BICHROMATE D’ARGENT
(Iule prépare en traitant le bicliromate de potasse par l’azotate d’argent; il est légèrement soluble, et sa dissolution chaude laisse déposer par refroidissement des cristaux d’une couleur de rubis.
Si l’on acidifie une solution de bicliromate de potasse par de l’acide sulfurique et si l’on place une lame d’argent dans le mélange, le métal s’oxyde aux dépens d(' l’acide chromiciue et ne tarde pas à se recouvrir de cristaux rouges de bichromaK' d'argent. La formation de ce sel continue jusqu'à ce. (pie la liqueur soit devenue complètement verte.
Le bichromate d’argent est légèrement soluble dans l'eau ; mais à loo degrés, il se décompose, partiellement en chromate neutre insoluble et en acide chromiquc.
11 se dissout dans l’acide azotique ; exposé à l’action de la lumière, il brunit ; enfin à haute température, il fond, puis se décompose en argent et sestpiioxyde d(' chrome.
CHROMATE D’ARGENT AMMONIACAL
Ee composé s’obtient en dissolvant le chromate d’argent à chaud dans l’ammoniaque. Par refroidissement on obtient des cristaux ayant pour formule
AfiO, Cr03, 4 a?.H2
et qui, en présence de l'air, ne tardent pas à perdre l’ammoniaque qu’ils contiennent.
(:(l.MPiIS1>S (’.IIMOMAM.Mil.NKjLES
AiéiiéralItéM.
Les bases ammoniées du chrome ont été découvertes en i8.')8 par M. l'remy \Comples rendus de l’Académie des Sciences, t. XLVll,p. 885]. Ce savant a remarqué (|ue le sesquioxyde de chrome des sels violets se dissout dans l’ammoniaque, surtout en présences des sels ammoniacaux, et que. si l’on ajoiite de l’alcool à une semblable solution, on obtient un sel chromammonique dans lequel les propriétés (lu c.hrome et de l’ammoniaque ne peuvent plus être décelées par double décompo-
.MÜISSAN. - LE CHROME ET SES COMl’OSÉS. ;i().l
sition. Os nouveaux composés, extrêmement instables, se détruisent ù l’ébuliition en fournissant de l’oxyde de chrome, un sol ammoniacal et de l’ammoniaque.
Une dissolution d’un corps amidochromique abandonnée à l’air pendant quelque temps ne tarde pas à se décomposer, en réagissant sur les éléments de l’eau. L’ammoniaque se dégage, le sel ammoniacal se régénère, et il se dépose un corps violet insoluble, qui n'est pas cristallisé, mais qui se présente en petits grains arrondis, transparents et à reflets chatoyants. Cette sul)stance est amidée comme celle qui l’a produite, .sa <‘omposition est simple, car elle ne contient que les éléments de l'o.xyde de chrome et ceux de rammoniaque. L’action de l’eau bouillante suffit imur opérer sa décomposition complète, les éléments se séparent, on recueille du sesqitioxyde de chrome, de l’ammoniaque, et de l’eau.
Après avoir établi ces premiers faits, M. l'remy a démontré que ce composé pouvait donner naissance à une nouvelle base chromammonique qu’il a appelée roséochromique; 11 en a étudié les principales combinaisons, et il a insisté sur ce point que cette combinaison était le premier terme d’une série de bases doubles rappelant les cobaltamines.
Les bases ammoniées du chrome, qui sont quelquefois décrites sous le nom générique do chromamines, .se divisent eu sels roséochromiques, purpuréochromiques, xanthochromiques, rhodochronii(|ues et érylhrochromiques.
Au |)oint de vue théorique, on admet que tous ces corps renferment du chrome combiné à de l’ammoniaque sous la forme d’un composé particulier foiictionnant comme une base unique. Tant que cette combinaison sttbsiste, les propriétés des deux composants ne peuvent se manifester.
.Nous devons remarquer que ces nouvelles bases ne se combitient pas aux acides dans les mêmes proportions (pie rainmoui;i<nte ; le t3'pe de la cotnbinaison semble différent.
