‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 16 sur 285 · DOSAGE DE L'AMMONIAQUE DANS UN ENGRAIS COMPLEXE · texte numérisé non relu

DOSAGE DE L'AMMONIAQUE DANS UN ENGRAIS COMPLEXE

Les engrais complexes contiennent généralement, outre l’ammoniaque toute formée, de la matière organique contenant de l’azote ; si l’on se servait, comme à l’article précédent, de chaux pour déplacer l’ammoniaque, on risquerait de transformer en ammoniaque une partie de cet azote organique et on aurait ainsi un dosage défectueux; pour empêcher cette action de se produire, on remplace la chaux par de la magnésie. L’opération se fait de la même manière que pour le sulfate d’ammoniaque, en opérant sur 1 gramme d’engrais et 1 gramme de magnésie calcinée. Si l’engrais est riche en sels ammoniacaux, on prend l’acide sulfurique titré normal, dont on opère la saturation au moyen de la liqueur de potasse.

Si au contraire l’engrais est pauvre, on prend, au lieu de 10 centimètres cubes d’acide sulfurique normal, 10 centimètres cubes d’acide sulfurique décime. Dans ce dernier cas, le titrage de cet acide se fait au moyen d’eau de chaux. 10 centimètres cubes d’acide décime correspondent à 0,02125 d’ammoniaque, soit à 0,0175 d’azote.

Il arrive quelquefois que, dans ces opérations, l’eau qui distille entraîne de l’acide carbonique qui reste dissous dans la liqueur distillée. Dans ce cas le titrage se fait d’une manière incertaine et il convient, avant le titrage, de se débarrasser de cet acide carbonique. On y arrive en chauffant à l’ébullition, pendant quelques instants, la liqueur contenue dans le ballon, en ayant grand soin d’éviter toute projection; on opère alors le dosage comme précédemment.

Préparation de la liqueur acide décime. — 100 centimètres cubes d’acide sulfurique titré normal sont versés dans une carafe jaugée de 1 litre.; on complète le volume à 1 litre avec de l’eau distillée, préalablement bouillie.

Préparation de l’eau de chaux. — On met 200 à 300 grammes de chaux éteinte dans un flacon bouché de 5 litres et on remplit avec de l’eau ; après avoir laissé déposer on jette l’eau qui a dissous les parties salines que la chaux pouvait contenir, et on remet de la nouvelle eau, en agitant de temps en temps. Pour employer cette eau de chaux, on la filtre dans un flacon bien bouché, dont le bouchon porte

2 tubes étirés au bout et recourbés à angle droit (fig. 5) ; l’un sert à l’écoulement de l’eau de chaux, et l’autre à la rentrée de l’air. Ces 2 tubes sont eux-mêmes bouchés, au moyen d’un petit tube de caoutchouc muni d’un obturateur en verre.

Préparation de la magnésie. — On triture dans un mortier le carbonate de magnésie en pain et on en fait une pâte homogène, en l’additionnant successivement de petites quantités d’eau ; on introduit cette pâte dans un flacon avec de l’eau distillée ; on décante de temps en temps la liqueur qui surnage, en la remplaçant par de nouvelle eau distillée, et en agitant fréquemment; cette opération a pour but d’enlever les alcalis qui sont généralement mélangés à ce produit.

On jette sur un entonnoir bouché par un tampon de coton, on laisse égoutter; ou sèche à l’étuve, on introduit dans un creuset en terre et on calcine pendant 1 heure, au rouge peu intense. Le produit obtenu est conservé dans des flacons bien bouchés.

§ 3. — DOSAGE DE L'ACIDE NITRIQUE DANS LES NITRATES (MÉTHODE DE M. SCHLŒSING).

Ce procédé est basé sur la transformation intégrale de l’acide nitrique en bioxyde d’azote, qu’on recueille à l’état gazeux et dont on prend le volume. — Il s’applique non seulement aux nitrates commerciaux, mais encore aux engrais dans lesquels on a introduit des nitrates.

On compare le volume de bioxyde formé à celui que donne une même quantité de nitrate parfaitement pur ; le rapport des deux volumes donne la proportion de nitrate réel contenu dans le produit essayé.

Essai d'un nitrate de soude. — On prépare une liqueur titrée contenant par litre 66 grammes de nitrate de soude pur et sec; on prend également 66 grammes du nitrate à essayer; qu’on dissout et qu’on amène au volume de 1 litre. L’appareil dans lequel se produit la réaction est un ballon de 150 centimètres cubes (fig. 8) ; ce ballon est muni d’un bouchon en caoutchouc percé de deux trous, qui porte un tube capillaire de 30 centimètres de longueur plongeant à 2 centimètres du fond du ballon ; l'autre bout du tube est relié par un tube de caoutchouc assez étroit, mais épais, à un petit entonnoir; il existe un intervalle de 25 millimètres entre le bout du tube et la douille de l’entonnoir ; à l’endroit libre du caoutchouc on place une pince qui, serrant le caoutchouc ferme d’une manière complète. L’autre trou du bouchon porte un tube à gaz recourbé à angle droit; relié par un caoutchouc à un autre tube recourbé comme le montre la figure ; la partie plongeant dans l’eau doit avoir de 20 à 30 centimètres de longueur afin de condenser la vapeur d’eau; le tube plonge dans une cuve d’une forme spéciale représentée dans la figure 7 et remplie d’eau. Si l'on fait une série de dosages successifs, il est bon délaisser couler constamment de l’eau qui élimine à mesure l’eau devenue chaude et chargée d’acide ehlorhydrique et qui maintient le niveau.

