‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 126 sur 266 · ANALYSE PAR VOIE MOYENNE · texte numérisé non relu

ANALYSE PAR VOIE MOYENNE

On comprend quel intérêt présente l’analyse des silicates. De nombreux procédés ont été proposés : un seul est généralement suivi, tant à cause de sa généralité qu’en raison de l’exactitude des résultats auxquels il conduit : c'est la méthode dite de la voie moyenne, due à H. Sainte-Claire Deville, et qui est applicable à beaucoup de substances autres que les matières silicatées. La voie moyenne est caractérisée par un certain nombre de conditions qui sont les suivantes. Nous l’exposerons en suivant les indications précises que l’illustre chimiste a données dans ses mémoires.

I. — EMPLOI EXCLUSIF DE RÉACTIFS GAZEUX OU VOLATILS. — Ils sont de beaucoup préférables à tous les autres, car leur emploi permet à la fin d’une analyse de se débarrasser de l’eau et de tous les réactifs introduits, en sorte que si on a bien opéré, le résidu doit être nul ou insensible. Dans le cas contraire on découvre une erreur ou un élément dont on ignorait l’existence, qui, avec d'autres réactifs, auraient pu passer inaperçus.

II. — INALTÉBABILITÉ DES RÉACTIFS. —On doit sedéBerdes réactifs qu’il est difficile d’olitenir purs ; carbonate de soude, de baryte, acide fluorhydriqiie, etc., ou qu’il est malaisé de conserver, comme l’ammoniaque qui est toujours en partie carbonatée.

III. — EMPLOI DE LA CHAUX POUR L’ATTAQUE. — Les qualités que doit posséder une matière servant à l’attaque des minéraux sont : fixité absolue, dosage simple, préparation facile à l’état pur; la chaux remplit à merveille toutes ces conditions.

IV. — SIMPLICITÉ DE LA PRÉPARATION MÉCANIQUE. — Toute opération mécanique lente et pénible est une cause d’erreurs, pertes de matière, fixation d’humidité, etc. La voie moyenne n’utilise la préparation mécanique que dans des conditions où les causes d’erreurs précédentes n’entachent pas les résultats.

V. — MU-TIPLICITÉ DES PESÉES. — Tous les appareils utilisés sont tarés, en sorte qu’il est possible de suivre les opérations, et grâce à la multiplicité des pesées d’avoir des vérifications précieuses.

VI. — DÉCOMPOSITIONS PROGRESSIVES SOUS L’ACTION DE LA CHALEUR. — Les sels métalliques opposent à la décomposition par la chaleur une résistance variable avec la nature de leur acide et de leur base. C’est surtout avec les nitrates que cette variabilité est la plus marquée, à tel point qu’il est possible de les diviser en un certain nombre de groupes tels que dans la suite des températures certains d’entre eux résistent à la décomposition alors que d’autres sont décomposés; comme d’ailleurs l’acide qui provient de cette décomposition est volatil et instable, aucun équilibre n’est à redouter, et la décomposilion, quand elle aura commencé à une tempéralure déterminée, sera totale. Deville classe les nitrates en trois catégories.

1° Nitrates qui abandonnent leur acide nitrique à une température peu supérieure a colle de l’eau bouillante : à cette classe appartiennent le nitrate de fer qu’on peut à peine évaporer sans décomposition; le nitrate d’alumine qui se décompose à 140 degrés ; le nitrate de bismuth, etc.

2” Nitrates qui abandonnent leur acide à une température peu élevée avec produclion de vapeurs nilreuses et formation de suroxydes: à ce groupe apparlient le nitrate de manganèse qui des 140 degrés dépose des flocons bruns de bioxyde, et dont la décomposition est rapide à 133 degrés. Les sels de nickel et de cobalt se comportent de la même manière, mais à une température plus élevée.

3° Nitrates qui se décomposent en perdant de l’acide nitrique avec formation de sous-nilrates entre 230 et 330 degrés : tel est le cas du nitrate de magnésie dont la dissolution saturée bout à 170 degrés en dégageant de l’eau pure. De 210 à 310 degrés il se dégage un peu d’acide nitrique; enfin vers 330 degrés apparaît l’acide hypoazotique.

4° Nitrates résistant à toute décomposition à la température maxima pro-

ciuite par le bain d’huile ; ce sont les nitrates alcalins et alcalino-terreux, puis quelques nitrates métalliques.

La méthode que nous allons indiquer pour l’analyse des silicates montre tout le parti (lue l’on peut tirer de cette inégale résistance des nitrates à l’action de la chaleur; on conçoit que dans d’autres recherches du même genre, les mômes principes soient susceptibles d’application.

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