Le chrome peut s’unir à l’ammoniaque dans deux iiroportions, et notts reticontrerons un grand nombre de combinaisons .salines renfermant les groupements
Cr3(AzHrii rt t:i'S{AzH^)L
Ces radicaux chromammoniés n’otit jamais été isolés ; seulement pour simplifier la représentation de toutes ces base.s, nous admettrons leur existence comme corps d(''flnis ; nous les ferons entrer dans nos formules pour les simplifier, quitte à les rejeter lorsque l’expérience nous aura démontré que cette théorie est fautive.
.Uin d’éviter toute difficulté dans la lecture des nombreux mémoires [tttbliés sur ce sttjet par des savants écrivant la notation atomique, nous doublerons les formules données plus haut. Nous pourrons ainsi, selon le langage adopté, appeler les coinimsés roséochromiques, sels octoammoniés et les sels purpuréocliromiqnes s(>ls décammoniés.
La l)ase des sels octoammoniés sera représentée par !Cr-’,Azll',' ^
et celle des composés décammoniés par
Cr^AzH^'/r'.
FACYCLOPÉDIE CHIMIQUE.
Dans toutes les combinaisons que nous allons d/'crire, le contenu de ces parenthèses fonctionne comme une base particulière sans qu’il y ait lieu de tenir compte des propriétés des composants.
Toutes ces bases octo ou décammoniées ont la propriété de se combiner à <> équivalents d’acide monobasique ou de chlore, de brome et d’iode.
Les dérivés halogénés sont les corps les mieux caractérisés de la série, et ils présentent une propriété remarquable : une partie du chlore, brome ou iode qui se trouve dans le composé est masquée comme le chrome lui-môme, et n’est pas précipitée par les sels d’argent ou déplacée par les acides énergiques. Dans toutes ces combinaisons, deux équivalents de métalloïde halogène semblent jouer un rôle différent des quatre autres, et ne sont jamais déplacés.
La liste suivante des combinaisons chromammoniques actuellement connues représente clairement ces relations de formules établies par M. Jœrgensen. Quant aux préparations de ces corjis, nous n'avons pas la prétention de les donner toutes ; nous indiquerons seulement les plus importantes, en renvoyant le lecteur aux mémoires de M. Fremy, de .M. Clève, et aux nombreuses notes que M. .Icergensen a publiées sur ce stijet.
(’.O.MIMiSKS OCTO.V.MMDMÉS
Sels roséochromiques octoammoniés de la fornu'. . (’.DlCr- AzIPy^’^X'*
CdMI'tiSfiS DÉCAMMdNIKS
Sels ))ur])uréochromi(|ues normaux do la forme. . . (:D| f:r’-(AzH5)-pX'- Sels xanthochromiques de
la forme. (Az()'’)^;C-r2(AzlD)^|“X'’
Sels rhodochromiques normaux de la forme .... IK), 0[Cr2(AzH^)“l*X"', nA(|.
Sels rhodochromiques basiques de la forme. Ilô, D’r,r^(AzH“)'’120, IIOX', nAq.
Selsérythrochromiqiiesnor-
maux. , Isomi-res bien définis des sels rhodochrom. normaux.|
Sels érythrochromi(iues basiques. — — basiques.)
Sels roséochromii|ues dé-
cammoniés. Isomères mal définis des sels rhodochrom. normaux.)
SELS HOSKOCHROMIOUES OU Or/rO.\MMONUiS DE L.\ FORME ClîfCr2/.AzR3)'']2X‘
Chloruro chlororost'ocliromiquc doM. Fromy. . CF[r4'>\zH’)‘]*ClS 4HO
Sulfate acide. OI^'t:^i^.\zH3)‘]*(S^O«H)‘, 8II()
Snifiite neutre. Cl-;Cr*(.AzlP}'>]*{SO‘)*, /|Ho
.Azotate. Cls[Cr»(.AzH“)‘]*(AzO«,S ', 11(1
Rromure clilororosf-ocltromique. Cr2[Cr*(AzH’)‘]^Br‘, .'|Ho
lodure — . CFrrx»(AzR’)‘l'I\ 4HO
Chromate - . CF;Cr2(.AzH3)‘]*(CrO»)*, nllo.
