‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Méthodes analytiques appliquées aux substances agricolesChapitre 58 sur 285 · de potasse · texte numérisé non relu

de potasse

Mais on peut objecter à cette manière de formuler la richesse d’un hectare de terre, que la profondeur à laquelle pénètrent les racines varie avec les diverses récoltes et avec la compacité plus ou moins grande du sous-sol. Au lieu d’introduire dans le calcul des facteurs si variables et d’arriver ainsi à des chiffres plus ou moins faux, il vaut mieux s’en tenir à ceux que l’analyse chimique a donnés pour la terre fine et les rapporter à la masse totale de la couche arable, en les corrigeant par un coefficient qui représente la proportion de terre fine que cette couche arable renferme.

Voici un exemple pris dans l’analyse d’une terre de eraie de Champagne. La craie est fendillée jusqu’à de grandes profondeurs ; plus on se rapproche de la surface, plus les fentes sont voisines et s’entrecroisent, en sorte qu’elles divisent la roche en cubes irréguliers qui deviennent de plus en plus petits, mais qui sont souvent

TERRES

assez gros dans la couche arable pour que plus de la moitié ne traverse pas le tamis de dix fils par centimètre. L’échantillon A n’a fourni que 55,05 de terre fine et l’échantillon B que 27,94 pour 100. L’analyse chimique a donné pour 1000 de terre fine :

Acide phosphorique . lsr,678 lsr,436

Potasse . 2 ,516 2 ,244

Azote total . 1 ,780 1 ,120

Voilà deux terres qui paraissent abondamment pourvues de tout, et cependant, la première ne donne de bonnes récoltes qu’à la condition d’y employer des phosphates et surtout des sels de potasse. La deuxième est très peu fertile : il lui faut à la fois de l’azote, de l’acide phosphorique et de la potasse.

Ces faits s’expliquent aisément si, au lieu de considérer la composition chimique de la terre fine comme celle de l’ensemble de la couche arable, on la réduit à sa valeur exacte, en multipliant les chiffres trouvés par 0,53 pour la terre A et par 0,28 pour la terre B. Nous trouvons alors comme expression réelle de la richesse de ces deux terres :

Acide phosphorique . 0*r,889 0»’1', 402

Potasse . ... ; 1 ,333 0 ,628

Azote total . 0 ,943 0 ,401

Les’ coefficients employés pour cette réduction sont d’autant plus forts que le tamis employé pour obtenir la terre fine a des mailles plus petites et comme d’un autre côté, les dosages sont d’autant plus élevés que la terre est plus fine, cette correction a le grand mérite de rendre plus comparables les résultats des chimistes qui se servent de tamis de divers numéros.

11 est bon de donner à la fois dans les tableaux d’analyses, les résultats de l’analyse physique des terres, ceux de l’analyse chimique de la terre fine, et ces derniers corrigés d’après les premiers, mais en exceptant les terres qui contiennent moins de 10 pour 100 de gros sable, car dans ces limites le gros sable augmente la perméabilité des tei’res fortes et est plus utile que nuisible.

Méthode d'analyse. — On pese 50 grammes de terre, passée au tamis de 1 millimètre, que l’on place dans une capsule de porcelaine ; après avoir humecté la terre avec de l’eau, on verse goutte à goutte de l’acide nitrique, en agitant, jusqu’à décomposition complète des carbonates, puis on ajoute 50 centimètres cubes d’aeide azotique à 36° B. Le contenu de la capsule est soumis à l'ébullition et évaporé au bain de sable jusqu’à consistance pâteuse ; ce chauffage doit durer environ cinq heures, on reprend par l’eau bouillante, on filtre et on amène le volume du liquide à 250 centimètres cubes.

Quant aux procédés de dosage, MM. Risler et Colomb-Pradel n’insistent pas sur les uns plutôt que sur les autres. On peut employer, soit ceux qui sont décrits à la page 165, d’après M. Aubin, soit ceux que M. P. de Gasparin a décrits dans son traité de la détermination des terres arables dans le laboratoire.

Acide phosphorique. — Le filtre sur lequel on a rassemblé !e phosphate de fer est placé dans la capsule qui a servie à la précipitation par l’ammoniaque, on ajoute de l’acide azotique et on laisse digérer au bain de sable jusqu’à dissolution complète du phosphate, on filtre, on lave. Le liquide filtré évaporé à 20 centimètres cubes, dans un petit verre de Bohême, est additionné à froid de 50 centimètres cubes de nitro-molybdate d’ammoniaque, on laisse déposer pendant douze heures et on termine le dosage, comme précédemment en pesant le phospho-molybdate d’ammoniaque sur un double filtre taré.

Chaux. — On ajoute de l’ammoniaque, au liquide qui renferme cette base, puis de l’oxalate d’ammoniaque pour précipiter la chaux, que l’on recueille comme habituellement au bout de douze heures. Le liquide filtré, est traité par l'eau régale, pour détruire les sels ammoniacaux, on évapore à sec, dans une petite capsule, on ajoute de l’acide nitrique, on évapore à sec, on reprend par l’eau, on ajoute du carbonate de baryte pur, en pâte, on filtre, on évapore à sec.

Magnésie. — On place dans la capsule un mélange d’acide oxalique et d’acide tartrique (20 p. d’acide oxalique et 1 p. d'acide tartrique) on calcine, jusqu’à ce que les cendres soient bien blanches, on reprend par l’eau chaude, on filtre, la magnésie, reste sur le filtre, on incinère et on pèse.

Potasse. — La liqueur filtrée après le traitement par le mélange d’acide oxalique et d’acide tartrique renferme la potasse à l’état de carbonate, on ajoute de l’acide perchlorique, on évapore de nouveau à sec et on termine le dosage de la potasse à l’état de perehlorate.

Au lieu d’attaquer, comme le fait M. P. de Gasparin, la terre fine par l’eau régale, ils ont employé seulement l’acide nitrique à la température de 120° pendant environ cinq heures.

Afin de pouvoir comparer leurs chiffres avec ceux de M. P. de Gasparin, ils ont traité deux terres de diverses natures successivement : 1° d’après la méthode de M. de Gasparin qui porphyi’ise dans un mortier d’agate la terre fine, obtenue par le tamis de dix fils au centimètre et l’attaque ensuite par l’eau régale ; 2° en l’atta- . quant par l’eau régale sans la porphyriser ; 3° en l’attaquant par l’acide nitrique sans la porphyriser, procédé auquel ils se sont arrêtés.

Voici les résultats comparatifs pour la potasse dosée dans 1 kilogramme de terre fine :

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