‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 100 sur 266 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Marbre de Carrare.

Très grasse.

Vaugirard .

id.

Leyment (Ain). . .

Grasse.

Vichv .

Médioc. grasse.

Calviac (Dordogne)

Très maigre.

Vi'lefranche (Avey¬

ron) .

id.

On trouvera dans le tableau suivant la composition de quelques calcaires à chaux hydrauliques et celle des produits qu’ils fournissent.

Procédé prîttique pour reconnaître le degré d’Iiydranlîcité d’une eliaux. — Les tableaux qui précèdent montrent que c’est surtout à la présence de l’argile qu’une chaux doit ses qualilés hydrauliques ; en se fondant sur cette remarque on a pu préparer artificiellement des mélanges convenables de calcaires et d’argile qui, par leur cuisson, donnent des chaux hydrauliques.

En faisant connaître les quantités d’argile et de magnésie contenues dans une chaux, une analyse permet donc d’apprécier son degré d'hydraulicité. Si on n’a en vue que cette appréciation, un essai très simple permet de l’obtenir : on éteint la chaux à essayer avec très peu d’eau, on la pétrit de manière à en faire une pâte épaisse; la masse s’échauffe par suite de la combinaison avec l’eau, et quand elle est refroidie, on en fait une boule de 5 à 6 centimètres de diamètre qu’on dépose au fond d’un verre dans lequel on la tasse en frappant le fond du verre avec la main. Quand la surface supérieure est devenue sensiblement plane, on la recouvre d’une couche d’eau de manière à remplir le verre au tiers environ, et on note le temps qui s’écoule jusqu’à ce que la matière ait fait prise (d).

Une chaux hydraulique fait prise en 8 ou 10 jours au plus; une chaux très hydraulique le fait du deuxième au sixième jour ; ces déterminations comparatives doivent d’ailleurs être faites dans les mêmes conditions, avec la môme eau, prise en même quantité.

Essai lies matériaux liyclratiliques dans l’eau €le mer. —

Les chaux et mortiers hydrauliques étant fréquemment employés à la confection d’ouvrages immergés dans la mer, il est indispensable de soumettre ces matériaux à des essais spéciaux, ayant trait non pas seulement à la durée de prise, mais à la résistance que ces matériaux présenteront à l’action des substances dissoutes dans l’eau de mer ; on effectue ces essais avec des dissolutions de

(t) On dit que la chaux a fait prise quand elle supporte sans dépression l’aiguille de Vieat ou tout autre instrument analogue. L’aiguille d’épreuve qu’on emploie aujourd’hui se eompose d’une tige en acier terminée par une pointe, limée suivant un plan perpendiculaire à l’axe ; elle traverse une masse de laiton à laquelle elle est fixée par une goupille. Le poids de l’appareil doit être tel que la pointe porte une eharge de 265 grammes par millimètre carré.

sulfate de soude, des expériences comparatives aj^ant prouvé que quelques jours ou quelques mois d’immersion dans ces liqueurs produisent les mêmes résultats qu’une ou plusieurs années à la mer. Les matériaux attaqués en moins de dix mois au laboratoire se détruisent insensiblement dans la mer, quand les constructions ne se recouvrent pas d’incrustations.

CASTINE

Les castines sont des calcaires impurs employés comme fondants en métallurgie; leur composition ne doit varier qu’entre des limites assez resserrées, si l’on veut fondre convenablement les gangues argileuses et siliceuses des minerais traités. Une castine n’a pas besoin d’être analysée d’une manière complète, il suffit généralement d’évaluer la chaux, la magnésie, l’oxyde de fer, le quartz et l’argile, l’eau et la matière bitumineuse qu’elle renferme; il faut y constater en outre l’absence du sulfate et du phosphate de chaux ainsi que des pyrites, dont la présence en quantité notable altérerait le produit métallique. La pyrite se reconnaît à la loupe ou au microscope, on peut en évaluer la quantité en suivant le procédé que nous avons indiqué (p. 203).

