DOSAGE APPROXIMATIF DE LA CHAUX DANS UNE MARNE
La marne, fréquemment employée comme amendement, doit ses qualités au carbonate de chaux qu’elle renferme. C’est là l’élément principal qu’il faut y doser. On peut dans ce but, lorsqu’on n’a pas besoin d’une grande précision, se borner à apprécier le calcaire par l’acide carbonique que dégage la marne, lorsqu’on la traite par un acide. Yoici comment on opère : Dans un petit ballon mince B (fig. 1) on introduit 3 grammes de marne en poudre, puis on y adapte un bouchon portant une arppéule i'Êjmplie^d’apide azotique, qui se trouve maintenu par un bouchon L; il pqrtè en "'outre ' un tubé T rempli de ponce imbibée d’acide, sulfurique. On jpesç Tajmaréil ainsi monté, puis enlevant le bouchon L, on laisse tomber peu à peu l’àêide azotique dans le ballon, et on replace le bouchon L. L’acide carbonique se
ENGRAIS
dégage par le tube T et cède à l’acide sulfurique l’eau qu’il entraînait. Lorsque toute effervescence a cessé, on aspire lentement avec la bouche de l’air par le tube T, en enlevant le bouchon L. Tout l’acide carbonique se trouve ainsi éliminé ; en portant de nouveau l’appareil sur la balance, on constate une diminution de poids due au départ de l’acide carbonique et qui, multipliée par 2,27, donne le carbonate de chaux contenu dans les 3 grammes de marne. Cette méthode est loin
d’être précise ; il vaut mieux doser l’acide carbonique, d’une manière beaucoup plus exacte, avec l’appareil de M. Schlœsing décrit plus loin, en employant lgr de marne.
§ 3. — DOSAGE DE LA CHAUX DANS UN CALCAIRE. — PIERRE A CHAUX TANGUES, MERLS, FALUNS, ETC.
Ces diverses substances sont employées comme amendements calcaires, principalement dans les sols granitiques ou siliceux. On se contente ordinairement d’y doser la chaux.
On pèse 1 gramme de la matière préalablement réduite en poudre, et on l’introduit dans un ballon à fond plat; de 250 centimètres cubes de capacité ; on y ajoute 8 centimètres çubes d’acide chlorhydrique et 10 centimètres cubes d’eau; on chauffe au bain de sable pendant 10 minutes, puis on verse le contenu du ballon dans une capsule à fond plat ; on lave le ballon 3 fois, chaque fois avec 1 0 centimètres cubes d’eau distillée et on rajoute les liqueurs dans la capsule. On évapore au bain de sable et on retire la capsule dès qu’il ne se produit plus de vapeurs. Il importe de ne pas dépasser la température de 100 degrés, chaque fois qu’on sépare la silice parce moyen; car à. une température plus élevée elle pourrait réagir sur les sels dont elle déplacerait l’acidè, pour former à nouveau un silicate. On reprend alors par 5 centimètres cubes d’acide chlorhydrique et 15 centimètres cubes d’eau et on filtre sur un petit filtre à plis. On lave la capsule 4 fois, chaque fois avec 10 centimètres cubes d’eau distillée, on rajoute à mesure ces eaux de lavage sur le filtre, en ayant soin de laisser écouler complètement le liquide qui s’y trouve avant d’en ajouter de nouveau. Finalement on lave le filtre 2 fois, chaque fois avec 10 centimètres cubes disait eu, ayant soin de laifairei tomberjigoutte ù goutte, £ur tout le pourtour supé-.
rieur du filtre. On sature alors l’acide par de l’ammoniaque, jusqu’à ce qu’une goutte de liqueur, placée sur un papier de tournesol rouge, le fasse virer au bleu. On ajoute 15 centimètres cubes d’acide acétique et, dès que la liqueur s’est éclaircie, 15 centimètres cubes d’une solution, saturée à froid, d’oxalate d’ammoniaque.
On laisse le précipité se déposer pendant quelques heures dans un endroit un peu chaud; puis, après s'être assuré qu’une nouvelle addition d’oxalate d’ammoniaque ne produit plus de précipité dans la liqueur claire, on décante sur un petit filtre plat en papier Berzélius ; on fait tomber la matière sur le filtre au moyen d’eau chaude, en ayant soin de détacher, avec une barbe de plume, la matière adhérente ; on lave la matière qui est sur le filtre trois ou quatre fois avec de petites quantités d’eau chaude, de manière à faire tomber le précipité dans le fond du filtre; on arrête le lavage lorsque la liqueur qui passe ne rougit plus le papier bleu de tournesol.
On porte alors l’entonnoir à l’étuve, et lorsque le précipité est sec on le détache avec précaution et on le fait tomber sur une petite feuille de papier noir glacé; le filtre est introduit dans un creuset de platine recouvert d’un couvercle ; on chauffe avec beaucoup de précaution sur un bec de gaz et, au bout d'un certain temps, on enlève le couvercle du creuset et on continue à chauffer pour achever l’incinération du filtre.
Quand tout le charbon a disparu, on retire le creuset du feu et on y introduit la matière recueillie sur le papier, on chauffe pendant 10 minutes au rouge, puis, après avoir laissé refroidir de nouveau, on rajoute 1 ou 2 décigrammes de carbonate d’ammoniaque pulvérisé. Cette addition a pour but de retransformer en carbonate de chaux la petite quantité de ce corps qui, par le fait de la calcination, aurait pu revenir à l’état de chaux vive. On mélange le tout avee un fil de platine, on couvre le creuset, et on chauffe d’abord a une température peu élevée, puis au rouge sombre pendant 10 minutes; on pèse immédiatement après le refroidissement et on obtient là chaux à l’état de carbonate.
Si l’on dispose d’une -source de chaleur assez intense, telle que le four de M. Schlœsing ou celui de MM. Leclerc et Forquignon, il vaut mieux chauffer la matière au blanc pendant 5 minutes, on obtient alors la chaux à l’état de chaux vive. Nous décrirons plus loin, à propos de l’analyse des silicates, les procédés de chauffage employés par M. Schlœsing.