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EXEMPLES D’ANALYSES DE SILICATES

En dehors de la méthode de Deville, qui est de toutes la plus propre à effectuer l’attaque des siheates et le dosage des matières qu’ils renferment, on a proposé et appliqué un certain nombre d’autres procédés ; nous allons en décrire quelques-uns sur des exemples particuliers.

FELDSPATHS

Déiiuition. — Ces silicates renferment toujours deux bases, qui sont la

potasse, la soude, la lithine, la chaux ou la magnésie associées à l’alumine, de telle sorte qu’il y ait toujours équivalents égaux d’alumine et de protoxyde.

La proportion de silice est variable et permet de diviser les feldspaths en six espèces :

l» Orthose . KO, A12 03,6Si0*;

2» Albite . Na0,AU03,6Si0*;

3” Oligoclase . NaO, A1203,5Si0-;

4» Andésine . (NaO, CaO) APO^SSiO^;

5“ Labradorite . CaO,Al®0*, 3SiO®;

6“ Anorthite . CaO, Al®0®, 2SiO®;

Nous supposerons qu’on ait affaire à un échantillon d’orthose.

Attaque par le carlionate rte baryte. — Le minéral est réduit en poudre extrêmement fine, résultat qu’on n'obtient avec certitude qu’en combinant une pulvérisation et des lévigations. La poudre obtenue est en suite desséchée à 200 degrés, puis très intimement mélangée dans un creuset de platine avec son poids de carbonate de baryte pur, obtenu en précipitant un sel de baryte par du carbonate d’ammoniaque. On enferme alors le creuset de platine dans un creuset de terre, et celui-ci, placé dans un fourneau à vent, est chauffé au blanc pendant une demi-heure, de manière à fritter le mélange. Quand la masse est refroidie, on la traite dans une capsule, d’abord par un peu d’eau, puis peu à peu par de l’acide chlorhydrique en léger excès, en évitant d’avoir une liqueur chlorhydrique trop concentrée qui ne dissout pas le chlorure de baryum. Si l’attaque a été bien faite, il ne se sépare rien autre que de la silice gélatineuse ; dans le cas contraire, il faut recommencer l’opération sur un nouvel échantillon.

Silice. — La matière, que nous supposerons complètement attaquée, fournit une liqueur que l’on évapore à sec de manière à rendre la silice insoluble; cette opération demande à être faite avec précaution soit au bain-marie, soit au bain de sable, en ayant soin de remuer constamment la matière qui se dépose. Celle-ci, une fois bien desséchée, est reprise par de l’acide chlorhydrique auquel on [ajoute ensuite une bonne quantité d’eau, et on laisse digérer le tout, de manière à assurer la dissolution complète des chlorures. On décante sur un filtre, on y dépose finalement la silice qu’on lave à l’eau bouillante, on la sèche, et après calcination on la pèse dans un creuset muni de son couvercle.

Séparation rte l’alumine et rte la potasse. — On commence par débarrasser la liqueur filtrée de la baryte en y ajoutant lentement de l’acide sulfurique dilué, et s’efforçant d’en mettre le moindre excès possible; on fait bouillir, et on jette le sulfate de baryte sur un filtre où on le lave. On concentre par évaporation la liqueur filtrée, on la neutralise presque complètement par l’ammoniaque, enfin on précipite entièrement l’blumine par du sulfhydrate d’ammoniaque récemment préparé. On lave cette alumine d’abord par décantation, puis sur le filtre avec de l’eau bouillante jusqu’à ce que l’eau qui passe ne contienne plus aucune matière saline, ce qui est toujours long ;

enfiQ l’alumine est pesée après calcination. Les eaux qui ont servi à la laver sont réunies et concentréés par évaporation avant d’être mélangées à la liqueur principale qu’on évapore ensuite, elle aussi, à sec. Ce point est la partie la plus délicate de l’analyse ; car si l’on n’opère pas avec un soin extrême, de petites portions de matière se trouvent projetées, accident dû surtout à la présence du bisulfate d’ammoniaque formé par suite d’une trop forte addition d’acide sulfurique. Quand Ja dessiccation est complète, il faut calciner la matière dans un creuset de platine avec un petit morceau de carbonate d’ammoniaque; on obtient ainsi du sulfate neutre de potasse qu’il n’y a plus qu’à peser.

Autre méthode. — Elle consiste à décomposer le feldspath par de l’acide fluorhydrique ou du fluorliydrate d’ammoniaque.

Attaque par le fluorhydrate d’ammoniaque. — La matière réduite en poudre très fine est mélangée avec six à sept fois son poids de fluorhydrate d’ammoniaque et une petite quantité d’eau de manière à former une pâte qu’on chauffe, d’abord doucement, de manière à la dessécher, puis au rouge sombre tant qu’il se dégage des vapeurs. Le résidu est mélangé avec de l’acide sulfurique concentré qu’on verse graduellement et avec précaution, et on évapore de manière à chasser l’excès d’acide sulfurique ainsi que tout le fluor et tout le silicium. 11 reste un résidu formé de sulfates, qui doit se dissoudre complètement si l’attaque a été convenablement effectuée. On reprend ces sulfates par de l’acide chlorhydrique qu’on étend ensuite d’eau, et dans la liqueur on sépare l’alumine de l’alcali, comme nous l’avons indiqué plus haut.

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