PHOSPHATES CONTENANT DES CHLORURES ET DES FLUORURES
Beaucoup de matières phosphatées naturelles contiennent du chlore et du fluor : nous citerons notamment les os, coquilles, écailles, dents, les apatites, etc. Voici comment on opère pour déceler et doser ces éléments.
Chlore. — Son dosage ne présente pas de difficulté spéciale, aucune des matières contenues dans ces substances ne s’opposant à sa précipitation par le nitrate d’argent. On traite 4 à 5 grammes du phosphate porphyrisé par de l’acide nitrique étendu, et on laisse en contact pendant plusieurs heures. La liqueur est séparée par filtration du résidu qu’on lave soigneusement avec de l’eau froide ; enfin dans la liqueur obtenue le chlore est précipité comme d’habitude par le nitrate d’argent.
Fluor. — Le dosage du fluor est plus délicat, et il convient d’abord de le rechercher qualitativement; nous avons déjà indiqué qu’on y arrive en attaquant une petite portion du minéral réduit en poudre par de l’acide sulfurique dans un vase de platine recouvert d’une lame de verre, la face de celle-ci qui regarde l’intérieur ayant été enduite d’un vernis sur lequel on a tracé quelques traits, de manière à mettre le verre à nu. Si la substance contient du fluor, le verre sera rongé, et en enlevant le vernis les traits se trouveront gravés sur le verre; toutefois, comme certaines des substances examinées peuvent contenir de la silice, il peut arriver que le fluor passe en entier à l’état de fluorure de silicium qui se dégage, et que le verre ne soit pas attaqué ; mais ce gaz fumant
abondamment à l’air, on pourra encore dans ce cas conclure à la présence du fluor.
Voici maintenant comment on opère pour procéder au dosage.
On traite dO grammes de matière porphyrisée par de l’acide acétique pur; on laisse en digestion pendant plusieurs heures, et au bout de ce temps on décante l’acide pour le remplacer par du liquide neuf. On dissout de cette manière les carbonates et les phosphates.
Le résidu lavé, puis séché, est ensuite chauffé lentement au rouge sombre, après avoir été mélangé avec sept à huit fois son poids de silice très divisée, obtenue par exemple en décomposant par l’eau le fluorure de silicium; on peut éliminer ainsi toute trace d’eau et de matière organique. Cela fait, la matière est introduite chaude dans un tube T d’une forme spéciale (fig. 41) et on lui ajoute 25 centimètres cubes d’acide sulfurique pur et monohydraté; on ferme rapidement, et au moyen de l’aspirateur représenté à droite de la figure, on fait passer dans l’appareil un courant d’air qui, grâce aux tubes a et a', dont le premier est rempli de ponce potassique, le second de ponce sulfurique, arrive pur et sec sur la matière.
Sous l’influence de l’acide sulfurique et en présence de la silice, le fluorure de calcium donne naissance à du fluorure de silicium qui se dégage en totalité et qu’on recueille dans l’ampôule K remplie de ponce imbibée d’une solution de soude à 10 p. 100. L’absorption est tellement parfaite qu’elle a lieu seulement de proche en proche, les premières portions de ponce absorbant totalement le fluorure.
Quant au tube en U, b, qui est rempli de ponce sulfurique, il est destiné à absorber la vapeur d’eau provenant de K; on peut, .si l’on veut, le faire suivre d’un autre tube rempli de même matière et destiné à absorber la vapeur d’eau qui peut venir de l’aspirateur; on chaufie deux à trois heures à 20 degrés, de manière à faire passer dans K la totalité du fluorure, après quoi on détache le système K b, que l’on pèse. L’augmentation de poids est due au fluorure de silicium fixé; on en déduit la quantité de fluor correspondante.
La composition des os est très variable ; voici quelques chiffres extraits du mémoire de M. Fremy :