Rromure liromorosAoeliroinûiue. Br-'f!r*(AzlFP]*Br', '|Ho
Chlorure - . Rr3[CrS(AzH»)<12Cl\ ',Ho
Sulfate - . Br3|(>s(.AzH'’)*p(S0‘)‘,'(Rd
lodure iodoro^éorlirouiitiue. I-[(>2fAzIJ''’)‘l®l’, /jllo
CHLORURE CHLOROROSÉOCHROMIQUE
CF[Cr^AzH^,‘;^ClS ',II(J
Préparation. — .M. Fremy a préparé le premier le chlorure ro.séochromique, ou dissolvant l’hydrate de sesquioxy<le de chrome violet dans un mélange d’ammoniaque et de chlorhydrate d’ammoniaque, précipitant la liqtieur rose ainsi obtenue par l’alcool, puis traitant le précipité à froid par l’acide chlorhydrique concentré.
Cléve a obtenu le même composé, dans une solution chlorhydrique concentrée sous la forme d’une poudre cristalline, et dans une solution étendue, en cristaux d’un rouge plus foncé inaltérables a lair.
Propriétés. — Ce sel cristallise facilement dans une liqueur acide en beaux octaèdres réguliers | Fremy 1 -11 fournit des chlorures doubles cristallisés, en réagissant sur les chlorures de platine et de mercure. L’eau le décompose en produisant nu nouveau sel qui cristallise en prismes droits rhomboidaitx, et un composé salin phts soluble.
KNCYCI.Or'fiDIlv CIIIMI^LIK,
SULFATE ACIDE ROSÊOCHROMIQUE
CF:CrS(Azll3)<]*(S208H)*
Ce composé forme des aiguilles déliquescentes roses qui, eu présence de l'eau, se dédoublent en acide sulfurique et sulfate neutre.
Ou prépare ce sulfate acide en traitant le chlorure roséochromique par l’acide sulfuri(iue concentré.
AZOTATE ROSÉOCHROMIQUE
Cr- [Gr2(.\zH»P](AzO»)'',/|MO
tiliive a obtenu ce sel en décomposant le chlorure roséocliromK|ue par l'azotate d’argent ; il forme des tables hexagonales .solubles dans l’eau,
Sr.l.S IM l<IM'RV;oCIII|(.>.MIi,)liKS NOR.M.ACX DI'CAM.Mo.MI'S ItK LA l'oItML i:p”''r2 AzllL''P\'
Chlorure purpuréochromiipie. CI-[Cr-(.\zlP)-’;-cr'
Bromure — . CBfCr-{.Lzll''/'!-llrs
Azotate — , . i:i2|Cr2(AzlF)“12(AzO«)’'
.Sulfate neutre — . CB[Cr-(AzlF)“jS(SO’')'', 8110
Sulfate acide - . C12[Cr2(.VzH^j-P(S20«lir'
tlhloroiilutiuati' — CB|Cr^(Azll^)’p(CI'(l‘tCI- '■
Chlorure bromopurpuréochrouii(|ue . . . lir-]Cr-(Azll'')',-(.:i'’
Azotate - ... lir-lCr-(Azll'‘)“l%\zO''’;'’
Chromate — ... Br-[t;r^(Azll'')'-]^(CrO'')'’
lodiire iodopurpiiréochromicpie. M[Cr5(Azll')*lM''
tlhlorure — . IsfCr^lAzHfjojC^r-
|fCr*(AzIF)5]-(AzO'';‘
.Nitrate
MOISSAN. - I.K CHllO.MI-; KT SUS COMPOSAS.
CHLORURE CHLOROPURPURÉOCHROMIQUE
r,FrCr2(AzH’)=pC|'
Vvépumlifm, — Ou chauffe dans un tube environ a5 grammes de sesquichlorure de olirome, dans un courant d’hydrogène pur, dessécliè avec soin. Avant de porter le tube au rouge sombre, température nécessaire pour opérer la réduction du sesquichlorure en protoclilorure, on le maintient quelque temps vers ri.'îo degrés pour expulser toute l’humidité. Quand le contenu du tube est devenu blanc, on laisse refroidir en maintenant le courant d’hydrogène. On ferme ensuite les robinets de verre qui se trouvent de chaque côté du tube, on plonge une de ses extrémités dans une solution ammoniacale de sel ammoniac (pd grammes de sel ammoniac pour 1/2 litre d’ammoniaque) et l’on aspire la solution. Tout le chlorure chromeux se dissout, avec élévation de température, en donnant une liqueur bleue. Cette .solution s’oxyde à l’air en laissant déposer des cristaux prismatiques d’un l'ouge cramoisi (sans doute du chlorure, roséochromique;. l'our l’oxyder complètement, ou dirige un courant d’air dans la solution, qui .se colore en rouge de sang.
