COMBINAISONS AVEC LES CHLOHUHES
Le perchlorure de fer forme avec les chlorures alcalins différents composés doubles représentés par la formule générale l'e^CP.eMCLaHO. On les obtient en faisant cristalliser un mélange des deux solutions; quand on les dissout dans l’eau, ils se décomposent et le chlorure alcalin cristallise le premier. Fritzche et Geuthc ont étudié et décrit les combinaisons avec les chlorures de potassium, do sodium et d’ammonium.
Le perchlorure de fer forme avec le perchlorure do platine un composé bien cristallisé (système clinorhombique). Il a pour formule :
Fo2C13,aPtC12,aiHO,
Ce corps perd lo équivalents d’eau à loo degrés (Nilson. Bull, Soc. Chim., XXVII, 208).
Le perchlorure de fer forme aussi diverses combinaisons avec les acétates de fer, mais elles seront étudiées à propos des acétates.
Oxyoliloriire» de fer. — Il existe deux séries d’oxychlorures de fer : l’uno.est formée de combinaisons insolubles, l’autre de combinaisons solubles. La première contient du sesquioxyde de fer sous sa modification insoluble, l’autre sous sa modification soluble, d'après M. Béchamp.
Dans la préparation du perchlorure de fer par l’action de l’acide nitrique sur le protochlorure, si l’on ajoute une quantité insuffisante d’acide chlorhydrique, il se forme un précipité jaune qui ne se redissout plus que difficilement dans l’acide chlorhydrique et qui est insoluble dans l’eau (i).
Pour transformer le protochlorure do fer par l'acide nitrique, on emploie les quantités données par l’équation
6FcCl + 3HC1 + AzOSAq = oFeSCU + ÔHO + Az02 + aq.
Si l’on traite une dissolution de protochlorure de fer assez concentré pour être sur le point de cristalliser, par moins d’acide chlorhydrique que n’en indique l’équation et par tout l’acide nitrique indiqué, mais ajouté peu à peu à la dissolution préalablement portée à 100 degrés, la réaction devient très vive; un moment vient où elle est tumultueuse, menaçant de faire déborder le liquide. Ce moment passé, la liqueur qui était noire devient jaune et trouble ; il s’y forme un précipité qui ne se dissout pas dans l’eau et difficilement dans l’acide chlorhydrique. Par la filtration on peut recueillir ce précipité.
Si dans l’opération précédente on fait varier la température, la quantité d’acide chlorhydrique et la composition du précipité varient également.
Le précipité obtenu dans une opération où l’on avait employé un peu plus du tiers de l’acide chlorhydrique avait pour formule :
Fe2C13,i2Fe203.
(1) Ann. chim. phys., t, LVIl, p. 298.
•lOANNIS. - LE FER ET SES COMPOSÉS. 7.S
Délayé dans l’eau il se déposa avec une extrême lenteur ; il avait perdu de l’acide chlorhydrique et sa formule était :
FD2C13i7Fe203.
Délayé dans l’ammoniaque après vingt-quatre heures le précipité présentait la formule
Fe2C13i44Fe203.
Après ébullition avec de l’ammoniaque il contenait encore o,85 pour loo de perchlorure.
Si on étend la dissolution jaune du sesquichlorure neutre avec une grande quantité d’eau que l'on chauffe à loo degrés sous la pression atmosphérique, on remarque que la liqueur prend d’abord une teinte rouge et que, dès que la dissolution comuience à bouillir, elle louchit. Après un quart d’heure d’ébullition, il se produit un abondant précipité jaune. Ce précipité n’augmente pas par une ébullition plus prolongée. Si l’on ajoute un peu de chlorure de sodium à la dissolution, la décomposition paraît être accélérée.
Ce précipité a pour composition :
2(Fe2C13),25(Fe203),4iH0.
Quand on dissout de l’hydrate gélatineux de sesquioxyde de fer dans l’acide chlorhydrique, il s’y dissout rapidement d’abord, puis, plus lentement. M. Béchamp a analysé la liqueur à un moment où la dissolution paraissait terminée, et il trouva que la composition de la liqueur répondait à la formule Fe2Cl®,5Fe®0^ A la longue do nouvelles quantités d’hydrate se dissolvent et il a pu obtenir ainsi successiveuient des liqueurs dont la composition était Fe3CFGFe303,Fe3CF8Fe303,Fe^CFioFe303. Toutes ces dissolutions pouvaient être évaporés à siccité à 4° degrés sans cesser d’être .solubles; il obtint aussi des solutions plus riches en oxyde, mais après évaporation elles étaient modifiées et ne pouvaient plus se redissoudre dans l’eau entièrement. M. Béchamp n’a pu dépasser la limite Fe3C13,2oFe303. D’après Ord- U^ay on pourrait aller jusqu’à Fe^Cl^aSFe^OL
Ces oxychlorures solubles paraissent être d’une constitution toute différente de celle des oxychlorures insolubles ; quand on traite leur solution par l’ammoniaque, on obtient des précipités d’hydrate, exempts de chlore, tandis que lorsqu’on fait bouillir, môme longtemps, avec de l’ammoniaque les premiers oxychlorures dont nous avons parlé, oxychlorures insolubles, on ne peut leur enlever tout leur chlore. Est-ce simplement l’état solide qui s’oppose à l’action de l’ammoniaque, ou est-ce parce que le peroxyde ou le perchlorure, ou même les deux, se trouvent dans ces corps à des états moléculaires différents, comme le pense M. Béchamp?
Ces composés ne sont pas les seuls du môme genre qui existent. Le perchlorure <fe fer peut se combiner aussi au sesquioxyde de chrome en formant divers compo-; sés, étudiés par M. Béchamp. Nous les plaçons ici ainsi que les composés de sesquioxyde de fer et de perchlorure de chrome par suite de la ressemblance que possèdent tous ces corps.
Sostiulchlorure oxycliroinltiHe. — La dissolution concentrée du sesquichlorure de fer neutre ne dissout pas l’oxyde de chrome. Si cette dissolution est
convenablement étendue et si l’on y ajoute de l’hydrate chromique récemment préparé, la dissolution s’accomplit peu à peu. Au bout de trois mois la dissolution de l’oxyde ne faisait plus de progrès et la liqueur avait comme composition :
Fe3C134CraOt.
Scsfiulcliloriircs de eliroiiie oxyrerriqiiies. — L’iiydrate gélatineux de sesquioxyde de fer se dissout mal dans une dissolution concentrée de perchlorure de chrome, facilement au contraire dans des liqueurs assez étendues.
M. Béchamp a analysé la dissolution à diverses époques. La première analyse donna pour la combinaison dissoute le rapport Cr^CP.3Fe^0^ ; douze jours plus tard elle était devenue (Cr^CFjqFe^O^.
.Après trois mois de réaction elle était Cr^CPiSFe^O'’.