‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 11 sur 285 · II. — DOSAGE DE L’ACIDE PHOSPHORIQUE DANS UN PHOSPHATE PRÉCIPITÉ · texte numérisé non relu

II. — DOSAGE DE L’ACIDE PHOSPHORIQUE DANS UN PHOSPHATE PRÉCIPITÉ

Lorsque l’acide phosphorique a été en solution et qu’il a été précipité par un lait de chaux, il forme un phosphate de chaux bibasique extrêmement divisé et qu’on regarde comme facilement assimilable par les végétaux. Le phosphate ainsi obtenu a la propriété d’être décomposé à l’ébullition par l’oxalate d’ammoniaque, et on a proposé' d’employer cette propriété pour le séparer des phosphates naturels ; mais cette séparation n’est pas très parfaite, puisque ces derniers peuvent être également attaqués dans une assez forte proportion, par le même réactif ; nous conseillons d’employer pour ces phosphates précipités les mêmes procédés que pour les phosphates

rétrogrades, e’est-à-dire de les mettre en contact avec le citrate d’ammoniaque qui en opère la dissolution.

§ 12. — SCORIES DE DÉPHOSPHORATION.

On emploie depuis quelque temps des scories qui proviennent des opérations effectuées dans l’industrie métallurgique, pour enlever le phosphore à la fonte par le procédé de Thomas et Gilchrist. Ces scories contiennent des quantités très variables d’acide phosphorique à un état dont le degré d’assimilabilité n’a pas encore été complètement démontré, mais il semble qu’à l’état pulvérulent elles doivent pouvoir céder leur acide phosphorique aux racines des plantes. Malgré la température élevée à laquelle ces scories ont été soumises, les phosphates qui s’y trouvent sont relativement assez solubles ; une certaine quantité même existe à l’état soluble dans le citrate d’ammoniaque.

Les substances qui accompagnent l’acide phosphorique de cette scorie sont la chaux, le fer, existant en grande partie à l’état de protoxyde, en petite quantité à l’état de peroxyde. Il y a souvent aussi des parcelles de fer métallique. On y trouve en outre de la silice, un peu d’acide sulfurique, etc.

L’état de protoxyde dans lequel se trouve le fer semble devoir nécessiter quelques précautions dans l’emploi de ces produits que leur bon marché rendrait d’ailleurs très accessible aux cultivateurs. Ainsi il conviendrait de semer ces engrais à la surface du sol longtemps avant de les enterrer par les façons culturales, afin de permettre au protoxyde de fer de se transformer en peroxyde au contact de l’air.

L’analyse de ce produit peut se faire exactement comme celle d’un phosphate de chaux naturel, à la condition toutefois de transformer tout le fer en sesquioxyde. On commence par dissoudre 1 gramme de matière finement pulvérisée dans l’acide chlorhydrique bouillant, on évapore à sec pour séparer la silice, on reprend de nouveau par l'acide chlorhydrique et puis on ajoute à l’ébullition de l’acide azotique, soit environ 5 centimètres cubes. On fait bouillir jusqu’à disparition des vapeurs rutilantes et on traite ensuite par l’ammoniaque ; l’acide citrique et le chlorure de magnésium, comme dans un dosage ordinaire.

Lorsque les quantités d’acide phosphorique sont très faibles, on peut faire ce dosage au moyen du molyhdate d’ammoniaque ; dans ce but on opère sur 5 décigrammes de matière qu’on dissout encore par l’acide chlorhydrique ; après séparation de la silice, on reprend par l’acide azotique, on évapore à sec à 2 ou 3 reprises, toujours avec de l’acide azotique, jusqu’à ce que le chlore soit totalement éliminé. Dans la liqueur azotique, on verse le nitro-molybdate d’ammoniaque, on recueille le précipité avec les précautions ordinaires, on le transforme en phosphate ammoniaco-magnésien et on le pèse à l’état de pyrophosphate de magnésie.