Un verse ensuite cette solution dans 2 litres d’acide chlorhydrique fumant et l’on fait bouillir. Le chlorure purpuréochromique se dépose sous la fonne d’une poudre cristalline rouge carmin. Après le refroidissement, cette poudre se recouvre de cristaux, de .sel ammoniac coloré en jaune. Un décante la solution et ou lave le dépôt avec un mélange d’eau et d’acide chlorhydrique pour dissoudre le sel ammoniac.
On purifie le. chlorure chloropurpuréochromiquc en le dissolvant dans l’eau aiguisée d’acide sulfurique, et eu le précipitant de nouveau par l’acide chlorhydrique dans lequel il est insoluble. On le fait bouillir dans l’acide chlorhydrique, puis on le lave à l'eau et à l'alcool Jœrgeuseni.
Propriétés. — Précipité par l’acide chlorhydrique, le chlorure purpuréochromiquc se présente en octaèdres mici-oscopiques formant une poudre cristalline rouge. On l’oldicnt en cristaux volumineux par le refroidissement lent de sa solution bouillante. •
.Sa densité à i.') degrés est 1,(187. Il .se dissout à iC degrés dans i5o parties d’eau; sa solution est rouge violet. Cette solution s’altère à la lumière on laissant déposer du sesquioxyde de chrome hydraté; acidulée, elle est plus stable.
Une ébullition i)rolongée transforme ce sel en chlorure roséochromique.
Le chlorure chloropurpuréochromicpie se dissout à froid, sans décomposition, dans l’ammoniaque ; cette solution se détruit à 100 degrés en abandonnant de J’h) drate de .sesquioxyde de chrome.
I.a soliilinii aqueuse, froide et récente de ce chlorure fournit avec les acides
chlorhydrique et bromhydriquo des précipités cristailins constituant le chlorochlO’ rure et le chlorobromure.
Agitée avec de i’iodure de pota.ssium solide en poudre, eile donne le chloroiodure. Traitée par Tacide azotique, l’acide hydrofluosiiicique, le bichlorure de i)laline, elle fournit ies sels correspondants.
En résumé, ces réactions rappellent celles des composés clilnrnpurpuréocnl)altiques de M. Fremy.
Lorsqu’on traite le clilornre par l’oxyde d’argent, il paraît se produire de l’Iiydrate chloropurpuréochromique qui reste en dissolution. En effet, si l’on sature* la liqueur filtrée par l’acide chlorhydrique, on précipite à nouveau .tout le chlorure.
BROMURE CHLOROPURPURÉOCHROMIQUE
CP [Cra ( AzIP)»!^ p,.'.
Ce composé s'obtient en versant la solution aqueuse froide de chlorure purpuréochrômiquo dans de l’acide bromliydrique concentré.
Il est formé d’octaèdres micro.scopiques rouges, anhydres. Il est plus solulele dans l’eau que le clilorure; sa densité à i!\ degrés est de ‘<,07.').
AZOTATE CHLOROPURPURÉOCHROMIQUE
CP !Cr2(AzIP)=!» (AzO»;*
Pour préparer ce sel, on dissout le, chlorure dans l’acide sulfurique, dilué à .lo degrés Baumé, et l’on verse, la solution dans de l’acide azotique en excès maintenu à la température de la glace, fondante. 11 se forme un précipité d’un muge cannin, qu’on lave à l’acide azotique étendu, puis à l’alcool.
On peut faire cristalliser ce sel en refroidissant une solution bouillante additionnée de quelques gouttes d’acide azotique. Il forme alors des cristaux plus volumineux, mais dans cette opération une grande, partie du sel est convertie en combinaison roséochromique.
L’azotate purpuréochromique se dis.sout à 17®,5 dans 71 parties d’eau.
