AMALGAMES ALCALINS
Les amalgames alcalins jouent un rôle considérable en chimie organique et il est parfois indispensable de connaître leur composition. Comme on ne peut pas les obtenir à un titre déterminé en dissolvant du potassium ou *du sodium dans du mercure, une certaine dose de métal se perdant toujours pendant la préparation, il faut recourir à une analyse d’ailleurs extrêmement simple ; elle consiste à traiter un certain poids d’amalgame par un volume connu d’acide chlorhydrique titré et d’apprécier, après oxydation du métal alcalin qui entre dans l’amalgame, le titre acidimétrique du liquide. Si l’on n’effectue pas la recherche de ce titre sur la totalité du liquide, il suffit de rapporter les mesures au volume primitif sans tenir compte dn changement qu’il a éprouvé par le fait de la transformation de l’acide chlorhydrique en chlorure alcalin.
Soit par exemple une liqueur demi-normale renfermant HCl -h 200 H-0’, et occupant vers 18 degrés un volume égal à 3.618 centimètres cubes. Quand l’acide sera entièrement transformé en chlorure de sodium par le métal alcalin on obtiendra;
Na Cl -I- 200 H* 0^, qui occupe 3.616 centimètres cubes;
S’il est changé en chlorure de potassium on obtiendra:
KCl -1- 200H^O\ qui occupe 3.61S centimètres cubes.
Le changement de volume est, dans le premier cas, de et dans le
second de , et comme la limite des erreurs commises dans les essais alcalimétriques est au moins on peut négliger le changement de volume
sans dépasser la limite des erreurs probables. Mais il ne faudra pas négliger de donner à la méthode alcalimétrique le plus de sensibilité possible, c’est-à-dire de rendre aussi grande que possible la différence entre les deux titres, de laquelle on déduit le dosage du métal alcalin; en d’autres termes, il faudra, suivant le poids d’amalgame alcalin sur lequel on opère, prendre une quantité d’acide évaluée de telle sorte que la liqueur finale soit au moins aux trois quarts saturée.
AfflALGAMES MÉTALLIQUES
Les amalgames métalliques peuvent être analysés en les chauffant d’abord lentement dans un creuset de porcelaine, puis, progressivement, jusqu’au rouge, de manière à volatiliser le mercure. Si le métal uni au mercure est de l’or ou de l’argent, il reste à l’état métallique ; si c’est de l’étain ou du cuivre, il s’oxyde, mais cette oxydation a besoin d’être complétée par l’action de l’acide nitrique. Comme par ce procédé l’argent retient toujours une petite trace de mercure qu’il est difficile de lui faire perdre, le dosage direct du mercure doit être préféré.
I. Amalgame d’étaiii (Tain des glaces). — Cet alliage, dont l'usage était si répandu autrefois, peut être analysé de la manière suivante: Après avoir dissous la matière dans l’eau régale, on ajoute un petit excès d’ammoniaque, puis on la fait digérer quelque temps en vase clos avec un excès de sulfhydratc d’ammoniaque. Le sulfure d’étain se dissout, celui de mercure se précipite; on le jette sur un filtre taré, on le lave avec de l’eau chargée d’un peu de sulfhydrate d’ammoniaque, puis on le maintient à 100 degrés, jusqu’à ce que son poids ne varie plus. Quant à la liqueur qui contient l’étain, on la traite par de l’acide chlorhydrique étendu, pour précipiter à nouveau le sulfure; on le dépose sur un filtre, on le lave, on le sèche, et on le calcine avec son filtre au contact de l’air dans un creuset de porcelaine, jusqu’à ce qu’il soit entièrement transformé en bioxyde. Il est bon, vers la fin de l’opération, d’ajouter dans le creuset un petit morceau de carbonate d’ammoniaque, dont les vapeurs chassent la petite quantité d’acide sulfurique qui a pu se produire. Le tain des glaces est en général constitué par :
Étain . 4 parties.
Mercure . 1 partie.
H. Amalgame de cuivre.— Après l’avoir dissous dans l’acide nitrique chaud, on ajoute de l'acide chlorhydrique et de l’acide phosphoreux, qui précipite le mercure ’a l’état de protochlorure, et on abandonne le mélange au repos pendant une journée de manière à rendre la précipitation complète. On fait tomber le précipité sur un filtre taré, on' le lave, ce qui n’a pas d’inconvénient, puisqu’il est insoluble, et finalement on le pèse. Quant au cuivre, on le dose dans la liqueur à l’état de sulfure. -,
III. Amalgame d’argent.— L’amalgatne d’argent est ün produit inter- '
médiaire de la métallurgie de l’argent. Pour l’analyser on le dissout à chaud dans l’acide nitrique, on étend d’eau de manière à ne pas avoir une dissolution trop concentrée, puis on précipite l’argent par l’acide chlorhydrique en léger excès. On agite de manière a rassembler le chlorure et à éclaircir complètement la liqueur surnageante, on décante celle-ci, on chauffe le chlorure d’argent avec un peu d’acide nitrique et on ajoute de l’eau de manière à redissoudre la petite quantité de nitrate basique de mercure que le chlorure aurait pu entraîner ; enfin, avec quelques gouttes d’acide chlorhydrique on reprécipite l’argent que l’acide nitrique aurait pu dissoudre. Finalement la liqueur est jetée sur un filtre, et le chlorure lavé .et pesé avec les précautions voulues ; quant au mercure, on le précipite par l’acide phosphoreux (p. 166).