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V. — Carbures forméniques et hydrogène

Le résidu contient les carbures forméniques et l’hydrogène; on en fait la combustion eudiométrique, ce qui ne donne que les rapports des deux éléments C et H dans le mélange. S’il faut distinguer divers carbures C 2n H 2,l + 2 , il est nécessaire de recourir à l’emploi méthodique des dissolvants. Mais une pareille analyse présente de grandes difficultés et ne peut être tentée que si l’on opère sur des volumes assez considérables.

Il a été question dans ce qui précède de la séparation de diverses vapeurs facilement liquéfiables ; il est important de remarquer que, pour le succès de pareilles analyses, le mélange gazeux ne doit être saturé par aucune de ces vapeurs, ni capable de le devenir par suite des diminutions de volume que pro-

(1) Rappelons que l’absorption de la vapeur de benzine et celle de l’acétylène ne sont pas

duisent les réactifs absorbants. 11 est évident que s’il en était ainsi, l’action de ces réactifs absorbants pourrait déterminer, à un moment donné, la condensation partielle de teEe ou telle de ces vapeurs, ce qui fausserait les résultats.

44. Cyanogène. C 1 2 Az. — Le cyanogène est un gaz incolore, d’une odeur piquante rappelant les amandes amères, irritant vivement les yeux et les muqueuses nasales. 11 est décomposé, par l’étincelle électrique, en azote et charbon; cette décomposition s’arrête bientôt par suite du dépôt entre les électrodes d’un fil de charbon tubulaire, à l’intérieur duquel passe l’étincelle; si l’on détermine la rupture de ce fil de charbon, la décomposition continue.

Le cyanogène brûle avec une flamme rouge très caractéristique ; sa combustion, en présence de deux volumes d’oxygène, produit deux volumes d’acide carbonique et un volume d’azote. Le volume ne change donc pas.

C*Az + 40 = Az + 2 CO*

Mais cette combustion est, en général, compliquée par la formation de produits oxygénés de l’azote.

Le cyanogène est soluble dans l’eau ; à 20° un volume d’eau dissout environ quatre volumes et demi de cyanogène; cette solution s’altère peu à peu en donnant une série de produits complexes. L’éther dissout aussi le cyanogène. L'alcool en absorbe vingt-trois fois son volume.

Il est absorbé par les alcalis ; l’ammoniaque gazeuse se combine lentement avec lui, en donnant une combinaison solide.

On dose le cyanogène en l’absorbant au moyen d’un morceau de potasse. La combustion eudiométrique ne fournit pas de résultats précis.

45. Acide cyanhydrique. C 2 AzH.— L’acide cyanhydrique qui bout à + 26”, peut cependant être quelquefois manié à l’état gazeux. Il possède une forte odeur d’amandes amères, un peu différente de ceUe du cyanogène ; il brûle avec une flamme blanche bordée de pourpre, en produisant de l’acide carbonique, de l’eau, de l'azote. L’étinccUe électrique le détruit en acétylène et azote; mais cette décomposition est limitée par l’action inverse, car on sait que l’étincelle détermine la formation d’acide cyanhydrique dans un mélange d’azote et d’acétylène.

L’acide cyanhydrique est très soluble dans l’eau. Il est absorbé par les alcaEs, et par divers oxydes métaEiques (oxyde de mercure).

Le cyanogène est souvent mêlé d’acide cyanhydrique (1) ; la séparation de ces deux gaz est assez difficile ; on peut cependant conseiEer l’emploi de l’oxyde de mercure, qui laisse le cyanogène inaltéré.

46. Chlorure de cyanogène. CyCl. — Le chlorure de cyanogène bout vers + 16°. Sa densité est 2,124. Il a une odeur très irritante provoquant la toux et les larmes. Il n’est pas combustible (2J. Les alcalis l’absorbent; il se combine avec le gaz ammoniac (cyanamide et chlorhydrate d’ammoniaque).

(1) Lorsqu’il a été préparé avec du cyanure de mercure mal desséché.

(2) Cependant Gav-Lussac a pu déterminer sa composition, par les procédés eudiométriques, en opérant la combustion eu présence de l’oxygène mêlé d’un excès de gaz tonnant.

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L’eau en dissout 25 volumes vers 20°, l’éther 50 volumes, l’alcool 100 volumes.

47. Chlorure de méthyle. C S H 3 C1. — Le chlorure de méthyle, ou éther méthylchlorhydrique, est un gaz incolore, d’une odeur éthérée, peu soluble dans l’eau (4 vol.), plus soluble dans l’alcool (35 vol.) Il brûle avec une flamme fuligineuse, bordée de vert ; ce caractère de la flamme s’applique, en général, aux composés organiques chlorés. La combustion donne naissance à de l’eau, à de l’acide chlorhydrique et à de l’acide carbonique :

C 2 IFC1 + 60 = 2C0 2 + HCl + 2HO

Le meilleur moyen pour constater la présence du chlore (ou du brome) dans un gaz carboné, consiste à le faire brûler, et à verser ensuite dans l’éprouvette du nitrate d’argent acide ; si le gaz contenait du chlore, il se produira un précipité blanc insoluble dans l’acide nitrique. Il peut arriver quelquefois qu’on obtienne un précipité blanc avec un gaz non chloré ni bromé; ce précipité résulte de la formation d’acétylène pendant la combustion incomplète du gaz carboné, et n’est autre chose que de l’acétylure d’argent. On peut d’autant mieux confondre ce précipité avec le chlorure d’argent, qu’il est assez difficilement soluble dans l’acide nitrique. Pour éviter sa formation, il convient d’ajouter d’avance au nitrate d’argent une forte proportion d’acide nitrique (Berthelot). Le nitrate d’argent n’a aucune action sur le chlorure de méthyle lui-même.

48. Bromure de méthyle C 2 H 3 Br. — Peu soluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, bout vers 13°.

49. Fluorure de méthyle C ! H 3 F. — La fluorure de méthyle est un gaz incolore, peu soluble dans l’eau, d’une odeur éthérée agréable.

50. Oxyde de méthyle C 4 H 6 O 2 . — L’oxyde de méthyle est incolore, d’une odeur éthérée, soluble dans l’eau (37 volumes) : Il se dissout aussi abondamment dans l’alcool ordinaire, dans l’alcool méthylique, dans l’acide sulfurique. Il brûle avec une flamme pâle analogue à celle de l’alcool, sa combustion dans l’eudiomètre a lieu suivant les rapports de volumes suivants :

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