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APPAREILS DE CHAUFFAGE UTILISÉS DANS L’ANALYSE DES SILICATES

Lainpe-foi’ge rte Deville. — C’est un des appareils les plus ancien¬

nement employés, et bien qu’il ait à peu près disparu des laboratoires, il peut être d’un usage commode quand on n’a pas le gaz à sa disposilion. 11 se compose

d’un flacon à niveau constant contenant de l’essence de térébenthine et communiquant par le tube frj avec la lampe proprement dite constituée par un petit réservoir KK' en cuivre repoussé, fermé de toute part; celui-ci est de forme annulaire, il porte sur la surface conique intérieure, et disposés sur une circonférence, des trous S' de 3 a 4 millimètres de diamètre. La boîte conique communique par le pied I, qui est creux, d’une part avec le réservoir à essence, de l’autre au moyen d’un canal intérieur au pied 1, avec une soufflerie, dont le vent amené en R et passant par l’autre pied 1' de la lampe s’en vient déboucher dans une buse 'de chalumeau P' dont l’ouverture doit être placée à une distance verticale de 5 millimètres au moins des orifices S'. Knlin on peut disposer sur la lampe une cheminée conique percée de nombreuses ouvertures qui laissent passer une très grande quantité d’air.

Pour se servir de la lampe, on commence par amener l’essence au niveau des trous S', en abaissant le tube vertical du flacon de Mariette qui alimente la lampe à S millimètres exactement au-dessus de ces ouvertures. On ferme le robinet g, on chauffe l’essence contenue dans la boîte KK' au moyen d’unelampe à alcool L, placée immédiatement au-dessous du réservoir, puis on donne peu à peu le vent de la trompe. En approchant une allumette des ouveitures de la cheminée, il se forme un jet de flamme, rougeâtre et tranquille si la température de l’essence est suffisamment voisine de 100 degrés. Le vent étant réglé de manière à obtenir la plus haute température possible, on ouvre le robinet p: la lampe est alors alimentée d’une manière continue et l’on place le creuset à chauffer sur un triangle de platine au-dessus de la cheminée de tôle.

Pour éteindre la lampe on arrête d'abord le courant d’air, puis on ferme le robinet g.

Four licelercci et Forqiiignoii. — C’est une combinaison de la lampe précédente et du four à doubles parois de Goor. Il est représenté par la figure 43 et se compose d’une pièce en terre réfractaire A, circulaire, présentant au milieu une partie cylindrique verticale, dans laquelle on placera le creuset à chauffer; au centre est pratiqué un trou par lequel on lancera la flamme d’une soufflerie ordinaire.

Cette pièce présente sur sa circonférence un rebord qui permet d’appliquer par-dessus une antre pièce fi également en terre réfractaire ayant la forme d’un cylindre fermé à sa partie supérieure, mais portant en bas des ouvertures a, 6 par lesquelles la flamme et les gaz de la combustion s’échappent du four. De celte manière la cavité dans laquelle on place le creuset est protégée contre le refroidissement par une env'eloppe d’air chaud, si bien qu’on peut, avec cet appareil, produire en cinq à six minutes une température de 1600 à 1800 degrés, et par suite fondre avec la plus grande facilité non seulement l’argent, mais le cuivre, la fonte, 1 or, etc. Le four tout entier est placé sur un support de fonte E qui permet de régler sa distance au chalumeau et d’obtenir des températures différentes; la plus haute se produit quand on substitue un tube à prise d’air au chalumeau que l’on dispose alors horizontalement. Le creuset à chauffer est placé sur un triangle de platine dont les trois sommets s’appuient sur un rebord ménagé à cet effet à l'intérieur de la cavité de A.

ANALYSE MINÉRALE — MATIÈRES MÉTALLIQUES 2fi7

Pour faire une fusion, on souffle d’abord très lentement de manière à enfumer le creuset, puis on ouvre progressivement la prise' d’air en réglant le gaz de telle manière que la flamme reste sous le creuset, enfin on'pose le dôme et l’on fait arriver le gaz jusqu’à ce qu’on commence à voir sortir la flamme par

Fig. 43.

les ouvertures inférieures. Si on veut opérer à température très haute, on remplace le triangle de platine par trois bouts de tuyau en terre de pipe introduits par la partie supérieure, appuyés sur le rebord et choisis de longueur telle qu’en s’arc-boutant sur le cylindre do terre réfractaire ils laissent entre eux la place nécessaire au creuset.

Foin* Krécliel. — 11 ne présente pas l’enveloppe à air chaud du précédent, aussi ne permet-il pas d’obtenir une température aussi haute ; mais il suffit pour l’attaque de la majeure partie des silicates, et il est très employé pour l’analyse des scories d’usines.

