ESSAI DES MINERAIS DE CUIVRE
Méthode de Liuckow. — On électrolyse des solutions nitriques au moyen de batteries puissantes, qu’on n’a pas l’occasion d’avoir dans les laboratoires ordinaires. Il est indispensable que les liqueurs soient bien exemptes d’acide chlorhydrique, et en outre il est bon qu’il y ait toujours dans la dissolutibn le même rapport entre l’eau et l’acide nitrique libre (la liqueur doit con- ' 1 ■ ■
tenir environ de son volume d’acide nitrique dont la densité est 1,2).
2 grammes environ de minerai réduit en poudre fine sont d’abord grillés dans un creuset de porcelaine ouvert, puis mis en digestion avec de l’eau régale et de l’acide sulfurique. Après que la réaction a eu lieu, on évapore de manière à se débarrasser de l’acide sulfurique en excès, on humecte le résidu avec de l’acide nitrique, on étend d’eau et on filtre, et si une première attaque est jugée insuffisante, on en opère une seconde. Finalement le volume de la liqueur cuivrique est amené à 200 centimètres cubes, ce qui est facile, les verres dans lesquels se font ces électrolyses portant un trait de jauge marquant cette capacité. Les électrodes de platine sont alors placées do façon telle qu’une partie du cône se trouve en dehors du liquide et, au bout d’un temps variable, 8 à 12 heures pour les minerais les plus purs, 8 à 10 heures pour les substances moins riches, l’opération est terminée. Pour s’assurer que la précipitation est complète, on ajoute de l’acide nitrique dans le verre et on examine si le courant donne un dépôt rouge sur la partie du cône qui émergeait et que l’on plonge dans le liquide à ce moment; s’il ne se produit plus de dépôt, on enlève le cône, le courant passant toujours, ou bien on siphonne le liquide pour le remplacer par de l’eau. L’augmentation de poids du cône lavé et séché fait connaître la teneur en cuivre du minerai essayé.
Influcuce des métaux: étrangers. — Les expériences de M. Riche que nous avons rapportées plus haut (p. 494) nous ont dcijà montré que la présence du zinc, du plomb, de l’aluminium, du magnésium et du fer, n’apporte aucune perturbation au dosage du cuivre; cependant si le fer est en trop grande quantité, il n’en est plus de même ; dans ce cas, il est préférable de précipiter d’abord le cuivre par l'hydrogène sulfuré, de redissoudre dans l’acide nitrique le sulfure bien lavé et de doser par électrolyse le cuivre dans la liqueur ainsi obtenue.
L’arsenic, l’antimoine, l’argent et le bismuth peuvent, au contraire, se précipiter partiellement en môme temps que le cuivre et causer de l’embarras. Si donc le minerai contient de l’argent, on le précipite avant l’électrolyse en n’ajoutant que la quantité d’acide chlorhydrique rigoureusement nécessaire, puisque nous avons vu que la liqueur électrolysée doit être exempte de cet acide.
L’arsenic et l’antimoine ne se précipitent que quand tout le cuivre est déposé, et on reconnaît facilement leur présence aux taches noires qu’ils forment sur le cuivre. Dès que ces taches apparaissent, il faut rapidement siphonner la liqueur et retirer le cône ; si elles se sont formées pendant l’absence de l’opérateur, ou lave le cône, on le sèche et on le chauffe pendant quelque temps dans un moufle. Les métaux déposés s’oxydent, les oxydes d’arsenic et d’antimoine étant volatils disparaissent, et il ne reste que de l’oxyde de cuivre. On reporte alors le cône dans le verre à électrolyse, on place au-dessus de lui un cône plus grand, et, le premier étant mis en relation avec le pôle positif, le second avec le pôle négatif de la pile, et le verre étant rempli d’acide nitrique étendu de six fois son volume d’eau, on recommence fopération; le cuivre se dépose en totalité sur le second cône. Cette méthode n’est d’ailleurs applicable que si le minerai ne contient qu’une quantité peu considérable d’antimoine.
Quant au bismuth, il est en général en proportion très faible dans les mine-
KNCYCLOPÉDIE CHIMIQUE
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rais et comme il se sépare en même temps que le cuivre, il faut une détermination. spéciale pour en évaluer la quantité. Pour le faire on dissout le minerai dans l’acide nitrique, puis on évapore la liqueur oblenue en présence d’acide chlorhydrique, en chauffant assez longtemps pour éliminer l’acide nitrique et l’acide clilorhydrique en excès. On évapore jusqu'à ce que l’on voie se former un léger trouhlo qu’on fait disparaître avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique, et dans la liqueur limpide on verse une très grande quantité d’eau qui précipite tout le hismulh à l’état d’oxychlorure. On s’assure qu’il n’en reste plus en prélevant un échantillon de la liqueur et en l’étendant avec une nouvelle quantité d’eau. L’oxychlorure ainsi obtenu entraîne toujours avec lui un peu de cuivre et de sulfate basique de bismuth, la liqueur contenant en général une quantité notable d’acide sulfurique; aussi faut-il le séparer, le laver, le rodissoudre pour le précipiter de nouveau, puis on le dessèche et on le pèse. Si la quantité de bismuth est considérable, il est préférable de réduire l’oxychlorure à l’état métallique au moyen du cyanure de potassium; on obtient alors un globule métallique qu’on pèse.
Le tableau suivant résume les conditions dans lesquelles doit se faire l'électrolyse des diverses solutions métaliiques au point de vue de leur composition, de l’intensité du courant nécessaire, et aussi la durée qu’exige l’opération pour donner un dépôt complet.
DOSAGE ÉLECTROLYTIQUE DES MÉTAUX [Suit