SULFATE NEUTRE PURPURÉOCHROMIQUE
CP|Cr»(AzH-')''-J»(SO»)‘, 8Ht»
Lors(iu’on agite le clilorure purpuréocliromique avec du carbonate d’argent et de l’eau, on obtient une solution rouge qui renferme le carlionate et du chlorure d’argent. On la sature par de l’acide sulfurique étendu, le chlorure d’argent dissous se précipite et le chlorosiilfate reste en solution étendue. Par l’addition d’alcool, ce sel dépose en longs prismes rouges assez solubles dans l’eau '.Irergensen. Journal fùrpntlil. I'Ih'hi., t. XX, ji. maj.
MülSSAN. - LE CHROME ET SES COMPOSÉS.
SELS .XAMllOCHROMIQUES DÉCAMMOMÉS DE LA FORME (AzO*}s[Cr^(.AzlD)5jiX'
D'après les formules données dans notre tableau de elassification des composés cliromanimoniques, il est facile de voir quelle place les sels .xanthochromlques occupent dans cette série.
CHLORURE XANTHOCHROMigUE
^AzO‘)^ [Cri (AzH»/]* CD
Préparalion. — Pour obtenir ce composé, on prend ao grammes de chlorure purpuréochromique auxquels on ajoute ôoo grammes d'eau chaude acidulée avec une vingtaine de gouttes d'acide azotique moyennement concentré. Le tout est porté à l’ébullition j-apidement et l’on ajoute ensuite quelques gouttes d’acide azotique étendu jusqu’à ce que la solution soit complète. Après refroidissement, on séjiare la jtetite quantité de chlorure purpuréochromique qui se trouve eu excès, et il reste une solution ayant la couleur jaune rouge caractérisant les sels roséochromiques décammoniés. (Les sels roséocliromiques de Jœrgensen sont une modification des sels purpuréochromi(|ues décammoniés du même auteur, et non point les sels roséocliromiques ou octoamnioniés de .M. Fremy.)
La solution précédente est placée dans un verre de Bohême et additionnée de 4o à 5o grammes d’azotite de soude pur et de !î 5 grammes d’acide chlorhydrique étendu d’eau à te pour loo. Il se dépose bientôt du chlorure xanthochromique qui est décanté, filtré, puis essoré rapidement pour soustraire le sel à l’action déconipo.sante d’un milieu acide. Ce précipité doit être purifié par lavage à l’eau froide d’abord, enfin à l’alcool.
On peut aussi dissoudre le précipité sur le filtre avec de l’eau chaude, et recevoir le liquide filtré dans une solution saturée de chlorhydrate d’ammoniaiiue. Le chlol•ure xanthocliromique se précipite aussitôt, on le lave à l’eau fi-oide et à l’alcool, |)uis on le sèche à l’air libre.
Propriétés. — Foudre cristallisée en octaèdres jaunes. Ce sel est l)lus soluble dans l’eau que le chlorure roséochromique décammonié.
A la lumière diffuse et à l’ébullition, il se décompose en abandonnant du sesquioxyde de chrome. Les acides étendus en dégagent à chaud de l’acide hypoazotique. Sa solution, additionnée d’acide chlorhydrique et portée à l’ébullition, fournit du cidorure purpuréochi'omique décainmonic'.
La lessive de soude donne avec le chlorure xanthochromique une solution jaune qui, à chaud, dégage de l’ammoniaque et dépose du sesquioxyde de chrome.
ENCVCl.Ul'iaHE CHIMIQUE.
lODURE XANTHOCHROMIQUE
{.VM'f [Gr2
La prc'paratiüii et les propriétés de ce sel sont kleiUi(iues à éelles du chlorure. H en est de niêine pour le Ijroinure.
Les autres sels xautliocliroraiques ont été faeilemeut préparés. On a obtenu le nitrate par l’action du chlorure sur le salpêtre en solution concentrée.
Le sulfate se prépare en traitant le chlorure par le sulfate d’argent à l’abri de la lumière. On précipite la iplution privée d’argent par l'alcool et l’on obtient une poudre jaune cristallisée.
Les chromate et bichromate .xanthochromiques détonnent par la chaleur.
