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PRÉPARATION DU CHROME

i® Vauquelin préparait lo chrome métallique en réduisant le sesquioxyde par le charbon.

Si l’on place du sesquioxyde de chrome dans un creuset brasqué et qu’on l’expose à un violent feu do forge, il s’agglomère et paraît ensuite recouvert d’une couche grenue ayant l’éclat métallique. Cette matière est un mélange impur do carbure et de siliciure de chrome. L’intérieur de la masse est formé de sesquioxyde qui n’a subi aucune altération. Quand la chaleur a été très intense, l’enveloppe métallique acquiert assez de cohérence pour qu’on puisse la détacher de l’oxyde et séparer ce dernier.

On peut substituer le chlorure de chrome hydraté au sesquioxyde, le mélanger de charbon et calciner fortement. Nous reproduisons ici la préparation du chrome indiquée par Vauquelin en i8;!o, telle qu’elle résulte d’une note adressée par ce savant à M. Gaultier de Claubry, alors répétiteur du cours de Thénard à l’École polytechnique.

« Lorsqu’on cherche à réduire le chrome en employant Toxyde et le charbon, l’opération ne réussit jamais bien, quel que soit le degré de chaleur auquel on soumette le mélange.

« L’acide chromique se réduit moins difficilement que Toxyde, et de 72 parties, M. Vauquelin a retiré 24 parties de chrome métallique.

« Mais le muriate de chrome est celui qui lui a le mieux réussi. Voici le procédé tel qu’il a été pratiqué et qui n’est détaillé ni dans les Annales de chimie ni dans le Journal des mines, où se trouvent les mémoires :

« lo Traiter le chromate de plomb en poudre impalpable par 4 à 5 fois son poids d’acide hydrochlorique jusqu’à complète dissolution.

« 2» Évaporer à siccité et reprendre le muriate de chrome par l’alcool, pour n’avoir point de cldorure de plomb.

« 3» L’évaporer de nouveau à une douce chaleur jusqu’à consistance sirupeuse, et en former une boulette avec suffisante quantité d’huile et un peu de charbon, si cela est nécessaire, pour en faire une pâte.

« 4" La mettre dans un petit creuset brasqué, renfermé lui-môme dans un autre creuset rempli de poussière de charbon, et soumettre le tout à un bon feu de forge pendant environ une heure [Ann. de ch. et de ph., t. XLV, p. 109, i83o]. »

2“ Bunsen a obtenu le chrome par voie électrolytique de la fhçon suivante. Un creuset de charbon rempli d’acide chlorhydrique forme le pôle positif et est placé au milieu d’un creuset de porcelaine plus grand que Ton chauffe au bain-marie. Au centre du creuset de charbon, on place un petit vase poreux destiné à recevoir le liquide à décomposer ; on y plonge une lame de platine étroite qui forme le pôle négatif. Grâce à cette disposition, on voit que le courant rayonne de toute la surface intérieure du creuset de charbon vers la surface très peu étendue de la lame ou du fil de platine. En se concentrant ainsi vers cette dernière surface, il y acquiert une grande densité.

Si Ton décompose dans ces conditions une solution de sesquichlorure de chrome, on obtient le chrome métallique en plaques de plus de 5o millimètres carrés.

Ces plaques sont parfaitement cohérentes, mais très friables ; la surface qui touche la lame de platine est polie et brillante.

Le chrome, obtenu parce procédé, ressemble au fer par son aspect extérieur ; à Tair humide, il est plus stable que ce métal ; chauffé à Tair, il brûle en formant de Toxyde de chrome. L’acide chlorhydrique et Tacide sulfurique étendu le dissolvent difficilement en dégageant de l’hydrogène et en formant un sel de protoxyde ; Tacide nitrique môme bouillant ne l’attaque que très lentement [Bunsen. Fogg. Ann., t. XCI, p. 619, Sur la préparation du chrome et de quelques autres métaux par voie galoanique].

3“ Deville a rendu possible la réduction du sesquioxyde de chrome par le char-

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bon en employant une température suffisamment élevée, et il a obtenu le premier le chrome fondu en lingots d’une centaine de grammes. Il mélangeait intimement de 'oxyde de chrome pur et du charbon de sucre, et chauffait le tout dans un creuset de chaux.

Cette méthode permettait de préparer non seulement le chrome, mais les métaux voisins tels que le manganèse, le fer, le nickel et le cobalt. Les corps, obtenus par le procédé de Deville, renferment toujours une petite quantité de carbone, mais ils sont exempts de silicium.

Pour répéter l’expérience de Deville, on place sur une forge portative munie dun bon soufflet, un cylindre en terre réfractaire de la centimètres de diamètre intérieur. Dans le fond du cylindre, est encastrée une grille percée de petites ouvertures qui forme la cavité de la forge. On place au milieu de cette grille un creuset en chaux non hydraulique, à parois épaisses, et dans l’intérieur de ce creuset, un autre contenant la matière à fondre. Le creuset extérieur est destiné à protéger le petit creuset contre l’action de la scorie formée dans la combustion du charbon.

