‹ Encyclopédie chimique.Tome III.- Métaux. 9e cahierChapitre 42 sur 135 · PHOSPHATES DOUBLES · texte numérisé non relu

PHOSPHATES DOUBLES

Trliiliyllliic. — ÉTAT NATUREL. — Le minéral qui porte ce'nom est presque identique par ses caractères extérieurs avec l’hétérozite ; il est en masses lamelleuses, ayant trois clivages, dont deux faciles; l’angle de ces clivages est 1.Â2 degrés environ, beaucoup plus obtus que celui de l’hétérozite. Sa|’ couleur est également d’un gris bleuâtre, mais il ne paraît pas s’altérer au contact de l’air. La dureté de la triphylline est de 5 ; sa pesanteur spécifique est de 3,6 ; elle fond à la flamme du chalumeau en une perle noire; celle-ci soumise de nouveau au feu, se décompose en partie, et donne une scorie attirable à l’aimant; avec le borax, on obtient la réaction du fer. Soluble dans les acides, sa formule est de la forme 3MO,PhO® dans laquelle M représente du lithium, du manganèse et du fer (environ 2/16 de lithium, i/i5 de manganèse et i2/i5 dé fer).

Tétrapliyllliie.— M.Nordenskiold a donné ce nom à un minéral qu’il a découvert à Keild, canton de Taméla en Finlande, par suite de sa composition, dans laquelle il entre quatre métaux (fer, manganèse, magnésium, lithium). La forme et les caractères extérieurs de la tétraphylline sont les mômes que ceux de la triphylline, et on peut les considérer comme analogues, malgré la légère différence de composition.

Trii»lito. — Ce phosphate se trouve en masses imparfaitement lamellaires, d’un brun noirâtre assez foncé. Il admet trois clivages qui paraissent rectangulaires entre eux ; deux sont plus faciles que le troisième ; cependant, dans aucun cas, on ne peut obtenir de lames assez nettes pour y appliquer le goniomètre. Cette distinc-

(1) Dufrénoy, t. II, p. 645.

(î) Dufi'énoy. Traité de Minérato'jie, t. HI, P- ■iO.

lOt ENCYCLOPÉDIE CHIMIQUE.

tion entre les clivages conduit à penser que la forme primitive du manganèse phosphaté ferrifère est un prisme rectangulaire droit.

La cassure de ce minéral est inégale et conchoïdale en travers des clivages. Son éclat, gras et résineux, est caractéristique ; opaque dans les masses, il est translucide dans les fragments aigus. Le manganèse phosphaté raye légèrement le verre ; mais il est fragile sous le marteau et se laisse facilement broyer. Sa pesanteur spécifique varie de 3,44 à 5,77. Aisément fusible au chalumeau, il donne un globule noir d’un lustre métallique et très magnétique. Soluble sans effervescence et très lentement dans les acides. Sa formule est aFeO,a.\InO,PhO“.

l*yro|tIioH|tlintc de iirotoxyde de fer. — C’est un précipité blanc que l’on obtient en précipitant un sel de protoxyde de fer par du pyrophosphate de soude, il est très altérable à l’air et ne tarde pas à son contact à devenir vert d’abord puis brun [Schuarzemberg]. On l’obtient aussi par l’action de la chaleur sur le phosphate ferreux ou par le réduction du phosphate ferrique par l’hydrogène.

l'Iiosiphatcs €le sostiiiloxydr de fer. — Le sesquioxyde de fer et l’acide phosphorique se combinent suivant un assez grand nombre de proportions ; on connaît divers composés intermédiaires entre le phosphate le plus acide Fe^O'‘,3PhO'‘ et le plus basique 3Fe^O^,PhO^.

IMioüplmte Fe20^3Ph0“,()H0. — Pour le préparer, on dissout de l’hydrate de sesquioxyde de fer dans une solution concentrée d’acide phosphorique (contenant environ moitié de son poids d’acide anhydre). Dès qu’il se forme un dépôt blanc, on filtre et on évapore la liqueur au bain-marie. Il se dépose alors à la surface de petits cristaux qu’on lave à l’éther pour les débarrasser de l’excès d’acide phosphorique. C’est une poudre rose qui se dissocie en .présence de l’eau en acide phosphorique et phosphate moins acide; il ne peut exister en solution que dans des liqueurs contenant une quantité suffisante d’acide phosphorique libre.