SMLS HHoUOCimo.MlQÜMS .SuHM.\L’.\ ÜM L.\ EoH.Ml-l HO, 0[Cr2(.4zH»)“J^XhiAq
Chlorure rhodochronh(|ue. Ilo, Oitlr-(.Vzll-‘j’jCl4 dlO
Hroinurc — . 110, 0[Cr-‘[.\zl0)-]Wq clin
lodure - . Ilo, 0[Cr^(AzH')»j2p, ellO
Azotate -- . MO, 0'Cr^'.\zn'')“]-(Az0«;'
Sulfate — . ;. 110, 0[Cr-’(AzH^)S]^(S0‘)=, allO
Les sels rhodochrülni(|ues noi inaii.x ont été découverts et étudiés par .M. Jœi'gensen et nous ne faisons ici htie résumer sou mémoire paru dans le JoUnwt fût imM. Vfiem. (2), t. XXV, p. .>21.
BROMURE RHODOéHROMIQÜE
IIO,0[Cr’''(AzH»)“P Br^ 2H0
Vi'ûparation. — lo grammes de sesquioxyde do chroinè hydraté sont mis en dissolution dans 100 centimètres cubes d’acide bromhydrique concentré, et l’on abandonne cette solution au contabt de zinc métallique, en ajoutant de temps à autre de l’acide bromhydrique, jusqu’à ce qu’elle soit devenue bleue. On la mélange ensuite avec joo grammes d’ammoniaque concentrée et lôo grammes de bromure
.MOISSAN. - I.E CIIKOiME ET SES COMPOSÉS. ,H(
il’iuniiioiiiurn. Le lii|ukl(! est décanté, puis oxydé en le faisant traverser par uii xiolent courant d’air. Il se dépose pendant cette opération une poudre bleue (jue l'on recueille et qui est traitée par un excès d’acide bromhydrique étendu. Le pré- (•ij)ité passe du bleu au rouge et est alors transformé en bromure rhodochromique uüi'inal. On le jinrifie en le lavant à l’acide brombytlrique, puis à l’alcool.
Propriélcs. — Le bromure rliodocliromiiiue se présente sous la forme d’une poudre cristalline rouge formée de i)etites aiguilles. Il perd dans l’air sec ;>. équivalents d’eau. Chauffé à l’air il se transforme en oxyde cliromique avec incandescence.
Il est peu soluble dans l’eau froide. Sa solution aqueuse est coloi'ée en rouge violacé ; elle se décompose par la chaleur avec dégagement d’ammoniaque et dépôt de sesquioxyde de chrome hydraté.
Le bromure rhodochromique est insoluble dans Tacide- bromhydrique dilué, le In'omure d’ammonium et l’alcool. L’ébullition avec l’acide bromhydrique étendu le transforme en bromure roséochromique. A la température de loo degrés, Tacide ln'orahydri(|ue concentré le transforme en bromure bromopurpuréochromique. Il 30 dissout ilans les alcalis à l’état de bromure rhodochromique basique.
CHLORURE RHODOCHROMIQUE
IIO,Ü[Cr»(AzH^)»pC15, sIKl
Vrépurulion. — Un Tobtient de la môme façon que le bromure en substituant Tacide chlorhydrique à Tacide bromhydrique^, ou bien en traitant par Tacide chlorhydrique étendu une solution aqueuse do bromure.
Propnélcs. — Ce sel cristallise eu petites aiguilles cramoisies qui résistent à une température de laS degi-és, prolongée pendant vingt-quatre heures. Il est soluble dans 4o parties d’eau froide et sa solution de couleur rouge carmin présente les mômes réactions que le bromure. Elle fournit des i)roduits cristallisés avec les différents chlorures métalliques. Le chlorure de platine donne un précipité d’aiguilles orangées, le chlorure d’étain un pi-écipité d’aiguilles rouge pôle.
Traité par le nitrate d’argent, le chlorure rhodochromique perd tout sou chlore à Tétat de chlorure d’argent; par le carbonate d’argent, il donne une solution d'un bleu violacé qui renferme du carbonate rhodochromique et qui, par addition d’alcool, laisse déposer un liquide huileux, rouge, soluble dans Teau, et d’où Tacide nitrique précipite du nitrate rhodochromique avec dégagement d’acide carboni(|ue. Traité par Toxyde d’argent et Teau, il fournit un liquide bleu, instable, qui contient tle Thydrate rhodochromique:
EKCYCLorÉDii: ciiuiiqul:.
lODURE RHODOCHROMigUE
llU,0[Cr2 (AzH^)=f ï% :>.llü
Prépuntlion. — On dissout à une douce chaleur du chrome métallif|ue dans de l'acide iodhydrique de densité 1,7; on ajoute ensuite do Tiodure d aininonium et de l’ammoniaque, puis on fait passer dans la masse un courant d'air jusqu'à formation d'un iirécipité bleu crishillin (ju'on lave d'abord à rammonia(|UO puis à l'acide iodhydrique.