Sulfa^te de chaux. — Pour déterminer le sulfate de chaux, on traite par l’eau 10 à 15 grammes de calcaire porphyrisé, on décante après avoir laissé en digestion pendant plusieurs jours, on remplace par de l’eau pure et on répète cette opération deux ou trois fois. De cette manière on dissout tout le sulfate de chaux, et dans la liqueur on précipite l’acide sulfurique par le chlorure de baryum. La quantité de sulfate de chaux doit être faible ; nous supposerons que la castine n’en contient que des traces.

Eau, acide earbouique, matières hituuiiueiises.— On dose l’ensemble de ces trois substances par différence, en pesant un poids déterminé de castine avant et après calcination. 11 est en général inutile d’évaluer séparément l’eau et l’acide carbonique qui disparaissent au haut fourneau, mais on a intérêt à connaître approximativement la composition des matières organiques qui y figurent comme combustible. 11 faut alors faire un dosage par la méthode ordinaire avec l’oxyde de cuivre en chauffant très fort à la fin de l’opération, de manière à décomposer totalement les carbonates; l’eau recueillie provient à la fois de l’eau combinée et de la combustion de l’hydrogène de la matière organique; l’acide carbonique vient des carbonates et de la combustion du charbon. Un dosage de l’acide carbonique des carbonates permettra donc d’évaluer le charbon de la matière bitumineuse. Quant à l’hydrogène, sa détermination n’est qu’approximative à cause de l’incertitude qui règne toujours sur la détermination de l’eau combinée.

Phosphates. — 11 n’est pas aussi aisé qu’on pourrait le croire au premier abord, de constater leur absence dans une castine. En effet, ils n’y sont pas uniformément répartis, mais ils y sont disséminés en nodules plus ou moins

volumineux, ce qui est encore le cas le plus favorable, ou bien, ils se trouvent concentrés dans des zones qu’il est difficile de distinguer à leur seul aspect, des régions voisines; qui n’en renferment pas. Pour ces raisons il est à peu près impossible de prélever un échantillon représentant la teneur moyenne en acide phosphorique. Une détermination quantitative n’a aucun intérêt, et l’on préfère multiplier sur des échantillons puisés en des endroits différents les recherches qualitatives ; hors le cas où le minerai contiendrait aussi une certaine proportion de phosphore, la castine devra être rejetée. Nous indiquerons, à propos des phosphates, comment doit se faire la recherche du phosphore (p. 246).

Cliaux. — Magnésie. — Oxydes de fer et de manganèse.

— On attaque de 3 à 3 grammes du calcaire par del’acide nitrique étendu, qu’on ajoute graduellement tant qu’il se produit une effervescence. On sépare le résidu insoluble; on évapore à sec, puis on chauffe plus fort, de manière à décomposer complètement les nitrates. En reprenant par une dissolution de nitrate d’ammoniaque, on dissout la chaux et la magnésie, pendant que les oxydes de fer et de manganèse restent insolubles. On sépare la chaux de la magnésie et le fer du manganèse par les méthodes connues.

Quant à la partie insoluble dans l’acide nitrique, elle pourrait renfermer des sulfates alcalino-terreux. Pour s’en assurer, on la fait bouillir avec du carbonate de soude pur et concentré, puis on reprend le résidu par de l’acide chlorhydrique, qui décompose les carbonates de baryte et de strontiane qui ont pu se former. On précipite ces bases par l’acide sulfurique; si la proportion de sulfate formé est notable, il est inutile de continuer l’analyse de la partie argileuse ; la castine 'CSt impropre à la métallurgie; dans le cas contraire, il conviendra de rechercher la nature du résidu. La loupe pourra souvent fournir des indications précieuses, mais seule l’analyse effectuée comme pour les silicates, quand on aura affaire à un mélange d’argile et de quartz, permettra de savoir dans quelle proportion sont mélangées ces deux substances.

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