Phonpiintc Fe^0^3Ph0",8H0.— On l’obtient, d’après Erlenmeyer, par l’évaporation d’une solution do phosphate triferrique contenant un excès d’acide phosphorique. On l’obtient aus.si par l’oxydation lente qu’éprouve à l'air le phosphate ferreux acide. Il cristallise dans le système orthorhombique ; ce sont des cristaux rouges insolubles dans l’eau froide, solubles dans l’acide phosphorique; ils sont inaltérables à l’air. L’eau bouillante les décompose en acide phosphorique et en phosphate triferrique.

Millot a préparé ce corps en traitant l’hydrate ferrique par une certaine quantité d acide phosphorique. C'est d’après lui une poudre jaune, cristalline, contenant de l’eau d’hydratation. La différence de couleur du phosphate de Millot et de celui d’Erlenmeyer semble indiquer qu’ils n’ont pas eu affaire au même corps. En outre, l’existence du composé suivant montre qu’il y a plusieurs corps, de formules très voisines et distincts les uns des autres.

Plios|>linte8Fe20^iiI>h0=. — Ce composé s’obtient en traitant par l’alcool une solution de sesquioxyde de fer dans l’acide phosphorique ( i équivalent de ses-

quioxyde de fer pour 7 d'acide pliosphorique). L"eau bouillante le décompose en •ui enlevant l’acide phosphorique.

l*Uos|iliatc aFe20’,5PhO%8HO. — On l'obtient, d’après Millot, en dissolvant l’hydrate de sesquioxyde de fer dans un excès d’acide phosphorique, puis en étendant d’eau et en faisant bouillir, il se forme un précipité blanc cristallin pins soluble à froid qu’à chaud. On peut aussi l’obtenir par l’action du phosphate acide d’ammoniaque sur du pérchlorure de fer à l’ébullition. Rammelsberg a obtenu ce composé sous forme, de petits cristaux cubiques par l’évaporation lente d’une dissolution du phosphate Fe*03,Ph0® dans l’acide phosphorique, il les obtint au bout d’un an.

I*lio!ï|iiinto GFe^O^yPhO^ — On l’obtient en traitant une solution de sesquioxyde de fer dans l’acide phosporique (i équivalent du premier pour 7 du second) par l’eau froide. C’est un précipité gris jaunâtre.

**hosi»lia<c SFe^O^gPhO^. — Lorsque l’on verse la solution phosphorique de sesquioxyde de fer dont nous venons de parler dans 31 fois son volume d’eau bouillante, on obtient ce composé; c’est le même corps qui se forme par l’action de l’eau froide sur le phosphate FeSO^.ïPhO». Ces deux phosphates sont décomposés par l’eau bouillante qui leur enlève de l’acide phosphorique.

l'iiospiinte Fe^O^PhO^'iIlO. — On l’obtient en précipitant le perchlorure de l'er par le phosphate de soude; on peut aussi, d’après Millot, traiter l’un des sels précédents qui contiennent un excès d’acide phosphorique par l’acétate de soude, fl’est le phosphate normal, il est blanc. On peut aussi l’obtenir en faisant bouillir avec de l’eau le phosphate Fe20^51>h0'=.

On l’obtient aussi, d’après M. Debray, en laissant exposée à l’air la dissolution de phosphate acide de fer dans laquelle se sont produits les cristaux du phosphate à 2 équivalents. Il se dépose contre les parois du vase une matière mamelonnée, ‘‘ peu près blanche, offrant au microscope des traces bien évidentes de cristallisation.

Il existe aussi dans la nature ; on le connaît sous les noms de delvauxine et de cacoxène.

Delvauxine. — Ce minéral a été trouvé en masses réniformes, à texture compacte et à cassure parfaitement conchoïde. Son éclat est résineux et sa couleur d’un brun noir ou d’un brun marron; sa pous.sière est d’un brun jaunâtre. Très tendre et très fragile, il se brise par le plus léger choc. Dans l’eau il pétille et se dilate en fragments. Sa pesanteur spécifique est de i,85. Sa formule est ;

2FeS0\Ph0=,2jH0.