Propriétés. — L'iodure rhodochromique est d'un rouge violacé, en petits cristau.v prismatiques, très peu solubles dans l'eau froide, insolubles dans l’acide iodhydriciue et dans l’alcool. Ses réactions sont les mêmes que celles du bromure et du chlorure.
AZOTATE RHODOCHROMIQUE
IIU, U[Cr2 (Azll^j^ (AzOV'
Préparation. — Une solution aqueuse do chlorure ou de bromure rhodochro • mi(iue additionnée d’acide azotique étendu laisse déposer l’azotate rhodochi’omique (|ui est décanté puis lavé à l’alcool.
Propriétés. — Aiguilles d'un rose pâle, se décomposant à 100 degrés en devenant bleues; chauffées à l’air, elles deviennent incandescentes et laissent un résidu de sesquioxyde de chrome.
L’azotate rhodochromuiue est peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’acide azotique étendu, qui le transforme partiellement a chaud en azotate i-oséochromique. L'acide azotique concentré, à l’ébullition, te décompose avec formation de sesquioxyde de chrome et de nitrate d’ammoniaque.
SULFATE rhodochromique
llO,ULf>’(AzlP)'i|^(Sü‘)"’,i-.llO
Lorsqu'on additionne d'acide sulfurique étendu et d’alcool une solution de chlorure rhodochromique, il se produit un précipité qu’on lave avec un mélange tle ."1 parties d’eau et 1 d'alcool acidifiée’par une petite quantité d’acide sulfurique. On obtient ainsi des tables quadratiques d’un rouge carmin, très peu solubles dans l’eau, et qui présentent les mêmes réactions que les autres sels rhodochromiques.
.SELS RHODOCHROMIQÜES BASIQUES DE LA FORME H0,0[Cr2(AzH»)5]20, HÜ, X*, nAq
Les composés rhodochromiques basiques ont été découverts par M. Jœrgensen [Journal fur prukl. Chem. {■>), t. XXV, p. 34i].
BROMURE RODOCHROMIQUE BASIQUE
HO, O [Cr* (AzH3)=]» O, HO,Br*, 2HO
Ce sel se prépare en traitant le protobromure de chrome par le bromure d’ammonium et l’ammoniaque concentrée. La poudre cristalline bleue qui se dépose au début de la préparation du bromure rhodochromique normal est précisément le bromure rhodocliromique basique.
Ce sable cristallin est lavé rapidement à l'ammoniaque, puis à l’alcool ammoniacal, enfin à l’alcool pur.
On obtient ainsi une poudre d’un bleu sombre, formée d’octaèdres groupés en croix.
Le bromure rhodochromique basique se décompose lentement à la température ordinaire, rapidement à 100 degrés, avec perte d’ammoniaque. L'acide bromhydrique étendu le transforme à froid en bromure rhodochromique normal. Il est peu soluble dans l’eau à laquelle il communique une faible réaction alcaline et une teinte bleue qui passe bientôt au rouge par suite de la formation d’un bromure érythrochromique basique. Il est complètement insoluble dans l’alcool.
CHLORÛ-IODURE RODOCHROMIQUE BASIQUE
HO, O [Cr“ (.AzH^)*P ü,HO, GP’, I-
■>, grammes de chlorure rhodochromique normal sont dissous dans .5o centimètres cubes d’ammoniaque étendue et additionnés de 6 grammes d’iodure d’ammonium en solution dans 5o centimètres cubes d’eau. 11 se sépare immédiatement un précipité cristallin d’un bleu sombre ayant la composition ci-dessus. Ce composé est peu soluble dans l’eau froide et insoluble dans l’alcool.
ENCYCLOP. CHIJI.
llNCVCLOl'ÊUIK ClllMlon;.
SELS EKYTHHOCHHOMIQUES NORMAUX
M. Jœrgenseu, qui a découvert ces composés, les considère comme des isomères l)iea définis des sels rliodocliromiiiues normaux. Leur formule générale est donc ;
Mo. 0l(:r2,AülP‘r|^X-’uA(|
Jœrgenseu. Journal fur prakl. Chmi., t. XXV, p. .AjiX'.