On chauffe le double creuset avec du charbon de bois, lentement d’abord pour ne pas fendiller la chaux. Lorsqu’il a été amené au rouge, on remplit le manclmn d’escarbilles bien dépouillées de mâchefer, et l’on active la combustion au moyen du soufflet de la forge.

L’échauffement maximum se produit à a ou 5 centimètres de la grille et se maintient jusqu’à une hauteur de 7 à 8 centimètres ; c’est par conséquent dans cette zone que doit se trouver la matière à fondre. Une heure de chauffe suffit pour amener à l’état liquide toutes les matières qui ne sont pas plus réfractaires que le platine ou le quartz.

Si l’on remplace les escarbilles par du charbon de cornue, on obtient une température plus élevée, mais il est prudent, dans ce cas, de recouvrir la grille de morceaux de chaux grossièrement concassés si l’on veut éviter sa fusion.

Deville, ayant préparé du clirome dans les conditions que nous venons d’indiquer» et ayant eu soin d’employer une quantité de charbon insuffisante, a obtenu une masse métallique entourée d'oxyde et d’un chromite de chaux cristallisé.

Le chrome était bien fondu, mais non rassemblé en culot, quoique la chaleur employée ait été telle qu’elle eût suffi à fondre et à volatiliser le platine.

Sous le rapport de la dureté, le chrome, ainsi préparé, ne peut être compar qu’au corindon qu’il ne raye pas, mais qui ne parait pas le rayer non plus. Ce métal est attaqué très facilement à la température ordinaire par l’acide chlorhydrique. L’action de l’acide sulfurique dilué est très faible et celle de l’acide azotic(ue, soit faible, soit concentré, est nulle [Mémoire sur la -production des températures très élevées, par Sainte-Claire Deville. Ann. de ch. et de ph. (.î), t. XLI, p. 35L i854].

4“ Les procédés que nous avons décrits jusqu’ici ne fournissent le chrome qu’à l’état fondu ou à l’étet amorphe. C’est à M. Fremy que l’on doit la première méthode de préparation du chrome cristallisé.

Ce savant a obtenu des cristaux de chrome, en faisant réagir la vapeur de sodium sur le sesquichlorure de chrome dans une atmosphère d’hydrogène.

La décomposition se fait dans un tube de porcelaine que l’on chauffe au rouge et la vapeur de sodium, entraînée par un courant d’hydrogène, vient réagir sur le chlorure de chrome placé dans une petite nacelle. Sous l’influence du chlorure alcalin qui prend naissance dans la réaction, ou grâce à l’action des vapeurs de chlorure de chrome sur la vapeur de sodium, le métal se dépose à l’état cristallisé.

La masse est reprise par l’eau bouillante pour dissoudre le clilorure, et il reste des cristaux de chrome d’un bel éclat métallique.

Ces cristaux appartiennent au système cubique, Ils sont très durs et résistent à l’action des acides concentrés et de l’eau régale [Fremy. Comptes rendus de l’Académie des sciences, t. XLIV, p. 653, 1857].

5“ Wcehler avait d’abord préparé le chrome en appliquant au chlorure violet la méthode qui lui avait permis d’isoler l’aluminium. Il chauffait un mélange de potassium et de chlorure de chrome, et obtenait, dans ces conditions, une poudre grisâtre, facilement inflammable, qui était du chrome amorphe impur.

Reprenant ensuite l’étude de cette préparation, il obtint le chrome en réduisant le chlorure par le zinc en fusion. Cette expérience se fait de la façon suivante : on mélange i partie de sesquichlorure de chrome avec 3 parties de clilorure double de potassium et de sodium (7 de chlorure de sodium et g de chlorure de potassium fondus ensemble) ; on introduit ce mélange dans un creuset ordinaire, on le tasse et on dispose par-dessus 2 parties de zinc en grenaille, que Ton recouvre d’une couche du flux précédent.

Le creuset e.st ensuite chauffé graduellement jusqu’à ce que ki masse soit devenue! incandescente et soit entièrement en fusion. Dès que l’on entend un bruissement provenant de l’ébullition du zinc et que l’on aperçoit une flamme verte en enlevant, un moment, le couvercle du creuset, l’intensité du feu est diminuée et l’on maintient la masse en fusion pendant dix minutes. Après avoir retiré le creuset du foyer, on lui imprime quelques légères secousses pour rassembler le métal, puis on laisse refroidir.

Sous une scorie verte se trouve alors un culot de zinc bien fondu. Celui-ci, nettoyé avec de l’eau, offre une surface miroitante, d’un aspect damassé dû à la présence de petits cristaux de chrome. Four obtenir ce métal, on dissout le zinc dans

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