formule KO, r.r(V>. /jHO.

fC. Hensgen. Deutarhc vhem. Gi'sidl., 1870, p. i.'îoo et iGâtij.

CHROMATES DE COBALT

Le chromate neutre n’a pas encore été préparé.

Le bichromate serait un sel incristallisable. Si l’on porte à l'ébullition un mélange de sulfate de cobalt et de chromate neutre de potasse, ou obtient un précipité gris, qui, d’après Malaguti et Sarzeau a pour formule

llrO^ 5doü. 4HO.

Cette susbtance s’oxyde par le lavage à l’air ; et en présence de l’ammoniaque, elle fournit des chromâtes ammoniaco-cobaltiques.

CHROMATE DE NICKEL

Le chromate de nickel NiO, CrO“ est un sel rouge, déliquescent, qui oflVe en se desséchant des traces de cristallisation.

MÜISSAN. — LE CimOME ET SES COMPOSÉS. J93

Malaguti et Sarzeau, eu traitant une solution bouillante de chromate de potasse neutre par du sulfate de nickel, ont obtenu une poudre amorphe ayant pour formule

4NiO, Cr03, 6H0.

Schmidt en précipitant e équivalents de sulfate de nickel par i de chromate de potasse, a recueilli une poudre qui renfermait :

3NiO, CrOi, (iHO.

En renversant les proportions, il a obtenu le composé

5Si0,Cr03.KH0.

Enfin en faisant réagir 4 équivalents de chromate sur la même quantité de sel de nickel, il se forme la combinaison

3Xi0,Cr03,6H0

[A. Schmidt. Ann. der Chem, und Phann., t. CL.WI, p. 19;.

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