Dans le ballon on verse d’abord 40 centimètres cubes de solution de protochlorure de fer ; on place le bouchon et, par l’entonnoir, on fait couler 40 centimètres cubes d’acide chlorhydrique, en piuçant le caoutchouc au moment où. il reste

ENGRAIS

encore un peu d’acide chlorhydrique dans l’entonnoir. Cette opération a pour but d’éviter l’emprisonnement de l'air dans le tube capillaire ou la douille de l’entonnoir; cet air serait entraîné dans la suite et augmenterait le volume du bioxyde d’azote. L’appareil étant ainsi disposé, on place sous le ballon un bec de gaz muni d’une couronne et on chauffe de manière à produire une ébullition régulière, l’air se trouve expulsé et sort bulle à bulle; lorsque, par une ébullition de 5 à 6 minutes, tout l’air est expulsé, que par suite il ne se dégage plus que de la vapeur d’eau qui se condense au contact de l’eau froide, on place sur cette extrémité recourbée du tube un têt à gaz, sur lequel on renverse une cloche graduée de 100. centimètres cubes, exactement remplie d’eau; puis on verse dans l’enton-

Fig. 8.

noir, au moyen d’une pipette jaugée, a centimètres cubes de la liqueur titrée de nitrate pur et, ouvrant légèrement la pince, on laisse couler ce liquide très lentement dans le ballon ; on referme la pince avant que le liquide ait atteint la douille de l’entonnoir, puis on lave celui-ci avec 5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique qu’on verse, au moyen d’un tube étiré, sur tout le pourtour supérieur de l’entonnoir. Ce liquide est introduit à son tour, avec les mêmes précautions : on renouvelle ce lavage 3 fois, en ayant constamment soin d’empêcher toute rentrée de l’air; l’ébullition maintenue constamment dans le ballon, fait dégager le bioxyde d’azote qui se rend sous la eloche. On la prolonge jusqu’au moment où le volume de gaz n’augmente plus; alors, sans arrêter l’ébullition, on amène, en enfonçant plus ou moins la cloche, le niveau de l’eau dans celle-ci au niveau de l’eau dans la cuve ; il faut avoir soin de tenir la cloche avec une pince et non avec la main, puis on lit le volume occupé par le gaz dans la cloche, soit T.

On remplit de nouveau la cloche avec de l’eau, on la place sur le têt à gaz, le vide s’étant maintenu dans le ballon par l’ébullition qu on a laissée se continuer; on introduit par l’entonnoir 5 centimètres cubes de la solution du nitrate à essayer, en opérant exactement de la même manière et prenant les mêmes précautions que dans l’opération qui précède; on recueille de nouveau le bioxyde d’azote, on lit son volume comme on vient de l’indiquer, soit Y' le second volume obtenu : le

rapport — donnera la quantité de nitrate réel contenu dans 1 00 du produit essayé.

On peut faire 5 ou 6 dosages consécutifs sans renouveler les liquides du ballon et sans interrompre l’ébullition; dans ces conditions les dosages se font très rapidement ; mais il faut avoir la précaution de maintenir constamment le liquide du ballon à un volume sensiblement égal au volume primitif; les liquides qu’on introduit devant remplacer à mesure ceux qui disparaissent par l’ébullition. Si la concentration devenait trop forte, il faudrait ajouter assez d’acide chlorhydrique pour ramener au volume voulu.

Essai d'un nitrate de potasse. — Lorsqu’on veut déterminer la proportion de nitrate de potasse réel contenu dans un nitrate commercial, on opère exactement de la même manière, mais la concentration des liqueurs employées est différente ; on prend 80 grammes de nitrate de potasse pur qu’on amène à un litre, on prend également 80 grammes de nitrate à essayer pour 1 litre . Le rapport du volume de bioxyde d’azote du nitrate essayé à celui fourni par le nitrate pur donne la proportion de nitrate de potasse réel contenu dans 100 du produit examiné.

Préparation de la solution de protochlorure de fer. — On prend 200 grammes de pointes de Paris, on le met dans un ballon avec 100 centimètres cubes d’eau et on y ajoute peu à peu, en chauffant, assez d’acide chlorhydrique pour que le fer soit dissous; on amène le volume de la liqueur à un litre.

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