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ANALYSE DU SILICATE RENDU ATTAQUABLE PAR LES ACIDES

Après refroidissement, le verre est détaché du creuset, ce qui est facile quand le silicate ne contient pas de fer, et ce à quoi l’on arrive toujours en pressant le creuset avec lesîdoigts dans plusieurs directions pour le déformer légèrement. La masse qu’on extrait du creuset est pulvérisée avec soin dans un mortier d’agate, sans s’attacher à ne pas perdre de substance, car grâce à l’homogénéité du verre cette perte n’a aucune importance. Du reste, la pulvérisation n’a pas besoin d’être bien parfaite ; elle pourrait même, si on n’avait toujours intérêt à abréger la durée des opérations, n’être pas effectuée du tout, cas auquel l’attaque par l’eau et les acides, au lieu de durer quelques minutes, emploierait plusieurs heures.

On pèse un poids déterminé delà poudre obtenue, on la mouille avec de l’eau dans une capsule de porcelaine, enfin on ajoute de l’acide nitrique en remuant constamment avec une baguette de verre, pour éviter la prise en masse et obtenir une dissolution complète. S’il en était autrement l’attaque n’aurait pas été totale, il faudrait recommencer l’opération.

Nous sommes arrivés, on le voit, à l’introduction d’une quantité connue de chaux près, au même point que si nous avions eu affaire à un silicate directement attaquable par les acides.

La capsule qui contient le mélange est alors chauffée au bain de sable, et l’on évapore doucement son contenu jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’acide nitrique et qu’il commence à se former des vapeurs nitreuses.

Si le silicate contient du manganèse, du fer ou de l’alumine, on chauffe jusqu’à ce que la teinte soit uniformément noire dans le premier cas, rouge ocre dans les autres. Dans tous les cas, la matière, quand elle est bien sèche, est partagée en petites masses dures et compactes.

Supposons que l’on ait affaire à un mélange contenant, outre la silice, les substances suivantes qui constituent l’immense majorité des silicates :

Alumine. Potasse. Strontiane.

Sesquioxyde de fer. Lithine. Chaux.

Oxyde de manganèse. Baryte. Magnésie.

Soude.

TRAITEMENT PAR LE NITRATE D’AMMONIAQUE. — Quand les vapeurs nitreuses apparaissent, les bases sont à l’état de nitrates, ’a l'exception des deux sesquioxydes de fer et d'aluminium ; on mouille la masse avec du nitrate d’ammoniaque concentré, on recouvre la capsule d’un entonnoir, on chauffe, et l’on doit percevoir nettement l’odeur de l’ammoniaque ; s’il en était autrement, on ajouterait à nouveau du nitrate. En laissant les matières en contact à une douce chaleur sur un bain de sable, tous les protoxydes passent à l’état de nitrates tandis que les sesquioxydes restent insolubles. On ajoute enfin de l’eau, et une goutte d’ammoniaque qui ne devra produire aucun précipité si la liqueur ne renferme pas trace de fer ou d’alumine, c’est-à-dire si la calcination a été poussée au point voulu; la liqueur doit alors avoir nettement l’odeur d’ammoniaque.

La matière se trouve ainsi séparée en deux parties : celle qui est au fond de la capsule contient la silice, l’alumine et l’oxyde de fer, la liqueur renferme en dissolution tous les autres oxydes à l’état de nitrates, alors même que, la calcination ayant été poussée un peu trop loin, certains d’entre eux auraient élc mis en liberté ou transformés en sous-nitrate (magnésie). En effet le nitrate d’ammoniaque donne avec ces oxydes des nitrates neutres.

Avec la chaux, par exemple, on aurait la réaction :

CaO^„,. -h AzIl‘0,AzO“j^ = CaO, AzO^i,^ -f- IIO + Azll’, ^ -f- [99,2 -f 34,5 -f2d,0 — 66,0 — 81,7]; [+7,0]

Avec les autres bases la réaction serait de même exothermique, comme le montre le tableau suivant des chaleurs de formation des oxydes et des azotates des principaux métaux qu’on peut rencontrer dans les silicates

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