AZOTATE ÉRYTHROCHROMIQUE
110, 0 i(:r“(Ai«liyp(AzO'‘j ', allO
Prëparalioii. — On dissout 5 grammes de chlorure rliodochromique dans 5o centimètres cubes d'eau et 35 centimètres cubes d’ammoniaque étendue. La solution bleue ainsi obtenue est abandonnée à elle-même ; elle devient bientôt d’un rouge foncé, et contient alors le chlorure érythrochromique iiasique. On ajouteeu refroidissant 4 à 5 volumes d’acide nitrique dilué; il se fait un précipité cristallin d’un rouge cramoisi qu’on lave à l’acide nitrique, i)uis à l’alcool.
Prupriéléÿ. — Ce sel se iiréseiite sous foimie de petits octaèdi’es. 11 est instable et se décompose lentement, môme en vase clos. \ loo degrés il devient vert foncé, puis noir. Chaufl’é à l’air, il se décompose eu laissant |)our résidu de l’oxyde de chrome.
L’azotate érythrochromique est assez soluble dans l’eau fi'oide et lu solution se décompose à l’ébulütion avec formation de sesquioxyde de chromo hydraté. En présence de l’acide nitrique, la solution se transforme à l'ébullition en nitrate roséochromique. Le sel est insoluble dans l’acide nitrique étendu et soluble dans l’acide nitrique concentré, en fournissant une solution violette instable. L’ébullition avec l’acide chlorhydrique étendu le transforme en chlorure purpuréochromique. 11 se dissout dans l’ammoniaque eu formant un sel Ijasique; il est Insoluble dans l’alcool.
BROMURE ÉRYTHROCHROMIQUE
1111,0 [Cr^ (.\zH3)a;« |{r•,•.,llü
Ce composé se prépare comme le nitrate en substituant l’acide bromhydrhiue à l'acide nitritiue.
Aiguilles cramoisies qui, chautt’ées vingt-quatre heures à loo degrés, se transforment en bromure rliodochromique sans perte ni augmentation de poids.
Le nitrate d’argent lui enlève à froid tout son brome à l’état de bromure d'argent. Agité avec de l’eau et de l’oxyde d’argent, il fournit un liquide i-ougo, à réaction alcaUne, (|ui renferme de l’hydrate érythrochromicine, corps très instable, (|Ui •lissoul l’oxyde d’argent en st* Iran-ifdi-mant en chroinate roséochromicpie.
SULFATE ÉRYTHROCHROMIQUE
H0,0[Cra(AzHa)5]»(S0‘)=
Ou di.ssûut :i grammes de bromure érythrochromique dans aussi peu d'eau que possible et l’on ajoute 20 grammes d’acide sulfuriciue étendu additionné d'alcool. Il se dépose des aiguilles cramoisies, presque insolubles dans l'eau.
CHLORO-iODURE ÉRYTHROCHROMIQUE
HO, 0[Cr»(AzH‘>)»]-^ Cl, l\ uHÜ
Précipité formé do petits prismes rouges, obtenus en ajoutant un e.\cés d'iodurc de i)otassium à une solution coneentréo de liromure érytUrocüromique.
SliLS ERYTHKOCHHOMigUES B.LSIQUES
Ces composés ont été regardés par .M. Jœrgensen comme isomères des sels rliodochromiques basiques. Leur formule générale est donc identique à celle de ces derniers corps.
BROMURE ÉRYTHROCHROMIQUE BASIQUE
110, 0 [Cr2 U,HO, Hr>, elK 1
Du bromure érythrochromique normal est dissous dans l'ammoniaque étendue puis additionné d’alcool. 11 se dépose des lamelles brillantes de bromure éryihrochroraique basique, d’un rouge violacé. Ce corps est très soluble dans l’eau: il fournit une solution dans laquelle l’acide bromhydrique précipite du bromure érythrochromique.
M. Jœrgensen a aussi préparé un nitrate érythrochromique basique (lui sè présente en lamelles cramoisies et un dithiouate érythrochromique basique formé d’aiguilles brillantes d'un rouge violacé [Jœrgensen. Journal fur pruhi. l'/wni. (2), t. XXV, p. 409]-