DOSAGE DU SOUFRE
Deux cas peuvent se présenter suivant que la substance est ou n’est pas volatile.
1° Si la substance est volatile, on l’attaque par de l’acide hypochloreux qui l’oxyde en produisant de l’acide carbonique et de l’acide sulfurique. Quand la réaction est complète, on se débarrasse de l’acide carbonique et de l’acide hypochloreux en faisant bouillir la liqueur, et l’on dose ensuite l’acide sulfurique à l’état de sulfate de baryte. Si l’attaque par l’acide hypochloreux est difficile, on fait passer les vapeurs de la substance sur un mélange de carbonate de soude et de nitrate de potasse comme nous l’indiquons plus loin.
On peut avoir recours également à la méthode de Carius exposée plus haut.
2° Si la substance est fixe, on l’oxyde par le nitrate ou le chlorate de potasse en opérant de la manière suivante : on mélange un poids connu delà matière réduite en poudre fine, avec trois ou quatre fois son poids de nitrate ou de chlorate de potasse et autant de carbonate de soude, et on introduit le mélange dans un creuset de platine au fond duquel on a placé une couche de carbonate alcalin; on chauffe jusqu’à fusion, tout le soufre passe à l’état de sulfate alcalin que l’on dissout en même temps que le nitrate et le carbonate en excès, etc., quand on reprend la masse fondue par de l’eau chaude. On filtre pour se débarrasser du résidu insoluble, on décompose le carbonate alcalin par l’acide chlorhydrique en excès, enfin on précipite l’acide sulfurique par le chlorure de baryum.
3° L’oxydation totale du soufre des composés organiques et sa transformation en acide sulfurique dosable sous forme de sulfate de baryte, est une opération difficile et pénible. Il arrive parfois qu’une partie du soufre donne seulement de l’acide sulfureux ou même reste inattaquée.
Ces raisons ont conduit MM. Berthelot, André et Matignon à brûler la matière organique sulfurée dans l’oxygène comprimé à 2b atmosphères au sein de la bombe calorimétrique et en présence de tO à 15 centimètres cubes d’eau. La combustion, qui est instantanée, donne uniquement naissance à de l’acide sulfurique étendu, toutes les fois que le composé organique est assez riche en hydrogène, condition qu’on réalisera toujours par l’introduction d’un poids convenable de camphre; si l’on ignore la composition de la substance, on ajoute à celle-ci son poids de camphre. En opérant de cette manière, quand on ouvre la bombe, on y trouve une liqueur dans laquelle le soufre est à l’état d’acide sulfurique sans que jamais on constate la présence d’acide sulfureux. Dans cette liqueur, additionnée des eaux de lavage, on précipite l’acide sulfurique par le chlorure de baryum; on sépare et on pèse le sulfate de baryte avec les précautions ordinaires.