ET DU CUIVRE
Pour les litres intermédiaires, on obtiendra la quantité de plomb par une interpolation.
Le plomb introduit doit être, bien entendu, parfaitement exempt de cuivre et d’argent. On essaie celui du commerce en en coupellant 10 grammes. 11 ne doit rien rester sur la coupelle, ce qui implique l’absence de l’argent, et celle-ci
doit être colorée après l’opération en jaune citron, ce qui indique l’absence de cuivre, qui communique à la coupelle une couleur verdâtre.
Déteriniiiatioii approximative du titre. — La première chose à faire pour effectuer un essai d'argent, est de déterminer approximativement le titre de l’alliage, puisque cette donnée est indispensable pour fixer la quantité de plomb qu’il faudra employer.
La couleur, le poids spécifique, la ductilité, la sonorité, sont autant de propriétés qui permettent aux essayeurs de profession de fixer très approximativement la composition d’un alliage. Si on y joint l’emploi si commode de la pierre de touche, et au besoin un essai préliminaire fait avec du plomb en excès, on n’aura que l’embarras du choix pour la fixation approximative du titre.
Coupella.tioii. — Cette détermination préliminaire effectuée, on prélève deux échantillons de l’alliage auxquels on donne. uniformément le poids de 1 gramme, en évitant autant que possible les petits morceaux qui peuvent échapper; puis on introduit chaque échantillon dans un petit carré de papier fin.
Le fourneau à moufle, appareil dont les figures 25 et 25 bis permettent de se faire une idée exacte, étant porté à une température suffisante, plutôt trop élevée que trop basse, on place à l’entrée les coupelles dont on fera usage, de manière à les sécher et à les chauffer graduellement. On leur donne ainsi assez, de consistance pour pouvoir les prendre dans des pincettes ad hoc sans les
briser, tandis que portées rapidement au rouge elles se fendraient dans tous les sens au sortir du feu. Comme une coupelle peut absorber son poids de plomb, il sera facile de la choisir de grandeur convenable pour un essai déterminé.
Fig. •îtibis.
La coupelle étant sèche, on la place dans le moufle de manière à ce qu’elle en prenne la température, puis on y dépose la quantité de plomb voulue pesée au déclgramme ; le métal fondu se recouvre d’une couche grisâtre d’oxyde, qui fond lui-même en rendant la surface du métal brillante; on dit alors que le métal est découvert, et à ce moment on y dépose l’essai enveloppé de papier, en prenant celui-ci avec des pinces.
Il faut dès lors surveiller la température de telle manière que l’essai n’ait ni trop chaud ni trop froid; c’est surtout une question d’habitude, et la direction de la. fumée produite par l’oxyde de plomb fournit des indications ainsi que la couleur de la partie de la coupelle que l’alliage découvre au fur et à mesure qu’il se réduit à un plus petit volume; elle doit être rouge brun; si elle était blanche, l’essai aurait trop chaud; si elle était rosée, il aurait trop froid. Un essai qui a chaud perd de l’argent par volatilisation; un essai qui a froid peut n’être pas complètement débarrassé de cuivre.
La température étant convenablement réglée, il faut mettre fin à l’opération dès que le cuivre et le plomb sont complètement oxydés, car en séjournant longtemps à la température du moufle le bouton perdrait de l’argent par vola tilisation. Or la disparition des dernières traces d’oxyde est acccompagnée de phénomènes faciles à apercevoir : les parcelles de litharge s’animent d’abord
de mouvements plus rapides, puis la pellicule d’oxyde devenant de plus en plus mince, on voit bientôt apparaître des anneaux colorés (phénomène de l’iris). Il faut dès lors rapprocher la porte du moufle afin de faciliter la disparition des dernières traces d’oxyde, disparition accompagnée d’un nouveau phénomène (l’éclair) produit par l’apparition subite de l’argent fondu, dont la couleur fait contraste avec l'aspect du bouton recouvert d’oxyde, d’autant plus nettement
que la disparition de cet oxyde a lieu instantanément. Après l’apparition de l’cclair, on refroidit lentement le bouton de façon à éviter le rochage, et pour cela on rapproche graduellement la coupelle de l’ouverture jusqu’à ce que le bouton d’argent soit solidifié. Un essai roché doit être rejeté, un peu d’argent pouvant avoir été projeté.
Le bouton d’argent est détaché avec précaution de la coupelle au moyen de pinces (fig. 26), puis frotté avec des brosses dures spéciales, de façon ’a en détacher toute trace de coupelle ou de litharge fondue avant de le peser.
Caractères cl’iiii l>on essai. — Un essai, pour être considéré comme bon, doit présenter les caractères suivants : il faut que le bouton adhère peu à la coupelle et que la surface qui la touche soit mate et unie, tandis que la surface supérieure est lisse et brillante. Il arrive parfois qu’au cours de la coupellation de petits globules d’argent s’arrêtent sur la portion de coupelle qui vient d’être abandonnée par le bain en fusion; il faut avoir soin de les réunir à la masse en inclinant légèrement la coupelle. Si on ne le fait pas, ces grenailles retiennent du plomb, et en les réunissant au bouton principal pour les peser on trouve un poids trop élevé.
La manière dont le feu a été conduit et dont le refroidissement a été effectué est extrêmement importante, les essais par voie sèche donnant toujours un résultat inexact, trop faible par suite de volatilisation du métal fin, dont la pénétration dans la coupelle s’évite au contraire facilement en opérant avec soin. C’est précisément à cause de cette volatilisation de l’argent qu’on a du déterminer les quantités de plomb à employer pour coupeller les différents alliages; avec un excès de plomb, on rendrait l’opération plus longue, et, par suite, la volatilisation de l’argent plus considérable sans aucun profit pour l’opération, puisque tout le cuivre serait éliminé, alors qu’il resterait encore du plomb à oxyder.
Enfin deux essayeurs, n’opérant pas d’une façon identique, introduisent dans les essais un coefficient personnel, qu’il leur faut déterminer par des coupellations effectuées sur des alliages qu’ils analysent d’autre part par voie humide. Le plus souvent on dresse une table de correction dans laquelle l’erreur personnelle et celle due à la volatilisation de l’argent sont confondues. Voici comme exemple celle qui est adoptée à la Monnaie de Paris.
titbes corrections