Le cacoxônc est un phosphate de peroxyde de fer contenant aussi de l’alumine et si on suppose que cette base, isomorphe du peroxyde de fer, en remplace une partie, on trouve pour la formule corrigée de ce minéral :

2Fc203Ph0=,l2H0.

riioeiiitlmic 5Fe’0“,:>.Ph0®. — C’est le précipité qui se forme lorsqu’on traite par l’ammoniaque la solution, dans l’acide phosphorique, d’un des phosphate.s précédents. Sa propriété la plus importante est son insolubilité dans le citrate d’ammoniaque; il se dissout dans l’oxalate d’ammoniaque.

Pliospiiatu aFe^O^PhO®. — On l’obtient, d’après Millot, par l’action de l’ammoniaque en excès sur le sel précédent; il est peu soluble dans le citrate d’ammoniaque.

Pyi-oitlioHiilinto tie i^csiiuioxytli- «le Tei*. — On l’obtient en précipitant par le pyrophosphate de soude le perchlorure de fer. D’après Gladstone, ce précipité se redissout dans l’excès de pyrophosphate jusqu’à ce que l’on ait employé 1 équivalent de perchlorure pour i de pyrophosphate. Lorsqu’on a employé le double de perchlorure de fer, tout le fer se trouve précipité. C’est une poudre à peu près blanche. Sa composition répond à la formule aFe^O^, 3PhO®, glIO. Il est soluble dans les acides et dans le phosphate de soude, il est soluble dans l’ammoniaque. La dissolution de ce corps dans un acide le laisse déposer lorsqu’on la porte à l’ébullition ; il est en même temps devenu moins soluble sans changer de composition.

M«‘.tai»liosi»lmtc «le •eB«i<iI(>xy«lc «le fer. — Maddrell (i) l’a obtenu en mélangeant du perchlorure de fer avec un excès d’acide phosphorique étendu. La masse était ensuite évaporée à sec et cliauffée vers .3oo degrés. C’est une poudre blanche insoluble dans l’eau et dans les acides étendus ; elle se dissout dans l’acide phosphorique concentré sa formule est :

Fc203,3Pll05.

Pliodiiliato «loiil>le «le se«t«iiiloxy«lc «U? for et «l'niiiinonln<|iie. —'

Ce composé s’obtient, d’après Dobereiner (2), lorsque l’on dissout le précipité blanc de phosphate ferrique dans l’ammoniaque ; c’est une liqueur brune que l’on peut débarrasser de l’excès d'ammoniaque par l’évaporation.

l*yroplio«iiplii«te «le protoxy«le «le fer et bioxyde d’azote. — Lorsqu’on précipite par 'du phosphate de soude du sulfate de fer, saturé de bioxyde d’azote, le précipité qui se forme contient du bioxyde d’azote ; sa formule est :

■ ■ 2(2FeO,PhOs) + AzOl

Ce corps est très altérable à l’air : il se transforme en phosphate et azotate ferriques.

Pyi-oitliOMitliittc double «le protoxy«le «le fei* et «le iiioii«le. — On

ne l’a pas obtenu à l’état solide parce qu’il se décompose lorsqu’on veut le retirer de sa solution [Bersoz] (3).

(1) Ann. pharm., LXI, 59.

(ï) Dobereiner Schw. XXVI, 271.

(3) Porsoz. Ann. pharm., LXV, 170.

PyrophoMphatc cloulile île «o*miloxyile de fei* et de sonde. —

Pour l’obtenir, on dissout le pyrophosphate de sesquioxyde de fer dans une solution 'mouillante de pyrophosphate de soude, mais en ayant soin qu’il reste non dissous hne partie du pyrophosphate ferrique. La solution est ensuite précipitée par l’alcool. C’est un composé blanc, assez soluble dans l’eau. Sa composition répond, d’après Heitmann et Henneberg(i), à la formule :

2Fe2033Ph05 + 2(2NaO,PhO“) + 7HO.

Elle a été vérifiée par Persoz. D’après Milke, elle contiendrait 20 équivalents <l’eau.

P est décomposé par les acides qui en précipitent du pyrophosphate de fer. Le '’or semble étroitement uni à l’acide phosphorique dans ce composé, car sa présence "’y est pas révélée par ses réactifs ordinaires, cyanure jaune et sulfocyanate.

