IV. ANALYSES PAR OXYDATION ET RÉDUCTION SUCCESSIVES
Les méthodes par reste, que nous avons indiquées à propos des procédés par oxydation ou par réduction simples, rentrent dans cette quatrième catégorie d’analyses ; nous y ajouterons les procédés basés sur l’emploi du bichromate de potasse et du protochlorure d’étain.
Bicliroiiia.te de potasse et protoclilonire d’étaîii. — Le
bichromate de potasse KO,2CrO®, en solution acide, cède de l’oxygène à certains corps en donnant du sesquioxyde de chrome. On l’emploie en liqueur titrée et on cherche alors le volume qu’il faut en ajouter pour produire une oxydation déterminée. Pour juger du moment où la liqueur a été versée en quantité suffisante, on mêle à l’essai un peu d’empois d’amidon et d’iodure de potassium sur lequel le bichromate agit dès qu’il est en excès, en donnant de l’iode qui colore la liqueur en bleu; on opère ainsi par la méthode directe applicable au dosage des substances oxydables. Si, au contraire, on est en présence d’une substance oxydante, on effectue le dosage en introduisant dans l’essai un excès de protochlorure d’étain qu’on dose ensuite au moyen du bichromate alcalin.
Le bichromate de potasse est d’un emploi très avantageux ; c’est une substance qu’on obtient facilement pure sous la forme de gros cristaux rouge foncé, anhydres et qui peut fondre sans se décomposer, circonstance qui sera précieuse pour l’obtenir absolument sec; enfin son équivalent est élevé, et sa dissolution ne s’altère pas, en sorte que les liqueurs conservent très longtemps leur titre. 11 n’en est malheureusement pas de même du protochlorure d’étain; on ne peut songer à se le procurer pur dans le commerce ; il faut le préparer soimême en dissolvant de l’étain de bonne qualité (celui deCanca est presque pur) dans de l’acide chlorhydrique en excès.
Préparalion et titrage des liqueurs. — Le bichromate de potasse ayant été fondu, on le laisse refroidir sous une cloche en présence de chlorure de calcium ; la masse solide s’effrite, en se refroidissant, de sorte qu’il est très facile d’en prendre un poids déterminé. On en dissout 4«,916 dans 1 litre d’eau, et il est facile de s’assurer que cette dissolution est susceptible de dégager un dixième d’équivalent d’oxygène.
Pour titrer le protochlorure d’étain, on lui ajoute de l’empois d’amidon, de l’iodure de potassium et, goutte à goutte, du bichromate de potasse jusqu’à l’apparition de la coloration bleue. On s’arrange en général de manière telle que des volumes sensiblement égaux des deux liqueurs se correspondent. Quand la liqueur d’étain est obtenue, il ne faut plus l’étendre d’eau, car l’oxygène dissous dans celle-ci l’oxyderait en partie.
KNCYCLOPËDIE CHIMIQUE