L’attaque préalable par l’acide chlorhydrique est indispensable parce que l’acide azotique peut ne pas dissoudre intégralement les phosphates.

§ 13. — DOSAGE DE L'ACIDE PHOSPHORIQUE DANS UN ENGRAIS OU UN PHOSPHATE PAR LE NIOLYBDATE D’AMMONIAQUE.

La précipitation par le molyhdate d’ammoniaque peut être utilisée pour le dosage

ENGRAIS

des engrais phosphatés en général, elle permet d’éliminer toutes les substances qui entravent le dosage dans le procédé ordinaire.

5 grammes d’engrais phosphaté à analyser sont attaqués, dans un ballon, par 20 centimètres cubes d'eau et 20 centimètres cubes d’acide azotique; on fait bouillir pendant un quart d’heure, puis, après refroidissement, on amène le volume total à 100 centimètres cubes. Lorsqu’on a affaire à un phosphate très riche, on prend 10 centimètres cubes de cette solution correspondant à 0=r,5 ; pour les engrais moyennement riches en acide phosphorique (10 à 25 pour 100) on prend 20 centimètres cubes de liqueur, correspondant à 1 gramme ; enfin pour les engrais ayant moins de 10 pour 100 d’acide phosphorique, on prend 40 centimètres cubes représentant 2 grammes.

Quoi qu’il en soit, le volume est amené à 50 centimètres cubes, après qu’on a ajouté 10 centimètres cubes d’aeide azotique et 6 ou 7 grammes de cristaux d’azotate d’ammoniaque. Le liquide est placé dans un vase de Bohême d’au moins 500 centimètres cubes de capacité; on y ajoute 50 centimètres cubes de liqueur molybdique, par chaque décigramme d’acide phosphorique supposé contenu dans la liqueur et on porte le mélange à 90°, au bain marie, pendant une heure ; au bout de ce temps on voit, sur une petite quantité de liqueur claire, si une nouvelle addition de molybdate ne détermine pas de précipité. Dans le cas affirmatif, il faudrait ajouter encore 50 centimètres cubes de liqueur molybdique et chauffer de nouveau, pendant une heure au bain marie à 90°. On filtre et on lave au moyen d’une solution contenant 5 pour 100 de nitrate d’ammoniaque et 1 pour 100 d’acide azotique; puis on dissout le précipité dans quelques centimètres cubes d’ammoniaque et on lave le filtre avee de l’eau contenant 30 pour 100 d’ammoniaque, dont on ajoute une quantité totale d’environ 50 centimètres cubes. Dans cette liqueur on verse peu à peu, et en agitant constamment, 10 centimètres cubes du mélange magnésien ci-dessous indiqué par décigramme d’acide phosphorique supposé dans la liqueur. Au bout de quelques heures on recueille, sur un filtre, le phosphate ammoniacomagnésien formé et on le lave avec de l’eau contenant 30 pour 100 d’ammoniaque. On calcine le précipité et on le pèse à l’état de pyrophosphate.

Préparation du molybdate d'ammoniaque. — 100 grammes d’acide molybdique sont dissous dans 400 grammes d’ammoniaque d’une densité de 0,95. On filtre et on reçoit le liquide, goutte à goutte, dans lks,5 d’acide azotique de 1 ,20 de densité, en agitant constamment. Ce mélange est abandonné pendant quelques jours dans un endroit chaud ; il forme un dépôt. Pour l’emploi on décante la partie claire.

Préparation de la liqueur magnésienne. — On fait dissoudre 50 grammes de carbonate de magnésie pur et 100 grammes de chlorhydrate d’ammoniaque dans 120 centimètres cubes d’acide chlorhydrique additionné de 500 centimètres cubes d’eau; après dissolution, on ajoute 100 centimètres cubes d’ammoniaque à 22“ et on complète, avec de l’eau, le volume de 1 litre.

Page 1