On a préconisé l’emploi de ce corps en médecine.

ARSÉNIATES.

Arséiiito ferreux. — L’arsénite d’ammoniaque donne avec le sulfate de protoxyde de fer un précipité blanc verdùtre,'devenant jaune au bout de quelque temps, *1 se dissout dans l’ammoniaque.

L’hydrate de protoxyde de fer se dissout dans l’acide arsénieux.

Arnénltis de HOMiiiiloxytle Up. fer. — L’acide arsénieux donne avec l’acétate de sesquioxyde de fer un précipité brun jaunâtre ressemblant assez à l’hydrate ^e sesquioxyde de fer. Lorsqu’on le chauffe dans un tube, l’eau qu’il contient se dégage ^insi qu’une portion de l’acide arsénieux, une autre partie reste combinée. On peut ^ssi obtenir ce corps par Faction de l’acide arsénieux sur l’hydrate de sesquioxyde tle fer. Sa formule est, d’après Bunsen : ■ • '

/lFe203,AS03,5H0.

Spsinilarséiiltp ilo sesiiuloxyile cio fc“r. — Ce corps s’obtient, d après Ouibourt 2), en traitant par l’acide arsénieux une solntion de sulfate de protoxyde <le fer oxydée par l’eau régale, puis neutralisée ]iar l’ammoniaque. C'est un précipité jaune foncé dont la composition répond à la formule

2Fc20a,3AS03 + 7HO.

Arsénlatc cle |»rotoxycle de fer. — L’arséniate d ammoniaque donne un précipité blanc avec le sulfate de protoxyde de fer. Sa composition est, d’après Chenevix : »

ÔFcO,ASOS,6HO.

ArMéiiiatc rori'OMo-rori'i(|iio. - Ce corps se trouve dans la nature et les minéralogistes le désignent sous le nom de fer arséniaté.

Arsuniate de He.^<|uIoxyde de fer. — On l’obtient en faisant bouillir le fer arséniaté avec un excès de potasse caustique. Le résidu, insoluble dans l’ammoniaque, a la composition suivante ;

i6Fe203,AS03,24H0.

8ie8<|iiini>Nénlate de fer. — On l’obtient par l’action de l’arséniate disodique sur le perchlorure de fer. Sa composition est ;

2Fc203,5AS0^I2H0.

Arséniaté de ses<|iiIoxyde de fer et «le eliaiix. — Ce corps se trouve dans la nature et on le désigne sous le nom d’arséniosidérite. Sa densité est de 5,52.

SulfarMénlte ferreux. — Ce corps, ainsi que les suivants, s’obtient par double décomposition, il est brun noirâtre.

Sulfarsénlte fei'rltiue. — Précipité vert olive.

Siilfarsésilate ferreux. — Précipité brun foncé.

SiilfarMéulate ferrlifiie. —Précipité gris verdâtre.

Arséiilosiilfate de peroxyde de fer. — C’est le minéral connu sous le nom de pittizite. Sa densité varie entre 2,3 et 2,4. Sa composition, d’après Stromeyer, est :

4(Fe203,S03) + 2 Fc203AS03 + 4.5HO.

Fer arséniaté. — ÉTAT naturel. — Ce minéral, d’un vert foncé, est toujours cristallisé; en lames minces, il est transparent; sa cassure, inégale, conchoïde, présente un éclat gras. Les cristaux ont souvent à l’extérieur un éclat très vif et adamantin. La variété décrite sous le nom particulier de beudantite est moins brillante, et ses faces sont ondulées; ses lames, minces, sont également transparentes.

La dureté du fer arséniaté est comparable à celle de la chaux carbonatée ; il est rayé par la chaux fluatée. La pesanteur spécifique est de 5.

La forme habituelle des cristaux de fer arséniaté est le cube. Dans quelques échantillons provenant de Cornouailles, les cristaux portent des troncatures a‘ sur quatre angles du cube ainsi que cela a lieu pour la boracite. M. Lévy annonce que cette dissymétrie est en rapport avec la propriété électrique et polaire de ces cris-

(1) DufriSnoy. Minéralogie, t.

^ux, et que le fer arséniaté fournit un exemple de plus de la relation qui existe '^'itre les anomalies de la cristallisation et les propriétés physiques des cristaux.

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