‹ Encyclopédie chimique. Tome IV.- Analyse chimique. Résumé d'analyse minéraleChapitre 22 sur 266 · ALLIAGES · texte numérisé non relu

ALLIAGES

Généralités. — Nous avons supposé, dans tout ce qui précède, qu’on avait affaire à un métal commercial ou natif, dont on connaît les impuretés possibles. Si l’on est en présence d’un alliage, il n’en est généralement pas ainsi, le nombre et la nature des métaux qu’on y peut introduire élant extrêmement variable, et il faut commencer par effectuer une analyse qualitative.

l/apparence extérieure de l’alliage, sa couleur, sa dureté, sa fusibilité, la manière dont il se comporte sous la lime ou le marteau, pourront fournir d’utiles renseignements, mais il ne faut pas exagérer leur importance; c’est ainsi que les laitons industriels sont jaunes, mais qu’un laiton à 30 p. 100 de cuivre est blanc, que les premiers sont résistants, tandis que le dernier casse comme du verre. Les métaux volatils ; mercure, arsenic, se reconnaîtront facilement en chauffant une petite parcelle de l’alliage dans un tube : le métal volatil apparaîtra bientôt sur la partie non chauffée à la condition toutefois que sa proportion soit assez considérable, car il serait impossible de mettre ainsi en évidence de petites quantités de mercure par exemple dans l’argent, d’arsenic dans l’étain; il en serait encore de même si l’on avait affaire à une combinaison définie formée avec un dégagement de chaleur considérable comme certains arséniures d’étain, et dans tous les cas il est bon de chauffer à très haute température.

Pour analyser un alliage, il faut d’abord le dissoudre, et comme celte opé ration est d’autant plus facile que le métal présente une plus grande surface, il faut le pulvériser s’il est cassant, et le laminer s’il ne l’est pas, en le recuisant au besoin de temps à autre pour pouvoir obtenir des lames plus minces. Souvent il suffira d’en limer une portion, mais comme la lime peut introduire des parcelles de fer, il faudra les éliminer en promenant dans la poudre obtenue un barreau aimanté, ou mieux en la traitant par de l’eau légèrement acidulée, lavant rapidement et séchant. L’alliage étant amené par l’un ou l’autre de ces procédés à un degré de division suffisant, on l’attaque en général par l’acide nitrique étendu; tous les azotates étant solubles, on arrivera ainsi à dissoudre tous les métaux, sauf l’étain et l’antimoine qui donneront des résidus d’oxyde. Dans quelques cas, il faudra employer de l’eau régale et, suivant les circonstances, ajouter quelques réactifs secondaires destinés à dissoudre certains métaux: de l’acide tartrique pour l’antimoine, etc...

Le poids de matière sur lequel il convient d’opérer est en général assez considérable, de 2 à 5 grammes. L’attaque peut se faire à froid, mais elle est plus rapide à chaud; on doit prendre d’ailleurs des précautions convenables pour qu’il n’y ait pas projection de liquide, surtout quand la réaction donne lieu à un dégagement de gaz. Presque toujours pour effectuer la dissolution rapide de l’alliage, on ajoute un excès d’acide, et comme celui-ci jiourrait nuire dans les recherches ultérieures, on s’en débarrasse en évaporant doucement presque à sec.

Les alliages étant en nombre illimité, nous ne considérerons que ceux qu’on rencontre le plus fréquemment; leur étude jointe à celle des métaux du commerce et des métaux natifs fournira l’indication de méthodes qui permettent d’effectuer l’analyse de presque tous les alliages. Nous examinerons successivement :

1“ Les amalgames ;

2” Les bronzes et laitons;

3° Les maillechorts;

4» Les alliages formés par les métaux précieux.

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