11 se compose essentiellement d’un chalumeau vertical sur lequel on peut visser un support en fer portant une enveloppe en terre réfractaire ayant la forme d’un tronc de cône dont la petite base, située en bas, est percée au centre d’une ouverture par laquelle on lance la flamme. Le creuset est déposé à l’intérieur sur trois petites cales en terre réfractaire faisant corps avec le tronc de cône, orientées suivant les génératrices de celui-ci, et qui, présentant par suite un écartement variable à différentes hauteurs, permettent l’usage de creusets de

grandeur variable tout en maintenant leur paroi à une distance convenable de celle du four. Un couvercle en terre réfractaire à rebord intérieur permet de

Fig. 4i.

fermer la base supérieure du tronc de cône en ne laissant au centre qu’un orifice suffisant pour la sortie des gaz et de la flamme.

Four Sclilocsiiig. — Cet appareil est le plus parfait de ceux dans lesquels on utilise le gaz d’éclairage et l'air; c’est en somme un chalumeau Deville, dans lequel on n’emploie pas d’oxygène, mais qui peut produire une température

Fig. 45.

voisine de celle de la fusion du platine ; il se compose de deux parties essentielles : le chalumeau et le four.

Le chalumeau (tig. 4S) est constitué par un tube de cuivre cintré à une de ses extrémités et dont l’autre communique, d’une part, par un tube placé dans son prolongement, avec lèvent d'une trompe ou d’un soufflet, de l’autre, par une boîte entourant l’arrivée de l’air, avec du gaz d’éclairage qui accède dans la boîte par deux tubulures latérales munies de robinets. Grâce à cette disposition et à la grande longueur donnée au chalumeau (30 centimètres au moins), l’air entraîne le gaz, et le mélange arrive parfait à l’extrémité cintrée où il brûle en

donnant un dard bien homogène, et dans lequel on n’observe jamais, comme avec le chalumeau ordinaire de laboratoire, des zones où l’air produit un refroidissement manifeste, et des régions constituées par du gaz mal entraîné que le moindre courant d’air sépare du dard principal, et qui brûlent sans donner une température correspondant à la quantité de gaz dépensée.

Le four que représente la figure 45 bis est d'une construction très simple. Deux briques taillées en creux de manière à ce que, placées debout et appliquées

Fig. 45 bis.

l'une contre l’autre, elles ménagent entre elles une place suffisante pour le creuset en constituent la partie essentielic. Elles sont supportées par deux autres briques posées à plat l’une à côté de l'autre et creusées à leur tour de façon à ménager entre elles une cavité qui est la continuation de celle des deux briques supérieures, avec cette condition indispensable de présenter àla partie inférieure une ouverture que la base du chalumeau soit susceptible de fermer exactement. Ee creuset à chauffer est porté par un fromage placé lui-même sur un petit cône S en terre, supporté à la partie inférieure par une petite tige de fer et soutenu latéralement par des cales de magnésie. Enfin, on peut disposer sur le tout un couvercle qui ne s’applique pas exactement, mais laisse un espace suffisant pour laisser échapper la flamme et les gaz produits dans les réactions.

Si l’on n’a que de petits creusets à chauffer, on emploie un diminutif de l’appareil précédent, qu’on obtient en creusant dans des briques de magnésie superposées un trou suffisant pour y placer le creuset et au milieu duquel on supporte celui-ci par un fromage en magnésie.

La cause principale de refroidissement de ces appareils de chauffage consiste dans l’entrainement latéral d’air froid par la flamme; M. Schlœsing l’a évitée en ajustant aussi exactement que possible l’extrémité du chalumeau à la base du four; on s’arrange d’ailleurs de manière à n’avoir aucun excès ni de gaz ni d’air, c’est-à-dire à produire une flamme qui ne soit ni oxydante ni réductrice, ce dont on s’assure en y introduisant une lame d’un métal oxydable comme le

cuivre. D'autre part, pour lutter aussi avantageusement que l’on peut contre les causes diverses de refroidissement, on donne à la flamme la plus grande vitesse possible, et comme celle-ci dépend à la fois des vitesses de l’air et du gaz, on augmente celle de ce dernier en le faisant arriver par plusieurs ajutages à la fols dans la boîte située à l’extrémité du chalumeau.

Si l’on emploie le grand four, le chalumeau est placé au-dessous et maintenu la courbure dirigée vers le haut par des pattes qui lui sont soudées. Le petit modèle, au contraire, est chauffé parla partie supérieure; la distance du creuset aux parois est alors réduite à 3 millimètres environ, et la flamme sort par la partie inférieure, maintenue à une petite distance d’une brique réfractaire par des cales en magnésie.

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