MARNES
L’analyse complète d’une marne peut se faire par la méthode générale que nous avons donnée (p. 203) ; mais on l’entreprend rarement. Une marne est d’autant plus utile qu’elle renferme davantage d’argile et qu’elle se délite plus facilement sous les influences atmosphériques; mais cette propriété essentielle de se déliter facilement est quelquefois indépendante de la composition chimique; il en résulte que l’analyse ne suffit pas pour déterminer si un calcaire se comportera comme une véritable marne, et c’est à des essais faits en grand qu’il faut avoir recours pour constater si cette propriété précieuse est présentée d’une façon suffisante par le calcaire qu’on étudie. Néanmoins, comme la présence d’une quantité considérable d’argile donne en général à un calcaire les propriétés d’une marne, on devra doser cette argile. De plus, comme il s’agit d’un amendement, on ne devra pas négliger la recherche d’éléments utiles, tels que les alcalis, le sulfate de chaux, les phosphates, les matières organiques, etc...
Argile. — On attaque 3 grammes de la marne par l’acide azotique, on évapore à sec et on reprend par de l’eau et un peu d’acide nitrique. Dans la liqueur on dose l’alumine, la chaux, la magnésie et l’oxyde de fer, tandis que le résidu insoluble est calciné, pesé et traité par une dissolution faible de potasse ; ce que ce réactif laisse inattaqué est lavé à l’eau bouillante, calciné et pesé. La différence de poids des deux résidus représente la silice de l’argile qui a été attaquée par les actions successives de l'acide et de l’alcali, et le nombre ainsi obtenu peut servir à comparer entre elles des marnes de diverses provenances.
Sulfate de chaux.. — Les marnes en contiennent en général fort peu, aussi faut-il opérer pour en constater la présence sur 40 à 50 grammes de matière finement pulvérisée qu’on épuise par l’eau ; on dose l’acide sulfurique dans la liqueur, en le précipitant par le chlorure de baryum. Le traitement ne doit être fait qu’après avoir calciné la marne de manière à empêcher, autant que possible, la formation de liqueurs troubles refusant de déposer l’argile retenue en suspension ; mais la calcination rend plus difficile la dissolution de sulfate de chaux, en sorte qu’il faut prolonger la digestion de la matière avec l’eau.
Alcalis. — Leur détermination, qui est délicate, peut immédiatement se séparer en deux parties : 1“ recherche des alcalis solubles dans l’eau et par suile immédiatement utilisables ; 2° alcalis solubles dans les acides, dont la quantité pourra faire prévoir, malgré la différence d’action des acides et les diverses réactions lentes qui ont lieu dans le sol, la quantité d’alcalis susceptible d’être cédée lentement.
I» Alcalis solubles dans l’eau. — La séparation des alcalis solubles ne présente aucune difficulté. 11 faut toutefois se débarrasser préalablement, dans la dissolution, de l’acide sulfurique et de la chaux.
ANALYSE MlNÉnALE — MATIÈRES MÉTALLIQUES
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2° Alcalis solubles dans les acides. — On traite 4 ou 5 grammes de la matière insoluble dans l’eau, par l’acide nitrique, on évapore à sec, et on reprend de nouveau par l’acide nitrique étendu; on traite par l’ammoniaque, pour précipiter l’oxyde de fer et l’alumine, puis par l’oxalate d’ammoniaque et l’ammoniaque pour précipiter la chaux; enfin on élimine la magnésie, et dans la liqueur on transforme finalement les alcalis en carbonates, qu’on calcine et qu'on pèse.
Pliospliates. — Les phosphates sont aussi en quantité très faible. Pour les doser on opère sur 20 grammes de marne qu’on traite dans un ballon par de l’acide nitrique, mais afin de diminuer l’intensité de la réaction et de dissoudre les’ nitrales, on ajoute d’abord 30 centimètres cubes d’eau, puis l’acide par petites portions. Quand toute effervescence a cessé, on fait bouillir pour chasser l’acide carbonique, on transvase la liqueur dans une capsule où on l’évapore à sec à 100 degrés. On ajoule alors 20 centimètres cubes d’eau et autant d’acide azotique, on laisse digérer pendant 10 minutes à la même température, on filtre, on lave le résidu avec de l’eau de manière à obtenir en tout 50 à 60 centimètres cubes de liquide, auquel on ajoute 20 centimètres cubes de liqueur nitro-molybdique (1); on fait bouillir pendant quelques minutes, on filtre pour séparer le phospho-molybdate, et on le lave avec de l'eau renfermant un centième d’acide nitrique. On précipite ainsi l’acide phosphorique sans être gêné par les autres corps que la liqueur peut tenir en dissolution. Pour terminer le dosage, on dissout le phospho-molybdate dans le moins d’ammoniaque possible, et dans la liqueur on précipite l’acide phosphorique à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien qu’on traite comme nous avons eu maintes fois l’occasion de le dire.
Matières organl({Hes. — Elles peuvent renfermer de l’azote; une détermination qualitative de ces matières suffit en général.